‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 40 sur 253 · AIT · texte numérisé non relu

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différence entre les conjonctions adifersatives et les conjonctions disjonctives que dans les €ulvers€idves le premier sens peat subsister sans le secours da second, qui loi est opposé; au liea qu'avec les disjonctives ^ l'esprit considère d'abord les deux membres ensemble et ensuite les divise en donnant l'alternative,, en les partageant, en les distinguant. Dans La for> tune peut bien ôter les richesses, mais elle ne peut pas ôter la vertu, le premier membre peut subsister sans le secours du second; mais dans C'est le soleil on la terre qui tourne; c'est vous ou moi; soit que vous mangiez, soit que vous buviez; l'un des membres ne peut pas subsister sans le secours de l'autre , à moins que l'on ne dénature la proposition. En un mot, Vadversative restreint ou contrarie; au lieu que la disjonctive sépare ou divise.

L'ADVERSITÉ, LES ADVERSITÉS. L'adversieé est un état; les adversités sont des accidens. On peut éprouver plusieurs adversités sans être dans l'adversité. L'adversité est le résultat des grandes adversités»

ADTNAMIE. V. Asthéhib.

AFFABILITÉ, POLITESSE. Vaf/abilité ne s'exerce qu'à l'égard des inférieurs ; la po' litesse s'exerce à l'égard de tous ceux avec qui l'on a affaire, mais plutôt à l'égard des personnes indifférentes qu'avec les amis , dans la maison d'un étranger que dans la sienne , sur-t(5ut lorsqu'on y est en famille avec son père, sa mère, sa femme , ses enfans.

"UaffabiUté consiste à donner à ses inférieurs une bonne idée de soi, à leur inspirer de la confiance. La politesse est une inclination douce et bienfaisante qui porte à ne rien faire, à ne rien dire qui puisse déplaire aux antres , à faire et à dire tout ce qui peut leur plaire.

AFFABILITÉ, CIVILITÉ. Vajfahilité est un caractère de douceur, de bonté, de bienveillance qui se manifeste dans la manière de converser avec ses inférieurs , de les recevoir, de les écouter, d'en agir avec eux.

La civilité est l'observation de certaines règles de convention différentes selon les temps, les lieux, la condition des personnes, et destinées à marquer les égards qu'on a pour les autres ; c'est une certaine attention à faire que par nos paroles et nos manières les autres soient contens de nous.

V amabilité est souvent dans les grands nne bassesse d'ame qui cherche à se faire des créatures; la civilité est une espèce de crainte de passer pour grdssier, et une attention à éloigner des antres tout ce qui pourrait Caire naître' cette idée.

V affabilité et la civilité consistent l'un^ et l'autre dans des marques extérieures et sensibles des sentimens intérieurs et cachés. L'une tend à capter l'estime et la confiance, à attacher par le prestige de l'espoir; l'autre tend à plaire par les manières et par les paroles , à marquer les égards qu'on a pour les autres, et à faire en sorte qu'ils soient contens de nous.

AFFABILITÉ , HONNÊTETÉ. V honnêteté, dans le sens où ce mot est synonyme à^affa»

bilité , est une attention particulière à plaire aux autres par des manières prévenantes, même lorsqu'on pourrait en agir antr«ment sans encourir aucun blâme. "Vhonneteté est bien plus étendue que \ affabilité y elle comprend toutes les personnes avec lesquelles on est on l'on se met en relation. X^ affabilité répond d'une manière gracieuse aux avances que font les autres; V honnêteté fait souvent ellemême les avances. Il a en V honnêteté de me prévenir. On reçoit avec affabilité les inférieurs qui demandent, qui sollicitent quelque chose; on reçoit avec honnêteté ses supérieurs, ses égaux, ceux qui se présentent à nous par toute autre espèce de motif. '

AFFABILITÉ, GRACIEUSETÉ. Gracieux seté est une expression familière dont on se sert quelquefois an lieu à^affabilité; il dit plus que ce dernier. La gracieuseté tombe particulièrement sur les manières gracieuses et prévenantes. Vaffabilité peut conserver une certaine réserve, une certaine retenue inspirée par la supériorité; la gracieuseté se livre tout entière, elle va an devant.de ce qu'on demande.

AFFABLE , GRACIEUX. Nous sommes gracieux par des airs prévenans pour ceux qui s'adressent a nous; nous voulons leur plaire. Nous sommes affables envers nos inférieurs en les écoutant avec bonté , en leur répondant avec bienveillance, ou en entrant avec eux dans des détails qui peuvent les intéresser; nous voulons qu'ils nous croient disposés en leur faveur. Il faut être gracieux sans minauderie , et affable sans familiarité.

AFFABLE, PQLÏ» On est /7o&' envers toutes les personnes à qui l'on a affaire, on n'est affable qu'envers ses inférieurs. VhommepoU témoigne des égards , l'homme affable de la bienveillance. Il faut être poli sans fadeur, ajC fable sans affectation.

AFFABLE, CIVIL. Lliomme c<V27 témoigne de la déférence ; l'homme affable, le désir d'obliger. Il faut être civil envers tout le monde, affable envers ceux qui ont besoin de nous. Il faut être civU sans importuuité , et affable sans fausseté.

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AFFABLE, HONNÊTE. L'homme honnête observe les bienséances et les nsages de la société, il a des attentions; l*homnje affable témoigne de la doncear et de la bonté, il a de la condescendance.

AFFAIBLIR, DÉBILITER. ^j^û/W/r, c'est en général diminuer la force, les forces de quelque chose que ce soit et de quelque manière que ce soit. On affaiblit le corps et l'esprit par la débauche; on affaiblit un état, une armée , etc.

Débiliter se dit en général des fibres dont le corps humain est composé, qui sont affaiblies par le relâchement de leur tissu, par la trop grande diminution on le défaut de leur ressort. Le même ^ot s'emploie aussi par les médecins pour exprimer les mêmes vices dans les vaisseaux, dans les viscères et autres parties organiques du corps humain.

AFFAIBLIR, ÉNERVER. j4ffaiblir se dit de toute sorte de diminution de forces; énerver se dit particulièrement des effets que cause la débauche du vin ou des femmes, qui rend ceux qui s'y livrent faibles, débiles, énervés.

AFFA3LISSEMENT , DÉBIUTATION.

Affaiblissement se dit de toute sorte de diminution de forces, de vigueur, de vivacité.

X! affaiblissement du coi^s, de l'esprit, de la vue, de la voix, etc. Débilitation ne se dit que de X affaiblissement àes fibres, des vaisseaux, des viscères et autres parties organiques du corps humain.

AFFAIBLISSEMENT , ÉNER V ATION. Affaiblissement est un terme général qui s'applique à tonte diminution de forces. Énervation est peu usité ; il se prend dans le même sens qvi^énerver qui Test davantage. VaffaibUssement peut n'être que momentané, Vénervation est plus durable. Une saignée cause de X affaiblis sèment ; les déhanches causent de Vénervation.

