CARACTÈRE ^FERMETÉ, CONSTANCE
On dit qu'un homme a du caractère, pour dire que ses résolutions tiennent à k trempe de son ame et font partie de sa constitution moraJCe.
qui pourriat U détourner de ses résolutions.
La constance est kJerme continuité de ce courage qi^i persiste imperturbable^nt dau ses résolutions, et ne peut être ébranlé pa; aucune considération,
• CARACTÈRE D'UNE NATION, GÉNIE D'UNE NATION. Ijb caractère d'une- nation consiste dan» une certaine disposition hahituelle qui est plus commune chez «Ue qae chez une autre , quoiqhe' cette disposition ne s^ rencontre pas da^^s tous les membres qui composent k nation. Le caractère àes Français est k légèreté» la gaieté, la sociabilité; celui des Anglais '^t la tacitamitéi l'appli" cation , la méditation.
Le génie étune dation consiste dans nn .
goàt particulier, dans une disposition habituelle ponr certaines sciences et certains arts, dans lesquels elle réussit. Les beaux^wts , et particulièrement la musique et k peinture, constituent le génie des Italiens \ la philosophie, celui, des Anglais^ la littérature et le goût celui des Français.
CARACTÉRISER, DÉSIGNER. Caroeu^ riser , c'est désigner une personne ou nne chose par de? traits tellement inhérens et sensibles, qu'ik la font reconnaître au |H:emier coup d'œil. -
Désigner, c'est foire connaître une per* sonne ou nn« chose par quelque signe accidentel qnif pe«t lui être commun avec plusieurs autres l^rsonœs ou plusieurs autres choses, mais cjui.k font distinguer des aaties cksses dont ks individus n'of&eat point ce .
si^e.
Les Cyclopte* étaient caractérisés par leur grande tailfe , a pai- l'œil unique ^'ils avaient ai^finillen du iPront, et ces caractères étaient permanens. La gaieté désigne le contentement de l'ame, mais elle ne k caractérise p^^i parce qu'elle n'est pas permanente de sa nature, et qu'elle peut être feinte.
CARCASSE, SQUELETTE. La>a7W5i? est le corps mort d'un animal y doînt il ne reste plus que les os. - ■ .
Le squelette a rapport à ranatomie;.cest l'assemblage de tous les os d'un animal mort, disposés dans kur situation naturelle.
^On fait des squeleïtes à'homme$ , de frm; mes, d'enfans ou d'animaux,, pour. ceux qw étudient l'anatomie dxi corp» hunjain ; ou des aniniaux pour les peintres, les sculpteurs, etc.; on ne fait pas des carcasses»
CARESSER. V. Cajoi4Er>
CARESSER^ FAIR£^£âk QA^S^^ ^^
CAR . ( aa3 )
FAIBB CARESSE, ne signifient pas la même chose. Le premier ne se dit qu'au propre, le second au figuré ^ et signifie traiter les gens d-Dae manière et d'un air qui montre i{u'on les aime, qu'on les estime. Le Roi fit beancoap de caresses à l'amiral , et non pas le caressa beaucoup*
CARGAISON , CHARGÉ. Cargaison est an terme de marine ;<1 se dit de l'ensemble des marchandises dont un vaisseau est charsé.
Charge se dit sxfr mer, sur terre et sur les rivières. On dit la charge d'un vaisseau, d'une charrette , d'un bateau , pour dire ce qu'un vaisseau , une charrette , un bateau , peuvent porter. Ainsi la charge d'un vaisseau est ce qa'il peut porter; la cargaison, ce qu'il porte dans tel ou tel cas.
CARGUER LES VOILES , FERLER LES TOILES , TROUSSER LES VOILES. Trousser les toiles est l'expression générale. C'est les remonter, les plier plus ou moins. Carguerles voiles, c'est les trousser et les accourcir par le moyen des cargues qui les lèvent en haut et qui les approchent de la vergue jasqu'à mi-mât , plus ou moins, selon qu'on veut porter plus ou mpins de voile.
Ferler les voiles, c'est les trousser entièrement et les mettre en fagot.
CARICATURE, CfïARGE. Ce sont deux termes de peinture que l'on emploie assez ordinairement l'un pour l'autre. Par là on entend la représentation d'une personne, d'une action ou d'un sujet, dans laquelle la vérité et la ressemblance sont altérées par l'excès du ridicale.
