GARDE-CORPS
fourché sa haquenée sur une selle d'homme. Son voile est blanc et passe sous le camail du capuchon vert. Les manches de dessous (celles de la cotte) sont bleues, et le garde-corps est rouge, doublé de vert pâle. Les manches très-longues de ce garde-corps ne forment que deux plis, et Tétoffe au-dessous des épaules est piquée comme il est dit ci- dessus. Le garde-corps était parfois dépourvu de
manches, alors lui dounail-on plutôt le nom de hérigant. C'était un beau vêtement, d'une coupe très-simple, en façon de dalmatique. La figure 4 nous le montre porté par un noble, le sire de Coucy *. Ce hérigaut se compose simplement de deux pans d'étoffe d'égale largeurj tombant devant et derrière, et laissant voir entre eux la surcolte à manches évasées au coude. Le hérigaut est doublé de menu vair, ainsi que le capuchon, fait de même élolïc pourpre. La
1 Du nianiisfi'it de la lîihliolli. imlion., Histoire de In vie et des miracles de snint Louis (1390 environ). Le sirc do Coucy est ici mande à la cour du voi, au sujcl de la nioi'L do trois jeunes bacheliers qui s'étaient livrés au braconuaf^e, cl que le sirc de Coucy
avail luit |icii(lro contre loul drnil.
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J"sl«, îouge. La coilTe, s, fréqucmmenl portée alors par
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GAnnE-CORPS
élaient longs, el on la laissait sous le chapeau, le rliapcron ou même riiabillement militaire de tête (voy. Coiffe). Le liérigaul, ouvert entièrement des deux côtés, permettait de cacher les mains sous le pan de devant, pour les garantir du froid (fig. 5 '). La ligure 6
donne la coupe de ce vêtement, déployé en A par devant et en B par derrière. Le capuchon, bien rpie fuit de même étofïe, était indépendant du hérigaut et était en fournie par dessus. A l'ai-licle Dalma- TiQUE, la figure S présente un vêtement de dessus qui rappelle la forme du hérigaut, et pour ne pas gêner les mouvements, le pan de devant est retenu à la taille par une ceinture. Mais si le garde-corps ou le hérigaut sans manches garantissait bien la poitrine et le dos, Une couvrait pas suffisamment les épaules ; aussi on ajouta bientôt à cette partie de l'habillement des morceaux d'étotïe en double ou en triple, en forme de pèlerine, sur le haut des bras seulement, et qui, pour ne pas faire une saillie gênante, ne passaient pas sur la poitrine. Ce vêtement, gracieux et commode, est fort usité à dater de 4320 jusque vers 1340.
Un fragment de statue provenant de l'abbaye d'Eu nous fournit un excellent exemple du hérigaut ainsi modifié (lig. 7) -. Au-dessus
I Mcnio muiiiiscril cl mêino personiinKC
- Dûposi'i dans les magasins du charilicr des Inivaux de Téglisc d'Eu.
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des ouvertures, entre les deux pans qui laissent passer les bras, sont cousus trois collets se recouvrant, justes aux épaules, entièrement délacliés les uns des autres latéralement et par derrière, mais s'arrêlant des deux côtés de la poitrine, où ils viennent se confondre avec le nu de rélolïo. Ces collets sont, bien entendu, de même
G-^rjS
nuance que le reste du vêtement, et il faut encore que la jonction des trois collets avec le pan du devant ne soit pas apparente. Sous ce garde-corps, le personnage en question porte une surcolte à mancbes larges s'arrétant aux coudes et armoyée de France. Les mancbes justes de la cotte de dessous sont serrées aux avant-bras par de petits boutons très-rapprocbés, suivant la mode d'alors. Il faut observer que dans ce dernier vêtement, le pan de derrière est sensiblement plus large que celui de devant, et que le passage du bras entre ces deux pans se trouve ainsi ramené en avant, ce qui rendait plus commode le port de l'habit. La ligure 8 montn' l;i manche de la surcotle et le corps de celle-ci serré à la taille pai'
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une ceinture, el la ligure 9 la coupe élendiie de ce garde-corps, en A par devant et en B par derrière. Le pan de devant, dont la moitié est visible en (ib, n'a guère qu'un mèlre de largeur en bas, tandis que celui de derrière, Oc, a 1 nièlre 60 centimètres. Le passage du bras en d est, comme il est dit, lamené en avant. C'est la forme
étendue de ce vêtement qui lui avait aussi fait donner le nom de cloche. 11 est généralement doublé de fourrures, et les collets euxmêmes sont parfois doublés, ou tout au moins garnis de Icticcs, c'est-à-dire de passe-poils blancs faits avec des bandes d'bermine ou de ventres de vair.
Vers 4350, ce vêtement se modifie. Il reprend des mancbes ; il n'est plus formé de deux pans séparés , mais d'un corps de robe avec ouvertures pour passer les mains à la liauteur du ventre. Un seul collet garantit les épaules et est complet, ou bien le haut de la robe en est totalement privé (fig. 10). Le personnage A représente le roi Jean, qui fut prisonnier en Angleterre, après la bataille de Poitiers *. Le garde-corps est bleu, ainsi que le capuchon doublé de blanc. Des passe-poils blancs bordent le collet, les manches et la fente antérieure de la robe. Les manches justes de la cotte de des-
' MaiiusiT. liililiolli. aulioii., Tite-Uoe, trail. l'rau(;;usi; ilédic'L' au rui Juau.
[ GAIU»E COUPS ]
SOUS sont rouges. Les manches du garde-corps, très-amples à leur exlrêmilé, soiil plaies au-dessous des bras el ne descendent guère
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(pi'à la saignée. Le personnage B, tiré d'un manuscrit du nx-me lenips', possède un garde-corps sans collet ; le bas des manclies est pincé par un gros boulon. Mais alors aussi, de 13o0 à loTO, un
1 Uililiolh. ualiuii.. Tristan. IVaiiraiâ.
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