‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 168 sur 253 · COLLUSION, INTELLIGENCE SECRÈTE · texte numérisé non relu

COLLUSION, INTELLIGENCE SECRÈTE

Ces deux expressions s'emploient pour signifier une intelligence secrète qui règne dans un procès entre deux parties au préjudice d'un tiers. Intelligence secrète est l'expression commune; collusion est un terme de jurisprudence.

^COLOMBE, PIGEPN. Le pigeon est un oiseau domestique connu de tout le monde, que l'on élève et que l'on fait multiplier dans les colombierâ , et dont les petits , «quand ils n'ont pas encore inultiplié , servent à la nourriture de l'homme. '

Colombe est le nom que l'on donne au jjC geon en mythologie, en histoire nato^eÛei

COL

COM

dans le style métapboriq;iie et sjoutena, et toutes les fois qae l'on présente cet. aiiimaf comme nn signe on an emblème. On élèi% des pigeons, on mange des pigeons ; et Ton dit que le cbar de Vénns était traîné par des colombes. Les chrétiens catholiques représentent le Saint-Esprit sous la figure d'une colombe, La colombe est le -signe de la douceur et de la simplicité.

COLOMBIER , FUIE. Le colombier est un bâtiment couvert , séparé des habitations , où l'on rassemble des pigeons ; la fuie est un colombier découvert ou un endroit particnlier dans une habitation où l'on nourrit des pigeons.

COLON. V. Agriculteur.

COLON ADE, PÉRIS-TYLE. Termes d'archilecture. Péristjrle est le terme d'art pour les colonnes droites , et colonade est le mot vulgaire.

COLORER, COLORIER. Colorer, c'est donner de la couleur à un objet qui n'en a point on qui en a peu. Le soleil colore les fiuits , les fleurs.

Colorier est un terme de peinture. C'est donner à toutes les parties d'un tableau les couleurs qui leur conviennent relativement à celles de la nature et à leur position les unes à l'égard des autres.

■ Colorer se dit des couleurs naturelles; le soleil colore les fruits; colorier se dit des couleurs artificielles; un peintre qui colorie bien.

COLORIER. V. Colorer.

COLORIS, COULEUR. Ces deux mots sont pris ici relativement à là peinture.

La couleur est ce qui rend les objets sen-' sibles à la vue ; le coloris est l'effet particulier qui résulte de la qualité et de la force de la coulertr, par rapport à l'éclat, indépendamment de la forme et du dessin.

Le bleu , le blanc , le rouge sont différentes espèces de couleurs; le clair, le foncé, sont des nuances , mais rien de tont cela n^est le coloris. Le coloris est l'effet qui résulte de l'ensemble et de l'assortiment des couleurs naturelles de chaque objet relativement à sa position à l'égard de la lumière , des corps environnans et de l'œil du spectateur.

Par relativement à la position d'un objet, on entend la façoi^ dont il est placé relativement à 1^ lumière, ce qu'il paraît perdre ou acqnéi^ir de sa couleur locale par l'effet que produit l'action de l'air qui l'entoure et la réflexion des corps qui l'environnent, et enfin, l'éloignement dans lequel il est de l'œil ; car Tair qui est entre nous et les objets, altère a nos yeux leur couleur à proportion qu'ils sont éloignés de nous.

Coloris se dit .par extension des pensées, de l'imagination,, du style et de l'expression.

C'est à l'imagination à fournir des tours qui donnent un coloris vrai à chaque pensée. Le coloris 4u style est une suite du coloris de l'imagination. Le coloris de l'expression tient à la richesse du langage métaphorique.

COLOSSAL, GIGANTESQUE. Colossal, qui est d'une grandeur qui surpasse beaucoup la grandeur orc^inaire. Gigantesque , qui est d'une taille plus grande que les tailles ordinaires.

COLOSSE, COLOSSAL. Ternies d'architecture. On entend par ces mots des bâtimens d'une grandeur extraordinaire, tels qu'étaient les pyramides en Egypte, les amphithéâtres en Grèce et en Italie. Ils se disent aussi d'une figure dont la proportion est fôit au-dessus de la naturelle.

