BOURRELET
d'oreilles. Les Gaulois, les Germains, hommes, femmes et enfants, portaient des boucles d'oreilles en forme de grands anneaux avec un renflement souvent très-richement orné ; mais, pendant l'époque carlovingienne, les boucles d'oreilles, réservées aux femmes, ne sont figurées que comme des pendants très-courts terminés par une perle ; plus lard, ce bijou n'apparait plus dans les monuments. Cependant, Jean de Meung, racontant comment Pygmalion se plaît à parer la statue dont il s'éprend ', dit :
« Et met a ses tiens oroilletes
« Deus verges d'or pendans greleles. »
Quelle était la forme de ces pendants? Nous l'ignorons. Trèsrarement, les conteurs, si prolixes dans les descriptions de parures, parlent -ils de boucles d'oreilles. Il faut reconnaître, d'ailleurs, que, pendant tout le cours du xn" siècle, les femmes portaient les cheveux longs, descendant des deux côtés de la tête en nattes ou en mèches entourées de galons, qui ne laissaient pas voir les oreilles ; que, pendant la première moitié du xiii" siècle, les femmes se couvraient généralement la tête de voiles ou de chaperons qui cachaient les oreilles ; que, pendant la seconde moitié de ce siècle, les guimpes montaient très-haut et venaient se réunir au chaperon ; que lorsqu'au xive siècle les femmes se mirent à porter des cheveux longs, les boucles ou les nattes cachaient également les oreilles. Ce n'est guère qu'à la fin de ce siècle que les cheveux sont relevés sous la coiffure et que les oreilles restent visibles; mais alors les seules boucles d'oreilles indi(iuées sont des perles attachées très-près du lobe inférieur. Au xv= siècle, les coiffures redescendent de manière à cacher les côtés du cou ou sont accompagnées de voiles (voy. Coifflue); de sorte que pendant toute cette longue suite de modes, il n'y avait pas de raisons de porter un bijou, qui eût été caché.
BOURRELET, s. m. Coiffure de femme de la lin du xV* siècle, remplaçant le hennin ou haut bonnet. Le bourrelet aiïectait des formes diverses, et figurait un cœur renversé, une conque, un coussin, deux lobes, et était fait d'élotfes très-riches, surornées de perles et de pierres précieuses (voy. Cou'Fure) :
" Dîiiiu's il r(,'l)rassez ciillel/,.
'( De (iiu'lci)iii[iie comliciDii,
« Porlaul atloiU'S el hourrelels.
•» Mort saisit sans cxecptiou-. »
V Le RoiiKin de Ui rose, vers 212:i2.
* Viilou, (irand TesUnncnl, x.wix.