‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 53 sur 76 · ÉTOLE · texte numérisé non relu

ÉTOLE

tombent généralement jusqu'au-dessus des pieds et sont terminées par des franges.

Nous donnons, planche XI, le bout de Tétole de Thomas Beckel, déposée dans le trésor de la cathédrale de Sens. Cette élole a 2"", 90 de longueur, et, par conséquent, descendait beaucoup au-dessous des genoux.

t^L.OWLUUMOl.

Elle est faite d'un tissu d'or et de soie pourpre, blanche et verte. Des perles décorent les deux palettes inférieures, dont les extrémités sont terminées par une bordure d'argent repoussé et trois pendeloques de même métal. Le blanc n'est donc représenté, dans cet ornement, que par le bordé, les perles et les bords d'argent destinés à empêcher les palettes de plisser.

Il est rare devoir l'étole terminée par cet élargissement ; habituellement elle conserve jusqu'au bout une largeur égale, tandis que le manipule est presque toujours élargi ta son extrémité. Le manipule de Thomas Becket, également conservé dans le trésor de la cathédrale de Sens, est identique, comme forme extrême et dessin, avec l'étole que nous présentons ici.

Aujourd'hui, ce vêtement religieux a conservé sa forme et sa signification liturgiques.

Toutefois les extrémités ont pris un développement exagéré, ce qui le rend aussi lourd que disgracieux, d'autant que ces palettes viennent battre les genoux du prêtre en marchant ^

' Voyez, loiue l'f du Dict. du mobilier, p. 191, un fac-similé il'imo viguctlc d'iiu manuscrit du xiii« siècle, rcprôsentaut uu autel ; uu auge pose l'étole sur le cou d'uu personnage déjà vêtu de l'aube.

FOND-DE-CLVE 1 — 376 —

FERMAIL, s. m. [frémail). Voyez Agrafe el la parlie de TOr- FÉvRERiE. — Le l'ermail était un des bijoux les plus fréquemment adaptés aux vêtements du moyen âge. On avait des fermaux à attacher manteaux, chapes, robes, à suspendre bourses et cassolettes. L'inventaire du trésor de Charles V mentionne un grand nombre de ces objets auxquels parfois il donne le nom (ïattache.

Voici la description d'un de ces fermaux :

« Une fleur de lys d'or pour fermer sur l'espauUe le soq * dessus « dict, pesant ung marc troys onces et est ladite fleur de lys esmaillée « de France garnye de pierrerie. C'est assavoir : au mylieu de ladite <* fleur de lys un tres-bel ballay (rubis) à huit costes et en la pointe « de ladite fleur de lys ung autre ballay qui est mendre et est « à huit costez comme dessus et au pié et aux deux costés de ladite <( fleur de lys à troys ballays ung pou mendres de ladite taille et « autour du gros ballay. Au mylieu sont quatre ballays dont les troys « sont carrez et ung est à six carrez, et après lesdits ballays sont « quatre dyamans qui seront mis incontinant. Laquelle fleur de lys est « pourfllée tout autour de quarante grosses perles -. »

FOND-DE-CUVE , s. m. Sorte de pardessus que portaient les hommes et les femmes et qui était habituellement doublé de fourrures. On ne trouve pas la désignation de ce vêtement avant le commencement du xiv" siècle. Le fund-de-cuve parait se confondre parfois avec la cotte hardie, ou plutôt la cotte hardie est à fond-de-cuve quand elle atfecte une certaine forme par le bas, ressemblant assez à un cuvier. Eustache Deschamps, dans le Miroir de mariage, parle ainsi de ce vêtement :

« Mais au dcssouliz t';uilt t';iirc voile, « Depuis les reius jusques au piet, « Du cul (le riiho qui leur chiet

' Soq, sorte de nuiuleau Fcudu sur le côté (voy. Sou).

- Ribliolh. naliou., Invent, du trésor de Charles V, u» liliS de l'iuveutaire.

Otl

[ FOi\'D-DE-CUVE ]

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