Une statue colossale surpasse d'une manière très considérable la grandeur et la hauteur que la nature a données aux créatures humaines. Une statue gigantesque est une statue qui surpasse la grandeur ordinaire des figures huniaines , mais non tellement que quelques-unes ne puissent quelquefois y atteindre. Le colossç de Rhodes, statue entre les jambes de laquelle les vaisseaux passaient à pleines voiles, n'était pas d'une grandeur gigantesque, mais d'une grandeur colossale; il n'avait point de modèle dans la nature.

La nature fiiit quelquefois des géants j l'art seul fait des colosses,

COMBAT. V. Bataille,

COMBLE. V. CiMK.

COMBLER, y. Accabler.

COMBUSTION, DÉFLAGRATION. Ces deyxmots ont rapport à l'action actuelle du feu sur les corps ; mais la combustion se dit de tous les corps combustibles qui sont en proie à l'action du feq ; et déflagration est un terme de chimie qui ne se dit que des corps très combustibles dont le feu s'empare subitement et qu'il consume en peu de temps avec flamme. La combustion du bois, du charbon ; la déflu" gration de la poudre à canon.

COMBUSTION , CONFLAGRATION. La combustion est l'action destructive du feti sur les corps, abstraction faite de toute circonstance. La confiagration est un embrasement général des corps en proie à l'action dévorante du feu.

COMÉDIEN, y. Acteur. ^

COMIQUE NOBLE, COMIQUE BOUR- GEOIS, BAS COMIQUE, COMIQUE GROS- SIER. Le comique noble peint les mœurs des grands; et celles-ci diffèrent des mœurs du

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penpie et de la bourgeoisie, moins par le fond qne par la forme. Les vices des grands sont moins grossiers, lears ridicules moins choqnans; ils sont même poar la plupart si bien colprés par la politesse , qu'ils entrent dans le caractère de l'homme aimable.

Les prétentions déplacées et les fanx airs sont l'objet .principal da comique bçurgedis. Les progrès de la politesse et du lûxe l'ont approché du Comique nobU, mais ne les ont point confondus.

Le bas comique, ainsi nommé parce qu'il imite les mœurs du bas penpie, peut avoir, comme les tableaux flamands , le mérite da coloris , de la vérité et de la gaîté. Il a aussi sa finesse et ses , grâces , et il ne faut pas le confondre avec le comique grossier : celui-ci consiste dans la manière; ce n'est point un genre à part , c'est un défaut de tons les genres. Les amours d'une bourgeoise et l'ivresse d'un marquis peuvent être du comique gros'^ sîer , comme tout ce qui blesse le goût et les mœurs. Le comique bas, au contraire , est susceptible de délicatesse et d'honnêteté; il donne même une nouvelle force au comique bourgeois et.au comique noble lorsqu'il contraste avec eux.

œiVflQUE, RISIBLE, RIDICULE, PLAI- SANT, BOUFFON. (Belles-lettres.) Tout ce qui est m/è/e n'est pas ridicule; tout ce qui est plaisant n'est pas comique ; tout ce qui est comique n'est pas plaisant. Une ^maladresse est risible; une prétention marquée est ridi^ cule; nne situation qui expose le vice au mépris est comique; un bon mot csl plaisant.

Boileau, qai ne reconnaissait de vrai comique que Molière, disait de Regnard qu'il n'était pas médiocrement plaisant, et traitait de bouffonneries toutes les pièces qui ressemblaient à celles de Scarron : c'est la plus juste application de ces trois mots comique, plaisant et bougon.

Le comique est- le ridicule qui résulte de la faiblesse, de l'erreur, des travers^ de l'esprit ou des vices du caractère.

Le plaisant est l'effet de la surprise réjouissante que nous cause un contra&te frappant, singulier et nouveau, aperçu entre deux objets, ou entre un objet et l'idée disparate qu'il a fait naître. C'est une rencontrf imprévue qui , par des rapports inexplicables , excite en nous la douce convulsion du rir-'.

La bouffonnerie est uue exagération du comique et du plaisant.

