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de Saint-Denis, une de ces plaques de fer délicatement fondue et qui
— 209 — [ RECHAUD | appartient au xu° ou au xty° siécle; c’est une suite de quatrefeuilles a jour formant le compartiment indiqué fig. 8.
Les sacristies des églises possédaient toutes des réchauds, comme encore aujourd@’hui, pour fournir de la braise allumée aux thuriféraires ; ces réchauds n’étaient ordinairement qu'un bassin avec poignées garnies de bois, posé sur un trépied. Quelques églises possédent encore des débris de ces meubles, qui disparaissent tous les jours pour ¢tre remplacés par des objets dune forme le plus souvent barbare. On trouve un de ces réchauds dans la sacristie de Péglise de Saint-Pierre de Beauvais : il est. carré (fig. A), posé sur quatre pieds & roulettes, et est surmonté d'un petit toit destiné a condenser la vapeur de la braise. La hauteur des pieds, qui n’est que de 0",40, indique assez que ce réchaud w’était pas fait pour
se chauffer les mains, mais pour mettre la braise au niveau de la capsule de lencensoir que le thuriféraire tient de la main geuche ; de la droite, au moyen des pincetles suspendues 4 l'une des consoles, if choisissait les morceaux de charbonrougis qu'il deyait jeter dans la capsule. Une petite pelle longue et fine servait a retourner les cendres pour trouver la braise enfouie. Deux poignées, placées de maniére que la chaleur du brasier ne pit les échauffer, per-
mettaient de transporter le réchaud, fort léger, sans étre obligé de I.— 27
| RELIQUAIKE | — 210 — le faire rouler, et d’aller le remplir de sa braise. Ce meuble date du xv’ siéele; il est finement forgé *.
On fabriquait aussi, pendant le moyen age, de petits réchauds propres a faire chauffer de Peau. C’étaient ordinairement des eylindres de tole ou de terre cuite, ou des cones tronqués, creux et percés de trous, afin d’activer le feu. Un chapiteaude métal portait la bouilloire; le tout était posé sur un plateau de terre cuite. Voici un de ces petits meubles (fig. 5) ?, avec la pelle servant 4 retirer les cendres du fourneau.
RELIQUAIRE, s.n. (phylactéere, philatiére). Nom que Von donne a tout meuble contenant des reliques de saint. Il y avait des reliquaires de toutes formes, de toutes matiéres et de toutes dimensions. Il faut cependant distinguer le reliquaire de la chasse. La chasse contient un corps-saint : e’est le cercueil. Le reliquaire est le vase, le coffre, le meuble enfin dans lequel on renferme, soit une partie @un corps-saint, soit un objet sanctifié. Ainsi on ne pourrait dire que la couronne d’épines de Notre-Seigneur fit renfermée dans une chasse, mais dans un reliquaire.
Dans l’église de ’abbaye de Saint-Denis en France, la chasse renfermant les ossements de saint Louis était déposée derriére Vautel matutinal, ce qui nempéchait pas le chapitre de la sainte Chapelle de Paris de posséder un reliquaire contenant le chef du saint roi. On comprend dés lors que, pendant le moyen age, si le nombre des chasses était limité par le nombre des corps-saints, il n’en élait pas de méme des reliquaires, puisque la possession d’une parcelle d’un de ces corps, ou d’un morceau d’étoffe, ou @un objet ayant appartenu un saint, obligeait le possesseur a faire faire un reliquaire. Aussi n’essayerons-nous pas de donner un catalogue, méme tréssommaire, des principaux reliquaires du moyen age. Non-seulement les trésors des abbayes, des cathédrales et méme des églises paroissiales en possédaient en quantité innombrable, mais les oratoires des princes ou des seigneurs en étaient garnis. Les particuliers mémes avaient des reliquaires dans leurs maisons. La plupart de ces meubles, grands ou petits, richement ornés ou simples, étaient faits de métaux précieux, ou tout au moins de cuivre ou (ivoire. fly avait cependant des reliquaires de bois précieux, de cristal et
1 Ce réchaud est gravé dans le Bulletin du Comité des arts de la France, années 4853, 1854, n° 3, :
* Manuser. de la Biblioth. impér., fonds Lavalliére, n° 44, Proverbes, adages, allégories, portraits, Xv® siécle.
