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les premiers moiuiments chrétiens. Au contraire, à cette époque, les
prêtres sont toujo irs représentés la tète nue, par opposition aux
usages leligieux du paganisme. Guillaume Durand ' dit que Tamict
■^ Ration<ÙP, lili. III. r;iii. li.
r AMICT ]
rappelle la parole de TApôlre aux Éphésiens : « Prenez le casque du salut, » Au xin^ siècle, le prêtre s'en voilait encore la lèle avant de monter à l'autel, bien que l'amict soit toujours représenté abattu sur la chasuble en manière de capuchon ou de collet. Ces deux exemples (tîg. 1 et 2) montrent l'amict dans cette position. La figure 1 présente l'amict rabattu, formant capuchon'; la ligure 2, formant
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collet -. Dans ce dernier exemple, c'est la broderie du chef de l'amict qui tient lieu de collet, tandis (jue la partie de toile line entre, en se plissant, sous l'aube. Le trésor de la cathédrale de Sens conserve encore l'amict de Thomas Beckel, qui possède la bande, brodée servant de collet. La ligure ;■} i-eproduit cet amicl. Lorsque le prêtre se
' Slnlue ilii ]>orliiil mûriiiional do l^olrc-nanic de (".liarti'cs. ^ Sulue (lu luipe saiiil Girguirc à >iulrc-l)aiuo de Cliarlres.
ni.
[ AMI Ci
voiUiiL la tète avec raïuicl, il prenail des deux mains les deux cordons, baisait la croix brodée sur le linge, qu'il posait sur son chef de manière que la bande brodée fît couronne sur le front, puis, ramenant les deux cordons sur l'occiput, il les nouait. Alors était-il coiffé comme l'indique la figure 4 en A, de face, en B, par derrière.
Une des ligures des voussures de la porte principale de l'église abbatiale de Vézelay (côté gauche) montre clairement la manière dont se posait cette coitïure (4 bis). Si le prêtre se découvrait, il dénouait les cordons, et, laissant tomber le Unge sur ses épaules, il entourait
son cou de la bordure en broderie en nouant les cordons par devant. C'est ainsi qu'est représenté l'amict de la ligure 2. La petite statue en émail d'Eulger, évêque d'Angers au commencement du xm" siècle \ laisse voir l'amict posé sur la tête du prélat, sous la mitre, qui ellemême reproduit la forme naturelle de l'amict présentant deux cornes données par les plis de l'étoffe (voy. Aumusse, fig. i).
' (îaigiirrc-', hilil. ISoillriciiiie,
Celte partie du vêtement liturgique est commune ù l'évèque, au prêtre, au diacre et au sous-diacre ; c'est pourquoi saint Etienne, à dater du wf siècle, est toujours représenté avec Tamict. Guillaume Durand prétend aussi que l'amict représente le voile dont les juifs couvrirent la face du Christ en lui disant : « Christ, prophétise-nous quel est celui qui t'a frappé ^ » Comment alors ce vêtement n'nurait-il pas été adopté par la primitive Église ?
La forme de l'amict ne changea pas jusqu'à la On du xv" siècle. Seulement, au xiv" siècle, la hroderie formant collet prit plus d'importance, et monta jusqu'au bas de la mitre sous les fanons. Aujourd'hui, l'amict est complètement caché sous la chasuble.
ANNEAU, s. m. (anel). On sait que les Romains portaient habituellement un anneau avec chaton intaillé pour sceller leurs lettres ; que l'époux remettait un anneau à sa fiancée; que l'anneau servait, au besoin, de sauf-conduit, ou était échangé comme un moyen de confiance absolue dans certaines transactions, ou lors de messages importants. La superstition s'attachait à quelques anneaux considérés comme des talismans.
Les diverses fonctions et vertus données à l'anneau prirent encore plus de valeur peut-être pendant le moyen âge. Les Gallo-Romains avaient conservé les usages romains , ils avaient leurs anneauxcachets et leurs anneaux de mariage -. Les Mérovingiens avaient aussi leurs anneaux monogrammatiques, et la chancellerie mérovingienne scellait les nombreux diplômes qu'elle délivrait avec ces sortes d'anneaux ^
Dès les premiers temps de l'époque féodale, l'anneau était donné en signe d'investiture. Quand Guillaume le Bâtard se disposa à passer en Angleterre pour s'emparer des terres d'Harold, le pape lui envoya un étendard et un anneau :
« L'Apostoile li olreia,
s Un goufiiiiDii li fiiveia,
" Un gonfauuu et iiu anel
« Mult preoios è riche è bel ;
« Si coiniiii' il ilit. (les;i)7. la lùerre
« Aveil un des clievculs sainl PieiTC '*. »
' Raii'onale, lili. ill. (aji. ii.
- Voyez, k ee snjcl, larliclr de M. Huilier [Sigillographie du M'iinr. linllclin monumental, t. WUI. p. :50;i].
^ Voyez, (laus le Trésor de nuntismat . et de ghjiogr ., quatre de ecs anneaux, ' Boman de liou, vers lUiiU.
[ ANINEAll ] — 20 —
Cet anneau était une sorte de reliquaire contenant sous le chaton un cheveu de saint Pierre ; de plus, il était une marque de l'investiture du royaume saxon.