Cependant il â^emble que caricature se dit mieax lorsqu'il s'agit d'une personne, et charge lorsqu'il s^agit d'une action, d'une scène, d'un sujet. Le portrait d'un homme avec l'exagération des défauts de quelquesans de ses traits est une caricature; la représentation d'une scène où plusieurs personnes sont figurées sous des formes ridicules est ane charge. Il en est de même de la r^réséntation ridicale d'une action.
CARILLON , TINTAMARRE. Carillon se ait an figaréi des reproches vifs et faits avec grand bruit par une personne à une autre personne qui est en faute on qu'elle croit y être. Quand cette femme vit que sa servante avait cassé une glace, elle ût un grand carillon.
Tintamarre se dit d'un grand bruit que font pmsienrs personnes mécontentes, en ctiant en même temps, ou bien de celui que font des gens qui se disputent vivement , ou qui se atteixt en faisant de grands cris. Les ouvriers 4 une itianufacture font du tintamarre, lors-
CAR
qu'ils' exigent Imnultueusement qu'on aag^ mente leur salaire ,:et qu'on refuse de le £ùre«
CARNAGE. V. Boucherie.
bARNASSIER , CARNIVORE. Qualifications génériques des animaux qui se nourrissent de chair.
Par sa valeur étymologiqtie, Carnivore signifie qui mange de la chair; et camassifir qui en fait sa nourriture. Le premier énonce le fait, la coutume; le second indique l'appétit naturel, I^habitude constante.'
Les naturalistes , lorsqu'ils mettent ces deiix mots en opposition , observent que carnassier se dit proprement de Tanimal que la nécessité dç nature force à se nourrir de chair, et 'qui ne peut vivre d'autre chose; tandis que l'animal Carnivore se nourrit bien de chair, mais n'est pas i'éduit à cet unique aliment, et vît aussi des productions de la terre.
• Le tigre, le lion, le loup, sont donc proprement des animaux carnassiers^ L'honhne,le chien, 'le chat, sont des animaux carriivores.
Le carnage est la destination naturelle de l'animal carnassier ; la chasse eist une opérai <tion naturelle de l'animal carnivoré.
Les' Sinïmanx carnassiers , avec u,n natàrel farouche et un instinct sanguinaire ,' sont armés de griffes aignè's et He dents tranchantes , instrumens' dé meurtre. Les animaux camipo-' resy avec'des armes moins terribles et une âpreté moins- ardente, participent et à la férocité des premiers , et à Iît bénignité des frugivores. ' ' '
Cependant le» naturalistes e«x-œêii\es appliqnent souvent répitète de eamassiens aux) animaux qui ne ■ sont rigduieosenent que carniv^esy à l'homme sur- tout. Ainai d^^ns leur style méiUQ, comme daAS.ie style ordinaire, l'animal carnassier est celui ^que son naturel oblige à vivre de chair ot q«ii en fait sa nourriture du uoins capitale, qiii i« recherdie, la préfère, en mange habituellement et beauco.up; le carniiftfje l'jiime, en mangç«^ s'en iiourn^ même , mais non avec le même appétit, la même avidité, Je même besoin, la même férocité. La chair est une nourriture du Carnivore, et la nourriture propre du car* nassier. Ce que la nature inspire, permet, souffre dans l'un, elle le veut impérieusement dans l'autre; où elle porte le premier, elle emporte le second.
Dans les espèces carnivores , ;ioiis appe-.
Ions carnassier l'individu qui aime beaucoup mieux la chair et en mange beaucoup plus que les autres. L'homme est le plus carnassier de tous les animaux purement carnwores,
La civette est naturellement carnassière ^
CAS
CAS
mais le besoin la rend frugivore; lorsque le^ petits animaux lui manquent , elle vit de fruits et de racines. Le cochon, est naturellement frugivore , mais Foccasion le rend quelquefois Carnivore; il aime le sang , la chair fraîche ; il mange quelquefois des enfâns , ses petits même.
Carnassier est. le mot -propre et vulgaire de la langue ; Carnivore est un mot scientifique emprunté des Latins pour distinguer les différentes classes d'animaux par leur nourriture. Vous dites carnassier pour qualifier purement et simplement un tel animal ; vous dites un anin^l camivore pour Topposer au frugivore.
CARNIVORE. V. Carnassier.
CARUS , COMA i LÉTHARGIE , APp- PLEXIE, ÉPILEPSIE, SUFFOCATION HYS- TÉRIQUE. Termes de médecine. Le canu est une espèce de maladie léthargique qui consiste dans pu profond assoupissement avec privation subite du sentiment et du mouvement et accompagné d'une fièvre aiguë.
