‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 172 sur 253 · GON · texte numérisé non relu

GON

|>08ition8, de dëdactions, de conséqnifices qm natureUemeDt et progressivement rapprochent l'esprit de la vérité à laquelle il s'agit de le faire parvenir. . •

Inférer, c'est tirer nne conséquence d'une proposition qu'on a établie, sans indiquer la Ponne;Kion des idées qui doivent lier ensemble pçtte proposition avec la conséquence qu'on en tii'o,

• Conclure, c'est terminer un raisonnement , O^. une preuve, en vertu des rapports nécessaU'^ ou démontrés des propositions précé- <)«iiteÂ.

. .'Celui qui induit suit le fil des propositions ^pii découlent les unes des antres , et qui le mènent sans interruption jusqu'à celle qu'il a en vue. Il ne laisse aucun intermédiaire, et ne tire aucune conséquence qui ne soit naturellement liée avec la proposition précédente. - Celui .qui mfère ne suit point cet ordre rigoureux, il ne veut que les deux extrêmes , il passe tous Jes intermédiaires» et tire une conséquence de la première proposition à la dernière^ ^ur des rapports vrais ou imagi- ^ires qu'il suppose toujours vrais, souvent sans les avoir examinés lui-même.

On n'a point de preuves à demander à celui

'.qui a f|iit une induction exacte; les preuves

sont dans V induction même ; on a des preuves

à demaj^derà celui qui s'est contenté ^inférer;

et par 1^ on l'oblige à faire une induction.

Celui qui coutluC, s'appuie sar de» principes dépiontrés on qu'il croit démontrés, et dont la liaison avec la conséquence est ou lui parait nécessaire. .

CONCLUSION, CONSÉQUENCE. Ces deux termes sont synonymes en ce' qu'ils désignent également desidées dépendantes de quelques autres idées.

Dans un raisonnement, la conclusion est la proposition qui suit celles qu'on y a employées comme principes, et que l'on nomme prémisses; la conséquence est la liaison de la conclusion avec les prémisses.

Uue conclusion peut être vraie , quoique la conséquence soit fausse; il suffit pour l'une qu'elle énonce une vérité réelle; et pour l'autre, qu'elle n'ait aucune liaison avec les prémisses. Au contraire, une conclusion peut être fausse quoique la conséquence soit vraie; c'est que, d'une part, elle peut énoncer un juger ment faux ; et de Vautre part , avoir une liaison nécessaire avec les prémisses , dont l'une au moins, dans ce cas, est elle-même fausse.

Quand lat conclusion est vraie et la conséquence fausse, on doit nier la conséquence , et on le peut sans blesser la vérité de la conclusion, Cest qjii'alors la négation ne touche

( iSo ) CON

que sur la liaison de cette proposition avec les prémisses. Quand , au contraire , la conclusion est fausse et la conséquence vraie, on peut accorder la conséquence sans admettre la fausseté énoncée dans la conclusion. Ce qu'on accorde ne tombe alors que sur la liaison de cette proposition avec les prémisses, et non sur la valeur même de la proposition.

Pour un raisonnement parfait, il faut de la vérité dans toutes les propositions, et une conséquence juste entre les prémisses et la conclusion. La plus mauvaise espèce serait celle dont la conclusion et la conséquence seraient également fausses; ce ne serait pas même un raisonnement.

La conclusion d'un ouvrage en est quelquefois la récapitulation ; quelquefois c'est le sommaire d'une doctrine dont l'ouvrage a exposé ou établi les principes. Les diverses propositions qui énoncent cette doctrine fondée sur les principes de l'ouvrage, sans être expressément comprises, sont ce qu'on appelle les conséquences. ( Beauzée. )

CONCOURIR À, CONCOURIR AVEC, CONCOURIR POUR. Concourir à, agir en même temps que d'autres causes pour contribuer à la production d'un effet. Concourir avec, a^ir conjointement avec d'sutres causes pour contribuer à la production d'tui effet.

Concourir pour, s'efforcer d'obtenir une chose préférablement à d'autres. Vous avez concouru à mon élévation, vous avez concouru avec moi à faire sa fortune , vous avez concouru pour ce prix.

CONCOURS. V.Afflueitck.

CONCUBINE, MAITRESSE. Ces deux mots se disent d'une femme qui vit avec un homme sans l'avoir épousé Mais maîtresse est le terme ordinaire, et concubine un terme de juiisprudence ou de morale chrétienne.

CONCUPISCENCE. V. Avidité.

CONDESCENDANCE. V. Complâisaicce.

