‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 205 sur 253 · DÉGÉNÉRATION , DÉGÉNÉRESCENCE · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRATION , DÉGÉNÉRESCENCE

La dégénération est une action par laquelle un corps éprouve un changement qui lui fait perdre son caractère générique. Dégénères^ cence est un terme employé par les médecins en parlant des tissus qui ont changé de nature

DÉGÉNÉRATION. V. Abatardissemeht.

DÉGÉNÉRER. V. S'AbataIidir.

DÉGOÛTANT , FASTIDIEUX. On qualifie ainsi, dit Beanzée ,tout ce qui cause une espèce de répugnance.

Cette définitioQ est fausse , car nous faisons avec répugnance bien des choses qui ne sont pour nous ni dégoûtantes , m fastidieuses. Un homme condamné à mort s'approche avec répugnance de l'échafaud où il doit perdre la vie , et cependant on ne peut pas dire que l'échafaud soit pour lui un objet dégoûtant ou fastidieux.

Dégoûtant , continue Beauzée , va plus au corps qu'à Vespvïl, fastidieux , auv contraire, va plus à l'esprit qu'au corps.

Dégoûtant va également au corps et à l'esprit ; car on dit également bien d'un homme couvert de sales lambeaux qu'il est dégoûtant, et d'une description basse et obscène qu'elle est dégoûtante.

Beauzée n'en disconvient pas , mais il explique cette contradiction de la manière suivante.

Quelquefois, dit-il, on se sert de dégoû' tant avec relation à ce qui concerne l'e-sprit; alors il conserve encore quelque chose de sa première destination , en ce qu'il s'applique anx idées qui sonc comme le corps de la pensée ; et fastidieux s'applique en. ce cas à l'ex-

pression. ■*

Cette subtile explication n'est pas facile à comprendre; les idées qui sont comme les corps de la pensée ne sont point réellement des corps, ce sont dçs idées ; et si l'on peut

DÉG

y appliquer le mot dégoûtant, on peut ad- | n'ôf* à recclé^sticpie que les marques extéqiettre, contre l'assertion de Beaozée, que cette rieare$ de son caractère.

que

expression va également à l'esprit et an corps. D'ailleurs il n'est pas vrai qœ dans ces cas où dégoûtant se dit des choses qui ont rapport à Y ^^vil y fastidieux s'applique à l'expression» Fastidieux ne peut jamais se dire de TexpresflÂon , si ce n'est des expre^ions qui sont répétées juÂqu*à satiété.

Dégoûtant se dit an propre des choses que les sens repoussent avee répngmince; et an figuré, de celles que l'esprit repousse aussi . ayec répugnance, parce qu'elles sont contraires à la dérence, à l'honnêteté, aux bonnes mœurs. Un homnte est dégoûtant s'il est d'une laideur extrême , s'il est affreux , si son visage ou ses mains sont cicatrisés, infectés de dartres ou d'une espèce de lèpre, s'il mange avidement et malproprement, si ses habits sont en lambeaux et couverts de taches, s'il sent mauvais, en un mot s'il a une seule de ces choses qui répugnent aux sens. Au figuré, un homme est dégoûtant s'il aime à se servir d'expressions Contraires à l'honnêteté et à la pudeur. Un poème , un conte, un ouvrage de littératare est dégoûtant, si le sujet en est contraire à la décence , à Thonnêteté, à la pudeur; si les expressions en sont basses , triviales on communes. Aucune de ces choses ne renà fastidieux.

Fastidieux semble renfermei* de la part de celni à qni on l'applique une espèce d'ostentation , d'amottr-propre , de dessein de plaire , et de la part de celui qui Inappliqué une idée de mépris ou de dédain.

On peut être dégoûtant sans être fastidieux , c'est-à-dire inspirer de l'éloigneraent, de l'aversion, sans inspirer du dédain. Un homme fastidieux inspire nécessairement ce dernier sentiment. tJn homme fastidieux est un homme ennuyeux, importun, fatigant par ses discours, par ses manières, par ses actions. Il veut faire le plaisant mal à propos , il rit le premier de ce qu'il dit, il parle trop, dit des choses frivoles et s'applaudit de ses sottises. Toutes ces choses marquent beaucoup d'amour-propre et de vanité, et méritent le dédain.

DÉGRADATION , DÉPOSITION, SUSPEN- SE. Ces trois mots ont rapport à la destitution d'une dignité ou d'un office ecclésiastique qui se fait juridiquement contre celui qui en éti^it revêtu.

La déposition diffère de la dégradation, en ce qu'elle ôte tout à la fois les marques extérieures du caractère, et la dignité ou l'office , dégradation, proprement dite.

