DRESSOIR
conservés dans les sacristies; ils sont noirs, avec une croix blanche dont les bras sont divisés par deux autres bandes longitudinales également blanches (fig. 3) qui se trouvaient sur les deux angles
formés par les deux parties inclinées du couvercle de la biére. Quelquefois de petites croix, noires sur les extrémités de la croix ou blanches sur les fonds noirs, viennent rehausser I’ étoffe. Il existe un drap de ce genre dans l’église de Folleville (Somme) *.
DRESSOIR, s. m. (dressouer, drecouer). Meuble fait en forme d’étagére, garni de nappes, et sur lequel on rangeait de la vaisselle de prix, des piéces d’orfévrerie pour la montre. On disposait, dans les salles de festins, chez les personnages riches, des dressoirs couverts de vaisselle d’argent ou de vermeil, d’objets précieux, de drageoirs, de pots contenant des confitures et des épices. Dans la cuisine ou Voffice, le dressoir était destiné 4 recevoir, dans l ordre convenable, tous les mets qui devaient étre placés sur la table. Dans la chambre, de petits dressoirs supportaient sur leurs gradins, comme les étagéres de notre temps, des vases précieux et les mille superfluitées
1 Ce drap est décrit etreproduit par la gravure dans le 2° volume des Annales archéol. de M. Didron, page 230. Les bandes blanches sont couvertes de tétes de mort, d’ossements et d’inscriptions, memento mori, brodés. Sur le fond noir sont brodés deux miroirs reflétant des cranes humains, (Voyez l’article de M. Bazin.)
— 101 — [ DRESsoIR | dont les personnes habituées auluxe aiment 4 s’entourer. Le nombre des degrés du dressow était fixé par l’étiquette : telle personne noble pouvait avoir un dressoir 4 trois degrés, telle autre a deux seulement. Quelquefois la crédence et le dressoir ne font qu’un, ou plutot le dressoir sert de crédence. La figure 1 nous donne un dressoir remplissant cette double fonction *; un seul gradin porte des plats dargent appuyés de champ sur un fond couvert d’étoffe. La petite armoire inférieure, servant de crédence, est couverte d’une nappe sur laquelle sont posées trois aiguiéres également dargent. Mais le véritable dressoir n’était composé que de gradins avec
un dorsal et quelquefois un dais d’étoffe all ou de bois sculpté, ainsi que Vindique la am
figure 2.
« En ladite chambre (de la comtesse de Charolais, femme de Charles le Témé- « raire), il y avoit ung grand dressoir, sur « lequel y avoit quatre beaux degrez, aussi « longs que le dressoir étoit large, et tout « couvert de nappes, ledit dressoir et les « degrez estoient tous chargez de vaisselles « de cristalle garnies d’or et de pierreries « et sy en y avoitde fin or ; car toute la plus « riche vaisselle du Ducg Philippe y estoit, « tant de pots, de tasses, comme de coup- « pes de fin or. Autres vaisselles et bas- «sins, lesquels on y met jamais qu’en tel « cas. Entre autre vaisselle, il y ayoit sur ledit dressoir trois dra- « geoirs dor et de pierreries, dont l'un estoit estimé 4 quarente mil « escus et l'autre a trente mil. Sur ledit dressoir estoit tendu un dor- « set (dorsal) de drap d’or cramoisy bordé de velours noir, et sur « le velour noir estoit brodée de fin or la devise de Monseigneur « le Dueq Philippe, qui estoit le fusil. Pour déclarer de quelle fagon « est un dorseret, pour ce que beaucoup de gens ne s¢avent que « @est; un dorseret est de largeur de trois draps Vor ou d’un autre « drap de soye, et. tout ainsi fait que le ciel que lon tend sur un lict, mais ce qu’est dessus le dressoir ne le passe point plus dun quartier ou une demi aulne, et est a gouttiéres et 4 franges
a RFR
1 Du manuser, de Hist. de Girard, comte de Nevers, Biblioth, impér., fonds la Valliére, n° 92.
| DRESsorR |