‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 130 sur 253 · BRO · texte numérisé non relu

BRO

BRODEQUIN, COTHURNE. Le brodequin était chez les anciens une chaussure particulièrement affectée aux comédiens, sartoât quand ils jouaient la comédie; quand ils jouaient la tragédie, ils chaussaient le cothurne. Chez nous , la chaussure est réglée par le costume et le goût. On dit chausser le brodequin, pour dire faire des comédies ou joaer la comédie ; et chausser le cothurne , pour dire faire des tragédies ou jouer la tragédie.

BRONCHER, TRÉBUCHER. Ces deux mots désignent une hésitation dans l'action de marcher.

On bronche lorsqu'on fait un faux pas, qu'on cesse d'aller droit, ferme, pour avoir heurté contre un corps pointu ou éminent ; on trébuche lorsqu'on perd Téquilibre au point d'être près de tomber.

Trébucher dit plus que broncher, et l'action qu'il exprime est plus dangereuse. On pent broncher et se relever aussitôt ; l'action de trébucher, si elle ne fait pas tomber , fait dn moins chanceler.

L'action de broncher est causée par un corps extérieur qui met obstacle à la marche; l'action de trébucher l'est par la faiblesse des pieds, des jambes ou de quelque autre partie qui se refuse au service. Celui qui na pas le. pied ferme est sujet à trébucfier; celai qui marche dans un mauvais chemin est sujet à broncher.

BROSSE, VERGETTE. L'usage confond souvent ces deux mots , cependant ils ont àtA différences bien sensibles. La brosse est faite avec quelque chose de plus rude que la 'wrgette, et son effet est plus fort, plus profond. La vergette est plus douce , et destinée à ôter les ordures légères qui s'attachent aux vête-

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BROCARD, RAILLERIE. Le brocard e&t une raillerie insultante. La raiilerie, tant qu'elle ne sort point des bornes que lui prescrit la politesse , est l'effet de la gnîté et de la légèreté de l'^îsprit. Elle épargne l'honnête homme, et le ridicule qu'elle attaque est souvent si léger qu'elle n'a pas même le pouvoir d'offenser. Le brocard, au contraire , annonce un fond de malignité ; il offense et ulcère le cœur. Ce mpt est familier.

mens ; la brosse est plus raide , et sert à détacher les ordures qui s'attachent fortement.

11 faut une brosse pour ôter la crotte qui s'est attachée aux souliers, aux bottes, ou pour effacer une tache qui est imprégnée dans du drap. Il suffît d'une vergette pour ôter la poussière qui- couvre la superficie des vetemens.

BROUILLARD. V. Brume.

BROUILLER, EMBROUILLER. BrouiUer, c'est détruire l'ordre, l'arrangement, les rapports des choses entre elles, en les mêlant et les confondant. On brouille des cartes lorsqu'étant arrangées par chaque joueur, eU^* avaient entre elles certains rapports relatifs a eux , et qu'on détruit ces' rapports en les mêlant les unes avec les antres. On brouille des amis en détruisant les rapports qui les tenaient unis.

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