‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance (volume 5)Chapitre 18 sur 80 · ESCABEAU | = NOS · texte numérisé non relu

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de sa liberté. Nous yoyons que, pour rompre cette monotonie de poses, les hommes ont pris habitude de parler debout aux femmes assises ; mais celles-ci, le cou tendu, la téte levée, éprouvent de la fatigue, et bient6t de ennui par conséquent. Nous avons, au contraire, observé que, les hommes étant assis plus bas que les femmes, chacun se trouve dans la posture qui préte le mieux 4 une conyersation suivie.

Les escabeaux étaient donc nombreux dans les appartements du moyen age; ils accompagnaient les grands siéges, et les hommes, dans la familiarité, les prenaient volontiers. Chez les gens riches, ces escabeaux étaient couverts de petits coussins ou de banguiers *.

« Item, en la chambre des dames doit avoir une chaire 4 doz « emprez le chevet du lict, couverte de velours ou d’aultre drap de « soye, ne chault de quelle couleur il soit; mais le velours est le « plus honorable qui le peut recouvrer. Et au plus prés de la chaire « yaura place ou. Pon peut mettre un petit hance sans appois (sans « appui ni bras), couvert @un banquier, et des quarreaux de soye « ou aultres pour s’asseoir quand on vient veoir laccouchée 2. »

Nous donnons, pour clore cet article, un joli escabeau copié sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale d’ Amiens (voy. fig. 3)

1 Piéce d’étoffe jetée sur un banc. ? . . . - Alienor de Poictiers, /es Honneurs de la cour, XV® siécle.

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Lam

FAUTEUIL, s. m. (/adestewzl, faudesteuil, faudestuef, faudestuel'), C’est un pliant de bois ou de métal que lon pouvait transporter facilement, et qui, recouvert d'un coussin et une tapisserie, servait de siége aux souverains, aux évéques, aux seigneurs : c’est, A proprement parler, un trone. Le plus ancien de ces meubles connu est certainement le fauteuil dit de Dagobert, conservé dans le Musée des Souverains, provenant du trésor de Saint-Denis, et dont la fabrication est attribuée 4 saint Eloi. Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit 4 propos de ce précieux meuble par M. Ch. Lenormant *; la notice de ce savant archéologue est aussi compléte que possible, et nous parait prouver, de la maniére la plus évidente, que le trone de Dagobert appartient aux premiers temps mérovingiens, et nest pas, comme on l’a prétendu, une chaise consulaire antique. Cette forme de siége se trouve d’ailleurs reproduite dans les manuscrits dune époque fort reculée (vi1’, 1x° et x° siécles), et persiste jusqu’au xv° siécle. Que le faldistorium soit une tradition antique, cela ne peut étre nié; mais le moyen dge en fit de nombreuses applications, et le fauteuil fut toujours considéré comme un siége Phonneur. « Le fauteuil de Pévéque, dit Guillaume Durand *, « désigne Ja juridiction spirituelle qui est annexée a la dignité pon- « tificale.... »

« El faudestuel ont Aymeri assis « Et la contesse joste l’Empereriz.

« El faudestuef d’or l’aserront, « Illuecques le couronneront.

« oy»

-1 « Faldistorium, sella plicatilis...» (Du Cange, Gloss.) — « Unam cathedram, quam jaudestolam vocant... » (Matth. Paris, in Vitis abbat. S, Albini.) 2 Mélanges d’archéol, par les RR. PP. Martinet Cahier, t. I, p. 157. Et a la suite de la uotice de M, C. Lenormant, la gravure fidéle du fauteuil de Dagobert. 3 Rationad, lib. Il, cap. XI.

4 Guill, @’Orange, vers 2858 et suiv., édit, de la Haye, 1854, 5 Le Lusidaire, manuscr.

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