‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance (volume 5)Chapitre 19 sur 80 · FAUTEUIL · texte numérisé non relu

FAUTEUIL

Voici (fig. 1) Nabuchodonosor assis sur un faudesteuil copié sur un manuscrit du 1x° au x® siécle’. Ge meuble est élevé, les pieds du roi ne touchent point & terre. Nous ne pensons pas que ce soit la une fantaisie du dessinateur, car cet exemple n’est pas le seul. Les personnages considérables étaient mis ainsi en évidence, sans qu il fut nécessaire de monter le si¢ge sur une estrade. Et en effet, comme le disent les deux derniers vers cités, il fallait asseozr le prince, le

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porter sur le faudesteuil. Ce n’était pas sans raison que ces meubles se pliaient facilement; dans les temps mérovingiens et carlovingiens, les souverains étaient souventen campagne. Grégoire de Tours nous fait voir sans cesse le roi receyant en plein champ sous une tente ou méme a Vabri des foréts. On ne pouvait transporter, sur des chariots qui suivaient la cour, un mobilier considérable ; on se contentait de quelques hanes assez bas, sortes d’escabeaux, et d'un tréne pour le roi: ce trone était fait de facon A se plier. Cette vie nomade con-

! Bible manuscr., n° 6-3, Biblioth. impér.

— i — | FAUTEUIL | tribua, nous le croyons, autant que les traditions romaines, & conserver le faudesteuil comme un siége d@’honneur chez les grands, & cause de la facilité avec laquelle on pouvait le transporter et le monter en tous liewx ; alors on tenait & ce qwil {tit assez Glevé pour dominer une assemblée de personnes debout. Plus tard, en conservant la forme traditionnelle de pliant donnée au faudesteuil, ces meubles n’étant plus sans cesse chargés sur des chariots ou sur des betes de somme, on les fit plus larges et on les posa sur une estrade, ott ils furent accompagnés d'un escabeau, sur lequel les pieds du personnage s’appuyaient. « L’escabeau, dit Guillaume Durand *, oumarche- « pied (scabellum) (qui accompagne le faudesteuil), désigne la puis- « sance temporelle, qui doit étre soumise a la puissance spirituelle. . . » (est possible; mais il devient un appendice obligé des fauteuils laiques aussi.bien que des trones épiscopaux dés le x11" siécle.

La figure 2 nous montre un roi assis sur un faudesteuil, avec un large escabeau en avant *. Ce siége est fort élevé, et présente cette particularité que les deux montants de derriére sont beaucoup plus hauts que ceux de devant; ce nest plus la, par consequent, un meuble facile 4 transporter. Au xir° siécle déja, le trone dit de Dagobertavail été restauré par Suger, et de pliant il a devenu rigide, au moyen de l’adjonction d’un dossier de bronze °.

1 Rational, lib. II, cap. XI.

2 Bible franc,, manuscr. de 1294, n° 39, biblioth. du Corps législatif. 3 Voyerz les Mélanges archéol. des RR, PP. Martin et Cahier.

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