CALME , TRANQUILLE, POSÉ , RASSIS
Ces quatre adjectifs indiquent en général une situation de l'ame exempte de troublé, d'inquiétude, d'agitation, de fermentation.
Tranquille exprime cette situation purement et simplement. Un homme est tranquille lorsqu'il n'a rien qui le trouble, qui l'inquiète , etc. « ■ )
Calme a un rapport partici^ier à nne agitation violente qui a précédé. Il se dit des choses et des personnel. La mer est calme après une violente tempête, un homme est cMme après un excès de colère et de fureur ; il est calme au miUcu d'une tempête , d'un grand danger; il est calme au milieu des tourmens. Ici l'expressiop marque une opposition avec l'état actuel de trouble et d'agitation. Lorsqu'tm malade , après une agitation médiocre, est rendu à un état moins agité, on dit qu'il est plus tranquille ; lorsqu'il passe d'une agitation violente à une agitation moins violente, on dit qu'il est plus calme.
Calme et tranquille ont rapport à des états passifs de l'ame; posé et reusis ont rapport à l'état des facultés actives de l'ame.
Rassissent de rasseoir, qui signifie l'action des parties agitées d'une chose qui, par la diminution successive et enfin par la cessation de cette agitation , laissent la chose dans son état naturel, et dégagée de toûtc.espèce, d'influence étrangère. C'est par cette raison qu'on dit qu'un homme est rassis, lorsque Vâge ayant amorti che^ lui les passions et les
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UBLîteà moavemens qtâ pomyaient trûiLbler%t officuquer son ame, il reste le maître de ses focnltés inteUectaelles, et n'éproare rien qui en puisse troubler Texercice. En ce sens , on ne peut pas dire qu'un jeune homme est rassis, mais on le dit toigonrs bien d*un Tieillard chez qui les passions sont amorties.
Mais si un jeune homme, emporté souvent par seê passions, lait quelquefois des retours sur lui-même, et qu'il en éloigne pour quelque temps les illusions , on ne peut pas dire qu'il est rassis , mais qu'il est d'un sens rassis, Û y a six mois qu'aveuglé par sa passion , on ne pouvait pas lui faire entendre raison ; mais aujourd'hui qu'il est d'un sens rassis, on peut lui faire des représentations.
• Une ame tranquille n'épr&uve aucun trou- Ue, aucune peine, aucune inquiétude; une ame calme est sortie d'un état violent, ou reste impa^ble à la vue on au milieu des plus grands maux. Un homme rassis n'est plus troublé par les passions de la jeunesse ; un homme posé a une marche lente et ferme que rien ne peut déranger.
CAUVIE, PAIX, TRANQUILLITÉ. Ces mots, soit qu'on les applique k Tame, à un état , ou à quelque société particulière, expri> ment également une situation exempte de trouble et d'agitation, mais celui de tran" quillitént regarde précisément que la situation en elle-même et dans le temps» présent, indépendamment de tonte relation ; celui de paix regarde cçtte situation par rapport au dehors et aux ennemis qui pourraient y causer de l'altération; celui de calme la regarde par rapport à l'événement soit passé, soit futur, «n aorte qu'il la désigne comme succédant à une situation agitée ou comme' la précédant.
On a la tranquillité en soi-même, la peux avec les autres, et le calme après l'agitation.
Les gens inquiets n'ont point de tranquillité dans leur domestique ; les querelleurs ne sont guère en paix avec leurs voisins ; plus la passion a été orageuse, plus on goûte le calme.
Pour conserver la tranquillité de l'Etat , il laut faire valoir l'autorité du pouvoir sans abuser du pouvoir. Pour maintenir la paix^ il. faut être en état de faire la guerre. C'est encore plus par la douceur que par la rigueur qu'on rétablit le cdlme chez un peuple révolté. (Extrait de Girard et de, l'Encyclopédie.)
CALMER. V. Appaïsek.
CALQUER, DÉCALQUER. On confond quelquefois ce9 deux; expressions dont Je sep^
est bien différent. Calqaèr, c^est transporter un dessin d'un corps sur un autre, en passant une pointe «nr les traits du premier , aGn de les imprimer-snr l'autre. Décalquer , c'est reporter les traits du dessin calqué snr m autre papier, sur une autre toile, c'est en tirei une contre-épreuve.
CAMBRER > COURBER. Donner une courbure à un corps. La différence qu'il y a entre ces deux mots , c'est que cambrer ne se dit que d'une courbure peu considérahle, au lieu que courber se dit de toute inflexion cqp' vilighe , grande ou petite.
CAMPAGNARD, PAYSAN. Le campagnard est un homme qui demeure ordinairement à la campagne, quoiqu'il ne fasse pas précisément son état de la culture des terres. \j!e paysan est un homme qui demenre dans un village, ^ui s'occupe des travaux de l'agrictdtnre. • .
ÊTRE EN CAMPAGNE, ÊTRE À LA CAMPAGNE. En pariant d'un particulier, être en campagne, c'est être en voyage; é(re à la campagne, c'est être dans nue maison de campagne pour y passer quelque temps.
CAMPAGNE. V.Rase.
CANAL, CONDUIT, TUYAU. Ces trois mots se disent de ce qui sert à transmettre nu liquide d'un endroit à un autre, mais le ennal est plus considérable que les deux autres, et peut être couvert ou découvert. Le conduit et le tuyau sont ordinairement de plomb, de fer, de bois ou de pierre.
CANAILLE, RACAILLE. Il ne faut pas confondre le mot de racaille avec celui de canaille, qui ne désigne que la bassesse àe coeur et l'absence de tout sentiment d'honneur et d'humanité, abstraction faite de la condition et de l'état de ceux- à qui on les applique. Racaille est une expression familière et injurieuse par laquelle on désigne les gens de la populace qui joignent des- moears déréglées et des inclinanons basses à une misère qui prend sa source dans la fainéantise et les vices les plus honteux. La racaille n'existe que dans la classe la plus misérable du peuple. La canaille se trouve dans toutes le^ classes de la société ; à la cour comme à la ville , parmi les riches comn^e parmi les pauvres, mais m(nns dans la classe moyenne qu'ailleurs.
La canaille sacrifie tout à sa cupidité; elle vend sa conscience, ses opinions, ses suffrages; elle est fourbe, avide, sans foi, sans probité, sans ho^j«ur, sans pitié. La racaille se plaît dans la bassesse, rien ne l'humilie; elle aime ntieux souffrir, mendier ou voler que de travailler.