CONDITION, ÉTAT. La condition a plus de rapport au rang qu'on tient dans les différens ordres qui forment l'économie de la république ; Vétat en a davantage à l'occapation ou au genre de vie dont on fait profession.

Les richesses nous font aisément oublier le degré de notre condition, et nous détournent quelquefois des devoirs de notre état, ( Extrait des Synonymes de Girard. )

DE CONDITION, DE QUALITÉ. La première de ces expressions a beaucoup, gagné sar l'autre; mais, quoique souvent très synonymes' dans la bouche de ceux qui s'en servent , elles retiennent toujours dans leur propre signification le caractère qui les distingue , auquel on est obligé d*avoir égar4 en certain«s occasions

CON

CON

pour s'expiimer d'une manière correcte* De qualité enchérii sur de condition , car on se sert de cette dernière expression dans l'ordre de la bourgeoisie i et l'on ne peut ne servir de l'antre qne dans l'ordre de la noblesse. Un homme né roturier ne fut jamais un homme de qualité; nn homme né dans la robe, quoique roturier, se disait nn homme de condition.

Il semble que de tous les citoyens partagés en deux portions , les gens de condition m fassent çne, et le peuple l'autre , distinguées entre elles par la nature des occupations civiles; les uns s'attacbant aux emplois nobles, les autres aux emplois lucratifs; et que parmi les personnes qui composent la première portion , celles qni sont illustrées par la naissance sont les gens de qualité, ^ Les personnes de condition joignent à des mœurs cultivées des manières polies; et les gens de qi4alité ont ordinairement des sentimens âevés.

Il arrive souvent que des personnes nouvellement devenues de condition, donnent dans la hauteur des manières, croyant en prendre de belles; c'est par là qu'elles se trahissent, et font sur l'esprit des autres un effet tout contraire à leur intention. Quelques gens de qualité confondent l'élévation des sentimens avec l'éxiormité des idées qu'ils se font sur le mérite de la naissance, affectant continuellement de s'en targuer^ et de prodiguer des airs de mépris pour tout ce qui est bourgeoisie; c'est un défaut qui leur fait beaucoup plos perdre que gagner dans l'estime des nommes, soit pour leur personne, soit pour leur famille. ( Girard. )

CONDUIRR, GUIDER, MENER. Voici comment Girard explique ces trois synonymes :

Les deux premiers supposent dans leur propre valeur une supériorité de lumières î^e le dernier n'exprime pas; mais en récompense, celui-ci renferme une idée de crédit et d'ascendant tout-à-fait étrangère aux deux autres. On conduit çt l'oBi guide ceux qui ne savent pas les chemins ; on mène ceux qui ne peuvent on ne veulent pas aller seuls.

^ Bans le sens littéral, c'est proprement la tête qui conduit, l'œil qui guide, et la main qui nène.

On conduit un procès, on guide un voyageur, on mène un enfant, etc.

Examinons cette exj^cation, nous verrons combien elle est fausse, inexacte, insuffisante.

Conduire, dit Girard, exprime une supériorité de lumières que n'exprime pas mener.

Ainsi quand je conduis une dame au spectacle, * la promenade, cette expression suppose en »»oi, «or c«tte dame, une supériorité de lu-

mières que je n'aurais pas si je ne faisais que la mener; et quand je la mène, j'acquiers sur elle nn crédit et un ascendant tout-à-fait étrangers à- la supériorité de lamières que j'aurais sur elle en la conduisant, /

Ainsi le bourreau qui mène un patient à l'échafaud a sur ce patient du crédit et de l'ascendant ; et des soldats qui condtiisent un homme en prison doivent avoir sur lui une supériorité de lumières.

Quelque ridicules que soient ces conséquences, elles dérivent naturellemeut de l'explication de Girard.

La faute qu'a faite ce synonymiste est d'avoir confondu les divers sens des mots co/iduire et mener, et d'avoir appliqué à tous les sens une explication qui ne convient qu'à nn seul qu'il n'a pas déterminé. C'est ce qui lui arrive souvent.

Il y a plus; il saute sans préambule du sens propre au sens figuré, s'écarte de plus en plus par là de son explication première, et donne occasion à de nouvelles absurdités.

La politesse, dit-il, doit guider dan^ les procédés Mais qui a jamais dit que la politesse

marquât une supériorité de lumières ?

Tâchons de mettre quelque ordre et quelque clarté dans l'explication de ces synonymes, qui, je l'avoue, est fort difficile.