' Le èarus diffère du coma en ce que le malade affligé du coma répond lorsqu'on lui parle, ce qu6 ne fait pas celui qui est affligé du carus,
U diffère de la léthargie par la fièvre dont il est accompagné ; au lieu que la léthargie est sans fièvre , et que de plus si l'^n agite ou qu'on pique la personne en léthargie., le sentiment lai revient, ce qui n'arrive pas de même dans le carus.
Il diffère de V apoplexie propre en ce qu'il laisse la respiration libre, au lieu qu'elle ne ' l'est jamais dans Y apoplexie,
H diffère de Vépilepsie, eh ce que 4e malade n'est point agité dans le carus et n'écume pas comme il fait duns Vépilepsie. Il diffère de la suffocation hystérique, en ce que dans celle-ci le malade entend ce qu'on lui dit et s'en souvient, ce qu'il ne fait pas dans le carus,
CAS, CIRCONSTANCE, CONJONCTURE, OCCASION, OCCURRENCE. Cas signifie ici une action coupable ou équivoque considérée avec rapport à sa nature , à ses causes, à ses circonstances , à ses suites.
Ce mot emporte toujours avec lui une idée de prévention, d'embarras, de difficultés, de décision, de danger, ou au moins d'inquiétude. On dit .un cas malheureux, un cas extraordinaire , un cas énorme. La loi ne statue pas sur tous les cas. On ne dit pas un cas heureux , un cas avantageux.
Cas se dit de ce qui lui le fo^d de l'action.
Il a tué un homme, il est ^ans nn mauvais cas. .
Mais le cas a toujours des circonstames , c'est-à-dire des évènemens ou des faits subirdonnés qui influent plus ou moins en bien ou en mal sur la nature de l'action , on sur les personnes qui l'ont faite. Il est vrai que j'ai tué un homme, voilà le cas qu'on me reproche; mais je l'ai tué à mon Qprps défendant , voilà une circonstance qui doit me faire absoudre.
Le temps où s'est faite une action, le caractère des personnes qui l'ont faite, les moyei^s qu'elles ont employés pour la faire , etc. , sont autant de circonstances qui y sont attachées , et qui peuvent influer en bien ou en mal sur l'action et sur celui qui l'a faite.
Le cas considéré isolénient n'est pas susceptible d'hépithètes favorables, parce qa'il indique par lui-mèn^e quelque chose de répréhensible, ou du moins de douteux, une espèce de problème à résoudre ; mais l^ circonstances pouvant influer en bien ou en mal sur l'action et sur celui qui l'a faite, sont susceptibles de recevoir des épithétes relatives à ces deux genres d'influence, et l'on dit une circonstance heureuse , une circonstance malheureuse, une circonstance favorable, une circonstance défavorable.
Quand on dit un cas graciable, l'épithète que l'on joint au mot cas n'est pas précisément prise en bonne part ; elle suppose toujonrs que le cas est un mal, car.il n'y a que le mal qui mérite grâce.
Outre les circonstances qui tiennent à la nature de Taction, il y en a d'autres qui, «Quoiqu'elles y soient étrangères , s'y rattochent par leur coexistence avec elle , et peuvent y influer en bien on en mal, c'est ce qa!on appelle des conjonctures. On dit aussi que les conjonctures sont favorables ou défavorables. Tel cas qui paraît punissable dans des temps ordinaires cesse de l'être dans certaines cori' jonctures.
Le cas indique le fond de l'action , la «rconstance ne porte que l'idée d'un accompagnement ou d'une chose accessoire à une autre qui est la principale. La coq/onctare n a qu'une union accidentelle et accessoire avec le cas.
Les synonymistes qui ont joint comme synonymes cas , occasion et occurrence, ont pris le mot cas dans un autre sens que celui que nous lui avons donné jusqu'ici. Ils I ont regardé non comme une action, mais comme un événement fortuit. Nous allons examiner aussi cette synonymie. ,
Cas ftc 4it d'un événement fortuit considère
CAS
CAS
avec rapport k ^ nature , à sa cause , à ses circonstances.
Voccasion est un évènemtent ou un concoars d'évènemens (jui influent sur la facilité de parler ou d'agir avec succès.
Occurrence se dit d'un événement ou d'un cours d'évènemens fortuits qu'on n'a ni prévus ni cherchés , el qui peuvent être avantageux ou désavantageux. On ne peut pas prévoir tous les cas , on cherche quelquefois Vpccasion sans la trouver, et quelquefois eUe se présente d'elle-même sans qu'on la cherche.
V occurrence se présente l;onj ours d'elle-même. Il y a des ^ens qui changent d'opinion suivant les occurrences.