La déposition diffère aussi de la suspense, en ce que celle-ci n'est que pour un temps , et suspend seulement les fonctions, au lieu que la déposition prive absolument l'ecclésiastique de toute dignité on office. {^Mncy" clopédie, )

DÉGRADER, DÉGKAVOYÊR. Dégrader se dit de tonte sorte de dégi^adations quelle qu'en soit la oanse ou l'effet. Dégravoyer ne se dit que de la sorte d^è dégradation qni a lien par Faction des eanx stur la Hiaoonnerie, sur les murs,

DÉGRADER, DÉPRIMER, DÉPREMJl.

C'est , en général , diminuer l'estime , le prix, la considération de» personnes on des choses.

Dégrader , dans le sens où il est synonyme des deux autres , signifie ôter l'esliaie , la considération , avilir. Cette conduite le dé' grade aux yeux de tout le monde. La flatterie dégrade également et celui qni la prodigue et celui qui eii est l'objet.

Déprimer,- tâcher d'abaisser une personne on une chose qui est élevée dans l'opinion des autres , de diminuer ou de détruire la bonne opinion que les antres en ont. H tiavaille sans cesse à déprimer ses rivaux.

Dépriser, priser moins , priser peu , mettre une chose an-dessous du prix qu'elle a , en faire peu de cas, l'estimer fort au dessons de ce qu'elle est estimée. Dépriser une marchandise , dépriser une personne.

La dégradation tombe sur la personne ou sur la chose même ; elle attaque sa nature , son élévation. L'arae est d'une nature noble et élevée , on la dégrade par ^es bassesses. Déprimer tombe sur Topinion qtt« les autres ont du mérite de la personne ou de la chose. On déprime ceux dont la réputation cause de Tenvie. Depriser tombe sur le talent des personnies on sur la valeur et le prix des choses. On déprise les talens de ceux que Ton ne saurait égaler ; on déprise une marchandise en l'estimant au-dessous de son prix.

En dégradant , on rend vil et méprisable ; en déprimant , on tâche de diminuer la réputation , la célébrité , la vogue ; en dé^ prisant , on tâche de diminuer la valeur , le prix. X

On dégrade par un jugement flétrissant qui dépossède la personne on la chose du rang qu'elle occupait. On déprime par un jugement Contraire au jugement favofable que les autres en portent. On déprise une chose par un jugement défavorable , par une offre désavantageuse , par une estimation aa rabais

nm

qai la met fort au-dessous de son taux , lai ôte beaaconp de son prix réel ou d'opinion , lui suppose une valeur inférieure.

2>«^nV0r indique une simple opinion dans la personne de celui qui déprise ; déprimer , nne forte envie de nuire; dégrader suppose dans la personne ou la chose qu'on dégrade j une élévation dont on la fait tomber.

DEGKÉ , ESCALIER , MARCHE , MON- TÉE. Ces quatre mots ont rapport à ce qui sert à monter aux différens étages ou à en descendre.

Uescalier est proprement la partie d'un bâtiment qui sert à monter ou à descendre.

Il est composé de plusieurs parties également élevées les unes au-dessus des autres que l'on nomme degrés si cm les considère relativement àlear hauteur, et marches si, faisant abstraction de leur hauteur , on ne les considère que relativement à leur étendue horizontale supérieure, sur laquelle on met le pied en montant ou en descendant, et sur laquelle on s'arrête aprè$ avoir monté le degré inférieur. Degré,' dit l'Encyclopédie, s'employait dans le dernier siècle pour signifier chaque mar" che d'un escalier , et le mot de marche était uniquement consacré pour les autels. Je ne sais jusqu'à' quel point cette assertion est vraie ^ mais il est certain qu'on trouve encore dans le langage actuel des traces de cette distinction. En effet , quoiqu'on dise aujourd'hui les degrés ou les marches d'un escalier, Qu ne dirait pas également les degrés ou les marches d'un autel , les degrés on les marches d'un pavUlbn , les tiegrés ou les marches d'un perron. Degrés , en ce sens , ne se dit que des parties d'un escalier, mais on appelle marches, et mm degrés, tontes les choses de cette espèce qxd n'en font point partie. On dit au propre les marches du trône ; si l'on dit les degrés du trône ce n'est qu'au figuré , et pour indiquer les différens moyens par lesquels on est parvenu à la souveraineté. Les officiers de la couronne sont assis sur les ' marches du trône , et non sur les degrés du trône.

La montée est lapente plos ou moins douce de V escalier, ce qui dépend de la hauteur et de la largeur de chacun des degrés.

Les degrés sont éganx ou inégaux , selon que-ies hauteurs en sont égales on inégales; et les marches sont égales ou inégales , selon que les girons en sont également ou inégalement éttendus. On monte les degrés et on se tient sur les marches.

l^GRINGOLER , TOMBER. Tomber, c'est être porté du haut ett Bas par Vaction 4e lu

pesanteur. Dégringoler , c'est tomber en rou- ^ lant successivement sur les parties qu'on par^ court en tombant du haut en bas.

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