‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 173 sur 253 · CONFUS, DÉCONCERTÉ, INTERDIT · texte numérisé non relu

CONFUS, DÉCONCERTÉ, INTERDIT

Ces trois mots ont rapport à l'embarras que l'on éprouve lorsqu'il s'agit d'avancer, d'a> vouer, de justifier ou de prouver quelque chose devant les autres.

Conftis , 'qui épi'ouve devant les antres nn embarras provenant d'une sorte de honte. Je supportai avec bien à» la peine la confusion que me coûta cet aveu.

Déconcerté se dit de celui qui , ayant concerté ce qu'il voulait dire , ou se croyant sûr de pouvoir répondre à tout , se trouve jeté tout à coup hors du cercle de ses idées par quelque chose d'imprévu, et fait de vains efforts pour y rentrer. Il ne s^attendait pas qn'on lui ferait cette question ; qaand on h lui fit , il fut tellement déconcerté qu'il ne fit plus que des réponses vagues et insignifiantes.

Interdit, On dit qu'un homme est interdit, lorsqu'en voulant avancer ou soutenir nne chose;, il est frappé subitenoent de quelque événement qui prouve le contraire , de la vue de quelque personne qui peut le confondre, d'une interpellation à laquelle il ne peut répondre , et que la crainte de ces choses fait sur lui une telle impression qu'il reste immobile sans pouvoir proférer une seule parole.

Un homme est confus parce qu'il est hamilié devant les autres , ou qu'il est obligé de faire devant eux des aveux qui l'humilient.

Un homme est déconcerté parce qu'il ne voit plus le fil de ses idées et qu'il fait d« vains efforts pour le retrouver.

Un homme est interdit par une crainte subite qui produit le trouble et la confusion dans ses idées et le met hors d'état de s'attacher à aucune.

CONFUSION, HONTE. Ces denx mots ont rapport au sentiment pénible que cause l'hamiliation d'une faute.

La konte^bst un sentiment péniblç et humiliant que l'ame éprouve par la conscience d'une faute qui l'avilit.

La confusion est un sentiment que lame éprouve de ce que sa honte est connue des autres. J.-J. Rousseau a bien fait sentir la différence de ces deux expressions dans le pa*' sage suivant : J'aimais mieux supposer une fois la confusion que j'avais méritée,* que de nourrir une honte éternelle au fond de mon cœur.

En ce sens, la honte est intérieure; la confusion est extérieare.

CONGÉDIER, RENVOYER, REMER- CIER, LICENCIER. Tous ces mots indiquent l'action de dégager quelqu'un des liens d'o-

COM

kligation on de «onvenance sQSceptîbles d'être dissous. '

On congédie les personnes avec leiqnelles on s^est entretena pendant quelque temps en finissant l'entretien , <!t en indiquaift qu'on leur a dit tout ce qu'on avait à leur tAre. Un supérieur eonffédie les personnes qui lui sont attachées par quelque place, par quelque fonction, par quelqu» service, en leur déclarant ou en lear faisant connaître qu'il ne vent pas ou qu'il ne peut pas les maintenir dans ces places, dans ces fonctions, dans ce service.

On congédie ceux qu'on ne veut pas ou qu'on ne peut pas retenir plus long-temps. Cette expression n'emporte aucune idée de mécontentement ou de défaveur.

Renvo^'er marque du mécontentement et de la défaveur, ou tout au moins nn manque d'égards et de ménagement pour ceux qu'on renvois.

Ces deux expressions s'emploient aussi relativement à la nature des places, des fonctions, des services. On congédie un ministre, un savant, un homme de lettres, un préfet; on renvoie un employé , nn domestique.

Remercier indique une manière honnête d'ôter à quelqu'un la place ou l'emploi qu'il occupe.

Licencier est un terme d'art militaire , qui ne se dit que des corps entiers ou d'une partie des corps que l'on réforme. On licencie nn régiment, un bataillon, un escadron. On ne licencie pas nn soldat , on le congédie ou on le réforme. Un soldat n'est licencié que parce que le corps dont il faisait partie l'a été.

CONGESTION , FLUXION. Termes de médecine. La congestion est l'amas de quelques matières morbiiiques qui se fait lentement dons une partie du corps; làjîuxion est un aoias do même nature c^oi se fait promptelAent.

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