BOR
règles de l'art se réduisent à bien choisir et à bien employer les moyens propres à cette fin.
Dans le gracieux, ce que la nature a de plus riant; dans le naif j ce qu'elle a de plus simple ; dans le pathétique , ce qu'elle a de plus terrible et de plus touchant : voilà ce qu'on appelle bonté poétique. Ainsi ce qui serait excellent à sa place devient mauvais quand il est déplacé, (Marmontel.)
BORD , COTE , RIVAGE , RIVE. Nous considérons ici ces quatre mots par rapport aux eaux.
Le bord est, à l'égard de l'eau, cette extrémité de la terre qui la touche, la borne, la borde.
La côte est cette partie de la terre qui s'élève au-dessus de l'eau , et vient y aboutir eu descendant.
La rive et le rivage sont-les limites de l'eau, les points entre lesquels l'eau se renferme.
On dit «les borcls Indiens , les bords Africains, et les côtes de France, les côtes d'Angleterre. On dit, au contraire, les rives de la Seine , et les rivages de la mer.
Le bord ou la rive n'ont point ou n'ont guère d'étendue , le bord moins que la rive.
Les côtes et les rivages ont une étendue plus ou moins considérable; les côtes, beaucoup plus que les rivages. La côte a un bord, le rivage aussi ; on n'en attribue point à la rive.
La mer seule a des côtes ; les fleuves*, les grandes rivières, ont seuls des rivages, si ce n'est en poésie. Les fleuves , les rivières; toutes les eaux courantes , ont des rives. On en
sance agréable ,ou par les commodités de la tes les eaux couranies , oni uc5 nvcù. kju eu vie, ou par les impressions que reçoivent les | donne quelquefois improprement à la mer.
sens, on par les plaisirs de l'esprit et de l'ame; et c'est ici le genre de bonté qui caractérise les beaux-orts.
Mais les plaisirs de l'espvit et de l'ame peuvent être trompeurs , comme celui que fait un poison agréable. C'est donc l'innocence de ces plaisirs et plus encore leur utilité, ou, aUl m'est permis de le dire , leur salubrité , qui donne aux moyens de l'art une bonté réelle.
Le plaisir est sans doute une excellente chose*, mais le plaisir ne peut être pour l'homme un eut habituel et constant. Le bonheur , c'està-dire un état doux et calme, la paix et la tranquillité avec soi-même et avec les antres,' voilà le bat universel où doit tendre un être sensible et raisonnable. Les ennemis de ce repos sont les passions et les vices4 ses deux génies tntélaires sont l'innocence et la vertu : ainsi le plaisir ne doit être lui-même pour les beauxarts qu'un moyen , et leur fin ultérieure doit être le bonheur de l'homme.
Ce qui produit l'effet immédiat que le poète w propose est poétiquement bon, et toutes les
Toutes les eaux ont des bords.
Les bords et les côtes s'élèvent au-dessus des eaux î ils sont abordables, accessibles, Ou difficiles, escaipés. La rive et le rivage sont plutôt plats. Le rivage descend jusqu'à fleur d'eau ; sa pente est douce. On dit le bord de la mer et le bord d'une fontaine.
Le bord est «omme une digue qui contient l'eau ; la côte est une large et longue barrière qui l'arrête , la rejette, la repousse. La rive est le point de contact de l'eau et de la terre, ou un des bords du lit sur lequel les eaux coulent et se renferment d'elles-mêmes; Une rive correspond toujours à une autre rive. Le nvage est le passagç de l'eau à la terre , ou le point de coinmunication de l'un à l'antre élément. On le quitte quand on j^art. (Extrait de RouBAUD. )
BORDURE , CADRE. Bordure se dit de ce qui entoure un tableau, une estampe, Un miroir. Quabd cet entourage est carré, on l'appelle cadre.
BORGNE, UN BORGNE, fiorgne, adjectif