‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 23 sur 76 · OM · texte numérisé non relu

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encore le surcot. Quand ce dernier vêtement fut adopté par les femmes (voy. Surcot), la ceinture fut posée sous le surcot, mais toujours à la hauteur des hanches. Nous possédons de beaux et nombreux exemples de cette parure dans nos monuments funéraires de la seconde moitié du xiv^ siècle. Parmi les plus complets, il faut citer la statue d'Ysabel d'Artois, lillc de Jehan d'Artois, comte d'Eu, et d'Ysabel de Melun. Cette Ysabel d'Artois mourut en 1379, et son efligie est aujourd'hui déposée dans les caves de l'église d'Eu, Gaignères l'a reproduite avec les peintures qui ornaient ses vêlements.

' Du roniuu /e*' Merveilles du monde (première moi lié du xiv" sièele], lîihliolli. iiMpér.. li" S:i!):i.

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La figure 9 montre comme est posée la ceinture d'orfèvrerie sous le surcot, à la hauteur des hanches'.

Le port de la ceinture était, pour les femmes, une marque honorable, et pendant les xiV et xv" siècles plusieurs édits royaux défendirent aux femmes de mauvaise vie d'en porter, sous peine de la prison et de la confiscation de la parure. Dans les comptes de la prévôté de Paris, il est souvent question de ces rigueurs exercées contre les prostituées. A la date de 14o9, on y lit, à l'article Forfaitures : « Une ceinture ferrée (garnie) de boucle, mordant et cloes « d'argent doré, pesant deux onces et demie, avec une surceinle

H aussi ferrée de boucle, mordant et clos d'argent doré, un Pater « nosier de corail, tels quels à houtons, et un Agmis Dei d'argent, « des heures à femme telles quelles, à un fermoir d'argent doré, et « collet de satin fourré de menu vair, tel quel, advenus au Roy nostre « Sire par la confiscation de demoiselle Laurence de Villers, femme « amoureuse, constituée prisonnière pour le port d'icelles, etc. -. » Le surcot des femmes persista jusqu'à la fin du xiv^ siècle, et, avec ce surcot, la ceinture basse sur les hanches. Il fut même admis dans les toilettes d'apparat, jusqu'à la lin du règuc de Charles VI, avec quelques variantes dans la forme. Mais, à cette époque, de longues qu'elles étaient, les tailles des femmes deviennent Irès-

' Voyez aussi, dans réglisc abbatiale du Saiul-Deuis, les slaliics de Jcaiiae de lioiirbon et de Béatrix de Bourbon, laquelle mourut en 13S3. ^ Sauvai, Antu/uit. de la vU/c de Paris, t. ill. ]). .iliO.

courtes et sont serrées par de larges ceintures d'or, de passementerie ou d'orfèvrerie (fig. iO)'.

C'est à ces ceintures que les femmes suspendaient de petits objets, patenôtres, boursettes, miroirs, clefs, etc.

Il est souvent question, dans les contes et fabliaux, de ceintures auxquelles sont suspendus des escarcelles, des ècriloires, des couteaux, des clefs. Aussi, quand on faisait cession pour dettes, on se dépouillait de sa ceinture devant les juges ; c'était se dépouiller du droit de propriété.

Les inventaires des xiv^ et xv' siècles mentionnent des ceintures très-riches garnies de leur bourse : « Pour une ceinture et pour une

« bourse faite à l'aiguille, d'or de Chippre- » — « Pour une

« ceinture blanche, ferrée d'argent » — « Pour une fleur de lis

« et une ceinture d'or à rubis et à esmeraudes ^ « — « Pour

« faire et forger pour ledit M"" d'Orliens deux roses d'or fin et d'ar- « gent esmailliées de rouge cler, et furent mises en sa bonne çain-

« ture à perles^ » — « Une ceinture d'or pesant deux marcs.

« trois onces quatre esterlins, achetée 136 francs 3 sols 6 de- << niers " »

Les ceintures elles-mêmes servaient de bourse, ainsi que cela se pratique encore chez les habitants de la campagne. Un conte du xiv^ siècle*^ nous montre un certain sacrislain qui veut séduire une bourgeoise et lui promet cent livres. La dame fait semblant d'accepter, de complicité avec son mari. Dès que l'église est fermée, atin de se procurer la somme promise, le moine :

<' pense de sou affaire,

« Puis cerche boites et armoires

<i Et les autex as seintuaires

<i Où la gent ont l'offrande mise

u Qui oreut oï le service.

" Une grant corroie a pnijilic,

« De ce ne li menti-il mie,

M Que bien cent livres u'i éust;

(. Voire encore plus, se il pcust,

" Eu i iMist voleuliurs mis. »

' Mss. des Chroniques de Froissart (xv» siècle), liibliotli. imiiér. - Comptes (le Geo//'roi de Fleuri, l.'il6.

•' ma.

'• Comptes (i'Et. de la Fontainr, 13'i2.

■' Invent, de Louis d'Orléans, l'-i^l .

•"' Du Segreiaïn, moine, uiauuscr. fonds Saiut-Cermaiu. u" IS.'Jd. lîarliazan. t. i.

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