Conduire, de l'ancien mot duire, prendre plaisir à quelque chosa^ et du latin, cam^ avec ; littéralement, conduire qnérqu'un, prendre plaisir à aller avec lui , à raccompagner. Il signifie , dans le langage actuel , accompagner une personne par cérémonie, par étiquette, par honneur, par civilité, par occasion, par devoir, on par raison de sûreté , et dans tous les cas ce mot ne suppose aucune supériorité de lumières ; il ne marque autre chose que se réunir à quelqu'un qui veut cta doit aller en quelque endroit, pour faire avec lui le chemin ou une partie du chemin , et les circonstances déterminent ce sens général. Je vous conduirai chez vous signifie je vous accompagnerai dans le chemin jusque chez vous. Le ministre le conduisit à l'audience du prince. Gomme je prenais beaucoup de plaisir dans sa conversation, je le co/z«fu/jiV jusque chez lui pour en jouir pins long-temps. On commande un régiment pour conduire les équipages. Des compagnons artisans conduisent jusqu'à un certain endroit leur camarade qui part d'une ville p our se rendre dans une autre.

Conduire signifie aussi diriger la marche dans le chemin qu'il convient ou qu'on croit convenable de suivre. Si vous ne savez pas le chemin de ce village , je vous y conduirai* Conduire des bestiau^ aux chants.

CON

( aSa )

CON

Mener signifie littéralement conduire par la main. On a étendu cette expression à tous les cas où l'on sert d'appui, de soutien, ou l*on facilite la marche de quelque façon que ce soit. On mène un enfant par la main pour lui faciliter la marche; on mène une dame par la main pour assurer sa marche et lui servir d'appui.

Si une personne qui se porte bien se trouve chez moi et qu'elle veuille retourner chez elle., je la conduis en i^ant avec elle ; si elle est infirme ou incommodée , ou qu'elle marche difficilement , je la mène en la soutenant sous mon bras, ou en lui faisant faire le chemin dans une voiture. Si vous êtes fatigué, je vous mènerai chez vous dans mon cabriolet.

* Une personne qui ne veut pas aller ^ nn endroit où elle doit aller est dans le même cas, relativement à la marche, que celle qui en est empêchée par des infirmités ; sa volonté met le même obstacle à sa marche. On a donc étendu le mot mener à ceux qui ne veulent pas aller où l'on veut qu'ils se rendent , et on dit mener un homme en prison , mener nn patient à Féchafaud, pour, dire les forcer de s'y rendre.

On dit aussi conduire un homme en prison , conduire nn patient à Péchafaud ; mais mener ne se dit que de ceux qui emploient immédiatement la force pour le faire aller, et conduire de ceux qui raccompagnent par quelque motif que ce soit. Le bourreau mène un patient à l'échafand ; les gens d'armes l'y conduisent.

On a étendu aussi cette expression à tous les cas où l'on ne se détermine pas soimême à aller en quelque endroit avec quelqu'un , mais où l'on y est détermina, engagé par l'invitation , les conseils , les insinuations des autres, et par la complaisance, la défé- Tence , la soumission , le respect qu'on a pour eux. Quand il va en campagne il mène un domestique avec lui. Il a mené tous ses enfans au spectacle; il m'a mené à sa maison de campagne. En ce sens, mener renferme une idée de crédit , d'ascendant , etc.

On ne mène pas son supérieur au spectacle , on l'y conduit; on y mène son égal en l'engageant à y venir avec soi ; on y mène son inférieur, en témoignant par là qu'on veut lui faire plaisir.

Conduire, dans le sens de diriger la marche, a plus de rapport au cheniin ; mener en a dayantage au but. On conduit une -armée en Italie, parce qu'on dirige sa marche dans le chemin; on mène une armée à la guerre, au combat, à l'ennemi, parce qu'il s'agit d'un bat. On conduit xm troupeau aux champs ,

lorsqu'oB le dirige dans le chemin ; on le mène aux champs, lorsqu'on a en vne, comme an but, l'action de l'y faire paître. On mène boire un cheval. On le mène à l'abreuvoir.

On dit qu'un chemin, qu'une route conduit à un endroit, si l'on a en vue la direction dans l'espace qu'il faut parcourir poar y arriver; on dit aussi qu'un chemin mène à un endroit pour indiquer qu'il y aboutit; et dans ce cas, on emploie plutôt le mot conduire avec le mot route, et mener avec le mot chemin , parce que route suppose nn plus long espace à parcourir; et que chemin, comme moins considérable, est plus près du but.

Guider et conduire, c'est diriger dans le chemin; mais conduire suppose des chemins connus d'un grand nombre de personnes; et guider suppose des chemins pen connus , difBciles à trouver. On conduit un étranger dans des chemins qu'il ne connaît pas; on guide dans une forêt, dans des gorges de montagnes , etc.