AFFAIBLISSEMENT, FAIBLESSE. V affaiblissement est susceptible de degrés. La faiblesse, dans le langage des médecins^ est une diminution des forces si considérable qu'elle cause la lésion de toutes les fonctions, snr-tout celle du mouvement musculaire.

AVOIR AFFAIRE À QUELQtr UN, AVOIR AFFAIRE AVEC QUELQU'UN, AVOIR AF- FAIRE DE QUELQU'UN. Avoir affaire à quelqu'un suppose pouvoir, autorité, force, sapériorité de la part de ceux à qui on a affaire; et dépendance, infériorité, besoin, de la part de ceux qui ont affaire. Celui qui veut obtenir une grâce, une faveur, a affaire au ministre oo à ses commis; il n'a pas affaire

avec le ministre ou avec les commis. Un plaideur a affaire à ses juges; un inférieur a affaire à ses supérieurs, en ce qui regarde la subordination. Il a affaire à un homme dur et méchant. Je vous plains d*«w)ir affaire à un tel homme.

Avoir affaire avec quelqu'un suppose concours d'affaires, discussion, différends, con« testations. Un commis a affaire avec le ministre, lorsqu'il lui rend compte de quelque affaire, qu'il lui en dit son avis; un associé a affaire avec son associé, lorsqu'ils traitent ensemble de leurs affaires. Il faut éviter d'«voir affaire avec des fripons. Toi eu affaire avec cet homme-là an tribunal de commerce.

— On dit qu'une femme a eu affaire avec un homme, ou un homme avec une femme, pour dire qu'ils ont en ensemble un commerce de galanterie.

Avoir affaire de signifie avoir besoin de.

J* ai affaire de' yous^ ne tous éloignez pas, j'ai besoin de vous parler, de vous employer à quelque chose , de vous charger de quelque commission. On dit par ibécontentement ou par mépris ; J'ai bien affaire de cet hommelà, pour dire il m'embarrasse, il m'ennuie, je n'ai pas besoin de lui.

En parlant des choses , fai affaire de cette plancbe; j'en ai besoin pour l'employer, pour m'en servir.

ENTENDRE SES AFFAIRES, ENTENDRE LES AFFAIRES. Entendre ses affaires, c'est se conduire dans les affaires d'intérêt, de commerce ou autres, de manière à conserver ou augmenter ^{ovXunG, Entendre les affaires, c'est entendre la chicane, la conduite d'un procès.

AFFAIRÉ, OCCUPÉ. L'un et l'autre ae dit d'une personne tellement appliquée à faire actuellement quelque chose, qu'elle ne peut en être distraite pour en faire une autre. La différence c'est ç^ affairé suppose plusieurs affaires qui se succèdent, sans pouvoir être différées , et ^occupé ne suppose qu'une seule chose à laquelle on donne toute son application.

Un autre différence, c'est qu'occupJ se dit ordinairement de celui qui est appliqué à une occupation réelle , actuelle , sérieuse ; et vpL affairé se dit souvent des gens qui affectent d'avoir beaucoup d'affaires, et qui font ^ des riens avec le même empressement que àe% choses importantes.

AFFAISSEMENT. V. AnAxssiHiirr.

AFFAISSER. V. Abaisser.

AFFECTATION , AFFÉTERIÇ. Vaffecta^ tion est une ceirtaine manière de knanifester

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ses pensées , ses sen^mens , ses goûts , qui s'éloigne dn naturel , et marque le dessein d'en faire parade.

Vafféteriè consiste dans de petites manières extraordinaires, recherchées, qui s'éloignent da simple et du naïf, par lesquelles on s'efforce de plaire , d'être agréahle.

V affectation veut capter les suffrages , Xaf féterie veut intéresser. "Vaffectation est plus ordinaire chez les hommes , Vafféteriè chez les femmes.

AFFECTATION DU STTLE , AFFÉTERIE DU STYLE. Ces deux, expressions ne signifient pas la même chose, ^affectation sifppose l'envie de se distinguer,^ de faire parade de quelque chose,, elle se montre à découvert; Vafféteriè suppose le désir de plaire , et une recherche minntieuse dans les moyens d'y parvenir. "On tombe dans V affectation en coarant après l'esprit , et dans Vafféteriè en cherchant les grâces.

AFFECTATION , SINGULARITÉ. L'a/fectation et la singularité se font également remarquer; mais il y a cette différence entre elles, qn'on contracte V affectation, et qu'on naît avec la singularité,

AFFECTER, SE PIQUER. Avoir fort à cœur une prétention , c'est se piquer ; manifester ou déceler la prétention par des manières recherchées, étudiées, singulières , hahitnelles, choquantes, c'est affecter. On se pique en soi , on affecte au dehors. Celui qui se pique d'avcAr une qualité a telle opinion de loi-même; celui qui affecte cette qualité veat donner de lui cette opinion. Le premier croit être tel , le second veut le paraître.

On peut en. même temps se piquer d'une qualité et Vaffecter; mais ces deux expressions n'en ont pas moins alors la différence que nous venons d'indiquer.

Qui se pique d'une chose s'en fait un point d'honneur, en fait profession, en fait une affaire de vanité et une montre ridicule.

Vous vovispiquez d'être homme d'honneur, et vous ne Vaffectez pas , vous ne raffichez pas , vous n'en faites pas gloire. L'hypocrite offecte les vertus de l'homme de bien; et t'ertes, il ne se pique pas de les avoir, à njoins qu'abusivement on ne veuille dire qu'il a l'air de s^ en piquer, ou qu'il agit comme s'il ^^n piquait. ' '

11 vaut peut-être mieux, ne je /?iy«er jamais de rien. Un galant homme, dit Pascal, ne ■s en fait jamais accroire, parce qu'il ne se pique de rien. À se piquer on risque de s'en îaire accroire et même de se glorifier. Cest toujours un vic*e que ^ affecte^ une qualité , «oit qu'on l'ait, soit qu'on ne l'ait pas : dans

ce dernier cas , c'est hypocrisie; dans l'antm , il en est de cette affectation , comme de V affectation d'esprit, celui qu'on veut avoir gâte celui qu'on a.

On dit qu'un homme se pique d'une choses lorsqu'il est si sensible, si susceptible, si déli* catsur cet article, qu'il se pique même du mot, du trait le pins léger qui lui fait soupçonner q^'on n'a pas de lui la même opinion , et qu'il se défend ou défend sa prétention avec un emportement, une ardeur, un air, un ton , des manières qui décèlent toute l'opinion qu'il a de lui-même, et toute l'attache qu'il a pour cette opinion. Mais quand il en viendrait jusqu'à se glorifier, tous ces dehors, tous ces signes, tout cet éclat, ne sont pas r<z^cMfto/i. V affectation ealt réflééhie, étudiée, commentée, maniérée, volontaire, artificieuse, ridioole.

Comme le mot piquer annonce une vive impression, une sensation forte, on a (iAt piquer d'honneur , d'émulation , pour dire , exciter , aiguillonner quelqu'un par des sentir* mens d'honneur ou d'émulation; et ensuite se piquer d'honneur, de probité, de franchise, etc.

