‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance (volume 5)Chapitre 17 sur 80 · ESCABEAU · texte numérisé non relu

ESCABEAU

ESCABEAU, s. m. (escame). Petit banc sans dossier, court, bas et étroit. :

« Uns compains estoit assomez (assoupi) « Qui romfloit dessts une escame ! , »

L’escabeau est plus bas que le bane et la chaise ; Pinférieur auquel on permettait de s’asseoir prenait un escabeau (fig. 1) 2. (était un meuble commode pour causer avec les femmes, celles-ci étant assises sur des bancs ou des chaires; il permettait de se tourner dans tous les sens, de se déplacer facilement. Aussi les escabeaux étaient-ils souvent triangulaires (fig. 2) *. On ne s’en servait pas seulement

comme de siéges, mais aussi comme de petites tables basses, ainsi que lindique la derniére figure ; on posait dessus une tasse, un pot, une assiette pour gotiter. Les femmes sen servaient aussi comme de tabourets, lorsqu’elles travaillaienta l’aiguille et au métier, occupations pendant lesquelles il est nécessaire d’avoir les pieds élevés. Les meubles servant de siéges pendant le moyen age sont trés-variés de forme, de hauteur et de’dimensions ; autant les uns étaient fixes et lourds, autant les autres étaient légers et mobiles. Ces differences ne contribuent pas peu 4 donner 4 la conversation un tour facile, imprévu, piquant; car, sil’on veut bien le remarquer, rien nest moins pittoresque qu'une réunion de personnes, hommes et femmes, assis tous sur des siéges de formes et de hauteurs pareilles: il semble qu’ alors la conversation prenne quelque chose de Vuniformité de postures quirésulte de la similitude des sieges. Nous ne sayons sila décence y gagne, mais certainement Vesprit y perd quelque chose

i iécle.

1 Eust. Deschamps, /e Dit du jeu des dés, xiv° siec y 3 2 Manuscr. de PHist. de Girard de Nevers. Bibl, imp. , fonds la Valliére, n° 92, xv° siécle.

3 Ibid.

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