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DIFFÉRENCE, DIVERSITÉ, VARIÉTÉ

La Dariété consiste dans un assortiment de plusieurs choses différentes , quant à l'apparence ou aux formes , de manière qu'il en résulte un ensemble, un tableau agréable, par leurs différences mêmes. La diversité consiste dans les différences assez grandes , soit quant à l'objet qui a changé, soit quant à deux ou plusieurs objets qui concourent ensemble pour qu'ils ne se ressemblent pas, ou ne s'accordent pas, ou ne se rapportent pas l'un à lautre , de manière qu'ils semblent former un autre ordre de choses. La différence consiste dans la qualité ou la forme qui appartient à une chose exclusivement à l'autre, de manière qu'elle empêche de les confondre ensemble.

La Dariété suppose plusieurs choses dissemblables et rassemblées comme sur un même

fond. La dii^rsité suppose une opposition on un contraste; la différence suppose la ressemblance.

La lyariété coupe, rompt runiformité; la différence exclut l'identité ou la parfaite ressemblance. (ROUBAUD.)

DIFFÉ^IEND, DISPUTE, QUERELLE. Ces trois mots ont rapport aux différentes espèces de contestations qui ont lien entre les hommes.

Le différend est l'exposition tranquille et modérée, des raisons pour et contre, à l'occasion d'une chose contestée. La dispute t»t une contestation plus on .moins vive à l'occasion d'une chose sur laquelle ils sont d'avis différens. La querelle est une dispute vive et véhémente.

Dans le différend on n'examine que la chose et les droits qu'on croit y avoir. La dispute a plus de rapport aux personnes ; de part et d'autre, on attaque et on tache de réfuter les opinions. La querelle a encore plus de rapport aux personnes ; les deux partis sont animés l'un contre l'autre.

La concurrence des intérêts cause les différends, La contrariété des opinions produit les disputes ; l'aigreur des esprits est la source de^ querelles, *

Les différends dégénèrent souvent en dis' putes, et les disputes en querelles.

L'envie et l'avidité font qu'on a quelquefois des différends pour des bagatelles. L'entêtement joint au défaut d'attention à la juste valeur des termes, est ce qui prolonge ordinairement les disputes. Il y a dans la plupart des querelles plus d'humeur que de haine.

On vide le différend; on termine la dis" pute; on appaise des querelles. '

DIFFÉREND. V. Démêle, Altercation.

DIFFÉRER, TARDER. Ces deux mots ont rapport au temps où l'on veut faire une chose ou que l'on emploie à la faire.

Différer, c'est remettre, renvoyer à un autre temps à un temps plus ou moins éloigné. Il n'indique que la volonté de celui qui diffère, et l'actipn de remettre à un autre temps , sans aucun rapport au temps où la chose devrait ou aurait dû être faite.

Tarder a rapport à l'opportunité du teinps ou des circonstances, et signifie différer ou faire lentement une chose qui devrait être faite promptement et à une certaine époque.

On diffère une chose, ou de faire une chose, par la seule raison qu'on veut la différer , et qu'on n'est point astreint à la faire vite ou à l'achever à une ceitaine- époque. On tar^e à faire on de faire une chose , lorsqa'en

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la différant^ on la renvoie à nn temps où | elle sera faite tard, trop tard, soit relativement à sa destination, soit relativement au désir de ceux qui l'attendent avec impatience.

On diffère une chose par paresse , par indifTérence, od parce qn'on en a nne plus'pressante à faire ; on tard^ à faire on de faire une chose lorsque , sans égard au temps où elle devrait . être faite , on la renvoie à un temps plus éloigné , ou qn'on la fait assez lentement pour qu'elle ne soit pas achevée à cette époque.

C'est de l'adverbe tard qui entre dans la composition de m/v/er, que vient cette idée accessoire. Tarder de faire ou à faire une chose, c'est faire tard une chose qui devrait être faite plus tôt; différer de faire une chose, c'est simplement la renvoyer à un autre temps sans aucun rapport à la nécessité ou à la convenance de la faire plus tôt ou pins tard.