— 211 — [ KELIQUAIRE | meéme d’étoffe. On donnait aussi le nom de phylacteres aux reliquaires. Guillaume Durand décrit ainsi les phylatteria : « C'est un « petit vase d’argent ou dor, ou de cristal ou ivoire, ou d’autre « matiére aussi précieuse, dans lequel sont enfermées les cendres «ou les reliques des Sas Or, comme Elindius appelait les fidéles « cendreux (cinericios), & cause de ce qwils conservaient ces « cendres, il fut établi ie l'Eelise, contre son avis, qu’on les gar- « derait a une maniére honorable dans de précieux Grasse et « ce nom est tiré de gudarren, garder, et de répov, une extrimulé, « parce que dans ces vaisseaux on garde un fragment de Vextrémité « du corps des saints,comme, par exemple, une dent ou un doigt, « ou quelque chose de semblable..... a)
Eginhard parle de saintes reliques transportées dans des sacs de sole déposés dans des coffres de bois; cest de cette maniéere qu il fait venir de Rome a Séligenstadt les restes des saints Marcellin, Pierre et Tiburce. La translation de ces reliques, longuement décrite par cet auteur, et pleine de détails curieux, fait ressortir Pimportance que l'on attachait alors A la possession des corps-saints, de quels soins et respects on entourait ces restes, et, il faut le dire, du peu de scrupule que lon apportait dans la maniére de se les procurer. Le bénéfice de la possession semblait excuser, aux yeux des personnages les plus respectables, la fourberie et le vol. Il est sans cesse question, dans l’histoire du moyen age, de reliques dérobées, et dont la possession n’en est pas moins profitable aux larrons, comme si l intercession des saints était attachée a leurs cendres. On comprend alors avec quelle ardeur on désirait posséder des reliques qui étaient considérées comme de véritables talismans ; comme certains personnages, dont la vie était qu'un tissu de crimes abominables, croyaient cependant a lefficacité de quelques ossements pour les préseryer de tout chatiment dans ce monde etdans autre ; comment ils s’en entouraient et les portaient méme avec cux, croyant que le saint dont ils possédaient un fragment ne pouvait se dispenser de veiller sur leur salut. Cette croyance fit que les reliquaires se multipliérent a 11 nfini; si bien qu’a plusieurs reprises le clergé dut
s’élever contre un abus qui tenait plus de la superstition que de la véritable foi, et déclarer fausses et sans valeur toutes les reliques dont Porigine n’était pas diiment constatee par l’Kglise 2,
1 Rational, lib. 1, cap. 11.
2 Saint Thomas d’Aquin examine et discule cette question : Ulrim suspendere divina verba ad collum sit illicitum? Le cardinal Tolet la nomme observantia reliquiarum.
Pendant les xm° et xit® siécles, les juifs faisaient un véritable trafic de reliques, et contribuaient ainsi 4 détruire le prestige qui s’attachait aux restes des martyrs. Cependant, jusqu’au xvr° siécle, on ne cessa de fabriquer des reliquaires, non-seulement pour les églises, mais pour des particuliers, et il faut dire méme que plus la croyance en Vefficacité des précieux restes diminuait, plus on donnait de richesse et d’élégance au contenant; si bien qu’au moment de la Réformation, les reliquaires étaient devenus plutot des objets de luxe propres 4 décorer un oratoire que des meubles sacrés.
