‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 170 sur 253 · CO'M · texte numérisé non relu

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Compréhensible, ce qui peut être compris , dont les parties bien liées peuvent conduire à la conilaissacice de Tensemble.

Intelligible , dont on peut saisir le sens.

Un discours dont les raisonnemens ne sont pas bien liés , dont les r||>ports'ne sont pas sensibles , nVst pas compréhensible. Un discours dont les termes sont ragnes ou équivoques, dont les expressions ne sont pas clail'es et jastes , n'est pas intelligible

Compréhensible a particulièrement rapport à la liaison des idées , intelligible à la signiiication et aax rapports des termes.

COMPRENDRE , CONCEVOIR , ENTEN- DKK. Se faire des idées conformes aux objets présentés , c'est la signification commune de ces mots.

Entendrez rapport au matériel du discours; on TL entend pas un discours, on ne se fait pas des idées conformes à ce qu'il présente , lorsqu'on ne donne pas aux termes la même valeur que leur donne celui qui nous parle , ou dont nous lisons l'ouvi-age , lorsqu'on ne saisit pas les vrais rapports grammaticaux des phrases , des expressions entre elles.

Comprendre a rapport aux idées qui sont présentées. C'est apercevoir la liaison des idées dans un jugement , la liaison des propositions dans un raisonnement. On ne comprend^aLS un raisonnement , lorsqu'on ne saiàt pas la liaison logique des propositions qui composent.

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Concevoir a rapport à l'ordre, au dessein, au plan de la chose qui nous est présentée.

OnnjB conçoit ^SA un projet, lorsqu'on ne se fait pas une idée juste de l'ordre , du dessein, des effets des choses qui sont présentées à notre esprit et des rapports de lenfcs diverses parties.

Cet auteur a un style si obscur et si incohérent qu'on a beaucoup de peine à Yente/i' dre. Cet auteur emploie des r<iisonnemens si subtils , si métaphysiques, qu'il est difficile de je comprendre. On ne conçoit pas un projet , lorsqu'on ne voit pas clairement la liaison des moyens qu'on propose pour l'exécution, avec le succès qu'on s'en promet.

On entend les langues , on comprend les

sciences , on conçoit ce qui regarde les arts.

11 est difficile dUentendre ce qui est énig-

matiqne , de comprendre ce qui est abstrait ,

€t de concevoir ce qui est confus.

La facilité d'e/i(e/zfif/'e désigne un esprit fin ; celle de comprendre , un esprit pénétrant ; celle de concevoir , un esprit net et méthodique.

Le courtisan entend le langage des passions; Vhonune docta comprend les questions meta-

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physiques de l'école. L'architecte conçoit le plan et récon9mie des édifices.

COMPROMETTRE. V. Commettre.

COMPTOIR , FACTORERIE , LOGE. On appelle ainsi dans les Indes orientales et autres pays de l'Asie où trafiquent lesEuiopéens, les endroits où ils entretiennentules facteurs ou commis , soit pour l'acldMQ^ marchandises d'Asie , soit pour la vente et l'échange de celles qu'on y porte d'Europe.

Ia factorerie tient le milieu entre la loge et le comptoir; elle est moins importante que celui-ci , et plus considérable que l'autre.

CONCEPTION , ESPRIT , RAISON , BON SENS , JUGEMENT , ENTENDE-' MENT, INTELLIGENCE , GÉNÏE. On entend par le mot esprit , la facnité supérieure de l'ame , celle qui conçoit , qui compare , qui juge, qui raisonne , qui règle tout dans l'homme intellectuel et moral. Le mot esprit renferme donc tous les divers sens des autres mots qui lui sont joints ici en quafité de synonymes , * et par conséquent il est le fondement du rapport et de la ressemblance qu'ils ont entre eux. Mais ce mot a aussi un sens particulier et d'un usage moins étendu qui le distingue et en fait une des différences comprises dans l'idée commune. C'est dans ce sens que ce mot est considéré ici.

Ce qu'on appelle ordinairement esprit, c'est Vesprit cultivé. Il est fin et délicat , mais il n'est pas absolument incompatible avec un peu de folie et d'étourderie. Ses productions sont brillantes , vives et ornées ; il se distingue par la vivacité , par la grâce , . par 1 élégance.

La raison diffère de Vesprit en ce qu'elle est sage est modérée , qu'elle ne s'accommode d'aucun écart, et qu'elle suit constamment les règles.

Le bon sens ne va pas au-delà des choses communes ; il est droit et sur , parce qu'il émane des lumières que la nature a données en général aux hommes , pour former leurs jugemens.

I(é jugement est l'habitude de juger selon les lumières de la raison. "Le jugement est solide et clairvojant ; il juge sainement des choses , et fait distinguer le vrai du faux ou de ce qui n'est que spécieux.

La conception est une faculté de l'entendement par laquelle il lie les idées des choses en les considérant sous certaines faces , en saisit les différentes branches, les rapports , l'enchaînement. La conception est nette et prompte; elle épargne les longues explications , donne beaucoup d'ouverture pour les sciences et

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pour les arts, Haet de la clarté dans les expressions et de l'ordre dans les ouvrages.

Vintelligence est une faculté de Tarae par laquelle nous concevons , nous comprenons les choses. Elle est habile «t péné liante ; elle saisit les choses abstraites et difficiles , et rend les hommes propres aux divers emplois de la société civilÉU

Le génie^mane qualité de Tesprit qui s'élève au-dessus des choses ordinaires , et tend à découvrir ou former des combinaisons nouvelles, n est heureux et fécond , c'est un don de la nature.

Un galant homme ne se piqiie point à^es- .prit , s'attache à avoir de la raison , veille à ne se point écarter du bon sens , travaille à former son jugement, exerce son entendement, cherche à rendre sa conception juste , suit les lumières de son intelligence , et s'abandonne à son génie.

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