‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 188 sur 253 · DE CRAINTE QUE, DE CRAINTE DE · texte numérisé non relu

DE CRAINTE QUE, DE CRAINTE DE

De crainte que régit le subjonctif avec là négation ne; de crainte de régit l'infinitif sans négation. De crainte que l'henre ne fût passée; de crainte de vous déplaire. Avant nn substantif on supprime quelquefois le premier de, et Ton dit crainte ^accident#rriii»/0 de pig; mais cette suppression ne peut avoir lieu devant no verbe.

CRAPULE, DÉBAUCHE, VOLUPTÉ. Ces trois termes ont rapport au goôt des plaisirs des sens, c'est-à-dire des plaisirs de la bonne cbère, et des jouissances physiques de l'amoor.

le goût.

La débauche admet aussi dn choix dans les objets, niai« elle ne met aucune modération dans la jouissance.

La cra/ïw/e, uniquement avide de jouissance, s'y livre brutalement sans faire aucun choix des objets.

CRÉANCE , CROYANCE. L'académie , dans ses observations sur Vaugelas , détermine ainsi la valeur de ces termes : Croyance signifie ce qu'on croit, opinion, sentiment, la confiance que l'on a en quelqu'un. J'ai cette croyance; ce n'est pas là ma croyance; la croyance des chrétiens ; les peuples avaient croyance en lui. Créance est ce que l'on confie à quelqu'un pour être dit secrètement à un autre; il lui envoya sa créance, et la lettre de créance est la lettre par laquelle on fait connaître qu'on peut ajouter créance à celui qui est chargé de la rendre.

Cependant la créance &e prend aussi comme croyance, pour l'assentiment ou l'adhésion de l'esprit à une opinion. On dit dans ce sens la créance des juifd , des chrétiens, des bramines. Nos pères l'entendaient presque toujours ainsi. Voltaire , dans ses remarques sut Olympie , parle de la créance de l'immortalité de l'ame , et de son influence sur les cérémonies religieuses des divers peuples, et il continue à dire créance en parlant de cette méoM croyance inconnue à un autre peuple.

La croyance est une opinion pure et simple; la créance est nne croyance ferme, constante, entière. Les vocabulistes conviennent que la créance est une croyance qu'on a pour des raisons solides ou apparentes. Vous donnez croyance à un fait qu'on vous rapporte sans autorité; vous n'accordez votre créance, une pleine croyance, qu'à des foits appuyés par des autorités puissantes. L'évangile a votre créance ; vous n'avez qu'une simple eroyarioe à l'égard de plusieurs points de l'histoire.

Dans la plupart des chrétiens , dit un auteur moderne , l'envie de croire tient lieu de la ccf^anee; mais la créance a toujours ses motifs on ses raisons.

Une croyance sans cesse discutée, dif Ber' rnyer, peut faire dn même homme nn esprit aujourd'hoi crédule jusqu'à l'imbéçilUté , et

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