‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 189 sur 253 · CRE · texte numérisé non relu

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demain nn esprit incrédule jOBqp^k ropiniàtreté. «Il en est de la croyance comme de la probité parement humaine. Anjoardlmi nn homme sera régulier sur certains points jusqu'au scrupule, et demain licencieux sur d^autres jusqu'au scandale.

La croyance n'annonce pas on la conviction, ou la perauasion qu'annonce la cféance. Par la croyance, vous croyez peut-être sans savoir pourquoi vous croyez; par la créance, vous croyez parce que vous croyez avoir raison de croire. Le peuplé donne sa croyance à des choses indignes de créance. On a de la croyance ou de la créance chez le peuple; de la croyance lorsqu'il vous croit, de la créance lorsqu'il croit en vous.

La créance a trait au crédit; la croyance en fait abstraction. Sur votre parole, vous trouverez de la croyance ; avec une lettre de créance, vous devez \tse cru. La créance porte donc sur des titres et ^es motifs dont la croyance peut se passer.

La confiance n'est pas la même dans la croyance que dans la créance. Dans la créance, c'est une vraie confiance, une confiance raisonnée, entière ou ferme; dans Incroyance, ce n'est, à bien parler, qu'une simple fiance, comme on disait autrefois. Pour reconnaître les traits distinctifs de la fiance et de la confiance , il n'y a qu'à se rappeler combien diffèrent entre eux se fier et se confier. On se fie à quelqu'un qu'on connaît ou qu'on ne suspecte pas; on se confie à quelqu'un qu'on connaît bien et dont on se croit très sur. On se fie à quelqu'un pour de légers intérêts ; on se confie à un ami dans les choses importantes.

Nous disons plutôt croymnce dans le cours ordinaire des choses, et créance en matière grave, comme la religion, parce que la religion est ce qu'on croit le plus fermement.

La croyance, dit Voltaire,' est dans celui qui croit, et non pas dans la chose qu'on croit. Lorsqu'il s'agit de la chose qu'on croit, nous disons plutôt créance , sur-tout à l'égard d'un corps, d'un système entier de doctrine, de religion. La croyance naît de notre esprit ; la créance naît en quelque sorte de la cJiose, de sa crédibilité. Là, l'esprit donne son assentiment; ici, il lui est enlevé. Un point particulier de doctrine peut être appelé notre croj^fl/ice , -parce qu'on le considère en soi, et indépendamment des motifs de crédibilité; il vaut mieux appeler créance la doctrine entière que nous considérons comme l'objet de notre foi. (Extrait de Rouraud.) ^ CRÉDIT, FAYEUR. Le crédit est la facilité de déterminer la volonté de quelqu'un

suivant nos désirs y en verta dfi rascendant que vous avez sur son esprit, ou de la confiance qu'il a prise en vous. La faveur est la facilité que nous trouvons dans une personne disposée à faire tout ce qui nous est agréable, en vertu du faible qu'elle a pour nous on d'une bienveillance qu'elle nous prodigne.

Le crédit est une faculté, juie force, une puissance que nous exerçons sur aatrai; il est dans nos mains. La faveur est nn sentiment , un penchant , une faiblesse de celui qui se livre à vous ; elle est dans son cœur. On dit \n faveur du prince , là faveur du peuple, et non le crédit du prince, le crédit du peuple, parce que \di faveur est la bienveillance même du prince, du peuple qui, se porte yers vous; et que le crédit est l'ascendant que vous avez vous-même, et dont vous usez sur le prince, sur le peuple.

Le crédit s'acquiert , ]& faveur se gagne. Le crédit se gagne quelquefois , et la faveur se donne.

Les lumières, le talent, les services, les vertus, acquièrent le crédit, par la bonne opinion, l'estime, la considération, la confiance qu'ils inspirent. Les complaisances , les flatteries, les adulations, le dévouement servile , gagnent \2l faveur , par une sorte de gratitude, par le retour, l'affection, rattachement , le besoin de nous, et tel autre sentiment qu'ils excitent.

Un bon ministre acquiert du crédit sur un roi sage ; nu courtisan habile à satisfaire les goûts du prince gagne sa faveur. On gagne là. faveur du peuple qui aime sans raison; on acquiert du crédit dans une compagnie où la justice est consultée.

Le crédit appartient de droit an mérite ; la faveur n'exclut pas le mérite.

On n'a point de crédit sur la fortune , elle est aveugle et folle ; mais on a sa faveur, car elle est aveugle et folle.

' Le crédit ne donne pas la faveur ; mais la faveur donne toujours du crédit.

Richelieu, avec tout crédit, ou plutôt toute puissance sur l'esprit de son maître, était bien éloigné de la faveur. Luynes, Cinq-Mars et autres favoris, avaient , par Ia faveur,. heau.' coup de crédit.

Il est vrai que quelquefois le crédit l'emporte sur la/ai^tfr.

Le crédit de Sully triompha souvent de l& faveur des maîtresses; mais son maity^ était Henri IV.