L'Avare et le Tartufe sont deajL personnages comiques; Crispin dans le Légataire , est un personnage plaisant; Jodelçt un personnage bouffon^

Il arrive naturellement que le bon comique est plaisant. Ce vers :

Oui, moa frère , je suis ua méchant, un coupalile,

a l'un et Tautre caractère dans la bouche de Tartufe. Il est plaisant par l'opposifion de la vérité que dit Tartufe , avec l'effet qu'elle produit , et par la singularité piquante de ce contraste ; il est comique parce qu'il exprime , le plus vivement qu'il est possible, l'adresse du fourbe qui trompe, et qu'il va faire ressortir de même la crédule prévention de l'homme simple qui est trompé.

Mais \e plaisanta tsl pas toujours comique, parce que le contraste qu'il présente peut n'être qu'une singularité de rapport entre deux idées , qu'on ne croyait pas faites pour se lier ensemble; comme si, par exemple, un valet s'imagine de prendre la place de son maître au lit de la mort , de dicter son testament , et d'oser après lui soutenir qu'il l'a fait lui-même, et que sa léthargie le lui a fait onblier. Il n'y a rien là de ridicule dans les mœurs ni dans les caractères ; mais il y a nne contrariété d'idées si imprévue , et il en résulte une surprise si naturelle et si amusante que le vrai comique ne l'est pas davantage.

Cependant si dans cet exemple on ne voit pas le comique de caractère , on croit y voir du moins le comique de situation, dans l'embarras où s'est mis le fourbe; mais comme il se dégage de ses propres filets, et que ce n'est pas à ses discours que l'on rit, comme l'on rit aux dépens de Tartufe, lorsqu'il se voit pris sur le fait, il est facile de reconnaître que la situation de Crispin n'est que plaisanté, et que celle de Tartufe est comique.

L'ivresse n'est point un ridicule , et quelquefois rien de plus plaisant, parce qu'un ivrogne a singulièrement la prétention de raisonner juste , comme il a celle de marcher droit , et que sa déraison veut être toujours conséquente. ( Extrait de MARMONTEii. )

Regnard a excellé dans les rôles d'ivrogne.

Un valet , dans la Sérénade prie un passant de lui aider à retrouver sa maison. Où estelîe ta maison ? lui dit celui-ci. Parbleo , f épond l'ivrogne , si je le savais , je ne vous le demanderais pas. Le même ayant perda un billet qu'il était chargé de remettre à celui qu'il a rencontré , et voyant qu'il s'impatiente de ce qu'il le cherche inutilerfient , lui dit pour excuse: Comment voulez -vous que je retrouve un billet ? je ne puis pas retrouver ma maison.

11 y a des exemples plus sensibles du plaisant qui n'est que plaisant. Voltaire en a cité un , c'est le mot «J'u» gendre à sa beHe-mère

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tjaî , an pied du lit de sa fille chéfie qti'elle voyait à l'extrémité, offrit à Diea tous ses autres enfans poar conserver celui-là. Madame, les gendres en sont-ils P En voici un qui n*èst pas moins piquant. Un homme ennemi do. mensonge avait coutume de tout nie^ à un menteur de profession. Un jour que "celuici disait une nouvelle, Thomme véridique lui soutenait et voulait gager qu'il n'en était rien. Quelqu'un s'approche et lui dit à l'oreille: IN« gage? p^s , le fait est vrai. S'il est vrai , pourquoi le dit-il ? répond le véridique avec impatience. On" voit le caractère Ax0 plaisant bien marquédans le contraste de ces mots:

S'il est vrai , pourquoi le dit-il ? Saillie ibizarre en apparence, et cependant pleine de vérité.

On l'aperçoit de même, ce caractère piquant et fin , dans la réponse faite à Louis XIV par un homme auquel il faisait admirer Versailles. Savez -vous qu'il n*y avait ici qu'un moulin à vent.** Sire, lui dit cet homme, le moulin n'y est plus, mais le vent y est toujours. Cette feçon imprévue de rabattre l'orgueil d'un souverain qui s'applaudit d'avoir surmonté la riatûre , fait avec cet orgueil même et les éloges qu'il attendait , le contraste dont nous parlons*. Il se trouve encore dans ces mots de Montaigne : 'Sur le plus beau trône du monde , on n'est jamais assis que sur son cul.

COMMANDEMENT, ORDRE, PRÉ- CEPTE, INJONCTION, JUSSION. Tous ces mots sont relatifs à la manifestation de la volonté qui exige qu'une ac'tion se fasse.

