BAS
La fig. 4, montrant image ouverte, explique cette disposition ora-
~cieuse. Les trois compartiments (ivoire, étant développés, laissent
voir une suite de petits bas-reliefs dont la série commence a la
eauche du spectateur. Dans le compartiment de gauche sont figurées les scénes qui précédent immédiatement le crucifiement de Notre- Seigneur: Jésus est amené devant Pilate; il est flagellé, il porte sa croix. Aucentre estreprésenté le crucifiement ; deux anges tenant le soleil et lalune accostent les bras dela croix ; au sommet est sculptée la figure symbolique de ?Agneau dans un nimbe. De chaque coté du Christ on yoit, 4 sa droite, la sainte Vierge; puis l’Eglise, représentée par une femme couronnée, tenant un calice qu’elle éléve pour recevoir le sang du Christ; 4 sa gauche, saint Jean, et la Synagogue sous la forme d'une femme tenant un étendard brisé et les tables de lancienne loi renversées ; ses yeux sont couverts dun bandeau. Au-dessous du sujet principal, le Christ mort est enseveli ; on apergoit sous le sarcophage un animal ressemblant assez 4 un loup. Dans le compartiment de droite, au sommet, Jésus-Christ ressuscite assisté de deux anges ; les saintes femmes viennent au tombeau, lange leur montre le sarcophage vide; des soldats sont endormis sous une arcade. Jésus apparait & Marie-Madelaine, et lui dit: « Ne me touchez pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Peére *. » II tient un phylactére dans sa main droite. Deux demi-cercles font voir les quatre éyangélistes 4 la base des compartiments, placés dans Pordre suivant : saint Mare, saint Matthieu, saint Jean, saint Luc. Dans les lobes pris aux dépens de la téte de la statue se trouvent: au centre, le Christ ressuscité, bénissant et tenant le livre des Evangiles ouvert ; a sa droite et & sa gauche, deux anges adorateurs. On retrouve ici le socle représentant la Nativité que nous avons vu sous les pieds de Vimage fermée.
L’image ouvrante du musée du Louvre a 0",45 de hauteur : elle devait étre accrochée et non posée, comme le prouve le crochet fixé derriére le dossier du siége de la Vierge. Il était @usage aussi de placer dans les églises des statues ouvrantes dune assez grande dimension, dans lesquelles on déposait des reliques. Lorsqu’en 1166 le sanctuaire (de léglise abbatiale de Vézelay fut détruit par un incendie, Hugues de Poitiers raconte qu’une statue de bois de la sainte Vierge, seule, ne fut pas atteinte par le feu. Cette circonstance étant considérée comme miraculeuse, les moines examinérent la statue avec soin, et ils virent qu'elle avait une petite porte trés-bien fermée, entre les deux épaules. L’ayant ouverte, le prieur et les assistants constatérent existence de reliques précieuses déposées dans le corps de la statue, qui dés lors fut placée sur le nouveau maitre autel, ol
1 Evangile selon saint Jean,
elle demeura exposée a la yénération des nombreux pélerins qui affluaient 4 Pabbaye de toutes parts. Le méme historien ajoute que, les moines ayant été accuses de satisfaire leur avarice par les offrandes de ce grand concours de peuple, ils se virent obligés, pour se mettre a couvert de ce reproche, Vempécher qu’on ne baisit ni ne touchat ’image miraculeuse.
