DON
Vitnàe et les onvrages qn'eUe prodoit. LVmdition annonce les connaissances les pins re~ cherchées, mais dans Tordre sealement des belles-lettres. Le savoir dit quelque chose de plos' étendu , principalement dans ce qui est de pratiqne. La science enchérit par la profondeur des connaissances, avec un rapport particulier à ce qui est de spéculation. Quant au mot doctrine , il ne se dit proprement qu*en fait de mœurs et de religion. Il emporte aussi une idée de choix dans le dogme , et d'attachement à un parti , on à une secte.
La littérature fait les gens lettrés ; Vérudi" iion fait les gens de lettres; le savoir fait les doctes; la science fait les sa vans; la doctrine fait les gens instruits.
DOMICILE. V. Demeure.
DOMMAGE. V. Dam, Déteimewt, To»t, Préjudice.
DON, PRÉSENT. Ces deux mots signifient €9 qu'on donne à quelqu'un sans y être obligé. Yoici les différences qui les distinguent.
Le don est la chose qu'on donne; le présent est non-seulement la chose qu'on donne , mais la chose qu'on donne en la présentant. On ne peut pas présenter une terre , un château , une maison, on en fait des dons; l'on présente un bijou, un écrin, ce sont des présens.
Le don a ponr but particulier l'avantage de celui à qui on le fait. On fait don de choses utiles. Le présent est plutôt offert par le désir de plaire à la personne à qui on le présente; on fait présent de choses agréables.
Sous ce point de vue on appelle quelquefois présent ce qui est proprement un don. Ainsi Vàn dit qu'un ami a fait présent à son ami d'une johe maison de campagne; l'idée d'agrément , le désir de plaire , détermine seul ici le choix de cette expression.
Tons direz plutôt les dons de Cérès, et les présens de Flore ; les ans sont utiles , les autres sont agréables.
On appelle dons du ciel, les bonnes qualités, les dispositions heureuses que l'homme reçoit immédiatement du ciel et qu'il emploie pour son utilité ; on appelle présens du ciel, les combinaisons que le ciel a rendues possibles pour notre agrément. La sagesse est un d n du ciel ; l'amitié est un présent du ciel. La première nous est donnée immédiatement du ciel pour diriger notre conduite ; la seconde est une combinaison , une union que le ciel a rendue possible ponr notre satisfaction.
Don se dit des biens proprement dits. On fait don d'une terre , d'une mabon , d'une somme d'argent, ete. ; présent se dit des choses agréables faites pour plaire, propres à flatter U goÂt; des oavrkgcs de Part on
embellis par Part. On fait présent d'an heaa cheval, d'une voiture brillante, de vins exquis, d'un, bijou précieux, d'un livre rare, d'un tableau d'un grand inaître, d'une pamre élégante, etc., et on consulte pour cela le goût, les désirs de ceux à qui on les fait.
Tontes ces choses peuvent être présentées; mais toutes ces choses sont aussi des dons lorsque celui qui les donne ne peut pas les présenter.
Un homme fait des dons par soa testament; il ne peut pas faire des présens. Lorsque la chose passe dans les mains de celui à qui il l'a donnée, il n'existe plus , il ne peut pins présenter, ni faire présenter. Il ne peut plus faire des présens, il a fait des dons. Aii\si, dans ce cas et dans quelques autres, les choses que l'on appellerait des présens, si elles étaient présen tées, deviennent des dons parce qu'elles ne le sont pas. Un homme de son vivant fait présent à son ami d'une bibliothèque bien choisie, d'un riche mobilier, de plusieurs bijpux; et par son testament il lui fait don de sa bibliothèque, de sou mobilier, de ses bijoux.
D' Alembert prétend que le présent est moins considérable que le don. Kouband a relevé cette erreur.
Le présent d'un écrin de diamans est sans doute plus considérable que le don d'une chaumière ou d'un quartier de terre.
D' Alembert se trompe encore en disant que le présent se fait k des personnes moins considérables, excepté quand il s'agit de Dieu.
Beauzée juge que cette qualité n'est point essentielle au présent , et Roubaud est da même avis, en ajoutant que d' Alembert dit lui-même que les princes se font mutuellement des pré" sens par leurs ambassadeurs sans qu'il y ait inégalité de personnes , et qn'on dit les dons de Diea ; les dons da Saint-Esprit , malgré la grande supériorité de celui par qui le ilon est fait.
Nous pensons que les pirésens se font à tonte^ sortes personnes ; à des égaux par des égaux, à des supérieurs par des inférieurs, à des inférieurs par des supérieurs. Mais le mot présent, loin d'indiquer de l'infériorité de la part de celui qui le reçoit, en indique au contraire de la part de celui qui le fait.
he présent, de quelque part qu'il vienne, marque toujours un aveu vrai ou simulé, d'estime, de reconnaissance, d'envie de plaire, d'obtenir ou de conserver l'amitié, la bienveillance , la confiance , etc. ; et tontes ces choses marquent ane sorte d'infériorité morale de celui qui demande à l'égard de celai qui ne demande rien, car faire des pr^^n^ est ane manière de demander^ on ne lait pas des