Le commandement se donne en vertu du pouvoir qu'on a de commander; V ordre , en vertu de l'autorité dont on est revêtu ; le précepte , en vertu des connaissances qu'on a acquises ou qu'on croit avoir acquises; Vin* jonction se fait en vertu de la décision d'une autorité administrative , militaire ou judiciaire ; la jussion , en vertu de lïi volonté du souverain.

Commandement et ordre sont de l'usage ordinaire; précepte est du style doctrinal; injonction et jussion sont des tenues de jurispnidence et de chancellerie.

Le commandement a rapport à ce qui doit être fait sur-le-champ; Mordre à l'instruction do subalterne pour ce qu'il doit exécuter ; le précepte k l'empire sur les consciences; Vinjonction au pouvoir du gouvernement ; la jussion au pouvoir arbitraire.

On obéit à un commandement ; on suit les ordres y on. s'y conforme, on les exécute; on obtempère à une injonction , on se soamet à une jussion quand on ne peut pas faire au-

Termes de pratique. Le commandement est un acte extrajadiciaire fait par un huissier ou sergent, en vertu d'un jugement ou d'une obligation en forme exécutoire , par lequel cet officier interpelle quelqu'un de faire , de donner ou payer quelque chose. Il diffère d'une simple sommation , en ce que celle-ci peut être faite sans titre exécutoire et même sans titre ; au lieu que le commandement ne peut être fait qu'en vertu d'un titre paré dont l'huissier doit être porteur. {Encyclopédie,)

COMMANDER , ORDONNER. Roubaud a dit le commandement est la notification de l'orclre. Celui qui gouverne ordpnne, celui qui fait exécuter commande.

Je crois qu'il aurait dû dire, au contraire, l'ordre est la notification ^u commandement; celui qui gouverne commande , celui qui fait exécuter ordonne.

En effet, commander, c'est avoir la puissance de faire faire aux autres ce qu'on veut, la puissance de se faire obéir; et ordo/tner, c'est notifier le commandement de la puissance.

Celui qui a la puissance, commande ; celui qui ordonne parle a^ nom de la puissance qui commande. On ordonne de par le roi , et c'est le rot qui commande. Le roi commande , et les ministres ordonnent en son nqm.

La loi commande, c'est la puissance supérieure ;^e roi ordonne l'exécution de la loi, et il ordonne en conséquence de la loi , il fait des ordonnances.

Dans un pays régi ,par des lois , le chef de

la police ordonne , fait des ordonnances / mais

il ne commande pas, il ne fait pas de lois; ses

-ordonnances doivent être conformes aux lois

qui sont faites.

Dans les gouvernemens despotiques , le despote commande ; il la! ordonne pas, parce que sa volonté est le seul ordre que l'on ait à suivre, l'unique atitorité à laquelle on doive se soumettre , et que cette autorité émane d'elle-même.

Dans les anarchies, personne ne commande parce que personne n'en a la puissance ; et tout le monde ordonne d'après le caprice, les passions et la force.

' Ce n'était pas l'autorité ^ordonner que «e disputèrent pendant si long-temps , dans l'ancienne Rome, les patriciens et les plébéiens, c'était la puissance de commander.

En terme de guerre , commander, se prend dans un sens plus restreint; il signifie avoir sur un corps de troupes une autorité relative aux diverses opérations militaires dont elles sont ou peuvent être chargées. On dit en ce sens commander une armée, commander un trement. " bataillon, commander un régiment En ce sens

COMMANDEMENT^ SOMMATIQr^<| aussi, commander dit plus ^ordonner. Un

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chetmïlitsàre commande en Vertu de rantorité dont il a été revêtn , et il n'ordonne que par snitÊ de cette autorité, que dépeadamment de celte aatorité.

On dit en ce sens, qn'un général commande bien on comtnande mal ; mais on ne dit pas qu'il ordonne bien on qn'il ordonne mal , parce que l'ordre émane immédiatement du commandement ; c'est le commandement seul qui peut être bon ou mauvais. Celui qui ordonne, n'agissant que par suite du commandement , ordonne toujours bien s'il se conforme au commandement, même quand ce commandement est mauvais.