Les images Ce cire Ctaient aussi fort en usage pendant le moyen dge ; on en placait dans les églises et méme dans les palais. Ces images représentaient des donateurs ou des personnages vénérés dont on youlait perpétuer la mémoire ; on les revétait @habits comme des personnes vivantes, et elles demeuraient en place jusqu’au moment ou elles tombaient de vétusté. Les sorciers, pendant le moyen ige, considéraient les images de cire qu’ils se plaisaient 4 faconner, comme un des moyens les plus puissants d’influence sur la destinée de ceux qwils prétendaient soumettre 4 leur volonté. Dans la célébre procédure contre les templiers, sous le régne de Philippe le Bel, il est question dimages du roi percées de styles, employées comme maléfices contre ce prince. Les sorciers baptisaient aussi certaines images de cire. « Il y a néanmoins des gens assez abandonnés de Dieu, dit le savant docteur Thiers en son Traité des superstitions *, pour bapliser des figures de cire, afin de faire mourir les personnes quwils haissent. Et voici les cérémonies qu ils pratiquent dans ce cas : Ils font une image de cire entiére, et avec tous ses membres; la mettent tout de son long dans une boite qui se ferme avec un couvercle ; prennent de l’eau dans le creux de leur main, la jettent sur cette image, en disant : « N. Ego te baptizo, etc. » Ils récitent ensuite le petit office-de la Vierge, et quand ils en sont au psaume.... entre generatione et generationem, ils prennent une épine d’0.... de laquelle ils piquent légérement l’endroit du cceur de Pimage, et achevent le petit office. Le lendemain, ils font la méme cérémonie et enfoncent l’épine plus avant. Le troisiéme jour, ils en font autant et enfoncent l’épine tout entiére, achévent Voffice, et le neuviéme jour ils ont ce qwils souhaitent..... » Dans un autre passage *, il ajoute « quwil étoit des prétres assez malheureux pour dire des messes sur des images de cire, en faisant des imprécations contre leurs ennemis, jusques-la qu’ils en disoient dix et plus, afin que leurs ennemis mourussent dans le dixiéme jour.... » Ces superstitions prouvent Vimportance que le vulgaire attachait aux images.
1 Vol. Il, p. 84, édit. de 1741.
2 Vol. III, p. 207, Rapport de Pierre le Chantre, Abbréviat., chap. XXXIX.
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LAMPESIER, LAMPIER (/ampe)*. S’entendait, au moyen age, comme lustre portant de petits godets dans lesquels on versait de Vhuile et qui étaient munis de méches. Ce meuble se fabriquait en argent, en cuivre, en fer ou en bois. Il consistait généralement en un cercle d’un diamétre plus ou moins grand, en raison du nombre de godets que Von voulait placer, suspendu par une ou plusieurs chaines, ordinairement trois. On avait, dans les églises, des lampiers qui, lorsqwils contenaient un grand nombre de godets, étaient désignés sous le nom de couronne de lumiéres ou de roue. Le clocher central de la grande église abbatiale de Cluny était appelé le clocher des lampes, parce que sous sa votite était suspendue une couronne de lumiéres. C’est, de toute antiquité chrétienne, une maniére dhonorer Dieu que de placer des lumiéres dans son église. « La lumieére qui est allumée dans léglise, dit Guillaume Durand dans son Rational, est la figure du Christ, selon cette parole : « Je « suis la lumiére du monde », et Jean dit: « Il étoit la lumiére véri- «table qui illumina tout homme venant en ce monde. » Et les lampes de l’Kglise signifient les apotres et les autres docteurs, par la doctrine desquels ’Eglise resplendit comme le soleil et la lune, et dont le Seigneur a dit : « Vous étes la lumiére du monde », c’est-adire : Vous donnez les exemples des bonnes ceuvres. C’est pourquoi, en les avertissant, il leur dit : « Que votre lumiére luise devant « leshommes. » Et c’est d’aprés les ordres du Seigneur que l’église est éclairée; et voila pourquoi on lit dans ’Exode : « Ordonne « aux fils dAaron de m/’offrir Vhuile la plus pure que lon tire des « olives, afin que la lampe brtle toujours dans le tabernacle du « témoignage..... »
' « Item trois lampiers d’argent pendans devant la grant porte. » (Unvent. de la sainte Chapelle de Paris, 1376, Bibl, impér. — « Lampadarium, candelabrum sustinendis «Jampadibus in Ecclesiis. » (Bulle @’Innocent VIII: voy. du Cange, Gloss.) Dans l’antiquité romaine, toutefois, les mots « lampadarius, lampas », s’appliquaient dans certains cas, non point a des luminaires contenant de Yhuile, mais 4 des candélabres portant des bougies de cire. i
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It était @usage, autrefois comme aujourd’hui, de maintenir au moms une lampe allumée devant Vautel, et, pendant les fetes solennelles, de garnir un grand nombre de lampes de godets et de bougies de cire, non-seulement dans l’enceinte des églises, mais méme dans les rues. Cet usage avait été pratiqué dans les églises de By- Zance des les premiers siécles du christianisme, et Sainte-Sophie se distinguait entre toutes les églises de la capitale de empire d’Orient par son riche luminaire *. En Occident, nous voyons que des rentes fixes et des revenus fonciers étaient affectés 4 Ventretien du luminaire dans les églises abbatiales, collégiales, paroissiales et dans les cathédrales. A en juger par Pimportance de ces dotations, le luminaire des églises devait étre autrefois trés-considérable. Les lampiers étaient vulgairement fabriqués en cuivre doré, enrichis d’émaux, de boulés de cristal, de dentelles découpées dans le métal, de pendeloques, que rehaussait encore léclat des lumiéres. En Orient, il existait des lampiers en forme de navire contenant un grand nombre de lumiéres ; le mat était terminé par une croix ?.
