ABSOLU, ARBITRAIRE, DESPOTIQUE
Le pouvoir absolu n'a rien au-dessus de lui, il tSë peut être ni contrarié ni gêné; le pouvoir arbitraire dispose de tont à son gré ; le pouvoir despotique ne connaît ni le juste ni l'injuste; tout ce que fait le despote est bien, par la seule raison qu'il est le maitre.
On peut user du pouvoir absolu en suivant certaines lois , et alors on n'use pas du pou^ voir arbitraire; ou bien en respectant la justice et l'équité , et alors on s'abstient du pouvoir despotique. Sous le pouvoir absolu, les peuples peuvent être heureux si le prince est sage, est vertueux ; sous le pouvoir arbitraire, il ne peut y avoir ni sûreté ni tranquillité ; sous le pouvoir despotique , il n'y a ni vertu ni honneur.
ABSOLUTION , RÉMISSION. Par Mso-
ABS
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îutton on délie Tabcasé oa le pécheur; par la rémission on se désiste de la peine qn'on a droit d'exiger d*nn conpable. Vabsolution rétablit l*accasé on le pénitent dans son innocence et dans la jouissance de toute sa liberté et de tons ses droits; la rémission décharge le conpable de la peine ou'd*nne partie de la peine qu'il avait ^nconrue. Vaèsofution est l'acte d'un juge équitable ou- propice, la ré* mission âat un <tcte de modération.
ABSOLUTION , PARDON. En termes de jurispradence , Vabsolution «uppOM Tinnocence» et \t pardon suppose le crime ou Toffense. Le pardon^ est û rémission entière de la peine qu'on a droit d*exiger comme offensé on de faire SDbir comme jnge. — En termes de religion,' Vabsolution et \t pardon supposent la faute et l'oflense. Par Vabsolution , le pénitent est délié, délivré des liens du péché, on des liens des censures, et réconcilié avec IKen on avec Téglise; par U pardon, il est entièrement exempté de la peine qa*il avait méritée en commettant le péché.
ABSOLUTION. V. AsoLmoir.
ABSORBER , ENGLOUTIR. Absorber exprime une action successive qui finit par consumer le tout. Engloutir exprime nue action qui sabit le tout et le fait disparaître tout d'un coup. Le feu absorbe , l'eau engloutit,
ABSOUDRE, PARDONNER. Absoudre, dans le sens de la jurisprudence, c'est déclarer qu'une|>ersonne n'est pa» coupable d'une lame dont elle est accusée. Pardonner ^ c'est accorder la rémission entière d'une faute que l'on est en droit de punir oçi de faire punir. On absout un accusé dont l'innocence est reconnue; onpardonne à un coupalde que l'on veut favoriser ou qui parait excusable.
Les catholiques entendent par absoudre, remettre les péchés dans le tribunal de la pénitence.
ABSTÈME, HYDROPOTE. Abstenus vient du latin, et signifie qui ne boit point de vin; hjrdropote vient du grec , et veut dire qui ne boit que de l'eau. Le premier a un sens négatif , le second un' sens positif. Hjrdropote est un terme de médecine , abstème un terme de jarispmdencë. Ces deux mots ne sont pas usités dans le langage ordinaire ; nons disons plutôt buveur d'eau.
S'ABSTENIR , SE PRIVER. S'abstenir n'exprime que l'action sans aucun rapport au sentiment qui peut Taccompagner; se priver suppose un attachement à la chose et un regret de ne plus la faire on de ne plus en )Ouir. On peut s'abstenir des choses qu'on ne connaît pas, qu'on n'aime pas, qu'on ne dé-
sire pas, qui sont indifférentes; on ne se prive qne des choses qu'on connatt^ dont on a joni ou dont on vondrait jouir. Il est rare qu'un ivrogne se prive de vin lorsqu'il peut en boire; un homme sage s*ea abstient s*il nuit à sa sa! t^.
ABSTENSION , RENONCIATION. Ce sont deux termes de droit civil. La renonc/arioR se fait pair l'héritier à qui la nature ou la loi d^ fère l'hérédité, et Vabstension par celui à qui elle est déférée par la volonté du testateur.
ABS1ERGER, NETTOYER. Le premier est un terme de médecine et de chirurgie qni a nue signification bien plus étendue que le second. Absferger, c'est non -seulement net« toyer les plaies, les ulcères, etc., mais encore dissoudre « les duretés et les épaississemens. C'est dans le premier sens que ces deux mots sont synonymes.
ABSTINENOÇ, PRIVATION. Vabstinence suppose le pouvoir de jouir , elle est volontaire; Iti privation suppose l'attachement à la cnose dont on est privé, et un certain déplaisir d'en être privé ; elle est souvent forcée. Pour qui préfère la santé aux* plaisirs, Vabs" tinence n'est pas privation; pour qui préfère les plaisirs à la santé, Vabstinence est en même temps privation,
ABSTINENCE , MODÉRATION. La mod^ ration se borne dans l'usage et s'éloigne de l'excès; Vabstinence s'interdit l'usage et se prive tout-à-fait de ce qui est agréable et permis. L'excès étant vicieux , la modértUion est un devoir étroit dans tous les cas; s'en écarter c'est être intempérant. Vabstinence est une obligation imparfaite; elle dépend des circonstances, elle vaiie au point que dans bien des cas elle serait vicieuse.
ABSTRACTION , PRÉaSION. Vabstrao'tion sépare par la pensée des choses inséparables dans la réalité, pour les considérer à part , indépendamment les unes des autres; ÏA précision sépare par la pensée des choses réellement distinctes pour empêcher la confu» sion du mélange des idées. — Par Yabstrao tion on considère une partie du sujet en éloignant toutes les autres ; par la précision on considère la totalité du sujet en écartant tout ce qui peut empêcheV-de le voir tel qu'il est. Le but de \ai précision est de ne point sortir du sujet , en éloignant pour cet effet tout ce qui lui est étranger; le bntdê V abstraction est de rie pas entrer dans toute l'étendue du sujet en n'en prenant qu'une partie, sans aucun égard aux autres.
ABSTRACTION , DISTRACTION. Vahs^ traction est causée par un objet qui occupe