Commander, dans le langage ordinaire, suppose toujours une puissance supérieure dans l'ordre naturel, dans l'ordre moral , dans l'ordre civil. Dieu nous a commandé d'aimer notre prochain comme nous-mêmes; la religion nous ordonne d'aimer notre "prochain comme nous-mêmes. Un père Commande d'ans sa famille; il ordonne ce qu'il croit utile à tous les membres. Il commande quand il exige qu'une chose soit faite; il ordonne quand il prescrit une règle de conduite. Le propriétaire d'une manufacture commande ce qu'il veut qu'on y fasse, et il ordonne en conséquence. Les contre-maîtres ordonnent en conséquence du commandement. Uu médecin ordonne en conséquence des règles de l'art , ou du système qu'il s'est fait lui-même. Un particulier qui emploi^ un artisan lui commande un ouvrage , et le commandement n'est subordonné qu'à sa propre volonté.

La loi commande en général, elle ordonne dans les cas particuliers. La loi commande d'observer tontes les formes qu'elle prescrit, quand, il s'agit de la vie ou de la fortune des citoyens. En matière criminelle , elle ordonne la confrontation des témoins et des coaccusés. La justice commande en général de rendre a chacun ce qui lui appartient; votre père est dans le besoin, la justice vous ordonne de le secourir.

COMME, COMMENT. Ces deux mots signifient , de quelle manière ? Mais comme exprime la manière de l'action en elle-même, et comment la manière de l'action relativement à son objet. Quand je dis voilà comme il travaille y je n'ai en vue que les qualités de son action; je veux dire qu'il travaille assidûment ou avec distraction, promptement ou lentement, avec soin ou négligemment.

Quand je dis voilà comment il tT&vaiiie y cette phrase suppose que j'ai exposé en détail la manière dont il fait son ouvrage, les divers procédés qu'il emploie, ou qu'on s'en est instruit d'ailleurs. '

H faut observer qae comme est ici tme espèce d'expression relative qui a toujours rapport à une chose connue ou qu'on va faire connaître. Yoilà comme il travaille, je vais vous faire voir comme il travaille ; voaa savez comme il travaille.

Comment, au contraire, peut être pris absolument. '11 ne sait'c mment faire.

Comme ne peut donc être enaployc que dans un sens' relatif : on sait comme il se comporte ; et comment peut être employé dans un sens absolu. Il ne sait comment faire.

Voilà pourquoi on ne peut employer comme au conunencement d'une phrase , dans le sens que nous lui donnons ici, parce que n'étant point précédé de mots qui en déterminent la signification, il y présente né«Nessairement un sens vague et indéterminé. Yoilà pourquoi on ne di|; pas comme vous portezvous ? mais comment vous porte^vons ?

On a dit que quand on interroge on ne peut pas employer, comme j mais qn'il faut toujours dire corqment. Cette observation de Yangelas n'est pas très juste, car on dit savezvous comme il travaille .?* et savez-vous corn" ment il travaille? La première question signifie *ivez-vous s'il travaille avec ardeur, avec assiduité, ou avec nonchalance, avec négligence? et la seconde, savez-vous s'il travaille bien ou mal, si les ouvrages qu'il fait sont bons ou mauvais?

On ne peut pas commencer une phrase interrogative par comme, parce que comme ayant diverses significations, offrirait un sens équivoque qu'il faut toujours éviter au commencement des phrases. Ce n'est donc pas parce que la phrase est interrogative qu'on ne dit pas comme vous portez-vous ? mais parce que comme, étant susceptible de diverses significations, l'esprit ne sait sur laquelle il doit se porter.

Il faut que comme soit accompagné de quelque expression qui en détermine la signification. Quand on dit, voyez comme il travaille, voyez , détermine la signification de comme , et la fixe sur une action dont il annonce la manière ; mai» dans , comme vous portez- voa». rien n'annonce la signification de comme.

Il en est autrement de comment , parce qae ce mot n'ayant qu'une signification , ne peut donner lieu à une équivoque. On s'cxpnme donc clairement et sans équivoque en disant comment vous portez-vous ?

COMME. V. Aiwsi QUE.

