ABORDER QUELQU'UN , JOINDRE QUELQU'UN , ACCOSTER QUELQU'UN
On joint\efi personnes avec lesquelles on veut aller de compagnie ; ou accoste celles avec lesquelles on veut causer en marchant; on aborde celles dont on veut attirer l'attention,
ABORDER D'UN LIEU , ABORDER À UN LIEU. Aborder d'un lieu suppose des obstacles qui empêchent d'y pénétrer; aborder à un lieu suppose une tendance commune , un concours . vers un lieu. On ne peut aborder d'une église lorsqu'il y a à la porte une grande foule qui empêche d'y pénétrer. La foule aborde à un lieu, lorsqu'elle s'empresse de s'y rendre. V. Accès.
ABOUCHEMENT, ENTREVUE. Ces deux mots marquent Tentretien prémédité de plusieurs personnes pour conférer sur quelque affaire qui les intéresse. Mais abouchement a plus de rapport à' l'action de concerter les moyens de faire quelque chose ; et entrevue ne signifie que l'action de se voir, de s'assembler, dans Je deçsein de s'^bçuçhçr, C'ç^t Ventr^vue qui conduit « V^6o«ç'^f wm.
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S'ABOUCHER , SE CONCERTER. S'abow cher se dit des personnes qai , voulant faire ensemble quelqne trayail, quelque entreprise, commencent à s'entretenir sur le but qu'elles se proposeht, et sur les moyens d'y parvenir.
Se concerter; c'est convenir de la manière dont on emploiera ces moyens, chacun de son côte.
Le premier regarde l'ensemble de la chose, le second les détails.
On commence par s'aboucher, on finit par se concerter ; puis on passe à l'exécution.
ABOUTER, ABUl'ER.^iowrer, faire joindre les bouts de deux pièces qui doivent se toucher ; abuter, faire joindre le but On n'a pas bien aboiué lorsqu'il reste de l'espace entre les bouts; on n*a pas bien ab':té lorsque la pièce qui devait joindre l'autre n'a pas été poussée jusqu'au bout qui devait lui servir de but. L'un a rapport à la jonction des deux bouts , l'autre au but que l'un des deux bouts devait atteindre.
ABOUTIR, PERCER. Ces deux mots se disent d'un. abcès qui se termine par la snpparation. Le premier signifie qu'il approche da moment on le pus doit se faire un passage, et le second que ce passage se fait actuellement. Le premier est un terme d'art , le second un terme commun.
AB OYO, DÈS L'ORIGINE. La première de ces expressions, qui est purement latine , a un air scientifique ; la seconde est l'expression ordinaire.
ABOYER', JAPPER. Le premier se dit des gros chiens , et le second des petits chiens qui ont la voix moins forte. Cependant on dit quelquefois yop/ier en parlant des gros chiens , et abojrer en parlant des petits ; mais alors aboyer suppose un objet contre lequel le chien aboie, et japper ne signifie que le cri naturel de l'animal qui n'est .animé contre aucan objet. Un gros chien jappe de joie en revoyant son maître après quelque temps d'absence ; uii petit chien aboie quelquefois avec chaleur contre les passans.
i^BRÉGÉ, EXTRAIT.' Un extrait est ordinairement plus court et plus superficiel qu'un abtégé.hes journaux et autres ouvrages périodiques qui paraissent tous les mois, et où Ton i*end compte des livres nouveaux, contiennent on doivent contenir des extraits des matières les plus importantes , ou des motceaux les plus frappans de ces livres.
ABRÉGÉ, ÉPITOME. Vépitome est un onvrage plus succinct que X abrégé.. Ce mot est parement grec , et n'est guère employé que par les gens de lettres, pour le titre d« certains ouvrages.
AJSRÉGÉ, SOMMAIRE. Vahrégé est un ouvragç réduit à un moindre volume que celui qu'fiSb a abrégé ; il contient tout ce qu'il y a d'essentiel d^ns cet ouvrage. Le sommaire n'est point un ouvrage, il ne fait qu'indiquer en peu de mots les principales choses conte- Hues dans chaque chapitre de l'ouvrage, et se met ordinairement À la tête de ces chapitres ou divisions.
ABRÉGER, ACCOURCIR. On abrège à&hs le dessein de donner en petit l'image de ce qui existe en grand; c'est un tableau en miniature. On accourcit ce qui est trop long. — j^bféger les jours ne signifie pas rendre chaque jour plus court, mais rendre ^lus court le temps de la vie, composé de jours , faire que le nombre de ces jours ne soit pas aussi grand qu'il devroit l'être.
ABREUVER , ARROSER. On arrose des plantes potir les raûraichir , poni: conserver leur fraich'^ur , pour empêcher qu'elles ne se fanent; on les abreuve lorsqu'elles sont fanées, qu'elles ont besoin de beaucoup d'eau pour reprendre vigueur.
À L'ABRI , À COUVERT. A couvert -pvè' sente l'image d*un voile qui dérobe ; à Vetbri, ridée d'un rempart qui défend. Le premier dit moins que le second. Quand on est surpris par la pluie on se met à l'abri sous un arbre, ou à couvert dans une grange , dans une maison, ji couvert suppose donc plus de sûreté , et l'on peut dire, selon les circonstances, être à l'abri de la pluie , où être à couvert de la pluie. An figuré on trouvée la même différence. On est à l'abri de la. haine , de la ven* geance , lorsqu'on ne peut en être atteint ; on est à couvert de la haine , de la vengeance , lorsqu'on ne peut être l'objet de ces sentimens. On est à l'abri des poniauites de ses créanciers lorsqu'ils ont accordé du temps pour payer ; on est à couvert de leurs poursuites lorsqu'on leur a abandonné tout ce qu'on possédait.