Non-seulement, pendant le moyen age, chacun désirait posséder des reliques de quelque martyr, mais on en était venu & porter sur soi des objets auxquels on attachait une vertu particuliére : par exemple, l’Evangile de saint Jean pendu au cou dans un tuyau de plume d’oie brodé par les deux bouts et orné de franges de soie, ce qui garantissait d’une infinité de maux; un morceau de yerre sur lequel on gravait le psaume 9° ; un rosaire, un scapulaire, une ceinture de saint Augustin, un ceinturon de sainte Monique, un cordon de saint Frangois, ou quelque autre signe de piété, ce qui devait vous préserver de la damnation ¢éternelle et vous assurer les sacrements de l’Eglise 4 l'article de la mort, eussiez-vous vécu en paien ; ou bien encore des croix faites de certaines maniéres, des sachets remplis de mots cabalistiques. Tous les théologiens s’élevaient naturellement contre de pareilles pratiques; mais la preuve que le mal était fort répandu, @est quils ne cessent de s’en plaindre comme étant Poeuvre du démon.
Nous diviserons les reliquaires, en reliquaires de trésors déposés dans les églises, les saintes Chapelles et les oratoires, et les reliquaires portatifs, que on portait avec soi ou sur soi. Les premiers sont encore aujourd’hui fort communs; quant aux autres, étant de petite dimension et faits de matiéres précieuses, ils sont assez rares. Jusqu’au xu siécle, les reliquaires étaient pas aussi nombreux quils le devinrent plus tard, car les églises qui possédaient des corps-saints entiers n’en laissaient pas aisément distraire quelques parcelles. Le culte pour les précieux restes des martyrs avait quelque chose de touchant dans les premiers temps de l’Eglise, et Pon comprend parfaitement le respect que les populations portaient aux tombeaux, demeurés intacts, des confesseurs de la foi. Mais peu a peu les abbayes, qui la plupart possédaient des corps-saints, soit pour obtenir les bonnes graces @un grand personnage, soit pour reconnaitre un service signalé, donnérent des fragments de ces
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corps, et il fallut faure des reliquaires pour contenir ces parcelles. Les croisades contribuérent puissamment A répandre la passion pour les reliques saintes. Tous ceux qui revenaient de Palestine rapportaient quelque fragment sacré ou quelques ossements de saints. Constantinople et Venise en vendaient a toute la chrétienté, et fabriquaient les coffres ou étuis de métal, bois ou ivoire qui les contenaient. Gest ainsi probablement que les premiers émaux byzantins, imités plus tard & Limoges, vinrent en France; que les arts de lorfévrerie et de la sculpture sur ivoire pénétrérent en Occident. Cette origine orientale est évidente, elle subsiste longtemps dans ces meubles ou objets sacrés, et lorsque déja les arts de architecture et de la grande sculpture ont pris un caractére franchement occidental. L’orfévrerie, la sculpture sur ivoire, les émaux, la ciselure sur métaux, les nielles, sont encore empreints des arts industriels de POrient au commencement du xu siécle, tandis qu’’ cette époque architecture rejette complétement les traditions d’outre-mer.
Ce qui caractérise les reliquaires fabriqués en Occident particuliérement pendant les xm° et xm® siécles, cest quils affectent a Pextérieur la forme des objets qu’ils renferment : est-ce un crane, le reliquaire est un buste dor, argent ou de cuivre, reproduisant les traits du saint; est-ce une coéte, le reliquaire se recourbe en suivant les contours de cet os; est-ce un bras, le reliquaire est fagonné en forme de bras vétu, avec la main bénissant. Tandis que les reliquaires venus d’Orient, pendant les xm° et xi siécles, sont des coffres, des boites plus ou moins riches, mais qui étaient évidemment des objets fabriqués d’avance et dans lesquels on plagait les reliques enyoyées. Jamais ces reliquaires ne retracent en sculpture, ciselure ou émaux, des scénes ayant un rapport avec Phistoire du personnage dont ils contiennent les restes, et quelquefois méme ce sont des scénes profanes qui entourent la boite sacrée.
Le plus ancien et le plus précieux de tous les reliquaires vénérés pendant le moyen age est le saint Graal.
Nous n’entreprendrons pas, aprés MM. Paulin Paris, Le Roux de Lincy et Francisque Michel, de dire quelque chose de neuf sur la légende du saint Graal. Le saint Graal est le vase qui servit 4 Jésus- ‘Christ pour célébrer la céne*, et dans lequel Joseph d’Arimathie
i « Leenz eut un veissel moult gent, « Ou Criz feisoit son sacrement ; he eg te ch eee ce ekert® See ke (Le Roman du saint Graal, vers 395, man. de Ja Bibl. impér., fonds Saint-Germain, n° 1987.)