COMMENCEMENT, DÉBUT. Ces àeax mots indiquent des actions que l'on fait poof la première fois relativement à un but qne 1 on se propose. Le début a rapport au succès, «

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commencement est relatif à l'instmction et aa perfectionnement. On débute dans nne carrière dan^ le dessein, d'y briller ^ on commence par s'exercer pour se mettre en état d'y briller. Un actenr débute sur nn théâtre dans le dessein de montrer ses talens an public et dcmé» riter ses suffrages; un avocat débute au barreau dans le même dessein. Un actenr cromme/zctfàjoner sur de J)etits théâtres pour s'exercer dans Fart dramatique, et se mettre en état rie débuter sur nn grand théâtre. Un jeune avocat commence à plaider de petites causes pour se former à l'éloquence. Il cfc^w^tf , lorsqu'il plaide pour la première fois une grande cause qui exige de grands talens.

Le ilébift suppose des prétentions ; les corn" mencemens ne supposent .que l'envie de s'exercer» de se perfectionner.

COMMENCER DE, COMMENCER À. Cotntneneer, suivi d'un inilnitif , exprime une action au des. actions présentées comme le commencement d'une tendance vers un but, ou le commencement d'une action comme pouvant ou devant être continuée jusqu'à da lin. Dans le premier cas, il faut employer la préposition à, car la nature de cette préposition est de masquer le rapport à un but. Marcher est une habitude, est un but auquel les enfans tendent par la nature de leur conformation; ainsi pour dire qu'un enfant fait depuis quelque temps des actions qui tendent à former cette habitude, à atteindre ce but, il faut dire, cet enfant commence à marcher. Dans le second cas, il faut employer \a préposition ds, qui étant particulièrement extractive, marque le point d'où l'on part , avec rapport à la continuité et à la fin de l'action. Si donc, voulant faire marcher un enfant, ij refuse d'abord de se mettre en mouvement, et qu'ensuite il s'y mette tout à coup, je dirai, dans ce moment , il commence de marcher , parce que je veux exprimer son premier mouvement, non »elâtivement à un but, .mais par rapport à son inaction précédente, qui est le point de départ. Il est sorti de son inaction , il a fait un mouvement pour en sortir. Voilà tout ce que j'ai voulu exprimer et tout ce que j'exprime par la préplosirion de. De même je dirai on commence de bâtir sur cette place, sans rapport au but que l'on se propose dans la construction; et on commence à bâtir ma maison , avec rapport à ce but. Nous commençons de, dîner, c'est-à-dire nous commençons l'action de dîner, action qui doit être continuée jusqu'à la fin; Il n'y a point là de but marqué. On dira bien, je commence de vohclair dans .sa conduite, c'est une action qui doit avoir sa . continuatioa et sa fin. Je

commence d'y voir clair, bientôt }*y verrai plus clair, et à la fin j'y verrai clair tout-àfait. Mais on ne dira pas, je commence de voir que voué m'avez trompé ; il faudra dire , je commence à voir. Ce n'est point ici une action qui a son commencement, sa continuation et sa fin ; c'est un trait de lumière qui a frappé tou^ d'un cpnp , qui a frappé pour la première fois. Auparavant on ne voyait pas qu'on était trompé; on 'voit actuellement qu'on l'est, c'est un but atteint. Qu'un malade tourmenté depuis long-temps -par des insom- . nies' prenne chaque jour quelques heures de repos , on dira ^qu'il commence à dormir, c'està-dire à tendre au but auqi^el il aspire, le retour d'un sommeil réglé. Mais en parlant d'un homme qui se porte bien et qui dorfc bien toutes les nuits, je dirai, il commence de dormir, pour marquer le commencement d'un sommeil ^ qui doit durer. Racine a dit dans Phèdre :

Puisque j*ai commencé de romjire le silence.

C'est une action susceptible d'être continuée , il n'y a point de but marqué; et Fenélon a dit, les vents commencent à s'appaiser ; il y a un but auquel tendent les vents , c'est-à-dire le calme. On commence ^/'écrire une lettre, c'est une action susceptible d'être continuée jusqu'à la fin. On commence d'on^ vrir la tranchée. Mais on commence à s'ennuyer, à se dépiter, à se courroucer; ce ne sont point là des actions que l'on fait, ce sont des états que l'on éprouve et qui ont une gradation, un terme.

