‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 139 sur 253 · CAN · texte numérisé non relu

CAN

CÀN

CANAILLE , POPULACE. Termes àe mépri5 par lesquels db désigne la dermère classe de la société ; mais populace se dit plutôt du ïm peaple qai n*a ni fortune, ni considération j et canaille , dps gens qui ii'ont ni probité, ni honneur, *ni délicatesse. On confond sonyent injastement ces dem expressions , et on s'en sert indifféremment dans le sens de eancUlle; mais il 7 a dans la populace des gens estimables qui ne méritent pas cette dénomination , et il se troave dans les classes élevées beaucoup de gens qui la méritent. La pauvreté, la grossièreté des manières n'exdnent pas la bonne foi, la franchise, la générosité; et avec ces qualités on n'est pas de la canaille. Canaille ne peut se prendre qu'en mauvaise part; ce mot exclut tous les sentimens honnêtes, n y a de la canaille dans totis' les états et dans tontes les conditions, et ce terme atteint aussi bien les hommes vils qui cachent la perversité de leur cœnr sous des dehors éblouissansy que les gens grossiers qui ne prennent pas la peine de cacher la leur.

CANDEUR, naïveté, INGÉNUITÉ.

Ces trois mots désignent trois qualités de l'ame qui portent i dire la vérité sans retenue.

Là candeur est la qualité d*nne ame pure et innocente, qui, pénétrée de l'amour de la Térité et ne connaissant point l'abus que les antres peuvent en faire , se motitre constamment telle qu*elle est, sans précaution ni défiance.

La naïveté est une disposition de l'ame qui fait dire librement ce qu'Dn pense sans songer aux suites qui en peuvent résulter.

Vingémùté est la qualité d'tine innocence qui se montre telle qu'çlleest, parce qu'il n'y a rien en elle qui l'oblige à se cacher.

La candeur est la première marque d'une belle ame ; elle nait* d'un grand «mour de la Vérité, elle suppose ordinairement l'ighorance du mal, et se peint dans les actions, les paroles et le silence même. Elle ne se trouve guère que chez les jeunes gens , et se perd aisément par le commerce du monde.

L ingénuité peut être une suite de la sottise quand elle n'est pas l'effet de l'inexpérience.

La naïveté ifcst tout au plus que l'ignorance des choses de convention.

CANNELURES, RUDENTURES. (Architecture, ) Les cannelures sont des canaux ou . des cavités longitudinales forméff ou taillés tont le long du fàt d'une colonne, d'un pilastre, etc.

^ Les rudentur.es sont des ornemens propres a corjchij? les cannelures» Rudenter le» çari'

neîurês d'nne colonne on d*nn pilastre, c'est tailler dans le crecuc de ces cannelures des ornemens en forme de cordes, de bâtons, de baguettes , etc. , que l'on nomme radenturrs, .

CANONIQUE, APOCRYPHE, jâpocryphe, selon son étymologie, signifie caché. £h ee senSf on nonunait anciennement apocryphe tout écrit gardé secrètement et dérobé. à la connaissance du pnblic. Parmi les saintes écritures, un livre pouvait être en même temps dans ce sens général un livre sacré et divin, e^ un livre apocryphe} sacré et divin, parce qu*on en connaissait l'origine, qu'on savait qu'il^vait été révélé; apocryphe, parce* qu'il était déposé dans le tem^e et qu'il n'a^* vait point été communiqué au peuple, car lorsque les Juifii' publiaient leurs livres sacrés , ih les appelaient canoniques et divins ,*^t le nom à! apocryphes restait à ceux . qu'ils gardaient dans leurs archives ; toute la différence

consistait en ce qu'on ne rendait pas les uns publics et qu'on n'en usait pas de même à l'égard des autres, ce qui n'empêchait pas qu'ils ne pussent être sacrés et divins quoiqu'ils ue fussent pas connus pour tels du pubUc.

Dans le christianisme, on a attaché au mot apocryphe une signification différente , et on l'emploie pour exprimer -tout livre douteux dont l'auteur est incertain et sur la foi duquel on ne peut faire fond ; ainsi l'on dit tm livre» un passage, une histoire apocryphe, etc., lorsqu'il y a de fortes raisons de suspecter leur authenticité et de penser 'que ces écrits sont supposés. En matière de doctrine, on nomme apocryphes les livres des hérétiques et des schismatiques , et même des livres qui ne contiennent aucune erreur, mais qui ne sont point reconnus pour divins, c'est-à-dire qui n'ont été compris ni par la synagogue., ni par l'église, dans le canon pour être lus en public dans les assemblées des juifs ou des chrétiens.

CANONISATION. V. Béatificatiow.

CANONS, DÉCISIONS DES CONCILES, DÉCRETS. Tous les articles déterminés par les conciles, dans les matières qui sont de leur juridiction, sont des décisions; c'e^ un terme général qui renferme sous soi deux espèces , les canons et les décrets,

Xes canons sont les décisions qui concernent le dogme et la foi; les décrets sont les décisions qui règlent la discipline ecclésias« tique.

CANTATRICE, CHANTEUSE. Chanteuse se dit de toute femme dont la profession- est de chanter. Cantatrice «e. dit des chaQteoees italiennes distinguées par leurs talens , qui chanienf àssu» Hes concerts ou 9ur le théâtre.

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