‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 3 sur 76 · UA · texte numérisé non relu

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fermer le haut des robes et quelquefois le manteau des femmes. Voici (fig. 8) une de ces sortes d'agrafes de cuivre doré, ornée de pierreries, qui date du milieu du xni" siècle '. En A, est donnée une

des quatre petites létes de prolil. L'exécution de ce bijou est trèsbonne, les mufles d'animaux sont ciselés avec une extrême délicatesse et d'un excellent style. La ligure 9 présente une de ces broches

' I)(,' la colleclioii ili' M A. (ère iti' (.uraiidcur (Vcxt-cutiou'.

d'une composilion très-simple. Cet objet est de iiîême de cuivre doré, orné de grenats ', et date du \i\° siècle.

On fabriquait de petites broches en os ou en ivoire pour maintenir les ouvertures des chemisettes à petits plis, qui paraissaient sous les robes à corsage ouvei't , portées par les femmes vers 1400. Voici (fig. 9 bis) un de ces objets -.

j) II.

■■amr

Il ne faut pas omettre les agrafes de ceinture, qu'on ne doit pas confondre avec les boucles, (lelle que nous donnons ici (tig. 10)^ est de cuivre battu. C'est un de ces objets qu'on fabriquait pour l'usage ordinaire. Les pattes doubles étaient rivées à la courroie A ou à une passementerie épaisse.

La charnière assurait la tlexibihté de chacune des parties, afin de mieux prendre la forme de la taille. En B, est ti-acé le profil de cette agrafe, qui paraît appartenir au xiV siècle.

Nous avons l'occasion de revenir sur ces agrafes de ceinturon dans la partie qui traite des

' MUS'C (les riMllllc ï Idem, idem .

^ Idem, idem.

du clirilc-iii de l'ierrefouds [grandeur d'exéeutioa).

[ Ar.P.AFE ]

armes et habillements militaires. Celle que présente la ligure 11 était de même adaptée à une ceinture étroite A, et date du xv" siècle '. Elle est de cuivre battu et ciselé, avec patte double, rivée sur TétofTe ou le cuir qui faisait le fond de Taiglettc. En B, est tracé le profil de Tagrafe. Les quelques exemples que nous donnons ici, par

l'extrême variété de leur composition et de leur forme, indiquent assez la fertilité d'invention des artisans auxquels étaient dus ces objets courants. Les fermaux d'or, ou même de vermeil, devenus très-rares, étaient considérés, pendant le moyen âge, comme des bijoux complémentaires de toute parure. C'étaient de ces cadeaux qu'on olfrait en maintes occasions, particulièrement aux dames, qui en mettaient non-seulement à leurs corsages, mais aussi à leurs coiffures ou à leurs voiles.

'< Et por teuir la clievei.'aille (ooiffiire),

H Deus t'ermans d'or au col li baille :

H En mi le pis (an milieu de la poitrine) un,t;' en remet.

■> Et de li ceindre s'entremet 2; »

u Et puis (]uaut vint au départir, « Lors Melhisigne ala ouvrir » Ung escrin d'ivoire, où estoit « Ung fermeillet qui uuiult valoil.

1 Musée des fouilles du rhâleau de Pierrefonds [grandeur d'exécution)

2 Roman de la Rose, vers 212'i4.

'1 r.arui (le pierres précieuses « Et de perles moult vertueuses ; <i A la contesse le donna, 'i Qui grnnt joie de re don a ' . »

(I L'ottrando fu et biele et rioo

Cl Maint fruinal d'or et mainte afice ((''pini,d.')

« I otfri-on a irel jour ~. »

Pendant le xv" siècle, alors que les hommes portaient des chapeaux d'étoffes, des fermaux d"or et de pierreries y étaient fixés, et retenaient les plis de la coiffure, des chaînettes d'or, parfois des plumes.