Au figuré , la raison nous gmde et noas conduit: elle nous guide en nous montrant ce •qu'il faut faire ; elle nous conduit lorsqu'elle nous fait faire ce qu'elle juge convenable. Les passions noua conduisent et nous mènent. Elles nous conduisent quand nous suivons tiyec teflexion et liberté leurs inspirations ; elles nous mènent lorsqu'elles nous entraînent avec violence.

La boussole giiide le navigateur; le pilots conduit le vaisseau; les vents le mènent.

CONDUIT, y. Cawal.

CONDUITE. V. AnMiNisTRATioir.

CONSIDÉRATION. V. Alu^itob.

CONFÉRER, DÉFÉRER. On dit l*nn et l'autre en parlant des dignités et des honneurs que l'on donne. Conférer est un acte d'autorité; c'est l'exercice du droit dont on jouit. Déférer y c'est un acte d'honnêteté; c'est une préférence que l'on accorde au mérite.

Quand la conjurition de Catilina fut éventée , les Romains , convaincus du mérite de Cicéron et du besoin qu'ils avaient alors de ses lumières et de son zèle , lui déférèrent unanimement le consulat; ils ne firent que le conférer à Antoine. (Bkauzée.)

CONFESSER. V. Avouer.

CONFESSION. V. Aveu.

ÊTRE PLEIN DE CONFIANCE DANS LES DISCOURS DE QUELQU'UN, ETRE PLEIN DE CONFIANCE SUR LES DIS- COURS DE QUELQU'UN. Le premier parait avoir plus de rapport à la sincérité, à la verilc des discours; le second à la sûreté des promesses. On peut dire, /«re plein de confma

CON

CQN

sur les discours de quelqu'un , comme on dit se confier sur la bonne ^f ci, sar l'équité de quelqu'un. On a de la confiance en quelqu'un , dans le mérite et les talens de quelqu'un.

CONFIDENT. V. Affidé.

SE CONFIER , SE FIER. Ces deux expressions ont rapport à la conQance que Ton a en quelquVn ou en quelque chose. On dit se confier en ou dans, et se conjier à. Le premier signifie se reposer sur quelqu'un , quelquefois plus pai'faitement que sur soi-même, de ce qui concerne nos vues , nos besoins , nos desseins , nos intérêts, à cause de la connaissance et de la bonne opinion qu'on a de ses qua# lités constantes relativement à ces choses. C^est en ce sens qu'on dit se confier en Dieu, se confier dans la Providence divine, pour ses besoins; dans les lumières d'un avoué instruit pour la conduite d'un procès; dans la bonté d'un supérieur pour le pardon d'une faute.

Se confier à quelqu'un signifie lui faire une confidence , c'est-à-dire lui révéler , en conséquence de la bonne opinion qu'on a conçue de sa discrétion, des choses qu'il nous importe de laisser ignorer à d'autres.

Se confier en désigne quelque chose de plus général que se confierai il exprime la confiance dans tous les cas et dans toutes les circonstances, au lieu que se confier à ne désigne qu'une confiance relative à un cas particulier. On se confie en Dieu parce qu'on a une confiance relative à sa bonté infinie et toujours subsistante. On ne se confie pas à Dieu , parce qu'il sait tout et qu'on ne peut lui rien révéler.

Se j^r. On dit se fier à quelqu'un , se fier sur qaelqu'nn, et se fiier en quelqu'un. Se fier à quelqu'un , c'est avoir l'assurance de sa probité, de sa discrétion ; se fier sur quelqu'un , c'est avoir confiance ddti% 'ce qu'il fera pour «nous servir; se fier en quelqu'un, c'est af^oir confiance dans ses lumières , dans sa bonne volonté, dans son activité pour nous servir. '■

On dit aussi se fier sur quelque chose, pour dire metti'e sa confiance en quelque chose pour l'accomplissement d'une espérance on le maintien d'une chose. Il se fie sur ses forces; il se fie sur ses richesses; un général qui se fie sur le courage de ses soldats.

CONFINS , BORNES. Les confins sont les limites d'un héritage, d'une paroisse ou du territoire, d'une seigneurie, etc. Les bornes sont des signes extérieurs qui servent à marquer les limites.

CONFIRMER. V, ArrniMkR.

CONPIPiMER. V. AssTTREK.

CONFISEUR, CONFITURIER. Ces deux mots ont rapport aux confitures.

