‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 16 sur 253 · ACCEPTION, SIGNIFICATION, SENS · texte numérisé non relu

ACCEPTION, SIGNIFICATION, SENS

Ces trois mots sont sonventAsynonymes, et qnaad on n^a qijt'à indiquer d'ooe manière Tagne et indéfinie la représentation dont ils sont chargés, on pent se servir indiiïéremment de Tan on l'antre. Mais il y a bien des circonstances on le <|i^x n'en est pas indiff^ rent, parce qu'ils sont aistingnés l'un et l'autre par des idées accessoires qu'il ne faut pas confondre, ^ l'on veut donner an langage grammatical le mérite de la justesse, dont on ne saurait faire assez de cas. Il est donc important d'examiner les diJTérences de ces synonymes. Je commencerai par les deux mots tignificeuion, acce^jion, et je passerai ensuite aux différens sens que le grammairien peut envisager dans les mots on dan^ les phrases.

Chaque mot a d'aLord nne signification primitive et fondamentale qui lui vient de la décision constante de l'usage. Mais quelquefois le mot est piis avec abstraction de l'objet qu'il représente, pour n'être considéré que dans les élémens matériels dont il peut être composé , on pour être rapporté à la classe de mots à laquelle il appartient. Si l'on dit, par exemple, qu'un rudiment est un livre qui

Ht plutôt le £o&dcinettt que Tobjct, si eà V^t lorsque le mot est employé ponr signifier «c pourquoi il a été d'abord^ établi par l'usage, sous quelqu'une des acceptions dani lequet il est pris : on dit alors qne lè mot -est ea^ ployé dans le sens propre, comme qnand moi *dit le feu brûle, la lumière nous éclaire^ la clarté du jour; car tous ces mots oonsenrent dans ce^ phrases leur signifiçtui^n, prin^tit», sans .aucune altération; c'est pourquoi ils «Mit dans le sens proprie.

Mais, dit Dumarsais, qoand on mot est pris dans un antre sens^ il parait alors, poar ainsi dire, sons nne forme empruntée, sous une figure qui n'est pas sa figure naturelle, c'est«à-dire celle qu'il a ene d'abprd. AUhts on dit que ce mot est- dans nn sens figuré, qud que puisse être le nom qoc l'ondonme en* suite à cette figure particolière : par exemple, le feu de tos yenx, le feft de l'imaginatioD; la Inmière de l'esprit, la clarté d'nn disccmn. la liaison qu'il y a entre les idées accessoires, je veux dire entre les idées qui ont rajqport les Anes aux autres , est la source et le principe de divers sens figurés que l'oiî donne aux mots. Les objets qui font sur nous des impressidns sont toujours accompagné^ de différentes circonstances qui nons&appent,et par lesquelles nous désignons anuvent on les ob-

contient les élémens de la langue latine,. Jets mêmes qu'elles n'ont £ait qu'accompa-

choisis avec sagesse, disposés avec intelligence , énoncés ^vec clarté, c'est faire connaître la signifiiMtion primitive et fondamentale du mot; mais si l'on dit qne rudiment est nn mot de trois syllabes ou un nom du genre masculin, c'est prendre alors le mot avec abstraction de toute signification déterminée, quoiqu'on ne puisse le considérer comme mot sans lui en supposer une. Ces deux diverses manières d*envi$ager la signifia cation primitive d'nn mot en sont desffccejf' lions différentes, parce que le mot est ppis {ficcimùir) ou ponr lui-même ou pour çp dont u est le signe.. Si la signification primitive du mot y est directement et déterminuément envisagée, le mot est pris dans une ocception fonnelle. Telle est Vacception dn mot rudiment dans le premier exemple. Si la signification primitive du mot n*y est point envisagée déterminément, qu'elle n'y soit que supposée, que l'on eu fasse abstraction, et que l'attention né soit fixée immédiatement que sur le matériel du mot, il est pris alors dans nne acception matérielle ; telle est Vaeception da mot- rudiment dans le second exemple.

À l'égard des difierens sens dont on mot est fUlocptiUe, la sigmfieaûon primitive ep

gneîr, ou ceux dont elles nous râppeUent le Souvenir. Sonvent ks idées accessoires désigittnt les objets avec plus de circonstances que ne feraient les noms pçc^res de ces objets, les peignent on avec plos A'éner^e on avec pins d'agrémens ^ de là le signe pour la chose signifiée, la cause pour Feflet, la partie ponr le tout, l'antécédent .pour le conséquent, et les antres tropes. Comme l'une de ces idées ne saurait être réveillée sans exciter l'autre, il arrive qne l'expression figurée est aussi fa« eileraent entendue qne si l'on se servais du mot propne; elle est même ordinairement plus vive et plus agréable qnand elle est employée à propos, parée ^'elle réveille pins d'une image; elle attadie on amuse l'imagination, et donne aisément à deriner à l'écrit.