On avait aussi des agrafes qui servaient à suspendre des auniônières, des cassolettes, des clefs... La figure 12 donne une de ces

agrafes de petite dimension qu'on accrochait à la ceinture. Cet objet, de cuivre doré, est d'un joli travail ^ et date du xiv^ siècle. La figure 13 reproduit également une de ces agrafes propres à suspendre de menus objets à la ceinture. Elle est de bronze coulé et ciselé S mais d'un travail assez grossier.

Dans les sorties que les auteurs satiriques du moyen âge se permettent contre le luxe des classes riches, les fermaux sont particulièrement mentionnés, ce qui prouve que ces bijoux étaient de ceux qu'on

• Le Livre de Lusignan, vers 1271.

- Renard le nouvel, vers 292.

^ Musée des fouilles de Pierrofonds (!:!randeui' d'ex(''('ulion).

'* Musée de Cluny (grandeur d'exécution).

[ AIGIILLETTE ]

portail le plus et auxquels on mettait le plus de prix. Le musée Britannique possède un de ces fermaux de forme circulaire, d'or, d'une grande beauté. Les fermaux de chape renfermaient souvent des reliques ; le musée de Cluny en possède un fort beau d'argent

doré, émaillé, enrichi de pierreries, qui date du xiV siècle, et qui représente une aiglette au vol abaissé, au milieu d'un carré entouré d'un quafre-lobes. Des chatons de cristal posés sur ce quatre-lobes contiennent des reliques ^ Les inventaires des princes mentionnent des fermaux d'une -grande valeur comme matière. Il y avait aussi des agrafes de collier (voy. Collier et la partie de l'OrîFÉvr.ERiE).

AIGUILLETTE, s. f. Cordon teiminé par un ferret ou pointe de métal, afin de faciliter le passage de ce lien à travers un ou plusieuis œillets. On voit les aiguillettes adoptées pour attacher les diverses pièces des vêtements entre elles, dès le xni'^ siècle. On s'en servait

' (x't olijet. qui provicut de l;i collcclidii Dehnige Duiiiriiil, ost très-bien reproduit dans VHist. (lefi arts indiistr. do M. ,1. Laliurle. l. I, [jI. liv.

lo -

[ A.MICT i

beaucoup comme moyeu d'attache des armures pendant les xiv' et xv siècles. Les riches avaient des aiguillettes d'argent ou d'or, mais habituellement elles étaient faites de cuivre, et le cordon de peau de chien revêtu de soie, si les vêtements étaient luxueux. La ligure 1

présente un ferret d'aiguillette ; le cordon était pincé entre les deux branches plates a a, lesquelles étaient percées de deux trous pour y passer des rivets ou un hl métallique,, ainsi qu'on le voit en B. On voit des aiguillettes ainsi façonnées dans un assez grand nombre de statues de tombeaux de la fin du xm*" siècle au xv^

AMICT, s. m. L'amict est l'un des treize vêtements du prêtre officiant. Il consistait en une pièce d'étoffe (toile fine) longue de 70 centimètres environ et large de 53, garnie au chef de broderies et au centre d'une croix ; aux deux angles antérieurs du chef sont cousus des cordons. « Selon la rubrique du iMissel romain, le prêtre prend Tamict par les angles auxquels sont attachés les cordons, baise la croix brodée au milieu, le place sur sa tête, puis l'abaissant sur le col, s'en sert pour border le collet de sa soutane ; il fait passer les cordons sous ses bras, et, après les avoir croisés sur le dos, les ramène et les attache sur la poitrine '. » Il ne paraît pas que l'amict ait été adopté avant l'époque carlovingienne. Alors il voilait la tête et était abaissé sur la chasuble au moment de l'office. Nous ne pourrions dire quelle est l'origine de ce vêtement, qui n'est point indiqué dans

1 Voyez les Vêtements sacerdotaux, pai' M. Victor Gay [Annales, arc/i . . I. M. r- 158).

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