En 1104, Hugues, comte de Champagne, se dessaisit entièrement de la terre de Rumilly en faveur de l'abbaye de Molesme, et en signe d'investiture il tira l'anneau qu'il portait à son doigt et le mit sur l'autel, saint Robert et ses religieux étant présents '. Dès le xni" siècle, lorsque les rois de France étaient sacrés, ils déposaient sur l'autel l'épée, la couronne et l'anneau (fig. 1) 2.
Les évêques portaient et portent encore un anneau. « L'anneau (épiscopal), dit Guillaume Durand ^ est le gage assuré de la foi, avec lequel le Christ a fiancé son épouse, la sainte Église, afin qu'elle puisse dire d'elle-même : « Mon Seigneur Jésus-Christ m'a fiancée « par son anneau », dont les gardiens et les dispensateurs sont les évoques et les prélats, qui portent des anneaux en témoignage de ces fiançailles... »
Les amants échangeaient des anneaux en signe de leur fidélité à leurs serments :
« .1. anel oste de son (loi 'c Ou sien le mist et dist : Amis, '< Par Ci-'st anel d'or vous saisis « De nraiiiour tous jors loiauuii^ut.
« Alant le baisR doucement ;
1 Lebeuf, Mémoires concernant ihist. d'Auxevre, t. III, p. G9.
- Les Rois de France, nis. anc, fonds latin, n» 1246, Bibliolli. impér.
•* nationale, lib. [II, cap. xiv.
« Et du sien doit .1. auel prist n Letr('', qu'en son mal faire fist ; «( De leurs .11. nous entreposés « Estoit H aaelés letrés '. »
Quand le roi de France enlève la fille de Géri pour la donner en mariage à l'un de ses barons, celle-ci, déjcà mariée à Bernier, répond au roi qui lui propose ce riche parti :
« Merci, biax sire rois.
'( N'a encore gaires que Bernier li cortois « M'a espousée ; les auiax ai es dois ! -. »
Une femme devenue veuve quittait tous ses bijoux et même ses anneaux. Il faut donc, parmi les anneaux, distinguer ceux qui ser-
vent de sceau, des anneaux épiscopaux, de parure, de mariage, de fiançailles, avec lettres entrelacées, des anneaux contenant des reliques. La figure 2 présente un anneau de mariage ou de parure
mérovingien. Cet anneau ^ est orné d'une petite pierre quadrangulaire. En A, une partie de cet anneau est grandie au double, afin (lo, faii'c voir le travail de ciselure. La figure 3 reproduit l'an-
' Li Romans d'Amados et Ydoine, vers 12.j2 et suiv. (xiii" s.). - Li liomnns de Raoul de Cambrai fxnie s.). ^ Musée d'Aulun (grandeur d'cxéciilion).
ANISEAU
neau êpiscopal attiibné à saint Loup i ; il esl d'or, sertissant un saphir. Ce bijou paraît remonter k l'époque cariovingienne.
B. co:LU\i:"3T.
vr
£. cc'unmor.
Voici (fig. 4) un très-joli anneau de parure pouvant servir de reliquaire, qui date du commencement du mn" siècle. Il est d'argent doré, orné d'un grenat -. L'anneau (tig. 5) est d'une date plus
récente, de la fin du xiV siècle ou du commencement du xv^ ^ Cest aussi un anneau de parure. L'anneau (fig. 6) date de la fin du
1 Trésor de la fanu''drcale de Seus.
- ('ûlk'ctiou de M. A. Géreute.
■> Coniniuuiqué par M. Pascal, statuaire . ■
XV* siècle ; il représenle un saint Georges tuant le dragon. Une couronne de roses et de fleurs de lis entoure le suint. En A, l'anneau est présenté latéralement; il est d'argent doré '.
Dès la lin de l'époque carlovingienne, les anneaux ne servirent plus guère de sceau. On eut depuis lors, pour sceller les lettres, les diplômes, les chartes, des sceaux spéciaux qu'on portait avec soi dans la ceinture ou l'aumônière, et qui étaient suspendus à une chaînette. Les sceaux des grands seigneurs étaient placés dans des cassettes fermées à clef, commises à la garde de personnages préposés à cet eiïet. Cependant on connaît quelques anneaux du moyen
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âge servant de sceau. Le cabinet des médailles à Paris conserve un de ces anneaux qui date du commencement du xV siècle, si l'on s'en rapporte à la forme des lettres et à celle du heaume gravé sur le chaton. Cet anneau (fig. 7) est d'or massif; les armes gravées en creux sur le chaton ligiirent un écu chargé d'un dragon portant (peut-être) une proie dans sa gueule. Le heaume qui surmonte l'écu est timbré de même au-dessus d'un loi-lil. Le hinibre(iuin paraît échiqueté. On lit des deux côtés de l'intaille les deux noms : Maiun- PixiA.N. Sur les bords de l'anneau s'enlevaient en relief deux inscriptions ; une seule est encore lisible et est empruntée à l'Évangile selon saint Luc : « Jksls altkm tuamsiens i-eiï médium h.i.ohum ihat » (iv, 30) -. Notre ligiuv est tracée grandeur de l'oi'iginal.
' CoiniiHiuiqiK'; par M. Pascal.
* No^TlS (lu Calalo^'iic ,!i 'iir'ral rcdij^c par .M. CliubuLullut, cDiLscrvalciir.