DIG
partie esaentielle de Tètre moral, et que Tab- «ence de cette partie essentielle cause la dif» for/nité de Tanie ; mais ou dit plutôt la laideur , qae la difformité da péché, parce que les péchés ne sont dans notre ame que des taches passagères qui penvent s'effacer par la pénitence, et qni ne supposent pas une dépravation aussi essentielle que le vice.
DIFFUS, PROLIXE. Ces deux mots ont rapport aux défauts qui rendent trop longs le discours ou le stylé. Ils se disent aussi des auteurs.
Diffus, en latin di/fusus, de diffundere , ac répandre çà et U , se dit d'une manière de parler ou d'écrire où l'ame , pleine d'nn sentiment qu'elle ne peut contenir en elle-même , se répand au dehors par des répétitions fréquentes, par des idées accessoires, par des détails minutieux qui, loin de contribuer à l'exprimer plus clairement, ne font souvent qu'en affaiblir l'image.
Prolixe, du latin prolixus, étendu en avant , prolongé , se dit d'une manière de parler ou d'écrire, où l'on dit beaucoup de choses qui sont inutiles, que l'on ne devrait pas dire , et qui rendent le discours trop long.
Il me semble qu'aucun synonymistç n'a aperça la véritable différence qui distingue ces deux mots.
Ils disent tous que diffus regarde les idées, et que prolixe regarde les mots. Mais prolixe i^e regarde-t-il pas aussi les idées P On ne dit pas qu'un auteur est prolixe par la seule raison qu'il multiplie inutilement les adjectifs, qu'il emploie des périphrases au lieu de définitions , et qu'il préfère sans utiUté les tours les plus longs aux tours les plus courts ; on fait aussi entrer dans l'idée de ce mot les explications accessoires inutiles , longuement et ennnyeusement développées, les détails minutieux , eu un mot , toutes les choses inutiles qni contribuent à rendre le discours trop long. Gmchardin et Gassendi passent pour des auteurs prtdixfs, non parce qu'ils multiplient les mots, mais parce qu'ils multiplient inutilement les détails.
La prolixité ne regarde donc pas seulement les mots , mais elle regarde aussi les idées.
Diffus, d'après le sens de sonétymologie, ne doit se dire que des choses épanchées par l'effet d'une cause intérieure. Un jeune homme éperdument amoureux qui parle de sa maîtresse ou qui lui écrit, est naturellement diffus, parce que son cœur est plein d'un sentiment qui s'épanche. Un peuple opprimé par la lyramie aéra natureUement diffiu dans ses
plaintes; parce qu'elles sont l'épancheiDent du sentiment de douleur qu'il éprouve. Un ami est souvent diffus avec son ami; c'est l'épanchement de sou cœur.
La diffusion est nécessairement l'effet d'une ame pleine d'un sentiment qui se répand au dehors pour satisfaire quelque passion, quelque désir, quelque besoin qu'elle éprouve au dedans. Un auteur pressé par la crainte d'être obscur , se répand souvent en accessoires inutiles qni le rendent diffus.
Tout ouvrage dijfus est aussi prolixe: il est diffus parce que la passion, le désir ardent, le besoin pressant , l'ont porté à étendre outre mesure son sujet, ou à le délayer dans des idées étrangères et superflues; il est prolixe , parce que cette diffusion Fa rendu ou a contribué à le rendre trop long.
Mais un ouvrage prolixe n'est pas diffus si la prolixité vient uniquement de l'esprit et non d'un sentiment qui s'est épanché.
Diffus suppose donc toujours un épanchement ; prolixe ne suppose que l'excès de la longueur.
Si quelquefois, dit J.-J. Rousseau, l'amitié rend diffus l'ami qui parle , elle rend toujours patient Tami qui écoute. Voltaire dît aussi: Yoilà bien du babil pour un malade; mais je vous aime , et le cœur est toujours un peu diffus. Mettez, dans ces deox exemples, prolixe au lieu de dijfus, et vous sentirez combien le premier sera 'déplacé.
L'amitié ne rend pas prolixe, elle rend diffus ; l'amitié n'oblige pas à s'étendre en paroles inutiles ni à rendre un discours trop long , elle porte à épancher le sentiment qu'on éprouve. Le cœur est toujours un •peu prolixe, signifierait le cœur a toujours un peu de propension à faire dire des choses trop longues ; et Voltaire veut dire , le cœur a toujours un peu de propension à épancher les sentimens qu'il éprouve.
La diffusion naît d'une faiblesse du cœur; la prolixité d'un défaut de l'esprit.
Diffus est le contraire de précis ; prolixe le contraire de pressé.
D'après la fausse explication que l'on donne ordinairement ces mots, on appelle souvent diffus ce qui n'est que prolixe. Un historien qui ajoute aux faits principaux une multitude de détails inutiles , n'est pas diffus, parce que les choses inutiles qu'il dit ne partent pas d'un sentiment qui s'épanche, mais qu'elles sont uniquement l'ouvrage froid de son esprit ; il n'est (\ue prolixe.
ÊTRE DIGNE, MERITER. Ces deux ex- ,p ressions ont rapport à la liaison qu'il y a e Btre ka ))oniie8 on les maavaiaç» «étions , et