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recucillit des gouttes du sang de Notre-Seigneur apres la passion. Ce vase passa, dit la légende, des mains de Joseph (W’Arimathie, qui vécut plus de deux siécles, en celles de son neveu, nomme Alain. L’histoire de ce précieux vase a fourni le sujet de plusieurs romans pendant le moyen age. A
Aprés cette relique, celle de la vraie croix occupe la premiere place. Découverte par sainte Héléne, elle fut transportée 4 Constanlinople, et, de la, des fragments plus ou moins considérables furent donnés 4 la plupart des princes de la chrétienté. La sainte Chapelle de Paris en possédait plusieurs morceaux enfermés dans un ¢lut fabriqué 4 Byzance.
Jérome Morand, dans son Hzstowe de la sainte Chapelle, donne une gravure assez bien exécutée de ce reliquaire, dans lequel étaient incrustées trois croix 4 doubles branches, une grande et deux pelites. Saint Louis avait acheté la sainte couronne d’épines de Baudouin de Courtenay, empereur de Constantinople; il lui fit faire un magnifique reliquaire d’or, qui existait encore dans le trésor de la sainte Chapelle en 1789, et dont nous possédons une assez belle copie coloriée dans le manuscrit des Heures d’Anne de Bretagne. Ce reliquaire était en forme de couronne royale, avec les douze apotres dans des niches sur le cercle; un cylindre de cristal entrant dans le cercle renfermait la reliqne; le tout était porté sur un pied. Si le reliquaire fut fondu en 1792, la relique fut conservée; elle est aujourd’hui déposée dans le trésor de la cathédrale de Paris *. Parmi les reliquaires les plus célébres, il faul envore signaler celui qui contenait la tunique de la sainte Vierge, appartenant au trésor de la cathédrale de Chartres, et qui avait été donné a cette église par Charles le Chauve, en 876.
Ainsi que nous lavons dit plus haut, les formes données aux reliquaires pendant le moyen age sont trés-variées; les plus anciens sont ordinairement des coffres de métal ou @ivoire, quelques-uns sont faconnés en forme detours ouressemblent assez 4 une lanterne. Le trésor de Gonques posséde encore un reliquaire de ce genre, de hois recouvert de feuilles de cuivre et argent. Carré a sa base, il arrive a Voctogone au moyen de pans coupés, comme certains clochers du Limousin; sa partie supérieure est a jour. Les Annales archéologiques de M. Didron ont donné une trés-bonne gravure du reliquaire de Conques, accompagnée dune notice A laquelle nous ne
‘ Le reliquaire de la sainte Chapelle a été rétabli depuis peu, et est renfermé dans le trésor de Notre-Dame de Paris, ot chacun peut le voir,
— 215 — [ RELIQUAIRE | pouvons mieux faire que de renvoyer nos lecteurs !. Une inscription constate que ce reliquaire ful donné par Pabbé Bégon, qui gouverna le monastére de Conques de 1099 4 1118. Le musée de Cluny possede un fort beau reliquaire en forme de coffre, qui appartient aux derniéres années du x1° siécle; il est connu sous le nom de chdsse de saint Yvet, et provient de l’abbaye de Braisne. Ses faces et son couvercle sont sculptés dans des plaques (ivoire. Les figures qui Pentourent représentent : sur une des grandes faces, les trois mages,
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un ange thuriféraire, la Vierge et le Christ avec saint Joseph et saint Siméon ; sur la face opposée, le Christ bénissant, saint Pierre et saint Paul ; puis, 4 droite, saint André, saint Thomas, saint Jacques, saint Jude, saint Barnabé et saint Barthélemy ; 4 gauche, saint Jean, saint ‘Jacques le Mineur, saint Philippe, saint Mathias, saint Mathieu et saint Simon; sur le couvercle, du coté de la Vierge, Moise, Isaie, Jacob, David, Salomon et Aaron; du coté du Christ, Jérémie, Samuel, Roboam, Balam, Abraham et Daniel; au-dessus des petites
