‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance (volume 5)Chapitre 27 sur 80 · LANDIER · texte numérisé non relu

LANDIER

les bi oches, et leur téte s’épanouissait en forme de petit réchaud

pour pr oe er, oe mets, comme nos cases de fourneaux, ou our maintenir les plats ché isl {

Pp é plats chauds. Dans les cuisines, l’usage des four-

erat |) ||

Mi 1Tni nT i. a “VS SNM SAGE CANA ND

Te TN A AB

neaux divisés en plusieurs cases était pas frequent comme de nos jours ; les mets cuisaient sur le feu de la cheminée, et ’on comprend

facilement que ces foyers ardents ne permettaient pas d’appréter cer-

tains mets qu’il fallait remuer pendant leur cuisson ou qui se pré- Nd 419

[ LANDIER | ie

paraient dans de petits poclons. Les réchauds remplis de braise a la téte des landiers, se trouvant 4 la hauteur de la main et hors du foyer de la cheminée, facilitaient la préparation de ces mets.

Nous donnons (fig. 1) un de ves landiers de cuisine déposé au musée de Cluny. Sa hauteur est de 1",12; le diamétre du réchaud supérieur est de 0,25. A la base de la tige, on voit trois crochets destinés 4 supporter labroche. Vers la partie supérieure de la tige est un crochet recouvert A, muni d’une boucle B, a laquelle étaient suspendues les petites pincetles destinées 4 attiser le feu du fourneau supérieur C, une cuiller de fer ou une fourchette, pour retourner les viandes ou remuer les sauces. Cette boucle, dont nous donnons le détail en E, était faite de facon que les pincettes, en raison de la forme de leur téte G, pouvaient facilement éltre suspendues au crochet F. Les objets accrochés aux boucles E servaient également pour le roti. On voit en C le réchaud de fer battu qui se posait sur la téte D du landier, pour recevoir la braise. Les gens de la cuisine mangeaient méme sur ces petits fourneaux, tout en se chauffant'. Quelquefois, mais plusrarement, la téte du landier se divisait en deux réchauds’. C’était done alors quatre plats que lon pouvait appréter et faire cuire en dehors du foyer, sur lequel étaient suspendues une ou plusieurs marmites au moyen de la crémaillére et de trépieds, et de- ” vant lequel tournaient une ou deux broches garnies de plusieurs piéces. La cheminée suftisait seule ainsi pour appréter un repas abondant (fig. 2). | j

Dans le Charrovs de Nymes, II° livre de Guillaume d’ Orange (chansons de geste des x1° et x1° siécles), il est question du bagage du prince porté par trois cents bétes de somme ; les meubles et ustensiles destinés 4 la cuisine ne sont pas oubliés :

« Bien vos sai dire que reporte li tierz :

« Preoz et pailles, chauderons et trepiez ,

« Et cros aguz, tenailles et landiers ;

« Quant il yenront el régne essilié

« Que bien en puissent atorner 4 mengier ; « S’en serviront Guillaume le guerrier,

« Kt en aprés trestoz les chevaliers. »

. La fig. 2 fera comprendre les divers procédés de cuisson employés simultanément autour de l’atre. Ordinairement un gros anneau était

! Nous avons encore vu cet usage conservé dans quelques campagnes de l’ouest et du centre de la France.

2 {I existait encore, il y a quelques années » des landiers 4 deux réchauds dans une

— 1h7 — [ LANDIER ] fixe a la tige des landiers pour pouvoir les remuer avec plus de facilite, lorsqu’en voulait les éloigner ou les rapprocher l'un de Pautre suivant le besoin. La méme figure montre la disposition de 06s anneaux. Les landiers de cuisine sont simples, quoique forgés avec grand som; mais ceux qui devaient étre placés dans les appartements

Hon

yell | WAV TTHi| eH

étaient souvent fort riches, ornés de brindilles de fer étampé soudées sur la tige, de piéces de forge finement exécutées. On rencontre peu de landiers antérieurs au xv° siécle qui aient quelque valeur comme travail, ces objets ayant, depuis longtemps, été vendus comme vieille ferraille. Nous en avons dessiné un cependant qui existait encore, il y a quinze ans, dans une maison de Vézelay, et qui

cuisine dépendant de Vhétel de la Poste a Saulieu; on en trouve un assez grand nombre dont les deux branches supérieures sont conservées, mais dont les réchauds ont été enlevés, dans les provinces du centre de la France.

Page 1