Cette remarque suffit pour faire sentir toute la force de la locution, et combien son idée est éloignée de l'idée propre du mot affecter, qui signifie s'éloigner du naturel, montrer trop d'art, charger ses manières, s'étaler ou s'afficher avec complaisance, etc.

AFFECTÉ, APPRÊTÉ, COMPOSÉ. L'homme affecté ne dit rien, ne fait rien naturellement. Brûlé du désir de se faire admirer et d'emporter des suffrages et des applaudissemens, il exagère tout ce qu'il croit pouvoir le conduire à cp but, et se rend ridicule à force de prétentions. Ia vanité est la base de son caractère. »

L'homme apprêté ne tend pas comme l'homme affecté à s'attirer des applaudissemens par l'exagération et la montre continuelle de ses qualités. Il tend à l'estime et à la considération, et emploie pour les obtenir des moyens tout différent. Persuadé que s'il peut faire croire aux autres qu'il a une haute opinion \ de lui-même, il leur inspirera la même idée, il apprête et dirige vers ce but son air, son maintien , ses discours et ses actions. Il est grave, réservé, peu communicatif, indifférent ou même dédaigneux pour les autres , afin de faire croire qu'il sent qu'il vaut mieux qu'eux. Comptant nniquement sur l'impression qu'il peut faire sur les autres en leur faisant croire qu'il fr la conscience entière de son propre mérite, il se garde bien d'une affectation qui montrerait qu'il n'est pas satisfait à cet égard , ou qu'il craint que

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les autres niaient pas la même opinion qae lui. Tandis qae Thomme affecté court après les louanges, et se travaille pour les obtenir, Thomme apprêté y attend gravement , comme des choses qui lui sont dues, l'estime et la considération auxquelles il prétend; il écarte même avec soin tout ce qui pourrait faire soupçonner qu'il doute qu'on puisse les lui refuser. La réserve est un voile mystérieux qu'il se garde bien de soulever de peur de dissiper l'illusion qu'il s'en est promise. L'amoui^-propre est le fond du caractère de l'homme apprêté.

Il y a cette différence entre un homme composé, un homme affecté, et un homme apprêté , que les deux derniers expriment ordinairement des caractères constans, et que le premier exprime un caractère variable et de circonstance. TartufTe est un homme com" posé tant qu'il cache son vrai caractère sous celui d'un dévot ; il ne l'est plus lorsqu'il se montre amoureux de la femme de son bien- ' faiteur , ou lorsqu'au dénouement il se démasque lui-même.

L'homme composé cache ses qualités naturelles sous des dehors étrangers. On compose, selon les circonstances, son air, sa figure, son maintien. L'homme composé ne veut pas paraître tel qu'il est, mais tel qu'il croit devoir paraître, selon ses vues et les circonstances.

Tous reconnaîtrez l'homme com/70^^, dit Roubaud, à sa gravité, à sa froideur, à sa lenteur, à sa réserve^ au travail apparent de "la réflexion ou à son air de circonspection ; il n'a ui cette ouverture, ni cette mobilité, ni cette facilité qu'exigeraient les circonstances, n nous semble que Roubaud s'est abusé ici en voulant donne]^ un caractère constant à un homme dont le caractère est essentiellement variable. Puisqu'un homme peut se composer il a donc un caractère naturel, nue manière d'être actuelle qu'il déguise, quand il veut, sous des airs ou des manières étrangères.

Tons ne pouvez donc pas le désigner par une espèce de déguisement qu'il prend et quitte à son gré.

Yous ne reconnaîtrez l'homme composé ni à sa gravité , ni à sa froideor, ni à sa lenteur, ni à sa réserve, etc. Ces caractères paraissent .mieux convenir à l'homme apprêté. On se compose de mille manières différentes et en prenant plusieurs apparences diverses. Si un homme naturellement grave, naturellement froid , naturellement lent, se compose de manière à paraître gai, passionné, vif, etc., ce n'est pas à son caractère naturel que vous reconnaîtrez qu'il est composé^ mais au déguisement qaUl a emprunté.

Il ne parait pas vrai non plos, comme le dit le même auteur , que l'orgueil soit le fond du caractère de l'homme composé. Tartuffe, dans tout le cours de sa scélératesse, n'est point un homme orgueilleux; l'orgueil n'est pas son caractère, c'est le désir de tromper et d'en imposer.

L'homme affecté s'agite sans cesse pour briller; l'homme apprêté modère tons ses mouvemens pour ne rien faire qui puisse faire soupçonner qu'il n'a pas nue grande idée de soi-même ; l'homme composé est toujours attentif à ne pas être reconnu sous son déguisement. Le pédanlisme est apprêté; l'hypocrisie est composée; la coquetterie est affectée,

AFFECTER, TOUCHER. Affecter, dans le sens où il est /synonyme de toucher , se dit de l'impression que font sur l'ame les objets par le moyen des sens, et qui se borne à une simple sensation de plaisir ou de douleur.

Ce qui affecte n'est pas senti par Famé ; il n'excite point en elle une action nouvelle; elle y est purement passive. Toucher se dit des impressions qui ont lien sur les facultés actives de notre ame, les mettent en mouvement et produisent de nouvelles actions , de nouveaux mouvemens, diiférens des impressions qui les ont occasionés. Ici l'ame est en même temps passive et active; passive par l'impression qu'elle reçoit, active par l'action à laquelle la détermine cette impression. L'éclat d'un spectacle affecte , il fait impression sur l'ame par le moyen des- sens \ il cause une setisation agréable. Le même spectacle |$eut nous affecter et nous toucher. Il nous affecte si sa vue nous frappe d'admiration, d'étonnement, de crainte, etc. Il nous touche s'il intéresse notre cœur par le malheur de quelque infortuné, il nous porte à la pitié, à la compassion, etc. Montesquieu a dit : les richesses des temples et celles du clergé nous affectent beaucoup; on ne peut pas dire qu'elles nous touchent, parce que l'impression qu'elles causent ne tombe point sur nos facultés actives et n'occasione pas une action nouvelle de la part de ces facultés. L'admiration, la surprise, affectent l'ame ; ce sont des impressions simples qui y restent pendant quelque temps, sans mettre nos facultés actives en activité; nous sommes touchés de repentir parce que le repentir nous porte à des actions qui puissei^t réparer le mal que nous avons fait. Dieu touche le ^œur du pécheur , et le pécheur se convertit.

On est affecté d'une injure, d'un affront,' d'un refus, d'une humiliation, ce sont des impressions simples; on est touché d'un bien«i fait, parce qu'il inspire la reconnaissance;

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i*ane beHe action, parce qu'elle fait naître restîme et l'admiration; d'nne marqne d'attachement et d'amitié, parce qu'elle nous flatte et nous inspire du retonr.

Jffectèr a plus de rapport aux sensations ; toucher en a davantage à l'esprit et au cœur. La vue d'un ennemi nous affecte; les beautés d'un poème ou les bonsoffices d'un ami nous touchent.