Le crédit est une épreuve pour la vertu; il enfle et ébranle. Lh faveur est la plus fatale des épreuves; elle endort et corrompt. (Rou- BAUD.) *■

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CRÉPITATION, CRAQUEMENT, CLI- QUETIS. Termes de chirurgie. Crépitation, l>ruit qne les bouts on pièces d'os font en se fjrottant ensemble lorsque le chirurgien remue le membre pour s'assurer de rexislence d'une fracture par l'organe de l'ouïe. La crépitation est un des signes sensibles des fractures. Il ne faut pas confondre la crépitation avec l'espèce de craqiibment qu'on sent en pressant les tumeurs emphysémateuses, sur-tout avec le cliquetis des articulations. Ce dernier cliquetis , qui peut être plus ou moinà sensible , se rencontre assez ordinairement quand les jointures ont souffert , et il dépend de ce que les ligamens, en se gonflant, se raccourcissent y serrent les os de plus près et chassent d'entre eux la synovie.

Nous avons en français les trois termes craquement, cliquetis, crépitation, qui expriment très bien le bruit que font les os par leur choc, leur froissement ou leur tiraillement dans diverses maladies; mais ils ne caractérisent pas ces maladies; il faut la théorie et la connaissance de l'art pour éviter de les confondre; ( Jaucourt. )

CREUSER, y. Approfondir.

CREUSER. V. Cavkr.

CREUSER, FOUILLER. Ces deux mots se disent de la terre. Creuser la terre, c'est y former un creux , abstraction faite de toute idée accessoire; Jouiller les terres, c'est les creuser dans le dessein d'y trouver des choses que l'on soupçonne y être cachées. On creuse la terre pour y former un creux, un trou, une fosse, un fossé; on fouille les terres pour y découvrir des sources , un trésor , des antiques, que l'on croit y être enfouis.

CREUSER, ENFONCER. La différence qu'il y a entre c&» deux termes , c'est que pour enfoncer, il ne s'agit }jas d'enlever au corps quelqnes-unes de ses parties ; au lieu qu'il faut lui en enlever pour le creuser. D'ailleurs , l'action à^ enfoncer suppose , de la part du corps , plus de résistance que l'action de creuser.

On enfonce une porte; on creuse nnfq^sé.

CREUX. V. Cavité.

CREVER, MOURIR. Mourir, c'est cesser de vivre, de quelque manière que ce soit.

Crever est une expression familière qui signifie mourir par suite de quelque excès.

CRI. V. Clamxur.

CRIME, FAUTE, PÉCHÉ, DÉLIT, FOR- FAIT. Ces cinq mots expriment des actions contraires à la morale et aux lois.

Faute est le mot générique , avec cette restriction çependiuat qu'U «igqjlltl wMa que Içs

antres quand on n'y joint point d'épithète aggravante.

La faute se dit d'un mal commis ou d'un bien omis, considéré sous le rapport de la personne qui l'a commis ou omis, et soos celui de la peine qu'elle peut avoir encourue', on du reproche qu'elle peut avoir mérité dans l'un ou l'autre cas.

Le crime est une action qui trouble l'ordre social ou moral.

Le forfait est un crime énorme, rare, réfléchi, atroce.

Le péché est une désobéissance à Dieu, ou une transgression volontaire de la loi naturelle ou positive, dont Dieu est égfilement l'auteur.

Délit est un terme de palais. Il signifie une faute coinmise au préjudice de quelqu'un.

On comprend quelquefois sous le terme de délits toutes sortes dé crimes , graves ou légers, même le dommage qutf^ljnelqu'un cause à autrui soit volontairemeilV<ou jiar accident, et sans qu'il y ait en dessein de nuire; mais plus ordinairement on n'emploie ce terme que pour exprimer les crimes légers , ou le dommage causé par les animaux. .

La faute tient de la faiblesse humaine; elle va contre les règles du devoir. Le crime part de la malice du cœur; il est ordinairement contre les lois politiques. Il n'annonce rien que de bas et de méchant. Il s'applique à toutes les actions punissables ou méchantes.

Le forfait est un crime énorme ; il naît dn caractère; il annonce de l'audace, et consiste le plus souvent dans l'infraction des lois de la nature. Péché lie se dit qne par rapport aux préceptes de la religion; il va proprement contre les lois de la conscience. Le délit part de la désobéissance on de la rébellion contre l'autorité légitime; il est une. trangression de la loi civile.

Les emportemenis de la colère sont des fautes; les vols et les assassinats sont des cri" mes; les mensonges sont àw péchés; le duel et la contrebande sont des délits ; les incendies et les empoisonnemens sont àes forfaits.

Faute, crime et forfait, expriment une mauvaise action relativement au degré de méchanceté. La faute est moins grave quiC .le crime, le crime moins grave qne le forfait. Le crime est la plus grande des fautes; le for" fait est le plus grand des crimes.

Péché et délit expriment une mauvaise action relativement à la différence des Içis qui sont violées et de la personne offensée. Le péché offense Dieu , parce que c'est une transgression ie U Iq\ divine^ le <ff A'( Q^Tçafie k ^oc;été.

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