IT;-) — [ CHEMISE
C/esl-n-dire : « Hélas ! tous ceux, qui avaient blanc haubert et souliers brodés d'or, ne vêtiront plus que la cagoule et ne chausseront que les sabots. »
CHEMISE, s. f. [kcmise, chainse). Tuni(|ue de dessous, à manches, fermée, faite de toile de lin ou de chanvre; on en portait aussi de soie. Les chemises de toile étaient désignées ainsi, chemises de cainsil .•
» Il ot i-lieiiiise lie cainsil " Vestiie. délié et soblil '. ■>
Les chemises des hommes étaient courtes, celles des femmes trèslongues et descendant jusqu'aux pieds, pendant le xn" siècle. Nous en trouvons la preuve dans le passage du roman du trouvère Robert Wace, qui décrit les amours de Robert et d'Ârlelte^. Ce passage indiquerait que les femmes se mettaient au lit vêtues de chemises; cependant, cet usage n'était pas habituel, car dans le Roman de la violette, quand la chambrière a fait le lit d'Eiiriaut, sa maîtresse :
'I Sa dame apiele, si le couche
'■- Nue eu chemise en la couche ;
'1 Conques en trestoute sa vie
". La biele, blonde, l'escavie (l'accomplie).
Il Ne volt demostrer sa char uuo'^. "
Ce qui surprend la chambrière ; aussi Euriaut lui répond qu'elle veut cacher ainsi à tous les yeux un signe que son ami seul connaît. En effet, habituellement, et jusqu'à la fin du xiv" siècle, les femmes, ainsi que les hommes, se mettaient au lit sans chemises ;
H Li cuens Amiles en la chambre est venus, ■c En lit Ami s'ala coucher touz nus : << Avec lui porte son branc* d'acier niolii. « Et Luhias a les siens dras lolus^' ; (i Delez le conte s'a couchié nu a nu^. «
Pendant les cérémonies qui précédaient l'armement d'un cheva-
I I.e Lni del trot.
- Le Romnn de Rou (xii" siècle), vers 7991 et suiv.
3 Romnn de la violette [ww^ siècle), vers "ûl et suiv.
» Épée.
» LuMas a ôté sa chemise.
* Pocme A'Amisi t't Avilie, m?., franc, fomls Colbert. n^ 7227-.'i. Uiblioth. imp.
I CIIKMISE ] — 174 —
lier, celui-ci mettait, au sortir du lit où il était couché nu, une chemise de lin blanche ' :
<« lîrais, clieinise ot de cheiusil
u Plus blanche que n'est flur en avril-. »
« Ceniise et braies de cainsil
(( Plus blances que flor ne grésil s. »
Ces chemises étaient faites, pendant le xn« siècle et jusqu'à la moitié du xiii% à petits plis et bordées (pour les femmes comme pour les hommes) de ganses et fils d'or au col et aux manches, qui restaient visibles :
<■ Trop fu apertenient veslue (la reine] ■i D'une chemise estroit cousue, .1 En braz, et par les pans fu lée, « Déliée, blanche et ridée '*. >•
Et dans le Roman de la violette, Gérard :
<c Desous (un mantelet court) ot chemise ridée
K. Qui de lîl d'or estoit brodée,
« Viestue l'avoit pour le caut (a cause de la chaleur)
<i Querre volt aler Eiiriaut-j. »
Et encore dans le conte Do chevalier de iEspée :