Nous sommes affectés de ce qui nous cause quelque peine, quelque embarras, quelque surprise ; nous sommes touchés de ce qui a un rapport direct avec notre Lien-étre, notre satisfaction, notre intérêt, notre amour-propre, nos plaisirs. Si l'amour de^ la vertu et la crainte des dieux, a dit Fénelon, ne vous touchent plus , au moins soyez touchés de votre réputation et de votre intérêt. Pourquoi ne peut-on pas substituer ici affecter à toucher? c'est qu'il s'agit d'impressions fortes et durables qui doivent influer sur ce que l'homme a de plus cher.

AFFECTION, INCLINATION. L'aj^^ecttoii est en général un sentiment de l'ame qui s'attache à une personne ou à une chose ; en ce sens, il exprime le gienre* des sentimens de cette nature; et attachement, amour , tendresse ,' etc. , en expriment les espèces. U se prend en bonne ou en mauvaise part.

Affection, dans un sens plus restreint, se prend pour un sentiment particulier de l'ame qui s'attache à telle ou telle personne, à telle on telle chose. Cest dans ce sens que nous considérons ici ce mot.

VincUnation n'est pas dans le cœur une iffection décidée, c'est plutôt une disposiion à Vaffectioh , qui vient de quelque chose joi plait dans l'objet vers lequel elle se porte., A qui finit bientôt ou se change en une <^ fècfzoTz positive , comme l'amitié, l'amour, etc. VincUnation esXVaffection la plus faible dont le cœur soit capable. V affection est plus forte qae VincUnation. Dsns celle-ci, il n'y a que disposition à l'attachement; dans celle-là, il y a on attachement réel, mais léger, et qui est platôt produit par im goût passager ou par les circonstances , telles que la parenté ou l'habitude, que par un sentiment vif du cœur. AFFECTION, .TENDRESSE. V affection est on sentiment léger et souvent passager qui dépend du goût ou de l'habitude. La ten»

dresse est un sentiment profond et dui'able qui prend sa source dans le cœur. La tendresse est concentrée dans un seul objet; Vaffection peut se porter sur divers objets en même temps.

AFFECTION , AMITIÉ. VanUtié différé de \ affection , en ce que celle-ci ii'e»t qu'un senu-

ment léger et passager qui nait du goût on àék circonstances, et que la première est nUrattai* chcfknent vif et constant qui prend sa source dans le cœur, et se forme par la connaissance des qualités et du caractère des personnes aux* quelles on s'attache. "-

AFFECTION, AMOUR. Vaffeotion est l'impression la moins vive et la moins forte qai affecte le cœur; V amour est la plus vive et la plus forte. Vaffection qui nait des cir» constances finit souvent avec elles. On a de Vaffection pour des parens avec lesquels on vit; cette affection s'éteint souvent s'ils sont absens pendant long-temps.

AFFECTION, DÉVOUEMENT. RouBaud prenant le mot affection dans ^on sens général le définit un sentiment profond qui vous rend sujet, vous attache; et d'après cette idée, il en fait un synonyme de détfouetnent, Vaffection y telle que nous l'avoAs considérée jusqu'à présent , est le plus faible des sentimens qui at* tachent à une personne on à une chose, et ne saurait être considérée comme synonyme de dévouement, qui est moins une affection que le résultat de Vaffection la plus forte , en pre» nant ce mot dans un sens général. Le dévoue»

ment est l'oubli de soi-même , le sacrifice entier de soi-même ; il est produit par une forte affection, mais n'est pas Vaffection', il en est l'exaltation-et l'héroïsme*

AFFECTION, ATTACIBBMENT. Voffec-tion est un sentiment qui fait que le cœm; s'attache à une personne ou à une chose; il n'est point ^affection sans quelque espèce à^ attachement. Mais le mot attachement ^evl exprime un sentiment qui fait que le cœur s'attache fortement. On a de Vaffection pour une personne que l'on voit souvent, sans être uni avec elle par des liens particuliers. Mais ' Vattachement suppose des liens étroits. On a de Vattachement pour sa femme» pour ses enfans , pour ses ami% On a de Vattachement à ses devoirs ; on a de Vaffection pour. les per^ sonnes qui plaisent, dont on a conçu une bonne opinion. On a de Vaffection pour les livres.

AFFECTIONNER, AIMER. La parenté, le voisinage y l'habitude, et plusieurs autres circonstances, font que l'on affectionne quelqu'un, c'est-à-dire qu'on a une disposition générale à l'obliger, à lui faire du bien , à le favoriser, à lui témoigner de la bienveillance , à lui marquer des égards. Mais il y a loin du sentiment exprimé par ce mot à celui qu'indique le verbe aimer. Aimer quelqu'un, c'est être attaché à lui par les sentimens de la nature, •^e l'amitié , de l'amour , etc. Un honune aime ses enfans, 11 prend d'eux un soin part^cu

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Uér; il s*ocoape avec i^rdeur de leur ëdn cation ,. de leur instmction , de lenr avancement, de leur bien-être. Il tUme aon ami, il S'occupe des moyens de Tobliger, de le rendre heorenx; il aime 'sa femme, il s'occupe assidûment à loi rendre leur union agréable.

Tontes ces choses sont des de voira qui dérivent de la nature des liens qui unissent à l'objet qu'on aime,

. Mais' il est des affections moins fortes qui ne liait pas si étroitement, qui n'astreignent point à des devoirs sacrés. Nées du goût, de la bienveillance, de l'habitude, elles sont aussi libres que les causes qui les ont produites.

Ainsi l'on a des devoirs à rempUr envers ceux qu'on aime, et seulement des procédés de convenance à observer envers ceux qu'.on affectionne. Les pi'enfiers sont sacrés, on ne saurait s'y soustraire; les autres tiennent un rang inférieur et dépendent de la volonté de celui qui affectionne, La bienveillance qui affectionne étant gratuite , personne ne peut l'exiger comme un di'oit. A ceux qu'on affec» tienne on donne des soins plus ou moins attentifs, on rend des services plus ou moins importans, on a pour eux des égards plus ou moins marqués, selon le degré èHaffecùon qu'on lenr porte.

Affectumner suppose quelque espèce de supériorité;, aimer n'en suppose aucune. Un maître affectionne son domestique, un domestique tit^feedonne pas son maître. Mais le maître peut «timer fiN>n domestique, de même que le domestique peut aimer son maître. A l'égard des choses , on affectionne celles que l'on préfère anx autres, à cause du plaisir qu'elles procurent; on aime celles pour lesquelles on a de la pussion. Un homme qui affectionne l'étude aime à s'y livrer de préférence à toute autre occupation; un homme qui aime l'étude s'y porte avec ardeur et néglige tout pour s'y livrer.

S'AFFECTIONNER, SE PAI^IONNER. On s'affectionne ftux personnes lorsqne les liens du sang , l'habitude de la fréquentation , les services rendus ou reçus , inspirent pour elles un sentiment d'attachement et de bienveillance ; on se passionne pour les personnes I<H:«qu'ayant une hante idée de leur mérite et de leurs bonnes qualités , on conçoit pour elles une admiraticm extraordinaire, on les exalte avec enthousiasme, on les recherche avec ardeur.

