ECRAN
ECRAN, s. m. (yarde-few). Sorte de claie Vosier que l’on placait devant le feu afin de ne point étre incommodé par la trop grande chaleur *.
« Tables, tretiaulx, fourmes, escrans 2, »
Les appartements, pendant le moyen age et jusqu’au xvi’ siécle, étaient chauffés au moyen de trés-grandes cheminées dans lesquelles on brtilait des troncons d’arbres énormes (voy. dans le Dictionnaire raisonné de [architecture \e mot CHEMINEE) ; ces feux devaient étre tellement ardents, qu’on ne pouvait s’en approcher sans risquer tout au moins de roussir ses vétements. Ces écrans d’osier, plus ou moins grands, tempéraient la chaleur qui arrivait tamisée a travers les mailles de la claie; ils étaient montés sur pieds, de maniére a pouyoir étre posés comme bon semblait. On fabriquait encore des écrans de ce genre, dans l’ouest de la France, & la fin du siécle dernier ; souvent aussi on se contentait de les suspendre par deux boucles au manteau de la cheminée, pour pouvoir se chauffer les pieds sans avoir le visage briilé. Nos aieux prenaient, pour rendre le yoisinage du feu agréable, une foule de précautions de détail qui indiquent combien on appréciait ce compagnon indispensable des longues soirées (hiver. Si le feu était ardent et remplissait l’atre, on approchait les écrans, petits et grands, que l’on disposait comme des mantelets pour tempérer le rayonnement de la flamme et de la braise; si le feu commengait 4 s’éteindre et n’occupait plus qu’un petit espace du foyer, on s’asseyait sous le manteau de la cheminée, sur des escabeaux. Parfois des lambrequins, accrochés au manteau, préservaient le visage des personnes qui voulaient se chauffer debout, en se tenant d’une main a des poignées scellées sous le grand linteau de la cheminée.
Voici (fig. 1) la copie d’un meuble qui sert a la fois de siége et
1 « A Noel V’escrainier, pour If grans écrans d’osier ; a lui pour II petits écrans @osier. achetés pour la chambre du roy et de Monseigneur de Valois. » (Compte des dépenses du roi Charles VI, année 1382.)
2 Eustache Deschamps, /e Miroir de mariage, xiv° siécle. 1.— 44
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@éeran ; c’est un bane double *, avec dossier pivotant sur un axe de maniére 4 s‘incliner, soit d’un cdté, soit de Pautre, suivant que les persomnes assises veulent faire face au feu ou lui tourner le dos. Ge
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meuble, placé devant latre, permettait de profiter de toute la chaleur du foyer en s’asseyant du cdté qui lui faisait face, ou de s’en garantir en jetant une piece d’étoffe sur la barre du dossier. Cela est assez ingénieux.
On ayait aussi, pendant le moyen age, des paniers ou coffres d’osier dans lesquels on mettait les jambes lorsqu’on voulait s’asseoir prés du feu sans brtler ses chausses *.
1 Le Romuléon, manuscr. de la Bibblioth. impér., n° 6984. :
2 Pendant le dernier siécle encore, lorsque les hommes portaient tous des culottes et des bas de soie, on laissait, prés de la cheminée, des jambards ou sortes de bottes de carton ou d’osier, dont on avait le soin de s’armer pour se chauffer sans se rotir les jambes.