AU CAS , EN CAS. Au cas signifie tel cas, ce cas-ci arrivant ; la condition est spécifîcative, et l'événement est plus positif. En cas signifie en un cas, en certain cas; la condition est purement indicative du genre de cas, et Févènement est moins particularisé et plus incertain.
En cas suppose divers genres de cas possibles; au cas fait abstraction de tout autre cas que le cas présent. Aussi', lorsqu'il p«ut arriver plusieurs cas difTérens, lorsque vous avez diverses alternatives à considérer , vous direz en cas; et , tout au contraire , vous direz au cas lorsque Vous n'aurez qu'un événement en vue.
Deux personnes se font une donation mutuelle en cas de mort j en cas désigne la mort de l'une ou de l'autre. Une personne fait une donation à une autre au cas qu'elle décède ayant celle-ci ; il ne s'agit là que d'un tel cas. Vous dites en cas de malheur , en cas d'accident; il est clair que cette locution vague embrasse toutes sortes d'accidens ou de malheurs ; mais s'il faut particulariser tel malheur, tel accident, vous direz au cas que telle chose arrive.
-^tt cas n'étant relatif qu'à un tel événement , i incertitude est si la chose sera ou ne sera pas dans les circonstances données. En cas sup- P<»ant la possibilité de divers genres d'évènemens , l'incertitude est s'il arrivera une chose on uiMî autre.
En cas désignera plutôt un événement plus contingent ou plu5 éloigné; au cas un événement plus prochain et dans l'ordre présent des choses. Ainsi vous dites an cas qu'il^vienneet qu'il se porte bien, et non qu'il vînt et in'il se portât bien; car alors vous diriez en ^^. Je veux une chose au cas qu'on la feuille ; je la voudrais en cas qu'on la voulut.
En cas que se dit par ellipse, au lieu de
di
re en un cas, celui que. (Extrait de Rou-
SàUû.)
CASCADE , CATARACTE , GHtTE. ditaracte se dit des chutes que font brusquement les grandes rivières.
Quand les rivières ne tombent pas brusquement, mais qu'elles ont seulement un cours très accéléré, on donne à ces accidens le simple nom de chute.
Quand les rivières sont peu considérables, quelle que soit la forme de leur chute, comme elle est toujours plus belle qu'effrayante, on lui donne le nom de cascade.
CASCADE, CASCATELLE. Cascade se dît d'une cascade ordinaire. Cascatelle est lé diminutif de cascade; il se dit d'une petite cascade. On dit les cascatelles de Tivoli.
CASCATELLE. V. Cascahe.
CASSER. V. AirNULER.
CASSER. V. Briser.
CASTE, TRIBU. Ces deux mots ont rapport à une division , à une séparation entre diverses parties d'un peuple bu d'une nation.
Le mot tnhu est un mot de partage et de division. Il se dit en parlant de certains peuples anciens , de la division du peuple en plu" sieurs districts ou sections, dont £i réunion formait la totalité du peuple. Le peuple de Rome était divisé en tribus. Le peuple d'Athènes l'était aussi. Les Israélites étaient divisés en tribus; les peuples nomades sont ordinairement divisés en tribus, c'est-à-dire en troupes réunies par des rapports de famille ou d'habitudes, et qui n'en ont pas moins des liens avec la totalité de la nation.
Caste se dit dan^ la même nation, d'une portion de cette nation dont les membres vivent distingués des autres, par la naissance, les. occupations, les usages, les préjugés, les opinions et les pratiques religieuses , et particulièrement par leurs aversions réciproques.
La division par tribus est une divisi^on politique; eUe tient à la constitution et à la forme du gouvernement. Elle ne sépare les réunions qu'elle forme , que par la différence des droits politiques de, chacune^ ou par la manière d'exercer ces droits.
La division par castes est une séparation en plusieurs classes dont les membres, de chacune s<»t réunis entre eux par d'anciens préjugés, et séparés des membres de toutes les autres, par l'attachement qu'ils ont à ces préjugés, et par l'éloignement, le mépris, la haine qu'ils ont pour tout ce qui est con-
1 traire à ces préjugés. La distinction des castes est sur-tout étaihlie chez les Indiens. Les castes
CAS
( aaÔ)
CAT
yff^eot dan» oike séparatiôii entière et ne se ! anxqaeb f selon la cônmme d'Orient , on a
■lélent point les nnes avec les antres.
Nons avons conservé qnelqnes-nns de ces préjugés , et nons disons anssi la caste des nobles, la caste des prêtres; mais Ton con- . qoit aisément qne Ton n'attache point à ce mot ridée de tribu , ainsi qu'elle était étaUie chez les anciens.