AFFECTUEUSEMENT, TENDREMENT, AMICALEMENT, AMOUREUSEMENT. ^Zfectueusement, avec des marques d'affection, de bienveillance; tendrement, avec des mar- 1 ijiies de tendresse^ d'amitié, d'amour ;49iiiica-|

Ument, avec la familiarité de l'amitié; mnoU' reu^^menf, avec les démonstrations de l'amour.

AFFERMER, LOUER. Affermer ne se dit que des bieUs ruraux ou des revenus publics; louer est consacré aux maisons, aux logemens, aux ustensiles et aux animaux. On afferme une terre, une métairie , moyennant une certaine somme i>ayable par année) on loue des ustensiles, c'est-à-dire qu'on en cède l'usage pour un certain prix et pendant un certain temps. On loue auQsi les pièces de terre qu'on ne cède que pour une année , sans bai}.

^ AFFERMIR, ASSURER: On affermit par de solides fondemens ou par de bons appuis , poar rendre la chose propre à se maintenir et à résister aux impulsions et aux attaques. On assure par la consistance de la position , ou par des liens qui assujettissent, afin que la chose se trouve fixée sans vaoiller. Au figuré, l'évidence des preuves et la force de l'esprit affermissent le sage dans sa façon de penser contre le préjugé des erreurs vulgaires. L'équité et les lois sont les seuls prihcipea sur lesquels le citoyen puisse assurer sa conduite.

AFFERMIR, CONSOLIDER. Affermir, rendre ferme, rendre stable; consolider, rendre solide. Ce dernier esft un ternie de médecine et de chirurgie, qui se dit de l'action de réunir, de manière à rendre solides et continus, les os fracturés ou les lèvres d'une plaie. '

On dit aossi consolider une naion, un traité, pour dire, convenir de quelques dispositions qui les rendent plus stables; par où l'on voit €\vi!affermir se dit d'une seule chose à laquelle on donne de la solidité , de la stabilité, et que consolider se dit de plusieurs choses ({ue l'on dispose de manière à concoarir à leur solidité, à leur stabilité commune.

AFFÉTERIE. V. Afficctatioit.

AFFICHE, PLACARD. Ces deux mou si- /gnifient un papier écrit ou imprimé sur nn seul côté , et que l'on colle sur les mors pour donner au public connaissance de qnelqae diiose qui l'intéresse ou peut l'intéresser.

"V affiche peut se faire sur une feuille entière de papier on sur une demi-feuille , ou même sur un quart de feuille ; les placards sont plus considérables et sont quelquefois composés de plusieurs feuilles de papier. Afftche se dit de toutes les annonces journalières peu considérables; placard se dit ordinairement des grandes affiches qui contiennent quelquefois | plusieurs feuilles. Des affiches apprennent chaque jour au public les pièces que l'on joue à chaque théâtre; on annonce par des placards les grandes propriétés à vendre, ou l'on fait coDuaitse les détails d'un jugement*

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Placard, dam le sens è^affichfi% se dit particnlière^ient des affiches qai contiennent des choses contre le gouvernement, contre les autorités on contre l'honneur des particuliers. On dit des placards séditieux, des/^/ocards injurieux; on ne dit pas à,ts affiches séditieuses, des caches injurieuses.

AFFICHER, PUBUER, PROCLAMER.

C'est, en général, faire connaître quelque chose au public. Afficher, c*est le faire counaitre par le moyen fH affiches appliquées sur les murs dans les endroits publics. Publier, c^estle faire connaître à haute voix au public, appelé au son du tambour on de quelque autre iustrumeat. Proclamer, c'est le publier solennellement an nom de Tautorité publique.

AFFIDÉ, CONFIDENT. Ces deux mots se disent d'une personne en qui on a confiance.

Mais affidé suppose une personne dont on connaît bien la fidélité, rattachement, Tintelbgenoe, Tadresse; confident marque seulemeut la confiance, abstraction faite des qualités de la personne à qui on Taccorde. Nous saTons qu'un affidé nous est sincèrement attaché par intérêt ou par quelqne autre motif; nous savons par expérience qu'il ne nous trompera pas, qu'il ne nous trahira pas; il a trop d'intérêt à ne le pas faire.

Confident indique seulement celui qui reçoit une confidence. On est toujours bien servi par ses affidés ; on est souvent desservi par ses confidens.

Le rôle dn confident est la discrétion; le rôle de V affidé est d'agir en tout selon les intérêtt de celui pour qui il travaille.

AFFILER, REPASSER, Affiler se dit des instramens neufs auxquels on donne le fil; repasser, des imtrnmeiis qui ont déjà servi et que l'on passe sur la pierre pour leur donner de nonveau le fil.

AFFILER, AIGUISER. Ces deux motis se disent des instrumens que l'on rend propj^ à couper on à pereer. On i\ffile le tranchant de ceux qu'on vent faire couper ; on aiguise la pointe de ceux qu'on veut faire percer. On affile et on aiguise ceux qui sont destinés à couper et à percer.

AFFINITÉ, AGGRÉGATION. Vaggrégation n'est que l'union de plusieurs parties semblables d'un corps sans décomposition , et que l'on nomme en conséquence parties intégrantes. Deux gouttes d'eau qui se réunissent forment une aggrégation. Vaffinite au contraire cMupose un nonveau corps des parties constituantes de delux on de plusieurs corps différeos.

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AFFINITÉ, C01SSAI^GUI?7IT]é. Vaffimté existe en conséquence d'une alliance par mariage; la consanguinité ]^rend sa source dans le même sang.

AFFINITÉ, ALLIANCE. Ces èenx mots marquent le rapport qui résulte entre denx fia milles d'un mariage contracté entre les membres de l'une et de l'autre; lùais alliance ne se dit que du rapport qui résulte entre les proches parens de part et d'autre , et affinité de celui qui résulte entre les parens éloignés. Il y a alliance entre les pères et mères, entre les oncles et les tantes des denx époux ; il n'y a c^ affinité entre les petits - cousins. \2aU liance comme \ affinité a diCférens degrés.

AFFINITÉ, RAPPORT. Le rapport est la conformité d'^ne chose à une autre, il consiste dans des qualités communes. Les rapports peuvent être plus ou moins éloignés. 12 affinité est un rapport prochain et intimei On peuï; trouver des rapports entre toutes les créatures que l'on compare entre elles; mais ces rapports sont très éloignés. "V affinité marque un ra/Tport^tellement étroit et prochain , que les deux choses tendent à s'unir et à outrepasser les bornes qui les distinguent. Il y a des rapports entre le père et le fils; il y a de Vaffinite entre le fer et l'aimant.

AFFINITÉ, ATTRACTION. L'adhérence plus ou moins forte des molécules des corps entre elles est ce que les chimistes appellent affinité, Vaffinite ne s'exerce qu'entre les molécules des corps; elle est insensible pour les masses; la loi qui tend à. rapprocher celles* ci s'appelle attraction,

AFFIQUETS, ORNEMENS pour la parui*e. Ornement se dit de toutes les choses qui servent à la parure des femmes; affiquets ne se dit que des ornemens les moins considérables, et s'emploie 'par raillerie ou par dénigrement. Une belle garniture de diamans est un ornement; on appelle quelquefois affiquets des nœuds de rubans, des boucles d'oreilles de peu de valeur, etc.