Il existe plus en France une seule de ces lampes, qui se trouvaient encore, avant la révolution du dernier siécle, en grand nombre dans nos églises; tout a été jeté au creuset ou détruit. Nous n’en pouvons connaitre la forme que par quelques descriptions assez vagues ou des représentations peintes ou sculptées. Nous sommes donc forcés @ayoir recours a ces renseignements. Toutefois on yoit encore, dans l’église d’Aix-la-Chapelle, une couronne de lumiéres donnée par lempereur Frédéric Barberousse, qui peut passer pour une ceuyre des plus remarquables et des plus complétes du moyen dge, sous le double rapport du gout et de l’exécution; le travail en est occidental, et nous semble plutot avoir été exécuté de. ce coté-ci du Rhin gu’au dela. Cette couronne se compose, en plan horizontal, de huit segments de cercle retenus par huit chaines seréunissant en quatre; aux points de rencontre des ares de cercle et au sommet de chacun des arcs, sont des lampes ajourées, autrefois garnies de statuettes d’argent * ; deux bandes de cuivre gravées, formant les lobes de la couronne, rappellent en vers latins le don de Yempereur. Outre les lampes, quarante-huit bobéeches permettaient
1 Paul le Silentiaire, Descript. de Sainte-Sophie.
2 [bid. — Voyez la savante dissertation du R. P. Cahier, dans les Médanges darchéologie, vol. IMI, p. 1, sur la couronne de lumiéres d’Aix-la-Chapelle.
3 L’invasion francaise fut cause que ces statuettes, ainsi que la dentelle dargent qui
garnissait le milieu des bandes de cuivre, ont été enlevées, I, — 18
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de placer des cierges sur la créte 4 jour de la couronne. Toute la richesse de ce lampier est obtenue au moyen de gravures sur le cuivre, lesquelles sont remplies @un mastic brun formant comme un ouvrage niellé. Les chaines sont alternativement composées de boules, de chainons et de petits cubes aux pomts de rencontre. Les
gravures détaillées que les RR. PP. Martin et Cahier ont données de cette couronne de lumiéres dans les Mélanges archéologiques * nous dispenseront de nous étendre davantage sur ce précieux objet.
La cathédrale de Toul possédait encore, dans le siécle dernier,
1 Vol, IIL.
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une énorme couronne de lumiéres en ayant de ancien maitre autel, qui passait pour étre d@argent et dor (probablement de cuivre doré). « La bande circulaire de la couronne, haute dé 0",22 environ, était garnie des statuettes des douze apétres, ayant entre chacune elles huit girandoles. L’évéque Pibon, qui avait donné cette couronne a la cathédrale, au commencement du xu’ siécle, y avait fait graver des vers de sa composition. Douze chaines de cuivre
réunissaient le cercle 4 une chaine plus forte, également de cuivre ‘. »
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L’église abbatiale de Saint-Remi de Reims avait aussi, avant la révolution, sa couronne de lumieéres, dont il ne reste qu'un assez médiocre dessin dans un manuscrit de la fin du xvr° siécle p. Ge dessin est cependant assez précis pour permettre de donner une idée de ce que devait tre ce grand lampier portant a la fois, comme la couronne d’Aix-la-Chapelle, des lampes et des cierges. Nous le reproduisons ici (fig. 1). « C’est, dit auteur du manuscrit, le portraict « de la couronne qui est au millieux du chceur de ladicte esglise de
I thédrale de Toul.
