CHARME, ENCHANTEMENT, SORT
Ces trois mots ont rapport aux opérations
CHA
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pomnent nuagiqnes. Le charme est Teffet d'nne opération prétendue magiqae qui consiste principalement dans des paroles. Ce mot em^ porte dans sa signification l'idée d'une force qui arrête les effets ordinaires et naturels des causes.
Znehantement j paroles et cérémonies dont osent les prétendus magiciens , pour évoquer les démons, faire des maléfices, ou tromper de quelque autre manière la simplicité du penple.
Sort , opération supposée magique par laquelle on nuit aux choses, aux «nimaux, en les empêchant de prospérer; ou aux hommes en troublant leur raison.
Le charme s'opère par des moyens occultes, anr des objets insensibles. On dît qu'un fusil est charmé, loi^u'on croit que par une opération magique il ne fait pas son service ordinaire.
V enchantement s'opère par, l'illusion des sens sur des êtres intelligens; c'est par de prétendus enchantemens qu'on fait voir les objets autrement qu'ils ne sont, ou qu'on prétend faire voir des objets qui n'existent point.
C'est par des enchantemens qu'on évoque les démons, les araes des morts, etc.
Venchantement peat produire des* illusions agréables; le sort ne tend qu'à nuire, qu'à faire du mal , qu'à changer le bien en mal.
CHARMER, ENCHANTER, RAVIR. Ces trois mots ne sont pas considérés ici sous le rapport de la magie, mais comme des effets naturels.
Charmer, c'est tirer l'ame de son indifférence, de son inaction, pour l'amener à une sensation agréable, à l'occasion des objets qui ont rapport à l'exercice de ses facultés.
Enchanter, c'est attacher fortement l'ame à cette sensation par l'attrait du plaisir qui en résulte.
Ravir, c'est porter Venchantement au point ^'il occupe l'ame toute entière, suspend tout autre sentiment.
On voit par là /que ces trois expressions enchérissent l'une sur l'autre. Enchanter dit plus ' que charmer, et ravir plus qiA^enchdnter.
Ce sont les qualités de l'objet qui char" Jlient; c'est le plaisir qu'on éprouve à l'occas£on de l'ol^jet qui enchante.
Un objet charmant plah par ses qualités aimables; un objet enchanteur inspire un goût vif, auquel il est difficile dé résister; un objet ravissant frappe par des qualités séduisantes extraordinaires, qui transportent l'ame
On charme les sens, l'espfît, le cœut. La vue d'une beUe personne , d'un beau spectacle, charme les sens; les beautés d'nn discours, d'un poème, charment l'esprit; les actions d'une beUe ame charment le cœur.
Ajoutez un degré de plus à l'impression qu'ont faite ces qualités , ajoutez-y l'admiration , l'enthousiasme , c'est de Venchantement.
Ajoutez à Venchantement une force supérieure qui 6te la liberté à l'ame, qui suspend en elle tout antre sentiment et la tient entièrement et uniquement attachée à l'objet, c'est le ravissement.
Celui qui est charmé éprouve un plaisir mêlé d'approbation; celui qui est enchanté éprouve un très grand plaisir, mêlé d'admiratfon; celui qui est ravi éprouve un, plaisir qui fait disparaître tous les autres.
CHARMES. V. Attraits.
CHARMILLE, CHARMOIÉ. Charmille est proprement le nom que l'on donne aux jeunes charmes que l'on tire des pépinières, on des bois taillis, à dessein de planter des palissades, des portiques, des haies, etc., pour rdrnement ou la clôture des jardins. Mais on appelle aussi channilles les palissades, les portiques, les haies, ainsi plantés.
La charmoie est un lieu planté de jeunes charmes, une pépinière de charmes, d'où l'on tire la charmille, dont on fait dans l^s jardins les palissades, les portiques, les haies que l'on appelle aussi charmilles. Ainsi l'on tire de la charmille des charmoies, pourenfaii'C des charmilles dans les jardins.
CHARMOIE. V. Charmille.
CHARRETTE. V. Char, charrue: V. Araire.
' CHASSER LE ou LA , CHASSER AU ou À LA. On dit activement chasser- le cerf, le sanglier, le chevreuil, le renard, le lièvre, et cela vent dire poursuivre ces animaux avec des t^hiens , et tâcher de les forcer, ou de les tuer au passage. On dit neutralement chasser aux perdrix, aux bécasses, aux oiseau:^, fl« lièvre, etc. , c'est-à-dire chercher ces animaux pour les tuer quand on les rencontre , ou les attirer dans des filets pour les prendre. Il y a» dit Buffon, deux espèces de loups cerviers; les uns plus grands , qui chassent et attaquent les dâitns et les -cerfs; les autres plus petits, qui ne chassent guère qu'au lièvre. ( Dictionnaire des difficultés. }
CHASSERESSE. V. Chasseuse.
CHASSEUSE, CHASSERESSE. Ces deux mots se disent d'une femme qui citasse ; mais
le premier se dit en prose, et le second sea lement en poésie.
poésie.
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CHASTETÉ, CONTINENCE. Denx tennles relatifs^ jk Fasage des pbisirs de la chair, mais avec des différences bien n>arqaées.
La chaste^ est une yertti morale qni prescrit des règles à Tosage de ces plaisirs; la co/ztinencc est une antre vertn qni en interdit absolument Tnsage. La chasteté étend ses vues sur tout ce qni peut être relatif à l'olijet qa'elle se propose de régler; pensées, discours, lectures, attitudes, gestes, choix des alimeDs, des occupations, des sociétés, du genre de vie par rappoi*tau tempérament, etc. La continence n^enyisage que la privation des plaisirs de la chair. ( BeaUxée.)
CHASTETÉ, CONTINENCE, PUDEUR, PUDICITÉ, PURETÉ. Tous ces mots sont considérés ici dans leur sens moral relatif à l^osage des plaisirs charnels.
La chasteté est une verta forte et sévère, qai dompte Je corps, Tépui-e, et tient constamment ses appétits et ses jouissances dans un respect sacré de Tordre, de la règle, de la modération.
La pureté est un état d'innocence qui n'a jamais été troublé par les atteintes de l'impureté, ou le désir de la volupté.
La nature ayant mis dans l'amour l'attaque d'un côté et la défense de l'autre , Ïa pudeur est nn sentiment qui fait craindre de céder, ou rougir d'avoir cédé, et qui s'alarme de tout ce qui peut faire soupçonner cette défaite, ou en rappeler l'idée, liai pudeur est Parme des femmes dan& la défense; elle s'étend à tout ce qui peut porter atteinte à la puret)ê.
La pudicité est le reste de la pudeur vaincue qni conserve toujours > relativement au coips, la réserve et la retenue qu'elle avait anpara* Tant dans l'ame. '
La continence est l'efTort de se contenir, soit en s'ab&tenant des plaisirs qu'on désire , soit en se retenant dans la jouissance.
La pureté est dans le cœur; elle écarte tonte idée de plaisir et de volupté.
La chasteté est dans l'ame ; elle écarte toute idée de dérèglement, de passion désordonnée; la pudeur est un sentiment naturel qui écarte toute idée d'abandon.
La pudicité est un reste de pudeur,' Elle met des bornes à la joui^-sauce du vainqueur, et sauve ce qu'elle peut de la défaite.
La continence est une vertu qni résiste à la soif des plaisirs, et frustre la nature elle-même de ses droits, par le sacrifice continuel de ses appétits, et un empire sans cesse combattu, mais toujours conservé sur ses sens.