BRIGUE , CABALE , INTRIGUE , PARTI
Brigue, réunion de mesures que l'on emploie pour obtenir quelque chose en engageant dans ses intérêts plusieurs personnes qui se chargent chacune d'une manière particulière qui doit contribuer au succès.
Cabale , réunion des efforts ^e plusieurs personnes qui, sans avoir égard à la justice , ttuvaillent simultanément et avec passion à élever une personne ou une chose que leur capiice favorise , on à déprimer et renverser ce qui les offusque et leur déplaît.
Intrigue, réunion secrète de moyens obli-
ques , adroitement liés les uns anx autres , et qui tendent par leurs rapports secrets à Caire réussir quelque dessein blâmable.
Parti f réunion de plusieurs personnes dans un même intérêt ou une même opinion, contre d'antres personnes qui ont un intérêt on une opinion contraire.
La brigue tend à obtenir ou à faire obtenir quelque chose , comme des places , des distinctions , des honneurs , etc. Elle n'est pas toujours secrète. Elle suppose ^plan, un concert de personnes qui tendent an même but, et dont chacune a son rôle, comme d'entamer , de proposer , d'employer , de solliciter , d'éloigner les concurrens,*etc.
V intrigue a quelque rapport avec la brigue^ mais elle est toujours secrète et ténébreuse ; elle suppose un plan caché à l'exécution duquel plusieurs travaillent sans le connaitre. Son objet est plus étendu que celui àfi la brigue, il embrasse toutes sortes de mauvais desseins.
Le but de la cabale est de #omprimer l'opinion publique , de former une opinion factice, de tourner à son gré les évènemens ou le cours des choses. La passion et l'entêtement forment son caractère.
Imparti se distingue par l'atUchement anx intérêts on à l'opinion que l'on a embrassés, ou par une sorte d'opiniâtreté qui empêche de les abandonner.
La brigue va directement au but; lorsqu'elle prend pour y parvenir des voies obliques et détournées , c'est de Vintrigue.
Les moyens qu'emploie la cabale sont tantôt secrets, tantôt publics; ils vont directement au but comme ceux de la brigue, mais toujours avec impétuosité , avec passion et désordre. La brigue et Vintrigue ménagent et flattent ceux qui peuvent décider leur succès; la cabale s'arroge une espèce de supériorité et d'empire; elle veut dominer par ses propres forces et ne s'en cache pas.
Les moyens de Vintrigue sont de tonte espèce; chacun d'eux ne tend pas directement au but , mais Ils sont combinés les uns avec les autres de manière que, par différentes voies , ils viennent tous y aboutir immédiatement ou médiatement. C'est proprement 1 ensemble des moyens qui tend au but.
Les moyens qu'emploient les partis sont toujours immédiatement liés à l'objet qa» 1^ a formés. C'est de soutenir cet objet, de 1 assurer, de le défendre, d'augmenter le nombre des partisans.
BRILLANT, ÉCLAT, LUSTRE. Ces uois termes pris au propre soi^t relatifs aux coidcars
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et servent à indiquer celles qni affectent plus on moins vivement les yeux.
L'ec/af appartient aax conlenrs vives et' aux grands objets , il enchérit snr le brillant; k brillant aax coalenrs claires et aux petits objets, il enchérit sur le lustre; le lustre aux couleurs réoentes et aux objets neufs. La flamme jette de Yéclat, le diamant brille , le drap neuf a son lustre.
Les couleurs vives Ont plus à^éclat que les coalenrs pâles; les couleurs claires ont plus de brillant que les couleurs brunes ; les couleurs récentes ont plus de lustre que les couleurs usées. '
Il semble qne V éclat tienne du feu; le brillant., de la lumière; et le lustre, du poli.
Liutre ne se dit guère que dans le sens propre et pour ce qui est l'objet- de la vue. Mais éclat , et sur-tout brillant, se disent au
figuré. '
Brillant se dit iie l'esprit, de l'imagination, du coloris, de la pensée. Oçi dit d'un esprit fécond en saillies ^ eu traits ingénieux, dont la justesse et la nouveauté nous éblouis- Bcnl, qu'il est brillant. Le brillant de l'imagination consiste d;ins une foule d'images vives et imprévues qui se succèdent avec Véclat-et la rapidité des éclairs. L'abondance et la Atariété font le brillant du coloris. Des idées qui jouent ensemble avec justesse et avec .grâce , dont les rapports sont vivement saisis et vivement exprimées, font le brillant de la pensée. Le style est brillant par la vivacité des F^ées, des images, des toun et des expressions.
Brillant ne se dit guère qu'en parlant des sujets gracieux ou enjoués; dans les sujets sérieux et sublimes, le style est riche» éclatant.