Il n'y a pei^t-être point de mot, dit Dn* marsais, qui ne as prenne en quelque sens figuné, c'est*à>dire âoigné de sa signification propre et primitive. Les mots les plus communs et qni reviument souvent dans le discouxy sont ceux qni sont pris le plus fréquemment dans un «ens figuré <^et qni ont an plus grand nombre de ces sortes de sent : tels sont corps, ame, tète, coalenr, avoir, faire, etc. Quoique diaque mot ait nécessairement dans le ditoonra une significatif fixe 91 an«

ACC

ACC

acception détenninée, il peut néanmoÎDS avoir | analogue ou accessoire , et qui est moins inuu \sens indéterminé , en ce qu*il peut enco^ diqnée par le mot même que par sa construction avec les antres mots qui constituent la phrase. Cest pourquoi on dit également le sens d'un mot et le sens d*tme phrase, au lieu.

-laisser dans Tesprit quelque incertitude sur la détermination précise ett individuelle des sujets dont on* parle > des objets que Von désigne.

Que Ton dise, par exemple, des hommes ont cm que lés animaux sont de pures macjliines , un homme d'une naissance incertaine jeta les premiers fondemens de la capitale du

qu'on ne dit pas de taème la signification ou. Vacception d'une phrase. ( Extrait de V'Entrr clopédie,)

AVOIR ACCÈS, ABOÏUDER, APPRO- CHER. On a accès oi%.|*on entre ;\>n a^rde

monde ; le mot homme, qui a dans ces deux 1 ]es personnes à qui l'on veut parler ; on ap^ - 1^ ^ ^'.-l-'iC^^.:^ Uw* ««:" ^* ««r^. r « : 1» * - — ♦

exemples une sigmficanon fixe, qui est pris nous tme acception formelle et déterminative, y conserve encore un sens indéterminé, parce que la détermination des sujets qu'il y désigne n^y est pas assez complète; il peut y avoir encore de l'incertitude sur cette détermination totale pour ceux du moins qui ignoreraient l'histoii'e du cartésianisme et celle de Rome; ce qui prouve que la lumière de ceux qui ne resteraient point indécis à cet égard, gprès avoir entendu ves deux propositions, ne leur viendrait d'ailleurs que du sens même du mot homme.

Mai» si l'on dit , les cartésiens ont cru que les animaux sont de pures machines, Romnlus jeta les fondemens de la capitale du monde , ces deux propositions ne laissent plus aucune incertitude sur 1» détermination individuelle des hommes dont il est question; le sens en est totalement déterminé.

Un mot est employé dans un sens actif quand le sujet auquel il se rapporte est envisagé comme le principe de l'action énoncée par ce mot; il est employé dans le sens passif quand le sujet auquel il a rapport est considéré comme le terme de l'impressipn produite par l'action que ce mot énonce. Par exemple, les mots aide et secours sont pris dans tm sens actif quand on dit^mon aMe qu mon secours vous est inutile; car c'est ct>mme si l'on disait l'aide ou le secours que je vous donnerais vous est inutile; mais ces mêmes mots sont dans un sens passif si l'on dit accourez â mon aide, venez à mon secours, car ces mots marquent alors l'aide ou le secours que l'on me donnera , dont je suis le terme et non pas le principe.

La signification f dit Beauzée , en résumant tout ce qu'il a dit sur ce sujet , et dont nous venons de donner un extrait, la signification est l'idée totale dont un mot est le signe primitif par la décision unanime de l'usage ; Vac» ception est un aspect particulier sous lequel la signification primitive est envisagée dans une phrase ; le sens est une' autre signification différente de la primitive , qui est entée, pour ainsi dire , sur cette première, qui lai est ovit

proche celles avec qui l'on est souvent.

Les princes donnent accès; ils se laissent aborder ; ils permettent qu'on les approche.

Vaccès en est facile ou difficile; V abord en est rude ou gracieux; Yapproche en est utile ou dangereuse.

Qui a beaucoup de connaissances peut avoir accès en beaucoup d'endix>its ; qui a de la hardiesse aborde sans peine tout le monde ; qui joint à la hardiesse un esprit sobple et flatteur petit approcher les grands avec plus de succès que d'autres.

Lorsqu'on veut être connu des gens, on cherche les moyens d*avoir accès aupiès d'eux; quand on a quelque chose â leur diie, on tâche de les aborder ; lorsqu^du a dessein de s'insinuer dans leurs* bonnes grâces, on essaie de les approcher:

.Il est souvent plus difficile à^avoir accès dans les maisons bourgeoises que dans les palais des rois. II sied bien aux magistrats et à toute personne constituée en dignité d'avoir Vabord grave, pourvu qu'il n'y ait point de fierté mêlée. Ceux qui approchent les ministres de près sentent bien que le public ne leur rend presque jamais justice, ni sur le bien ni sur le mal.

Il est noble de donner un libre accès aiix honnêtes gens, mais il est dangereux de le donner aux étourdis. La belle éducation fait qu'on n'a^or<^« jamais les dames qu'avec un 9Îr de r^pect, et qu'on en approche toujoiyrs avec une sorte de hardiesse assaisonnée d'égards.

(Girard.)

ACCÈS, PAROXISME. Tei-mes de médecine. L'accès n'est proprement que le commencement de la première attaque de la maladie; le 'paroxisinç en est le degré le plus fort.

ACCÈS. V. Abord.

ACCESSIBLE. V. Abordable.

ACCESSION, CONSENTEMENT. Par le consentement on déclare qu'on trouve bim qu'une chose se fasse; par V accession on adhère à une convention , à un ti-aité , pour en partager les avantages et les inconvénieus. Ifn nèr« donne son consentement au mariage de

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