AFFIRMER , ASSURER. Assurer une chose , c'est la dire d'un certain ton , d'une certaine manière que l'on croit propre à en marquer la certitude. Affirmer nne chose, c'est employer le seiTuent pour la faire croire. Celui qui' assure n'engage que sa véracité; celui qui affirma engage sa religion et son honneur.

AFFIRMER, CONFIRMER. L'action èHaf* firmer se rattache à la- véracité de celui qui la fait. L'action de confirmer donne de nouveaux motifs, de nouvelles raisons pour regarder

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conime Traie, tine chose qni avait déjà été avancée comme telle.

AFFLICTION, CHAGIUN. V affliction est nn sentiment doalonrenx qni remplit le cœnr toat entier. Elle ^appose , da côté de Tobjet , nn grand, mal aaqnel il ne paraît paç y avoir de remède; dn côté de la personne qui Féj^oave, une sensibilité active qni Tattache à ce mal, sans chercher de soulagement. Le cha^ grin est un mouvement désagréable de Tame qui trouble sa tranquillité et suspend ou contrarie ses jouissances. Il peut venir d'une cause légère on grave , et n'éteint pas comme Vaffliction le goût de tout autre sentiment.

Vi^fflicùon abat, le chagrin aigrit.

AFFLICTION, TRISTESSE. Vaffliction a cela de commun avec la tristesse qu'elle est durable comme elle. Mais X affliction est active, et la tristesse passive. La première a toujours un objet réel ou imaginaire auquel elle s'attache ; la seconde n'est souvent que l'effet du tempérament. Si la tristesse attendrit l'ame , une profonde affliction l'endurcit. (J.-J. Rousseau. )

AFFLICTION, DÉSOLATION. L'^yjÇ/Zrcftow est moindre que la désolation. La première marque un abandon sans réserve an sentiment douloureux ; la seconde ajoute à cette idée celle de repousser toute espèce de consolation.

AFFLICTION , DOULEUR. La douleur est un sentiment plus vif et plus poignant que Vaffliction; elle tient à la sensation , mais elle ne renferme pas , comme Vaffliction , l'idée d'une sensibilité active et d'une durée présumée.

AFFLICTION, PEINE. Vaffliction est dans le cœnr ; elle est causée par la perte des objets- dont il était rempli. La peine est dans Fesprit ; elle est causée par des événemeus étrangers, mais que l'on aimerait mieox cpii ne fussent pas arrivés. Vaffliction est profonde et durable, la peine est superficielle et passagère. La mort d'une épouse chérie cause de Vaffliction; un malheur arrivé à des personnes que Ton connaît > ou même qu'on ne connaît point, fait Ae\di peine.

AFFLICTIONS, PEINES. Les afflictions sont moins ordinaires et pins fàcheases que les peine^. Les peines paraissent plus inséparables de la nature humaine, et comme Tapanage de cette vie. Les afflictions naissent des accideiis causés par les circonstances du hasard , ou par la méchanceté des hommes , ou par de grandes fautes de conduite.

AFFLICTIONS , CROIX. Le premier est du langage ordinaire, le second du langage de la dévotion. Les afflictions sont des croix.

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lorsqu'on les considère connue des adversités distribuées par la Providenbe, pour éprouver et faire valoir le mérite du diirétien,

. AFFLIGÉ , FACHÉ. L'un et l'autre est l'effet d'un mal particulier, soit qu'il nous touche directement, soit qu'il ne nous regardé qu'indirectement. Nous sommes affligés ou fâchés de ce qui nons arrive, on de ce qui arrive à nos tuois.A^igé tiLytixae plus de sensibilité et suppose un mal plus grand qae fâché. On est affligé de la perte de ce qu'on aime, d'une maladie dangereuse, d'un bouleversement de fortune. On est fâché d'une perte au jeu, d'une partie manquée, d'un contre-temps survenu , d'une indisposition. Ce qui afflige mine les fondemens de la félicité, en attaquant les objets de l'attachement; ce i^ fâche ne fait que troubler un peu la satisfaction, en contrariant le .goût ou le système qu'on s'est fait.

AFFLIGÉ, ATTRISTÉ. Affligé marque une douleur profonde causée par un mal qui nous touche de près et qui détruit notre bonheur. Attristé désigne un déplaisir léger, pins apparent que profond , causé par un mal qui ne nous touche pas directement, et qni s'oppose seulement à notre gaieté on à potre joie. On est affligé de la perte de sa fortune, ^ ou de la mort de son ami; on est attristé d'une continuation de mauvais temps , ou d'un événement malheureux qni arrive sous nos yeux à des personnes qui nons sont indifférentes. Le premier sentiment dure, le second s'évanouit bientôt.

AFFLIGÉ, CONTRISTÉ. Affligé suppose un sentiment particulier sans rapport aux sentimens des autres. Contristé suppose nn sentiment que l'on partage avec d'antres. Quand on dit qu'on est affligé d'une calamité publique, on ne parle que de la douleur qu'on en éprouve ; quand ou est contristé, on partage ce sentiment avec ceux qui en sont les victimes on qui craignent de le devenir.

AFFLIGE , MORTIFIÉ. Affligé suppose un mal qui vient du dehors, il n'exprime que la douleur qu'on en ressent; il tient à la sensibilité. Mortifié suppose un déplaisir qui- a sa source dans les fautes qu'on a faites , on dans le mépris, les airs de hauteur, les ironies qn'on essuie , on dans le sueeès d'un concurrent ; il tient à l'amom'-propre.

AFFLUENCE, CONCOURS. Affluence vient du latin fluere ad, couler à. Il ne se dit au propre que des eaux rénhies qui coulent sans interruption vers un endroit qni est le terme de leur cours; et au figuré, des choses que l'on considère comme réunies et ayant

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on coars non interrompa, comme les eanx d'une rivière qw d'un fleuve. Vaffiuence de la Marne dans la Seine; Vaffluence de la Seine dans la mer. 'Vafjluence des étrangers , des marchandises dans une ville; Vaffluence des richesses. Si l'on considère les étrangei^s, les marchandises, les richesses, comme formant une suite non interrompue qui arrive continuellement dans une ville ou dans une maison.

Concours vient de concurrere, courir avec, courir ensemble. Il exprinle le mouvement simultané de plusieurs personnes ou de plusieurs choses pour se rendre au même endroit par des voies différentes.

Affluence suppose donc une chose seule , on plusieurs choses de même nature considérées comme réunies en une seule , qui tendent à un endroit par un mouvement non interrompu et par ^ même "voie. Concours suppose un mouvement simultané de, plusieurs personnes qui tendent au même endroit par des voies différentes. Le concours ne produit point Vaffluence, comme on l'a dit , car Vaffluence existe en même temps que le concours, Affluence et concours expriment deux manières de considérer un mouvement qui tend au même but. Par la première , on considère le mouvement, seulement conmie tendant au but ; par la seconde, on le considère conu^ divisé en plusieurs parties qui tendent simultanément au même but par des Toies différentes. Les ruisseaux qui affluent k une rivière concourent à la grossir , et produisent tous ensemble un effet commun. Ici ce n'est point le concours qijii produit Vaf' fitence, mais au contraire Vaffluence qui produit le concours.

