DARD , FLÈCHE , JAVELINE , TRAIT
Tous ces mots sont les noms d'anciennes armes qui ne sopt plus en usage aujourd'fa;ni.
Le dard était une arme pointue par un bout qui se lançait avec la main ; \si flèche, une espèce de ^ard qui se lançait avec lare on l'arbalète ; la javeline. Une espèce de demi-pique. Trait se dit en généra] de toute arme gui se lance avec la main , , ou se tire avec un arc.
Flèche et trait se disent encore au figuré.
"Les flèches de l'Amour; les traits de l'Amour ; trait satirique , trait mordant , trait plaisant.
DARDER, LANCER. Ces deux mots se diseut des corps que l'on pousse en avant avec violence.
Lancer, jeter en avant avec TÎoIence { cemme^quand on porte un coup de Iance«
DAV
DE
,. , Darder ^ laûcer arec riolence un dard , mt liait perçant, un corps pointa, dans le d,esseiuj4e percer.
Lcuicer se dit de toute sorte de corps que l'on pousse , que l'on jette en avant ; et dar' der, seulement des corps pointus , perçans.
On ïançe une pierre , oji darde un javelot.
On lance un vaisseau en mer ; on ne le darde pas.
Darder suppose plus de vigueur , de violence que lancer.
Une autre différence qui distingue ces denx mots, c'est que l'on dit darder de tous les in&trumens aigus et percans qui font partie du corps de celui qui les lance. Le serpent darde sa langue , l'abeille darde son aiguillon ; la langue et l'aiguillon sont des parties du corps de ces animaux. Le verbe lancer serait déplacé dans ces pbrases ; Le soleil lance et darde ses rayons. Il les lance lorsqu'il les répand dans le vide ou . le vague des cieux ; il les darde lorsqu'il les jette à plomb sur un objet , le firappe et le pénètre.
Lancer est d'un très grand us»ge au figuré On lance à^% regards, des sarcasmes, des anathèmes, etc. Darder ne se dit guère qu'au propre.
Darder signifie aussi frapper, blesser avec un dard ; mais en ce sens , jl n'est pas synonyme de lancer.
DATIOIN" , DONATION. Ces deux mots signifient l'un et l'autre , acte par lequel on donne quelque chose. Mais la donation est une libéralité , et la dation ne porte point ce caractèije. L'acte par lequel on donne quelque chose en paiement de ce qu'on doit n'est pas une donation , c'û*t une dation. Ces deux mots sont des termes de jurisprudence.
,, DAVANTAGE , PLUS. Ces deux mots servent à comparer les choses, et à marquer la supériorité des unes sur les autres.
Plus indique directement une comparaison, et est alors suivi de que , qui conduit au second terme de cette comparaison. Votre frère est plus sage que vous. Il a plus mangé que moi.
P/«5, en ce sens, s'associe également avec des adjectifs et avec des verbes. Davantage exprime la comparaison indirectement, et ne s'associe qu'avec des verbes. Vous avez du couragt , il en a davantage. Avec l'expression directe on dit, votre frère est plus sage que vous; mais avec l'expression indirecte, on dit vous êtes sage , mais votre frère l'est davantage ; et davantage signifie ici plus sage que vous : où l'on voit que ce mot renferme implicitement vous qui est le second terme de ^ £Sti3Qparaison.
Phu, m ce sens, faisant toajonrs attendre le second membre de la comparaison , ne doit jamais terminer one phrase; mais davantage, contenant implicitement le second terme, peut la déterminer ; il ne laisse rien à exprimer.
Dès que la ccMnparaison est directe et qae le second terme est amené par un^^ue, on ne doit pas , quoi qu'en dise Bouhours, se servir de davantage. Ainsi l'on ne doit pas dire, conformément à la décision de cet écrivain , voos avez tort de me reprocher que je suis emporté; je ne le suis pas davantage que vous; il n'y a rien qu'il faille davantage éviter en écrivant que les équivoques. Il faut dire dam le premier exemple, je ne le suis pas /^/u^ qne vous; et dans le second, il n'y a rien qn'il faille éviter aivecplus de sOin que les équivoques.
Plus et davantage s^emploient souvent avec la négation , et alors ils sont adverbes de quantité , et n'expriment point de comparaison. En ce sens, /^/n^ peut terminer une phrase, de même que davantage. On dit également je n'en veux pas /^/wf, et je n'en veux pas «/At-antage. La première locution a rapport à celui qui donne et signifie je ne veux pas qae vous m'en donniez un plus grand nombre, une plus grande quantité , cessez de m'en donner ; la seconde a rapport à celui qui reçoit et signifie , je ne veux pas en recevoir un plus grand nombre, j'en ai suffisamment; ce que vous me donneriez de plus ne me serait d'aucune utilité , d'aucun avantage.
Plus^ adverbe de quantité, prend souvent de après lui; davantage se dit toujours absolument. Il a plus de vingt ans , il en a davantage; il a fait plus de deux lieues ; il en a fait da' vautage.