J.-J. Rousseau a dit, je commence de fréquenter les spectacles, de souper en ville; et je commence à voir les difficultés de l'école du monde

COMMENT. V. Comme.

COMMENTAIRE, GLOSE. Ces deux mots se disent des interprétations ou des explications d'un text,e; mais la glose est plus littérale , et se fait presque mot à mot ; le commentaire est plus libre et moins scrupuleux à s^écarterde la lettre. Il leur est assez ordinaire d'être diffus sur ce qui s'entend aisément , et de garder le silence sur les endroits difficiles. ( Girard. )

COMMENTAIRES. V. Anecdotes.

COMMENTAIRES. V. ^nnotatiows.

COMMENTATEUR. V. Annotateur. COMMERÇANT , NÉGOCIANT , TRA- FIQUANT , MARCHAND. Par ces quatre mots , on exprime les diverses professions de ceux qui s'occupent de l'échange des marchandises.

' Commerce se disant généralement de tous lies échanges de marchandises, de quelque

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tnanicre quHU se fassent , commerçant se dit aussi en général de tous cenx qui font ces échanges d'une manière on d'àïie antre.

Le commerce est comme le genre , le négoce et le trafic sont comme les espèces ; ainsi commerçant^ dans an sens particulier , a one signification plus étendue qne négociant. Le

^commerçant embrasse tontes les branches do

commerce; il fait le commerce en grand. Il est servi par le négociant qai se charge du travail , de l'exécution , des spéculations et des entreprises.

Le commerçant et le négociant ne diffèrent qne du plus au moins , et souvent on emploie indistinctement ces denx dénominations. Cependant commerçant àiy. toujours qudqne chose de plus que négociant , qui lui semble snbordcmné. Mais quelquefois le commerce de celui qu'on appelle négoctant est pins étendu, que le.oommetce de celui qu'on désirgne par le mot de comtnercant.

Ces deux mots peuvent être employés indifféremment , lorsque le négociant fait d'as<sez /grandes affaires pour se rapprocher de l'idée que' l'on a de celles d'un commerçant ; mais 011 ne saurait confondre Ife commerçant avec celui dont le négoce est très borné ; ce dernier ne s'appelle que négociant.

Trafiquant est subordonné à négociant , eomme ce dernier à commerçant.

Le trafiquant est celui qui , par une suite d'échanges faits en différons pays,parait-commercer de tout. Il diffère du négociant , en ce qu'il ne fait d'antres spéculations que celles qui ont rapport à son objet. Il sert le négoce, mais il n'est |tas négociant.

Le marchand est proprement celui qui vend au consommateur; il est le dernier terme de l'échange ; il sert d'intermédiaire entre. le producteur et le consommateur ; il fait lé commerce de commission que l'on nomme trafic , lorsqu'on le considère comme s'occupant à transporter les marchandises d'un lieu à un autre , d'une main à une autre.

COMMERCE, NÉGOCE, TRAFIC. Ces trois mots ont rapport à l'échange des marchandises ; ce sont les manières de faire ces échanges qui font leurs différences.

Le.f marchandises sont donc la matière du commerce ; or «les marchandises viennent de deux sources, des productions de la terre, ou des produits des manufactures et des arts. Ce sont donc les agriculteurs et les artisans qui sont les premiers commerçons , puisque ce ' sont eux qui échangent les premiers les marchandises que produisent leurs travaux ou letir industrie , que ce sont eux qui les vendent les premiers. Cependant on ne leur

donne pas ce nom > qne Von a réservé à cenx qui font de l'échange de ces marchandises leur principale occupation , leur unique pro* fession. •

L'agriculteur occnpé des travaux de la campagne., l'artisan de ceux des fabriqués on des manufactures , n'ont ni le temps , ni ks occasions de vendre avantageusement leurs marchandises; ils ne connaissent qu'une très petite partie de ceux qui en opt besoin; souvent ils en sont très éloignés ; et ^ dans toa« les cas , ils n'ont pas le temps de se rapprocher d'eux.

