‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 131 sur 253 · BUR · texte numérisé non relu

BUR

Embrouiller f c^est confondre les parties d^an tout de. manière qu'il n^est pas aisé de les distinguer , de les démêler, parce qu'elles sont embarrassées les unes dans les autres, offusquées les unes par les autres , et qu'on ne TQÎt pas clairement les rapports qu'elles peavént avoir entre elles.

Au figuré, brouiller des affaires , des idées, des questions, etc., c'est y mettre du desordre; les embrouiller, c'est y jeter de Tohscuité. Les affaires sont brouillées par la mésintelligence et la discorde; elles sont embrouillées à cause de la difficulté de les entendre et de les expliquer. Ce qui est brouillé n'est pas en ordre et d'accord; ce qui est embrouillé n'est pas net et clair. Dans les choses brouil- " lées , il y a des difficultés à lever; dans les àioses . embrouillées , il y a des obscurités et des difficultés à éclaircir. La confusion des choses brouillées est dans les rapports qu'elles ont entre elles ; la confusion des choses e/nbrouillées est dans la manière obscure dont dles se présentent à notre esprit.

BROUTER, PaITRE. Ces deux mots expriment l'action des bestiaux qui mangent , à la campagne, l'herbe sur la racine, ou l'extrémité des jeunes branches dans les bois.

Paître est*une expression générale qui se dit de tout ce que les bestiaux mangent à la campagne, sur les prés, dans les pâturages ou dans les bois.

Paître suppose une herbe grande et abondante; brouter, une herbe plus courte, et dont les bestiaux ne mangent que la poinjte.

Au commencement du printemps, les bes?

tiaux ne peuvent guère que brouter l'herbe qui commence à sortir de terre; au milieu de l'été, lorsqu'elle est devenue grande , ils la paissent. '

Brouter se dit particulièrement des bourgeons et des extrémités des jeunes branches des arbres. On ne dit pas que les chèvres poissent les bourgeons des arbres , mais qu'elles les broutent.

On ne mène pas les bestiaux brouter, wais on les mène paître, terme général qui l'enferme toutes les manières et toutes les circonstances.

BaOUTER. V. Abrouti.

BROYER. V. Atténuku.

BRULANT. V. AanEWT.

BRUMES , BROUILLARDS. Les unes et les antres «ont des amas de vapeurs aqueuses T^e Ton appelle brumes sur la mer et brouillards sur la terre.

MUN. V. Bai.

BUISSON. V. Bois.

BURLESQUE , MAROTIQDE. Dans la langue française , marotique se dit. d'une manière d'écrire particulière, gaie*, agréable, et tout à la fois simple et naturelle. Clément Marot, valet de chambre du roi François I^« en a donné le modèle, e|; c'est de lui qae cm style a tiré son nom. ...

La principale différence qui se rencontreentre le style marofique et le ^tj\e burlesque y c'est que le marotique fait. un choix, et que le burlesque s'accommode de tout. Le premier est le plus simple; mais cette sin^oité a' sa noblesse, et lorsque son siècle ne4ui foncnic point des expressions naturelles, il les em*» prunte des siècles passés. Le dernier e^t ham . et rampant, et va chercher dans Ifc langage de la populace des expressions proscrite^ par la décence et par le bon goût. L'an. se dévoue, à la nature , mais il commence par examiner, si les objets qu'elle lui présente sont propresi à entrer dans ses tableaux , n'y en admettant aucun qui n'apporte avec soi quelq^ délipatesse et quelque etgouement. L'autre donuQ,.

pour ainsi dire, tête baissée, dans la bouffonnerie , et adopte par préférence tout, ce (|i!t'il . y a de pi as extravagant ou de plus ridiçi^le. ^

Après des caractères si disparates et. si.

marqués , il est étonnant que des auteurs célèbres, tels que Balzac, Voiture, etc., aient confondu ces deux genres , et il ne l'est pas. moins qu'on prodigue encore tous les jours le nom de style marotique à des ouvrages écrits sur un tonnai n'en a que la plus légère apparence. Des auteurs s'imaginent avoir écrit dans le goût de Marot lorsqu'ils ont fait des vers de la inéme m^ute que les siens , c'està-dire de dix syllabes , parsemée de quelques expressions gauloises, sous prétexte qu'elles se rencontrent dans ce poète, dans Saint- ' Gelais, Belleau, etc. Mais ils ne font pas attention '"que ce langage suranné ne saurait par lui-même prêter des grâces au style, à moins qu'il ne soit plus doux ou plus énergique, plus vif ou plus coulant que le langage ordinaire, et que souvent, dans ces poésies maroùques, on emploie un mot par préférence à un antre , non parce qu'il est réellement mèillear, plus expressif, plus sonore, mais parce qu'il est vieux; 3° que Marot écrivait et parlait très purement pour son siècle, et qu'il n'a point ou presque point employé d'expressions vieilles relative<nent à son temps; qae par conséquent, si ses poésies ont charmera coui: de François I®*", ce n'est point par ce langage prétendu gaulois, mai» ^ par leur tour aisé et naturel; 3° qu'un mécanisme arbitraire, une forme extérieui'e, ne

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