Fee aeeaadia? manuscrit : Recherches de plusieurs singilarites Frangoys Merlin, contrél. gén. de la maison de feu Mad. Marte, Eliz., ee Siti es feu roy Charles dernier que Dieu absolve. Portraictes et escrites par : pies : fh ; demourant & Reims. Commencé le 3° jour de mars 1583 et achevé le 10° sept. i
Biblioth, impér., S. F., n° 153.
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« Sainct-Remy, laquelle a esté mise en cest endroict en Vhonneur et « souvenance de l’aage dudict patron qui vescut IIIf xyj ans, par- « tant y ale tour IIII* et xvj chierges. » Cette couronne se divisait en douze lobes ou segments de cercle séparés par autant de lanternes; elle parait avoir été fabriquée pendant le x11’ siecle. Chaque lobe portait huit cierges sur de petites bobéches terminées par une pointe ; c’était done en tout quatre-vingt-seize clerges.
Le plan (fig. 2) indique comme étaient disposées les chaines,
composées de douze tringles aboutissant 4 quatre, puis 4 une seule chaine. Ainsi que la couronne d’Aix-la-Chapelle, le lampier de Saint- Remi présentait des figures découpées 4 Pentour des tourelles contenant les lampes (fig. 3). Les RR. PP. Martin et Cahier, et M. de Caumont, considérent les couronnes de lumicres suspendues aux voutes des églises comme des représentations de la Jérusalem céleste. Kn effet, cette opinion est confirmée par les inscriptions grayées ou ‘emaillées autour de ces phares.
A Hildesheim, il existe encore deux couronnes de lumiéres fort
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belles. « une (elles, la plus grande, dit M. de Caumont',remonte
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pas toujours ces dimensions considérables, et il en était beaucoup qui ne portaient qu’une seule lampe : celles-ci sont encore plus rares que les grandes couronnes, s'il est possible ; leur peu d’importance les
les tours ne portaient que trois flambeaux, de
i Pévéque Heézilon. Elle se compose de cercles d’un trés-grand diamétre, portant des tours et des flambeaux de cuivre doré sur lesquels se lisent des inscriptions émaillées : la dentelle du pourtour était @argent. Les douze tours attachées sur les cercles de métal, comme dans la couronne d’Aix-la-Chapelle, logeaient chacune quatre statuettes dargent représentant des personnages de Ancien Testament et les personnifications des Vertus, ce que prouvent les noms qu’on lit encore sur ces tours. Au milieu des espaces compris entre les tours se trouvent des niches qui portent les noms des douze apotres, preuve qu’elles en renfermaient les statuettes. Il y aurait done eu soixante statuettes dans les niches et les tours qui garnissent les cercles de cette grande couronne. On croit que les lampes étaient superposées aux tours : d'une tour A autre, six flambeaux portaient des cierges; il y en avait en tout soixante-douze..... La seconde couronne de Hildesheim se trouve dans le cheeur de la cathédrale. On la fait remonter au milieu du x1° siécle....; mais elle est moins grande que celle de la nef, et les espaces compris entre
sorte quwil n’y en avait que trente-six au lieu de soixante-douze dans le pourtour. Les tours ou niches renfermaient quarante-huit statuettes de bronze, qui n’existent plus *. »
Les lampiers, couronnes ou phares, n’avaient
fait supprimer depuis longtemps dans les églises.
Il nous faut avoir recours aux vignettes des manuserits, aux vitraux ou aux bas-reliefs, pour pouvoir nous rendre compte de leur disposition et de leur forme.
Les petits lampiers 4 une seule lampe étaient habituellement sus-
pendus au-dessus des autels, et leur forme la plus vulgaire est celle reproduite dans la fig. 4*. Quelquefois la lampe est placée au milieu
! Voyez le Rapport de M. de Caumont sur les couronnes de lumiéres de Hildesheim
(Bull. monum., vol. XX, p. 289).
