‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance (volume 5)Chapitre 28 sur 80 · LANDIER · texte numérisé non relu

LANDIER

— 1h9 — | LANDIER | provenait probablement de labbaye ‘. Cette paire de landiers datait certainement du xm siécle; elle était d’une exécution assez grossiére, mais d'une belle forme et bien composée. Nous reproduigons ici (fig. 8) notre croquis. Ce landier est formé dune tige de fer plat de 0",05 sur 0",02 4 0",03 de gros, gravée, et sur laquelle sont soudées desembrasses d’ou s’échappent des fenilles étampées et soudées

aprés ces embrasses. L’extrémité supérieure du landier se compose dune téte @animal fort bien forgée et soudée sur la tige , une des embrasses maintient un anneau; le pied se termine en jambes WVhomme. La queue du landier, destinée a supporter les btiches, est rivée au moyen de trois gros rivets a teéte ronde aprés la tige. Ce landier n’avait pas moins de 0",90 de hauteur. Voici (fig. 4) un landier une cheminee d’appartement aujour- 1 Depuis ihe nous avons recherché celle paire de Jandiers qui at d’une assez exécution, ~afin de l’acheter pour le musée de Cluny; mais nous n oh pu savulr ce il est probable qu’elle aura été, conime tant d'autres anciennes

velle était devenue : :

: ce, vendue avec de vieux fers,

piéces de forge éparses dans nos petites villes de provin

[ LANDIER | == $50 = (hui conservé dans le musée de Cluny; il est de fer fondu, probaplement sur un modele de bois, avec ornements appliqués en cire.

La queue du landier est assemblée 4 tenon dans le pied de fonte et rivée, ainsi que l’indique la gravure; sa hauteur est de 9",64. Nous le croyons du commencement du xv° siécle: on remarque sur sa face un écusson sur le champ duquel sont posées trois merlettes. A partir de cette époque, il n’est pas rare de rencontrer des landiers de fonte de fer. Il en existait deux il y a quelques années, posés en guise de

£. CULLALMOT . cca peeea ae

bornes, sur la place de Saint-Taurin, 4 Evreux; nous ne savons ¢’ils sy trouvent encore. Ces deux landiers de fonte de fer paraissent appartenir aux derniéres années du xtv° siécle et sont fort grands ; avec la partie des pieds enterrée, ils devaient avoir plus un métre de haut. La portion supérieure, seule apparente, représente une figure @’homme debout tenant un écu et une massue; V’écu et le yétement de la figure sont échiquetés. M. de Caumont en donne un eroquis dans le XI’ volume du Bulletin monumental, page 6hh.

Nous donnons (lig. 5), pour finir cet article, un landier @appar-:

— elt | LAvoIR |

tement de la fin du xvi’ siécle, dont la forme différe de celle usitée jusqu’alors ; la tige verticale, destin¢ée & empécher les biches de rouler sur le pavé, a disparu et est remplacée par une pomme. Ces landiers paraissent combinés de fagon 4 permettre de poser les pieds sur les deux volutes, afin de se chaufler plus facilement. Ils sont ornés de rosaces de tole rivées sur le fer. La queue est de fer carré présentant sa diagonale parallélement au sol de Patre; un ornement de tole découpée, placé en B, cache le tenon de la grosse pomme; ce tenon passe a travers la queue du chenet aplatie, aimsi qu’on le voit en C, et est retenu par une clavette. Le landier représenté figure 5, et dont le profil est tracé en A, provient d'une auberge de Froissy (Gote-d’Or), et est fort petit.

L’époque de la renaissance apporta un grand luxe dans la composition des landiers ; mais alors ils sont presque toujours de fonte de fer coulée sur des modeles de cire exécutés souvent par de tréshabiles artistes. Ils sont ornés de figures humaines, d’animaux fantastiques, el le plus souvent ils étaient dorés ou argentés. Ce n’est euére qu’au milieu du xvit® siécle que Pon commenga en France a fondre des landiers en cuivre. Ceux-ci ont complétement abandonné la forme haute primitive, et s’étendent, au contraire, en largeur devant le foyer, en se reliant méme parfois au moyen de galeries destinées 4 empécher le bois enflammé de rouler sur les parquets qui, dans les appartements riches, remplagaient les anciens carrelages de terre cuite émaillée. L’ltalie, Venise et Florence fabriquaient dés le xvi’ siécle de magnifiques landiers de bronze. Beaucoup de palais et de chateaux en possédaient dans le nord de la France.

LAVOIR, s.m. (/avabo). Il était d’usage de placer, & proximite des réfectoires des établissements monastiques ou des palais, souvent dans la salle elle-méme, de grands bassins de pierre, de marbre, de cuivre oude plomb, destinés au lavement des mains avant el apres lerepas. On voit encore, dans un grand nombre de monasteres, la place destinée 4 recevoir ces meubles dun usage journalier *. C’est ordinairement une niche peu profonde, mais fort large, couronnée par une arcature soutenue par des consoles (voy. le Dictionnaire d’architecture, aux mots Lavaso et Rérgcrorrs). Ces lavoirs étaient

1 Les ruines de l’abbaye de Beauport (Bretagne) possédent encore une de ces grandes niches, surmontée d’une triple arcature supportée par des culs-de-lampe. M. Alf. Rameé nous a fourni un dessin de cette niche.

[ Lavorr | ia

munis d’une grande quantité de petites gargouilles qui répandaient eau sur les mains des personnes qui venaient laver. Quelquefois, dans les couvents, le lavoir était une grande vasque circulaire placée 4 Pun des angles du cloitre (voy. le Dictionnaire d’ architecture, au mot CLoirre). Mais ces derniers objets ne pouvant étre considérés comme des meubles, nous n’avons pas 4 nous en occuper ici. Les lavoirs de bronze ou de plomb étaient fréquents ; il n’est pas besoin de dire qwils ont tous disparu des établissements monastiques pendant la révolution de 1793, et méme avant cette époque, leur usage n’étant plus, pendant: le dernier siécle, conforme aux habitudes des moines. Ges meubles étaient ordinairement en forme d’un grand coffre, long, assez profond, posé sur un appui au-dessous duquel était une auge de pierre ou de metal, recevant l'eau tombant par les eargouilles et l’épanchant au dehors par une rigole. On en voit des représentations assez grossiéres et fort simples dans des vignettes de manuscrits, et la reproduction de ces vignettes ne peut avoir plus @intéret qu'une description. Mais on trouve, dans la collection Gaigniéres de la bibliothéque Bodléienne, un grand dessin assez bien

Page 1