Vuffluence ne désigne pas, comme on l'a dit encore, un nombreux rassemblement; elle ne désigne que le cours de la chose au but où «aie tend, ou son arrivée au but où elle tendait. Vaffluence^à.ei vaisseaux ne produit aucun rassemblement; les eaux qui affluent dans « mer n'y produisent pas un nombreux ras- Bemblement; au contraire, ellts s'y perdent dans l'immensité des eaux de la mer , et bientôt n'y sont plus reconnaissables.

On dit une grande affluence de personnes , de choses , pour dire farrivée simultanée en tm endroit d'un grand nombrp de personnes ou de choses. Il y a une grande affluence d'étrangers , de marchandises dans une ville ; on rie veut marquer par là que l'arrivée au but.

On dit qu'une foire attire un grand concours , parce que les personnes qui s'empres

pour but l'endroit même , que dîfférens motifs qui les y attirent et qui les font concourir au même but. Les uns y viennent pour vendre, les autres pour acheter , d'autres pour leurs plaisirs; et le mot foire n'indiquant pas un endroit fixe, mais seulement un établissement passager, a plus de rapport au concours momentané des personnes, qu'à Vaf^ence qui tend à un endroit fixe et permanent.

Affluence ne se dit que d'une seule chose on d'une masse de plusieurs choses de la même espèce réunies. Ce ne sont pas les diverses rivières qui forment la Seine, qui.o^ fluent dans la mer , c'est la réunion eu masse de toutes les eaux, formant une seule rivière qui n'a qu'un seul nom. Concours, au contraire, suppose plusieurs choses. Diverses rivières affluent dans la Seine, mais chacune a son affluence particulière. Il n'y a point de concours dans l'action; mais les rivières qui affluent dans la Seine concourent à la grossir , parce que chacune est pour sa part dans cet accroissement, qui se -forme du concours de leurs affluences.

C'est à tort que l'on a voulu faire regarder foule et multitude comme des synonymes Vaffluence et de concours. Cea deux derniers mots indiquent essentiellement un mouvement avec lequel les deux premiers n'ont aucun rapport.

AFFLUENT, œNFLUENT. Vaffluence ne se dit <^e d'une rivière. C'est l'endroit où elle se jette dans une autre rivière. Confluent se dit de deux rivières, c'est l'endroit où deux rivières conmiencent à couler ensemble.

AFFLUER. V. Aborder.

AFFRANCHIR, DÉLIVRER. Affranchir suppose la rupture des liens par lesquels on est attaché et soumis. Délivrer suppose l'éloignement des maux que l'on était obligé ou forcé de souffrir. Le maître affranchit son esclave , parce qu'il ronq)t les liens par lesquels cet esclave lui était attaché et soumis. Un maître en affranchissant son esclave le délivre de tous les maux et de tous les inconvénîens de l'esclavage. On dit délivrez-moi , et non pas affranchissez -moi de cet homme qui m'importune ; il n'y a point de liens à rompre , mais seulement un mal à éloigner. Oft délivre un captif en payant sa rançon , on ne rompt pas ses liens, on les dénoue. On délivre un prisonnier pour dettes en payant ce qu'il doit; on ne rompt pas ses engagemèns, on les rem»pliti pour lui. On délivre d'dti mal, on «/franchit d'une obligation.

On affranchit proprement delà servitude,

•en; en même temps de s'y rendre ont moins du joug; on délivre du mal, d'^e peine quel-

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conque. On affrahchit une terre d'une rederance, d'une charge, de tonte servitude dont elle était grevée; on délivre un pays d'ennemis, de brigands, de tout ce qui lui est nuisible. On affranchit d'une sujétion , d'un devoir, d'un droit, d'un tribut , d'un engagement ; on délivre d'un poids , d'un fardeau , d'une charge, d'un embarras, d'une entrave, d'un travail ; toutes ces choses nuisent à la li- -berté naturelle. L'étiquette du céi'émonial, les craintes puériles , tes préjugés popula^ires asservissent , voilà pourquoi on s'en offrait' ckit. Le faible s'y astreint , l'homme fort s'en affranchit. Les importans, les curieux, les censeurs nous incommodent, et voilà pourquoi oïl s'en délivre. Le débonnaire les Gouffre , l'homme indépendant s'en délivre.

Le mot affranchir désigne un acte d*autorité, de puissance, etc., car il faut une puissance pour briser le joug que la puissance impose ; délivrer ne demande qu'une Yoie de fait , un acte tel quel , sans idée accessoire , car on délivre par toutes sortes de moyens. Vous affranchissez votre esclave, il était à vous, vous étiez le maître de retenir sa liberté on de la lui remettre ; vous délivrez l'esclave d'autrui, il a son maître, il faut l'enlever on le racheter. L'ordre religieux de la rédemption délivrait les captifs en payant }eur rançon aux pirates; des seigneurs du Nord affranchissent du joug de la glèbe leurs paysans, en usant de leur pouvoir et de leur raison.

On affranchit d'un état habituel, on ne délivre quelquefois que d'une peine passagère. On dit \ affranchissement des serfs, et la dé' livrance des prîsonniers. La servitude était la condition propre du serf , la captivité une position accidentelle du prisonnier. (Extrait

de ROUBAUD.)

AFFRES, TRANSES. Les' affres sont des tqrreui's extrêmes; elles sont produites par l^f^ect d'un objet affreux et menaçant au- <}i^^ on ne peut échapper. Les transes sont prp^^,uiV9?( P^^ ^ grande appréhension d'un W)it P<>^p^A!f?> ^^ l'idée d'être contre ce mal fifu Çpf^^.^i^t «^ns secours. Les tfj^ej exprinif^.4^^ plu$. ifi^l^nte des crises, et n'admettf|^f>^.p9i^t de,^e|;;)i;^;,les transes peuvent être p)|aui./}U,ipQ4ns jYi,ves,,.(^^ ne dit pas de gran-

dpS/^r^f ., .«Ç^iw^ «Fi,$M!Ç. grandes transes.

.,i#f;IVÇ;S^. ';i^ftÀ]^-Sp.S\ .^ÏVGOISSES, Le

TO<i<^9f'4'^ P?*f*f .ipi^t k^?^ ^?*? Y^ frémisse- «\Wi<^tjl!Çft JfWns,ïej|^t^Frpùrj5;èt.i'effroij les efforts et le d^seis^ç^r du ^ipalbei^reux fr^ipoé de toutes les honetirs jd'unè mort pr'

échapper à sa fureur. Ce mot â tine expression si forte et si pleine , qu'il semble se re» fuser aux épithètes propres à augmenter la valeur des substantifs. On ne dit pas de grandes affres y comme on dit de grandes transes, de gi'andes angoisses,

La transe est l'effet qu'une grande peur produit silr l'esprjt, comme le grand froid sur le corps. On est transi de peur, comme on l'est de froid, lorsque la peur nous saisit de manière à nous faire trembler, à émousser nos sens, à éteindre notre activité, à nous glacer. Ce mot convient pour exprimer la crise de la mort, mais il ne nous en retrace pas toutes les horreurs et la scène entière avec des couleurs aussi fortes que celui Coffres, Aassi sert-il souvent à désigner l'état assez ordinaire où nous jette la forte appréhension d'un malheur^ d'une perte, d'un funeste succès.

