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exécuté d'un de ces lavoirs. A défaut de monument existant, nous devons nous trouver fort heureux de rencontrer une copie fidéle d’un meuble de cette importance '.
Voici (fig. 1) une réduction de cette copie, au-dessous de laquelle est écrite cette légende : « Piscine ou lavoir dans l'abbaye de Saint- « Amand de Rouen, auquel sont les armes de plusieurs abbesses, et
1 Ce dessin, qui a 25 centimetres de long, et bien exécuté, se trouve dans le tome I¢T des Hpitaphes des églises de Normandie, p. 53, Biblioth, Bodl. Oxford,
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[ LAVOIR | — 154 — « qui a été fondu en 1702 pour employer aux depenses du batiment « neuf. »
Le lavoir est de bronze, divisé en trois compartiments, que Pon remplissait probablement en raison de la quantité de personnes qui venaient laver ; ou chaque compartiment, ainsi que les gargouilles y correspondant, était peut-étre affecté aux différents degres du couvent : aux abbesses, prieures, sous-pricures, etc.,; aux nonnes et aux novices. Il est percé de onze gargouilles posées 4 des hauteurs différentes. Le dessin fait supposer que le bronze était émaillé sur les écussons armoyés et dans les bordures. La cuvette qui regoit les eaux était également de bronze. Ce magnifique lavoir datait certamement de la fin du xur’ siécle ou du commencement du xv’. La figure 2 en donne le detail.
Dans les palais, depuis le xi siécle, on ne se servait plus des lavoirs : lorsqu’on se mettait 4 table, des écuyers apportaient a laver, dans un bassin, au seigneur ; des serviteurs, aux personnages moins élevés en dignité (voy. le Dictionnaire des ustensiles, au mot Bassin). Cet usage se conserva jusqu’au commencement du dernier siécle. C’était sur la crédence que lon placait le bassin et l’aiguicre destinés au lavement des mains avant et aprés les repas.
« Quand tous ceux-cy furent entrez, on prit aussitét 4 lautel de « la crédence un grand -bassin d’argent doré avec une aiguiére de « mesme estoffe, et d’un des cotés de la nef qui estoit sur la table « on prit une serviette plyée 4 fort petits plis. Avec tout cecy, les trois que je viens de dire’ se lavérent tous les mains, puis ceux qui estoient de cette suitte auxquels on bailla d’autres serviettes, et aussitot chacun se vint seoir *..... » Puis aprés le repas : (ioe Aprés que chacun se fut rassasié de ces délicatesses, on com- « menca a desservir ceux du bas bout, car en ceste action la ils « escorchent Panguille par la queué. Et aprés qu’on eust tout osté on « apporta a ceux qui estoient demeurez 4 table (d’autant que la « pluspart sestoient levez) un grand bassin d’argent doré avec un vase de mesme estoffe, et dedans de leau ot avoit trempé de liris, avec laquelle ils lavérent leurs mains, ceux du haut bout séparé- « ment, et ceux qui estoient au-dessous ensemblement, et toutefois (ajoute Pauteur de cette curieuse satire *), ellesne devoient pas