BRIS, RUPTURE. Action de briser, de rompre une chose. Rupture se dit de tout ce qa on rompt ; bris est un terme de palais qui se dit de la rupture faite sans droit et avec violence d'une chose fermpe , ou de ce qui en lait la clôtare. On dit la rupture d'une porte, d'une fenêtre , faite par quelqu'un qui. a le droit de la faire ; et bris de prison fait avec Violence par un prisonnier. Celui qui reçoit ïine lettre à son adresse a droit de faire la rupture du cachet; mais celui qui rompt sans droit le sceau apposé en quelqu'endroit par 1 autorité, .se rend coupable de bris de scellé.
BRILLER, LUIRE, RELUIRE. Ce qui brille a de l'éclat et jette une lumière étincewnte ; ce qui luit éclaire et répand une lu- »-^'u*e égale et continue; ce qui reluit n'a ^Qune lumière d'emprunt et n'éclaire que par
réflexion. On voit le soleil briller d*nne manière éclatante lorisqu'il n'est point obscurci par des nuages , et qu'on le regarde fixement. Une glace reluit lorsqu'elle renvoie la lumière qu'elle reçoit.
BRISER , CASSER , ROMPRE. Ces trois mots se disent en général de l'action de mettre de force un corps solide en divers tnprceaux ou pièces.
Casser, c'est mettre de force en plusieurs morceaux un corps dont les parties sont si raidès et si dépourvues d'élasticité , qu'elles se quittent ou se séparent les unes des autres, plutôt que de ployer ou de se relâcher.
Briser, casser un corps en un assez grand nombre de parties pour détruire sa masse et sa forme , de manière qu'il n'en reste qne des morceaux.
Rompre, mettre de force en divers morceaux un corps dont les parties s'entrelacent, s'engrènent, s'enchaînent les unes les antres.
Ainsi, |i la rigueur on ne casse que Tes corps dont les parties , au lieu de s'entrelacer et de se maintenir les unes contre les autres, ne sont qu'adhérentes, et comme colléeslesunes contre les autres sans aucun lien qui leur soit commun. On 'casse le verre , la glace, la porcelaine , la faïence, le marbre, et autres corps fragiles, mais on ne les rompt pas.
On rompt, au contraire, les corps dont les parties s'entrelacent , s'engrènent , s'enchaînent les unes les autres , si bien qne , ponien séparer les parties, il faut, pour ainsi dii^e , les arracher les unes aux autres, en déchirant les liens qui les retiennent ensemble. On rompt le pain , l'hostie , un bâton , des nœuds , des fers, et autres coi'ps plians. En général, on rompt ce qui lie et ce qui plie.
On brise toute sorte de corps solides, dès qu'on les met en pièces par une action violente.
Pour casser, il suffit de détruire la continuité d'un corps, de manière que deux parties ou un plus grand nombre ne soient plus adhérente^ les unes aux antres; pour briser, il faut qu'un si grand nombre de parties soient détachées de la chose , qu'elle n'ait plus la forme qu'elle avait auparavant, et qu'elle ne soit plus sensible que par des morceaux.
On casse une glace, quand on en fait de force deux ou trois morceaux; on la brise quand on la casse en mille morceaux.
La manière dont se font ces actions contribue aussi au choix que l'on doit faire de ces expressions. Le choc casse, ^es efforts pour
I ployer rompent, les coups violens ou redoublés brisent.
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On casse en frappant , en choquant , en henrtant; on rompt en faisant céder, fléchir, enfoncer , ployer sons le poids , sous la charge, sons l'effort. On casse nne canne en la frappant fortement snr une pierre ; on la rompt en rapprochant les deux houts avec force. Les arhres rompent de la surcharge des fruits qui. font ployer leurs brancixes. Un 111 , nne corde cassent plutôt qu'ils ne rompent, qnoique très flexibles, par la raison que, loin de manquer parce qn'on les aura trop ployés, ils sont devenus, à force d'être trop tendus , si faibles et si semblables à des corps fragiles, qu'ils cassent comme eux au moindre choc, à la première secousse.
Rompre n'a quelquefois d'autre idée que celle de ployer on plier. On dit fîgurément rompre l'humeur, la volonté de quelqu'un.
On dit qu'un homme est rompu aux affaii'es lorsqu'il y est exercé , habitué , plié. '
L'action de casser a l'effet ultérieur de rendre la chose cassée, vaine, inutile, impuissante , ou du moins insuffisante pour le service qu'on en tirait ou l'effet qif elle produisait. Un pot cassé ne sert plus ou sert mal. C'est cet effet particulier que l'on considère lorsqu'on dit au figuré casser un arrêt, casser un officier. De même un homme est cassé lorsque son corps ne peut plus bien remplir ses fonctions.
L'action de rompre a pour effet ultérieur d'empêcher la suite , la continuation, l'enchaînement , la durée des choses , soit en les faisant tout-à-fait cesser, soit par une simple interrnptibn. Au figuré , on rompt des traités, des alliances, des. engagemens, tout ce qui lie ; de manière qu^on se délie, et qu'on n'est plus ou qu'on ne veut plus être obligé. Un mariage est rompu, lorsque les négociations n'aboutissent pas à l'exécution. On rompt une trame de manière que le tissu ne peut plus se former.