DRAP
(( le dos du clergé 1 . » Les anciennes stalles de l'église abbatiale de Saint-Denis étaient encore, du temps de dom Doublet, garnies de tapisseries semées de fleurs de lis d'or. A la catliédrale de Paris, des tapisseries étaient également suspendues aux dossiers des chaires du chœur avant 1714 2 . Ce n'était pas seulement le long des meubles fixes, comme les stalles, que l'on plaçait des tentures d'étoffe, c'était aussi contre les dossiers des bancs ou formes disposés autour des appartements dans les palais et maisons. La fig. 1 3 représente un de ces meubles civils garni de son dorsal, de sa couverture ou keutespointe et de coussins. Ce dorsal est vert avec dessins or. Il est accroché par des anneaux à des boutons fixés au sommet des panneaux du meuble sous le dais saillant, et tombe jusqu'au siège. Ces tentures pouvaient donc être facilement enlevées pour être nettoyées ou remplacées. Il est probable qu'on ne les posait, lorsqu'elles étaient précieuses, que pour les grands jours ; à l'ordinaire, on accrochait des pièces de serge ou d'étoffe commune.
DRAP, s. m. Pièce d'étoffe plus ou moins riche, que l'on posait sur le cercueil d'un mort, ou que l'on jetait sur le corps d'un chevalier, d'un noble tué dans une bataille, avant de l'ensevelir. Quand Charles de Blois est tué devant le château d'Alroy, le comte de Montfort dit à ses chevaliers :
« Seignor, aller cerchant
« Le ber Charles de Bloiz, qui est mort en ce champ;
« Et puis le renderay aux gentilz (bourgeois) de Guingamp.
« Adontle fist partir tost et incontinant
« Et couvrir d'un drap d'or, à loi d'omme poissant.
Dans la tapisserie de Bayeux, ont voit la bière du roi Edward portée par huit hommes ; elle est couverte d'un drap très-riche et qui
1 Mém. concernant Vhist. civ, et ecclés, d'Auxerre, par l'abbé Lebeuf, t. 1, p. 261.
2 L'Entrée triomphante de LL. MM. Louis XIV et M. Théreze d'Austriche, etc. Paris, 1662, pet. in-f°. Voyez la gravure, IIe part., p. 29.
3 Du manuscr. le Romuléon, Biblioth. impér., n° 6984.
4 Variante : « En bière et bien couvert droitement à Guingant. » (Chron. de Bertr. du Guesclin, XIVe siècle, t. I, vers 6318 et suiv. Coll. des docum. inéd. sur l'hist. de France.)
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tombe de chaque eôlé du cercueil. Ces draps semblent n'avoir été, jusqu'au xive siècle, qu'une pièce d'étoffe recouvrant les parties latérales de la chasse ou bière; plus tard ils furent composés de pièces cousues et enveloppant la bière tout entière comme une housse, ainsi que le fait voir la ligure 1, copiée sur une vignette d'un manuscrit du xv° siècle *. Ce drap est noir, rehaussé d'or; il est
coupé suivant la forme et la dimension du cercueil et tombe largement tout autour.
Aux xvc et xvie siècles, il était d'usage de garnir les draps mortuaires d'écussons armoyés aux armes du défunt. Lorsque le personnage était un roi ou un puissant seigneur possesseur de nombreux domaines, on plaçait autour de la bière, sur le drap, les armes de chaque fief; une croix, ordinairement blanche, était cousue sur
1 Le Romuléon, inanuscr. de la Biblioth. imper., n° 6984 : Convoi de César.