1 Tome XVI, p. 277.
faces, & la droite du Christ, Adam, Noé et les archanges Michel et Gabriel ; 4 sa gauche, Jessé, Jonas et les archanges Raphael et Jérubin. achat Nous donnons (fig. 1) l'ensemble de ce reliquaire, et (fig. 2) un va aoe pale détail de la sculpture sur ivoire. Le reliquaire de saint Yvetn’a pas,
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ainsi qu'on peut en juger, une destination spéciale: @est un coflret pouvant renfermer quelque objet sacré que ce soit; tandis que les che/s, par exemple, ou bustes de métal renfermant la téte dun saint, imdiquaient parfaitement lewr contenu. Les trésors des abbayes et des cathédrales en conservaient un assez grand nombre, entre autres ceux des églises de Saint-Denis en France et de Saint-
— 27 — [ RELIQUAIRE | Germain des Prés; ces chefs sont gravés dans les histoires de ces abbayes *.
Un des chefs les plus célébres était celui que poss¢dait la sainte Chapelle de Paris, et dans lequel était renfermée la partie supérieure du crane de saint Louis. Ce chef était dor, décoré de pierres précleuses; il avait été donné a la chapelle royale par Philippe le Bel, et reproduisait les traits du saint roi. Ul est fort bien gravé dans Histoire de saint Louis du sire de Joinville, publiée par Dufresne du Cange ?. Nous croyons devoir donner ici une copie de ce reliquaire, afin, sil est possible, de détruire une erreur grossiére perpétuée depuis la révolution par nos peintres d’histoire. M. A. Lenoir, en faisant le classement du Musée des monuments fran¢ais, avait fait enlever les statues de Charles V et de Jeanne de Bourbon, sa femme, qui décoraient le portail des Célestins 4 Paris, et, changeant les noms de ces deux personnages, les avait exposées au public comme étant les figures de saint Louis et de Blanche de Castille : il lui semblait regrettable de laisser dans sa collection une lacune aussi importante ; et, comme il possédait deux statues de Charles V et deux de Jeanne de Bourbon, il s’était permis cette innocente supercherie. Mais quand, au retour des Bourbons, on commanda aux artistes bon nombre de bas-reliefs ou de tableaux dans lesquels devait figurer le saint roi, ceux-ci copierent tous, avec la plus scrupuleuse fidélité, la téte et le costume de la statue des Célestins, el donnérent ainsi au roi Louis IX les traits passablement vulgaires du sage roi Charles V. Or, Joinville dit que son maitre avait la taille élevée, le port noble et la téte haute *; portrait qui répond parfaitement au buste de la sainte Chapelle que nous donnons (fig. 8), mais qui ne ressemble en rien au masque de Charles V. Il serait convenable, lorsqu’on veut peindre ou sculpter les traits du saint roi, ou de les trouver dans imagination de artiste, ou, sil’on veut rester fidéle a la tradition, de ne point perpétuer cette erreur qui préte au ridicule. Nous ne savons, au point de vue de V’art, ce que pouvait valoir le chef de la sainte Chapelle exécuté en or repoussé; si Pon en juge par la gravure, c’était une ceuvre remarquable.
ll existe encore, dans quelques églises, mus¢es ct collections particuliéres, des reliquaires de ce genre qui sont beaux. Un des plus
1 Dom Felibien, dom Bouillard, 2 1678, in-fol.
3 « ,.. Et vous promets que oncques si bel homme armé ne veis, car il paroissoit par « dessus {ous depuis les espaules en emont... » (Joinville, Histoire de saint Louis.) I. — 28
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anciens est le chef de saint Candide, copié par M. Blavignac *. Ce
1 Histoire de Varchitecture sacrée dans les anciens évéchés de Geneve, Lausanne et Sion, 1853, D, Blavignac, p. 7.
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