On est à l'abri de toutes sortes de maux, d'inconvéniens , d'incommodités ; on n'est à couvert que de ce qui vient d'en haqt , de ot qui menace, attaque, poursuit, persécute. On est à l'abri on à couvert de la pluie , de la grêle ', de l'orage , de la haine , de la persécu* tion , de la fureur ; mais on est à l'abri et non pas à couvert du bruit, du vent, du be»
soin \ des passions.
ABRITER, COUVRIR. On abrite «ne planche de jardin efi la garantissant du vent avec des paillassons.; on abrite une plante qui est dans un pot ou dans une caisse , en la mettant à l'ombre pour la garantir de l'ardeuv du soleil: on couvre une planche, une çov^çhç.
ABS
ABS
«n mettant deMos une toile » un ]>aiQasBon , un châsaifl.
ABROGATION , ABOLITION. Vabrogation 9é fait par «ne loi , V^aholitioh par le non ttsage ; V abolition peut être nne suite de Tahrogation,
ABROGATION, DÉROGATION. Vahrà^ gatioH frappe la loi en son entier et Fannule; la dérogation peut n'atteindre qn*une partie de la loi et la laisser subsiste^ ; elle n'y porte atteinte que d'une manière indirecte et imparfaite.
ABROGER. T. Abolib.
ABROtJTI,' BROUTÉ. Ils se disent des ar- Bres dont les bourgeons ont été mangés ou coupés par les animaux. Le premier est un terme d'administration forestière; le second est le terme ordinaire.
ABRUTIR, HÉBÉTER. Cest faire perdre Fusage ou Texercice de la raison. Le premier dit plus que leaecond; abrutir^, c'est faire perdre Tusage de la raison au point de rendre semblable à la brute; kébéter, c'est seulement < affaiblir )!esprit et la raison , les empécber de se développer. On hébété les enfans par trop de séyérité et de rigueur; un ivrogne i^ abrutit k force de boire. Un enfant ou un jeune - bomme hébété peut reprendre l'usage de la raison Iors<{u'il est soustrait au joug qui la comprime; un bomme abruti ne reprend jamais cet usage.
ABRUTIR. Y. Abstol, RàBârsii.
ABRUTISSEMENT , STUPIDITÉ. État 4*une personne privée du sentiaienf et de la mison.
La stupidité vient de la nature. £Ue est cÉoeée par une mauvaise èonlbnnation des orguiee ou ua vice dans le jeu des fonctions «ninalee.
Vabrutissement vient d'une cause extérieure ^pii a interrompu ou anéanti Fes^ercice du sentiment et de la raison. Ua homme quis'enivre bfibituellement ton^ dans Vabrutis' êement; un enfant dont les carganes sont très fûbW et les sens sans activité est dans un état de stupidité,
ABSCISSION, AMPUTATION. Termes de ^tatux^étAbseissionne se dit que des petites partie» du corps hnmain-que l'on conpe; «imputatioR se dit partieulièrement des membres et des parties qui forment par elles-mêmes un tout eoniildérable: U amputation dCnn bras , à^cme jambe; fabscission de la luette. On dit amasl extision pour abseission.
ABSENCE, ÉLOIGNEMENT. Le premier flkdi^e seulement finterruption de présexiçe •n tiii lieu ott auprès de quelqu'un; le second
ajoute à cette idée ceUe d'une distance considérable qui sépare de ce lieu ou de cette personne.
ABSENCE, BÉVUE, t>ISTR ACTION. En parlant de l'esprit, V absence ou absence d'esprit se dit d'où manque d'attention qui Dût que l'esprit n'est point présent à la cbose qu'il devrait considérer; 3eVue se dit d'une absence des qualités nécessaires pour bien voir la chose; distraction, de l'absence de l'esprit dont l'at* * tention a été détournée de la chose qu'il devait considérer, et portée sur un autre objet.
S'ABSENTER, S'ÉLOIGNER. Le premier indique te défaut de présenee; le seeond marque de pins l'éloignement. On peut s'^è* senter sans s'éloigner; mais on ne saurait s'i» loigner de chè« soi , du lieu de sa demeure, sans s'absenter. Celui qui a chez lui des afiCiires qui exigent une surveillance suivie peut bien quelquefois s'absenter, mais ne doit jamais s'éloigner. Un homme qui a de mauvaises affaires susceptibles d'accommodement, d'arrangement, ^'o^je/ife; celui qui est coupable d'un crime dont il ne peut e^érer le piurdon s'éloigne,
ABSOLU, IMPÉRIEUX. L'homme aèsobt veut être obéi sans résistance, sans opposition; l'homme impérieux veut l'être avec soumissiott* Le premier annonce de la fermeté, il ne souffire pas que son autorité soit contestée; ie second montre de la vanité et de l'orgueil, il prétend que la sienne soit maintenue.
L'homme impérieux /peut ne pas être absolu, il lui sufi&t quelquefois que l'on paraisse soumis; l'homme absolu peut ne pas être impérieux, c'est assez pour lui d'être obéi ponctuellement. Il est nécessaire avec certaines gens de prendre un ton absolu, il ne ^'est jamais de prendre un ton impérieux.