2 Voyez,
dans le méme rapport, un croquis de cette seconde couronne, fait sur une
gravure de M. le docteur Kratz.
3 Du bas-rélief de la porte Sainte-Anne, 4 Notre-Dame de Paris, x1I® siécle.
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Wun cercle de métal ciselé, ainsi que Vindique la figure 5, copiée sur l'un des bas-reliefs du porche nord de la cathédrale de Chartres (xn1° siécle). Souvent aussi les lampes sont disposées autour d’une
roue, et le lampier était alors appelé rowe. Dans un des vitraux de Péglise Saint-Martin de Troyes, représentant sainte Anne et saint
Joachim apportant un agneau dans le temple, on voit-une roue entourée d'un certain nombre de godets, et sous laquelle est suspendue une derniére lampe (fig. 6). Ce vitrail date du xvi siécle.
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Il paraitrait, en consultant les bas-reliefs et les vignettes des manuscrits, que la forme circulaire donnée aux couronnes de lumiéres, ou lampiers, serait la plus ancienne. La division en lobes semble
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avoir été préférée pendant les xm° et xt siécles. Dans les peintures des xiv’ et xv° siécles, on en voit qui semblent adopter, en plan, la figure d'une étoile a six ou huit branches. ll en existe aussi en forme de croix, dans les églises qui subissent linfluence byzantine. A
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Saint-Mare de Venise, on voit encore, suspendue @ la coupole de la nef, une croix de cuivre qui parait remonter au XII siécle, et qui servait de luminaire les jours fériés. Les bras de cette croix lumineuse sont doubles et se coupent 4 angles droits, ainsi que Vindique la figure 7. Les godets contenant Phuile se trouvaient suspendus entre les br aches de ce lampier, au moyen de chainettes.
La croix illuminée est une fort ancienne tradition, dont on retrouve la trace dans des manuscrits carlovyingiens *, et beaucoup plus anciennement dans les peintures des catacombes de Rome *. Nous devons mentionner aussi les lampes que l’on placait sur les tombeaux élevés A Vextérieur des églises. Cet usage était usité chez les chréliens de Syrie dés le tv siécle; nous le retrouvons adoptée chez les Occidentaux jusqu’d la fin du xvr° siécle. Le nombre de renseignements précis quil est possible de recueillir encore sur les lampiers, si communs dans nos églises pendant le moyen age, indique assez Vimportance de ce meuble, le luxe avec lequel il était traité, la richesse des matiéres employées. Il est certain que les orfévres de cette époque avaient déployé, dans la fabrication de ces objets, toute leur habileté, ce gout parfait qui distingue leurs ceuvres ; employant i la fois le cuivre doré, le vermeil, les fines dentelures, le cristal, les émaux, ils avaient su donner aux grandes couronnes de lumiéres un aspect éblouissant qui représentait aux yeux des fidéles, les jours de féte, Pimage de la Jérusalem céleste. Ges grands cercles lumineux complétaient Véclairage des chaeurs garnis de rateliers, de nombreux candélabres, de flambeaux autour de lautel, de cierges sur les tombeaux.
LANDIER, s. m. (chenet). Les cheminées, dans les habitations du moyen age, étaient larges et hautes. Généralement un homme pouvait y entrer debout sans se baisser, et dix ou douze personnes se placaient facilement autour de Vatre*. Il fallait, 4 Pintérieur de ces cheminées, de forts chenets de fer, désignés alors sous le nom de dandiers, pour supporter les btiches énormes que l'on jetait sur le foyer et les empécher de rouler dans Pappartement. Il y avait les landiers de cuisine et les landiers @appartement. Les premiers étaient assez compliqués comme forme, car ils étaient destinés 4 plusieurs usages. Leur lige était munie de supports ou crochets pour recevoir
1 Voyez la Bible d’Alcuin, Brit. Mus.
2 Voy. Roma subterranea, tab. secund. cometerii potiani via Portuensi : une croix peinte sur les bras de laquelle sont posés deux flambeaux. 3 Voyez le mot CHEMINEE dans le Dictionnaire raisonné d’architecture.