BOUCLE
robe de dessous. On observera qu'une mancbe et une fente seules, du côté gauche de la figure, sont frangées; les mains sont gantées. Cette figure est dépourvue du manteau ; c'est qu'en effet, à cette époque, le manteau n'est déjà plus de rigueur pour les femmes nobles.
Pour suivre les transformations du bliaut depuis le xiv" siècle, il faut recourir aux articles Garde-corps, Robe et Surcot.
BOUCLE iDE ceinture), s. f. {afiche). Nous ne parlons ici que des boucles de ceintures qui paraissent appartenir à des vêtements civils, nous réservant de nous occuper des boucles de ceinturons militaires dans la partie des Armes. Les tombes frankes et mérovingiennes ont fait découvrir une quantité prodigieuse de boucles de ceintures de toutes dimensions, de fer damasquiné d'argent, de bronze, d'argent, unies ou avec incrustations de morceaux de verre.
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M. Baudot, M. l'abbé Cochet, dans leurs publications, en ont reproduit un certain nombre ; le musée du château de Compiègne en conserve de fort belles qui, la plupart, ont été découvertes par M. de Roussy dans les environs de cette résidence. « La ceinture, dit M. Rigollot', et la boucle qui en dépend, à la fois objet de luxe et d'utilité, offrent en archéologie quelque chose de nouveau et de spécial aux races teutoni(iues. Rien de ce qui les concerne n'est imité des arts romains, comme on a pu le faire pour quelques broches ou fibules, dont l'usage était alors commun aux diverses
1 Mémoires de la Société des antiq. de Picardie, t. X.
[ BOUCLE ] — fii —
nalions civilisées ou bar])ares. Tout dans les boucles de ceinturon, la matière et la forme, le style et la nature des ornements, nous reporte vers un monde différent de celui de l'antiquité classique... » Ces remarques sont justifiées par les exemples si nombreux de boucles qui datent de l'invasion des races germaniques sur le sol
des Gaules. M. l'abbé Cocliet n"a pas trouvé moins de cent cinquante boucles dans les tombes fouillées par lui à Envermeu^ Ces boucles, de fer, de bronze ou d'alliage, sont, ou munies d'une patte rivée au ceinturon, ou composées simplement d'un anneau ovale ou carré garni d'un ardillon (voy. fig. 1). Ces formes ne rappellent en rien
1 Voyez kl Noi ma/idie souterraine.
[ lîOUCI.E
celles des objets de ce genre apparlenanl à l'antiquité romaine. On peut d'autant mieux attribuer une origine orientale à la forme de ces boucles, que nous voyons dans le trésor des reliques de l'église de la Major une boucle d'ivoire, conservée comme ayant appartenu à l'évêque saint Césaire d'Arles ', qui rappelle, par sa forme, les boucles mérovingiennes, et qui est évidemment un ouvrage byzantin, (fig. '2)-. On observera, en effet, que le petit bas-relief sculpté sur la plaque de la boucle représente les soldats gardant le tombeau du Clirist. Or, ce bas-relief reproduit exactement la forme des tombeaux si nombreux dans la Syrie centrale, entre Antioche et Alep. 11 n'existait pas, dans les Gaules, de mausolées ainsi disposés. Au
moyen d'une broche passant de A en B, la boucle est rendue mobile et pivote de manière à prendre la courbure de la taille. L'ardillon, qui n'existe plus, tournait également sur cette broche de métal ; la ceinture était maintenue sous la plaque d'ivoire, par des rivets. Les statues des xi", xn' et ww^ siècles donnent de jolis exemples de ceintures, les(iuelles, pour les vêtements civils, sont étroites et souvent ornées de pierreries ou plaiiues d'orfèvrerie (voy. Ceinture). Voici trois exemples de ces boucles (lig. 3). CeUe qui est représentée en A date du xni^ siècle^; elle est de bronze doré, ornée de deux grenats. Celles que nous donnons en B appartiennent au XIV' siècle'*, sont de bronze et d'un travail Irès-délicat. Dans la forme de ces boucles, on retrouve encore la Iradilion
' Saint (îésaire, évî'que d'Arles eu "iOl. pri'siila li: concilf il'Oran;,'^ on 529. ^ M. Revoil a lnni voulu (lcs:^iucl• ccllo boucle pour iioui» ; la frravure est grandeur de rexi'-cutiou.
^ Trouvée dans une lomlie à Sciuiii' (^()Ullc) (grandeur d'exéculion'. '' Musée des fouilles du iliàteau Ar l'irrrel'ouds (grandeur d'ex •ciilion).
[ DOUCLES d'oreilles ]
mérovingienne. La boucle (fig. 4) est munie d'une palte rivée à la ceinture (voy. le profil A); elle est de bronze doré, ornée sur la plaque de deux feuilles largement gravées au burin ', et paraît appartenir au commencement du w" siècle.
ffSAfi cirui
Comme nous l'avons dit, les ceintures des habits civils étant étroites pendant les derniers siècles du moyen âge, il n'était pas possible de donner aux boucles une grande importance. Les petites boucles étaient appelées bouclettes : « Pour faire et forger 6 paires de « bouclèles à sollers, pesans 6 onces d'argent - » et les ardillons, coispiaus :
ic Et la boucle est et li eoispiaus « De propres meurouges polies^. »
Si l'on avait des bouclettes pour les souliers (voy. Chaussure), on en avait aussi pour maintenir les caleçons : « Pour faire et forger « deux paires de boucles d'argent à braier '\.. » (Voy. Braies.)
BOUCLES D'OREILLES, s. f. Si l'on trouve une grande quantité de boucles d'oreilles dans les tombes gauloises aussi bien que dans les tombes des tribus germaines qui envahirent les Gaules au v" siècle, à dater du x'' siècle ce bijou devient rare. Les statues de femmes elles-mêmes ne laissent voir que par exception des pendants
1 Musée (les fouilles du château de Pierrel'ouds (grandeur d'exécution). ' Compte d'Etienne de la Fontaine, 13o2.
^ Le conte de dame Guile {Jongleurs et Trouvères des xiii<= et xiV siècles, publ. par M. A. Juhiual. Paris, 1835).
* Compte d'Etienne de In Fontaine, 13o2.