On dit de quelqu'un, il tarde bien à revenir , lorsqu'on est dans l'attente , dans l'impatience de le voir revenir; et il a bien différé soii retour, lorsqu'il n'y a ni attente ni impatience.

DIFFICULTÉ. V. Awicrochi.

DIFFICULTÉ, EMPÊCHEMENT, OB- STACLE. La difficulté embarrasse ; elle se trouve sur-tout dans les affaires et en suspend la décision. Vobstacle arrête; il se trouve proprement* sous nos pas , et barre nos démarches. Vempéchement résiste; il semble mis exprès pour s'opposer à l'exécution de nos volontés.

On dit lever la difficulté, surmonter l'otstacle , ôter ou Y9\TiCteV empêchement.

Difficulté semble exprimer quelque chose qui naît de la nature et des propres circonstances de ce dont il s'agit ; obstacle semble dire quelque chose qui vient d'une cause étrangère ; empêchement • fait entendre quelque chose qui dépend d'une loi ou d'une force supérieure.

La disposition des esprits fait souvent naître dans les traités plus de difficultés , que la matière même sur laquelle il est question de statuer. L'éloquence de Démosthènes fut le plus grand obstacle que Philippe de Macédoine trouva dans ses routes politiques, et qu'il ne put jamais surmonter que par la force des armes. La proche parenté est un empêchement au mariage que les lois ont mis et que les lois peuvent ôter. (Girard.)

DIFFORMITÉ, LAIDEUR. Ces deux mots sont synonymes, en ce qu'ils sont également

opposés à- Vidée de la beauté quand on les applique à la iigure humaine.

La difformité est ou l'absence d|une ou de plusieurs parties qui concourent à constituer la belle forme , la forme naturelle d'un objet, ou un défaut de proportion dans une ou plusieurs de ses parties. C'est une diffor-' mité de n'avoir qu'un bras; c'est une difformité d'avoir un bras plus court que l'autre.

La laideur est l'apparence repoussante d'un objet dont la vue choque ^es idées 4«« nous avons de la beauté.

Difformité se dit de tout défaut dans les proportions convenables à chaque chose; aux bâtimens, aux formes des places , des jardins, au style, etc. Laideur ne se dit guère que des individus de l'espèce humaine; ce n'est donc que lorsque difformité est applîl^ué à un individu de l'espèce humaine qu'il est synonyme de laideur.

En parlant des personnes, la difformité peut exister sans la laideur ^ lorsqu'elle ne frappe pas sur des parties trop apparentes , et qu'elle n'est pas excessive. Par exemple, une femme peut n'être pas laide, et manquer d'un doigt de la main, ou avoir une légère difformité à un pied. C'est une femme qui a une difformité, mais on ne peut lui attribuer la laideur; elle n'a rien de repoussant.

De même la laideur peut exi>ter sans la dif' fjrmité; car l'idée de laideiw s'appliquant souvent au visage et à ses couleurs, une femme peut être bien proportionnée dans toutes le?^ parties de son corps, et avoir le visage noir;» jaune on de quelque autre couleur désagréable; alors on ne pourra pas dire qu'elle est difforme, mais on dira qu'elle est laide.

La difformité ne dégénère en laideur que lorsqu'elle attaque des parties essentielles à la beauté. On dit d'une femme qui n'a point de jambes qu'elle est difforme, mais on peut dire aussi qu'elle est laide, parce que cette difformité la prive de deux choses essentielles à la beauté, et a quelque chose de repoussant.

La difformité dit quelque chose de réel et de positif; la laideur qui ne résulte pas de la difformité, indique quelque chose d'arbitraire, de variable, qui dépend des goûts, des idées reçues, des préjugés, etc. Une négresse ou une femme blanche qui n'a qu'un bras a une difformité réelle; mais c'est une laideur pour une négresse de n'avoir pas la peau très noire; et c'en est une pour une femme de nos climats de ne pas l'avoir blanche.

Dans le moral , on dit difformité et laideur, mais avec quelque égard aux différences du sens physique. On dit la difformité, et non la laideur du vice, parce que la vertu est une

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