‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 13 sur 253 · L'ABSURDITÉ , UNE ABSURDITÉ · texte numérisé non relu

L'ABSURDITÉ , UNE ABSURDITÉ

L'absurdité est le vice et le défaut de ce qui est absurde. Une absurdité est une chose ab- 9wde, Le premier ne prend point de pluriel, le second en prend un. V absurdité d'nn raisonnement est un vice qui s'étend sur le raisonnement tout entier; en ce sens, il ne peut pas y avoir plusieurs absurdités. Dire des absurdités, c'est dire plusieurs choses absurdes,

ABUS, ERREUR. Verreur est une fausse opinion qui vient on de noUe ignorance où de la fausseté de nos raisonnemens. Vabus est une fausse, opinion qui vient ou de ce qu'on a abusé de notre faiblesse ou de notre crédulité, ou de ce que nous nous sommes ^^Hsés ^oos-ipémes par préveiitiof^ qv^ par

trop de con^nce dans nos propres lumières.

Pour revenir de Terreur il faut s'instruire, examiner de nouveau et raisonner juste; pour revenir d'un abus il faut découvrir l'ignorance ou la mauvaise foi de ceux qui nous ont trompés, ou byin écarter les préventions et se défier de soi-même.

ABUS, ILLUSION. Vabus est un écart de la raison, un éloignement de la vérité; Villtosion est une fausse apparence qui en^pêche de voir la yérité. On m'a trompé on je me suis trompé par trop de confiance ou de prévention , c'est un abus ; on m'a trompé ou je me suis trompé par de fausses apparences, c'est une illusion. Tout abus A'est pas illusion; mais daiîs toute illusion il y a abus, parce qu'il y a éloignement de la vérité. Pour détruire Vabits il faut dissiper Yitlusion,

ABUSER, MÉSUSER. On abuse de la chose .que l'on emploie à faire du mal; on mésuse de la chose qu'on emploie mal. Celai qui mésuse agit contre la raison, contre |a sagesse, contre ses intérêts, contre le bon ordre; celui qui abuse pèche contre la justice, contre la probité, contre la délicatesse, contre la politesse, contre les bienséances.

ABUSER, TROMPER. On trompe en donnant pour vrai ce qui est faux, pour bon ce qui est-mauvais ; on abuse en gagnant le cœur pour le détourner du vrai ou du bon. On trompe ceux qui ne connaissent pas les choses et ne se méfient pas des hommes ; on abuse les personnes faibles, crédules, vives, qui se laissent aller sans réflexion aux impressions qu'on leur fait éprouver, qui se passionnent aisément pour les objets qu'on leur présente. Un marchand trompe un acheteur en lui vendant pour bonne une mauvaise, marchandise; un fanatique abuse une ame simple en lui faisant voir une action, héroïque dans un crime abominable. On trompe une. jeune fille en se donnant pour ce qu'on, n'est pas; on Vabuse en l'entraînant dans le vice par Villusion des sens et le délire des passions. On est détrompé quand op. a reconnu que ce qu'on croyait vrai est faux , que ce qu'on croyait bon e^t mauvais; on est' désabusé lorsque l'Olusion qui faisait voir les choses autrement qu'elles ne sont est dissipée.

ABUSER, DÉCEVOIR. Jbuser, c'est séduire le cœur et couvrir de fleurs l'abîme où on l'entraîne ; décevoir, c*est attirer par des avantages spécieux, par des apparences séduisantes, par un espoir flatteur, mais vain. On est abusé par une passion aveugle; on est déçu par de belles promesses', par l'espoir d'un ?»veï|iv |ke\«rçv3^^ Q?» «ît (?^«f^ pa»" ^^

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