Dans cette circonstance , il se présente des hommes intelligens , éclitirés et laborieux qai, connaissant les besoins et les productions de dbaque pays, se chargent de multiplier les échanges , et épargnent aux producteurs, aax fabricans et. aux consommateurs la peine de se connaître et de se rapprocher les uns des antres pour leurs ventes et leurs achats. Ils calculent ^et balancent les moyens des uns et les besoins des autres pour les accorder ensemble. Us combinent et multiplient même les échanges en divers lieux , en divers pays, pour rendre plus favorable le débit de la denrée; ils forment des spéculations , ils exécutent les opérations nécessaires , pour conduire les objets d'un terme à l'autre avec le pins d'éconoihie et d'avantages possibles.

C'est par les travaux de ces agens intermédiaires, c'est par les services qu'ils rendent aux producteurs et aux consommateurs, que se forme le négoce. On les appelle négocians sons le rapport de leur industrie, et curainercans sous celui de leur but final , qni est l'échange des marchandise»; l'une et l'anire dénbmination suppose qu'ils font leur unique oceupation , leur unique profession du négoce.

Le négoce est donc l'art d'étendre le commerce, en mrultipliant les facilités' des communications ; en facilitant la vente aux producteurs et l'achat aux consommateurs , en combinant et exécn|ant tout ce qui' peut tendre à ce but: Les négocians sont les agens da commerce.

Le trafic est un négoce très borné qni , ne combinant poiiit de grands moyens , ne lorornant point d'entreprises , n'étendant point ses vues dans les contrées éloignéesr se borne à un échange d'un' Heu à un autre , d'nne main à une autre , n'ayant d'autre but qu'où gain présent.

Autrefois on entendail par ce mot le transport des marchandises dans des pays lo'n* tainâ. On disait le trafic des Indes ; on ditaujourd'hai le vommerce des Indes.

COM ( a7

En parlant d^an État , d^nne nation , d'un peuple , on dit commerce et non pas négoce , parce {|ae l'objet du commerce d'un État est Timportatior^et l'exportation dès marchandises en sa faveur s et que le négoce est l'affaire des particuliers. Ua État étend son co/ramerce par de bonnes lois. Le commerce de la France, et non pas le négoce de la France.

On dit une nation commerçante , et non une nation négociante.

COMAMLIÏRE QUELQU'UN , GOMPRO - MEURE QUELQU'UN. Commettre quelqu'un , c'est le faire connaître sans son aveu , comme participant'à une affaire. Je veux bien vous aider dans cette affaire > mais à condition que vous ne me commettrez point.

^èm/^rometfreajonte à l'idée de commettre, celle d'exposer à des discasaions , à des contestations, à desrisqaes , à des reproches, etc.

COMMIS, EMPLOYÉ. Ces deux mots désignent des personnes qui , dans les administrations, dans le commerce, font les affaires des personnes auxquelles ils sont subordonnés.

Le commis a u.\\e mission , une commission ;

Yeinplojé a une fonction, un emploi. Le

commis répond à un commettant ; Vemplojré à

, un chef. Le commis a ses instructions et les

suit ; V employé a des ordres , il les exécute.

COMMISÉRATION , COMPASSION, PI- TIÉ. Ces trois mots ont rapporta la part que nous prenons aux maux des autres.

La piHé prise en général, est une qualité naturelle de Thomme qui le porte à considérer avec une peine plus ou moins grande, les maux et les misères des malheureux.

Cette qualité est plus ou moins vive , plus ou moins active. Il y a une pitié^ stérile et même barbare qui se contente de détourner les yeuxde ceux qu'elle pourrait soulager; il y a une pitié vive et ardente qui ne peut voir les maux des malheureux sans se livrer à leur soulagement; et entre ces deux extrêmes, il y a une multitude de nuances.

La pitié mise en action pour le soulagement des malheureux , est la compassion. Celui qui a de la compassion pour les malheureux qu'il soulage ou qu'il voudrait pouvoir soulager , partage leurs peines , souffre de leurs souffrances, et éprouve en se livrant à ce sentiment et aux actions^ qu'il "inspire un plaisir qui naît de la satisfaction de faire le bien.

.Plus on a été. malheureux, plus on est susceptible de compassion. Non-seulement on rie se refuse point à ce sentiment, on cherche même quelquefois à l'exciter ; et c^est pour cela , et non par un sentiment barbare , que le peuple court aux exécutions des cj^iminels.

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