Le confiseur exerce un art ; l'art du confiturier; le confiturier fait un commerce , il vend des confitures. On peut être en même temps confiseur et confiturier , si l'on fait des confitures et qu'on les vende. Il y a dans les office» des grandes maisons des confiseurs qui préparent les confitures. Il n'y a point de çonfi/turiers.

CONFITURIER. V. Coufiseue.

CONFLUENT. V. Affluent.

CONFORMATION, FAÇON , FIGURE, FORME. Ces quatre mots ont rapport aux différentes impressions que fait sur nous l'extérieur des corps.'

Façon, du \aXva facere , faire. La^ façon se dit des ouvrages; elle naît du travail et résulte de la manière dont l'ouvrier met la matière en œuvre. La façon est bonne ou mauvaise, selon que l'ouvrier est on n^est pas habile.

Ld forme naît du dessin ; elle résulte du contour de la chose; elle est ronde, carrée, triangulaire, pyramidale, etc.

Ia figure est l'apparence particulière qui résulte de la forme. Un corps qui a une forme ronde offre une figure ronde; d'une forme pyramidale résulte une figure pyramidale. "La forme de la terre est ronde , et de cette /brmtf résulte une figure ronde. C'est de l'action de tracer .les différentes formes des parties du corps humain qu'il résulte une figure humaine.

Conformation ne se dit guère qu'à l'égard des parties du corps animal ; elle naît de leur rapport et de l'ensemble de^ ces rapports.

Girard dit que la façon de l'ouvrage l'emporte souvent sur le prix de la matière. Il veut dire sans doute que souvent lé prix de Infineon l'emporte sur le prix de la matière; car on ne conçoit pas trop comment une^çon peut l'emporter sur un prix.

CONFORMITÉ, RESSEMBLAIvCE. Ces deux mots ont rapport à l'idée semblable qu'on se fait de deux objets ou d'un plu^ grand nombre.

Conformité, rapport de conformation entre des objets; ou rapport d'action, de penchant, d'inclination dans des facultés de même nature. La conformité de deux écritures; la co/fformité des caractères, des goûts, des inclinations , des humeurs.

Ressemblance, jugement de l'esprit qni déclare des choses ressemblantes d'aprçs le^ ootl* formités qu'il y a remarquées.

CON

CON

Conformité ne se dit que des <yiiQSM de même nature. La conformité de deux vases; la co»/bnwiVcde deux caractères. Ressemblance se dit quelquefois de choses de nature différente. On dit la ressemblance et non la con^ formité d'un portrait avec Toriginal.

On dira que deux hommes ont de la res-semhlanccy ou qu'il y a beaucoup de confor' mité dans leurs traits. Par la dernière expression, on indiquera les formes comparées; par la première, le jugement porté d'après cette comparaison.

La conformité est dans les choses , la r«semblance est dans l'esprit.

Les formes comparées par l'esprit existent réellement dans les objets, et de la conformité qu'il y trouve il forme \^ ressemblance , il les juge ressemblans. - ,

Il suit de là qu'on peut dire de deux choses qu'elles ont de la conformité , si l'on veut indiquer seulement les rapports de leurs formes; et qu'elles ont de la ressemblance, si l'on veut dire qu'on peut juger de cette con^ formité qu'elles sont ressemblantes.

Si nous ne nous sommes pas trompés dans l'explication que nous venons de donner de ces deux mots, on pourra juger combien se sont écartés du but l'Encyclopédie et Beauzée dans celles qu'ils en ont donijées.

Conformité, dit FEncyclopédie, ne s'applique qu'aux objets intellectuels , et cependant on dit la conformité d'une copie avec son original ; la conformité de deux écritures. Barthélémy a dit, comme ,nos fêtes ont entre elles beaucoup de conformité, etc.

Il semble , continue l'Encyclopédie , que la présence d'une seule et même qualité dans deux sujets suffit pour faire de la ressemblance, au lieu qu'il faut la présence de plusieurs qualités pour faire conformité.

Cette idée est absolument fausse. Un seul rapport entre dewx sujets établit entre eux une conformité, et c'est de la comparaison de plusieurs conformités que résulte la ressem^ blance.

L'Encyclopédie dit encore , plus il y a de ressemblance entre deux objets , plus ils approchent de la conformité; ainsi la conformité est une ressemblance parfaite.

Il fallait dire, au contraire, plus il y a de conformité entre deuç objets, plus ils approchent de \d, ressemblance , car il n'y a point de ressemblance sans conformité; et c'est de la conformité que résuite la ressemblance,

CONFRÈRE. V. Associé.

CONFRONTATION. V. Acçaratio:».

CONFRONTER. Y. Accarer.

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