Les membres d'nne tiibu gardent des liens avee tontes les antres tribus ; les membres d'une caste n'ont ancnn rapport avec les antres castes. Les tribus font ensemble quelques opérations politiques, chacune en proportion des droits qui leur sont accordés par les lois; nue caste renfermée en elle-même n'admet rien de commun avec les autres castes, la séparation et l'éloignement conduisent toutes les opérations.
L'union et des liens communs entre les ditisions forment l'essence des tribus; et si l'on donne ce nom aux divisions des peuples qui, comme chez les Barbares , avaient leurs lois , leurs coutumes particulières, c'est qu'on les considère comme liées avec les autres tribus aeniblables, avec lesquelles elles ont une origine commune, et comme n'ayant point pour ces tribus une aversion invincible. La distinction et la séparation forment l'essence des castes.
CASTILLE , QUERELLE. La castille est une petite querelle qui s'élève entre des gens qui vivent ensemble, qui se voient souvent, et'sont attachés l'un à l'autre.
La querelle est plus importante, plus animée et dure plus long-temps.
La castille ne roulant que sur des bagatelles , est bientôt finie ; les querelles ayant pour objet des intérêts plus grands , et ayant lien entre des gens qui n'ont ensemble aucun rapport intime, et qui, ordinairement, ne s*aiment point, ne sont pas si promptement appaisées.
Quand on vit ensemble on a quelquefois des eastêHes; quand on a des intérêts opposés on a souvent des ^^^ez-e/Zc?^. : | /^
Les castÛïts n'empêchent pas qu'on ne reste Bot» amis ; les querelles font qu'on a de la peine à vivre ensemble.
Les époux qui s'aiment le plus tendrement 9fÊA quelquefois des castilhs ; les époux qui se hmssent ont souvent des querelles.
CASTRAT, CHÂTRÉ, EUNUQUE, HON- GRE. Castrat se dit d'un homme à qui on a retranché les testicules pour quelque cause que ce ioit.
Châtré se dit des animaux auxquels on a fait 1^ même opération pour les empêcher
ôté les parties de la génération pour les employer à la garde des femmes dans les sérails. Hongre ne se dit que des chevaux.
CASUEL, FRAGILE. Casuel signifie fortuit , qui peut arriver ou n'arriver pa?.
' Fragile signifie au propre, dont les parties se séparent facilement les unes des autres par le choc. Il n'y a rien dans ces deux mots qui puisse les faire considérer comme synonymes.
Mais on a donné , par abus, le sens de fragile au mot casuel, et l'on dit, sur- tout à Paris, la porcelaine est casuelle, au lieu de dire la porcelaine est fragile. C'est une mauvaise locution qu'il faut éviter.
CATAFALQUE, REPRÉSENTATION. Ces deux mots se disent des décorations que Ton élève dans les églises pour représenter, pendant des obsèques, les corps des personnes décédées.
Le catafalque est une élévation en charpente ornée de décoration, d'architecture, de peinture et de sculpture, que l'on dresse dans une église ou dans une chapelle, en l'honneur d'une personne déeédée, et qu'on y laisse pendant tout le temps des obsèques ou d'une cérémonie funèbre qui les rappelle. •
La représentation est une simple figure de cercueil couvert d'un drap noir, qui figure la présence d'une personne décédée, dans les cérémonies qui rappellent les obsèques.
y. TOWBEAU.
CATALOGUE, LISTE, ROLE, TABLE, NOMENCLATURE, DÉNOMBREMENT. Ces mots ont rapport aux noms ou au nombre des personnes ou des choses.
La liste est une suite de noms de personnes on de choses mis les uns sous les antres, servant d'indication pour faire connaître que ce& choses ou ces personnes appartiennent a une certaine classe, ou qu'elles ont un rapport commun, réel ou arbitrah*e. On fait la /«^ des personnes qui composent une société »
une compagnie; on fait la liste des juges, àes morts, la liste des visites, la liste des emplettes qu'on veut faire ou qu'on a faites. La liste n'a pour but que de faire connaître le nombre des personnes ou des choses qui appartiennent à une certaine classe, ou si telle ou telle personne, telle ou telle chose appartient à telle classe. Les indications qu'elle donne sont courtes et simples, et se bornent a ce but. La liste ne suppose aucun ordre, mais quelquefois elle est faite avec ordre. On fii^^ des listes par ordre alphabétique ; on fait Ati
tfen fendrer. Eunuque se dit des hommes lisCes par rang d'ancienneté des personnes çp