Les angoisses désignent un état de peine, de douleur pressante, de détresse, d*anxiété, causé par des embarras, par des difficultés, par la nécessité. Toi taire se plaint avec raison que l'on néglige un mot si expressif. Quel mot lui a-t-on substitué.** Donl'^ur, horreur, peine, affliction, ne sont pas des équivalens; les angoisses rassemblent tous ces traits, et d'autres encore dans la même image.

Les angoisses si naturelles au mourant , ont beaucoup de ressemblance avec \eP transes et les affres, toutefois avec des traits particuliers, tel, par exemple, que l'étranglement par de rudes étreintes.

"Les affres, les transes, les angoisses , sont de violentes crises. La force des frissons, le désordre et l'anéantissement alternatif des sens et des idées, les gestes égarés d'une horreur invincible qui écartent un objet, les soubresauts de l'effroi et de la douleur qui raniment la nature défaillante et l'épnisent, annoncent et caractérisent les affres. L'aspect et la vision d'un objet affreux , le sentiment profond du danger et de la douleur, la grandeur du mal avec la faiblesse du sujet, les produisent, \^n tremblement universel, une stupeur imbécille, la rigidité des fibres, l'ineptie des facultés de l'ame et des sens engourdis ou glacés, sont les symptômes et les signes propres des transes. Elles sont causées par la grande appréhension d'an mal prochain, par un pressentiment impérieux, par la .préoccupation d'une imagination vive alliée avec un cœur et un esprit faibles. L'oppression , la suffocation ou rétoufferaent , les palpitations de cœur, les agitations excessives, marquent et distinguent les angoisses; le beà6tii dévorant, la nécessité urgente, rexce»-

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sÎTe inqniétnde , qni Toit le mal sans les re&* sonrces, toat ce qaî serre fortement nn cœar déjà gros , les entraînent.

AFFRÈTEMENT, FRÉTEMENT. Ua/frétement se dit de Faction de celui qni prend un raisseaa à louage, on dn prix quMl paie ponr le vaissean qnUl prend à Ion âge. Le fré' tentent est l'action de celni qui donne nn yaissean à louage, on le prix qu*il en reçoit.

AFFRÉTER , FRÉTER. Affréter se dit de celni' qni paie pour se servir d*nn vaissean , tX. fréter de celui qui se fait payer pour le prêter. Le propriétaire du navire \efr9te, le marchand Vaffr9te,

AFFREUX, HORRIBLE. Ce qui est affreux inspire la répugnance et le dégoût ; on a peine à en ^utenir la vue. Ce qni est horribie excite Faversion et Thorrenr ; on ne pent s'empêcher de le condamner.

AFFREUX, EFFROYABLE. On détourne la vne ponr ne pas voir ce qni est affreux; ce qai est effroyable cause de la peur^ on n'ose l'approcher.

AFFREUX , ÉPOUVANTABLE. On pent regarder ce qni est affreux avec répngnance et dégoût; l'aspect de ce qui est épouvantable fait reculer d'étonnement et de terreur.

AFFRIANDER, AFFRIOLER. Affriander snppose quelque chose de solide et de substantiel; affrioler suppose des choses légères et seulement agréables. Onaffriande avec des mets délica'ts de toute espèce; on affriole avec des bonbons , avec des sucreries, avec des confitures. Le premier est familier, le second est populaire.

AFFRIOLER. V. AFFRiAmoER.

AFFRONT, INSULTE. V affront suppose le dessein de piquer, de mortifier, d'humilier; il fait rougir. Vinsulte snppose le dessein de braver , de provoquer ; on la repousse ordinairement avec vivacité.

AFFRONT, OVTKAGE.V outrage ajoute à l'idée àH affront celle d'excès ; il suppose le dessein d'avilir, de ravaler. Une faute reprochée devant plusieurs personnes est un affront; un démenti , un soufflet donné sont des outrages.

AFFRONT , AVANIE. Vaffront nous expose à rougir devant plusieurs personnes ; \ avanie nous expose aux mépris et aux risées de la populace.

AFFRONT, HONTE. Vaffront suppose toujours une impression défavorée faite par d'autres personnes ; la honte n'emporte pas cette idée. Une défaite considérée sous le rapport de l'amour-propre humilié > cause de

la honte ; une défaite considérée sous le rap-* port de l'impression défavorable qu'efle fait sur l'esprit des autres , est un affront; on cache la honte, on dévore \ affront. Racine a dit dans Iphigénie :

Aux affronts d'un refus craignant de vous comme lire.

Ici affront n'est pas dit par rapport à l'action en elle-même , mais par rapport aux effets défavorables que pourrait produire cette action sur les personnes qui en seraient témoins , ou qui en auraient connaissance de quel' que autre manière. Craignez de vous expose^ à la honte d'un refus, signifierait , craignez de vous exposer à ce sentiment^ de honte qu' vous éprouveriez , si vous éprouviez un refus '

FAIRE AFFRONT, FAIRE UN AF- FRONT. Le premier a plus d'étendue, et annonce une suite d'actes d'on naissent la honte, le déshonneur; le second indique Un setil acte. L'enfant qui fait affront à sa fa. mille est celui dont les habitudes vicieuses font rougir ses honnêtes parens. Le prédicateur à qui la mémoire a fait un affront es( celui qui une fois a manqné de mémoire.

AFFRONITR , BRAVER. Affronter suppose un combat , des chances , des risques à courir , et marque qu'on s'y expose avec audace. Braver snppose une confiance ou une fermeté orgneiUeuse qui se manifeste avec le mépris.* On affronte l'ennemi lorqu'on s'avance sur lui pour l'attaquer avec audace; on le brave lorsqu'on le défie, qu'on l'insulte , qu'on témoigne du mépris pour lui.

On brave les tyrans, la tyrannie, les persécutions, les menaces; on ne les affronte pas. On affronte la mort en s'exposant au danger de la recevoir; on la brave en la méprisant, en la recevant avec fermeté ou indifférence.

AFFUBLÉ, VÊTU. Vêtu se dit en parlant des habits ordinaires faits pour le besoin et la commodité , ou même des ornemens de la mode. Affublé est d'un usage, de dénigrement en parlant des habillemens extraordinaires et de caprice , ou de ceux que portent les personnes consacrées.' à la religion. Il était n>êtu d'une redingote. Il était affublé d'une longue soutanne. Être affublé d'un froc. Il était tristement affublé d'un long manteau de deuil.

AFFUTER, AIGUISER. Affûter se dit plus ordinairement du bois et des crayons que des métaux. On aiguise un instrument neuf et un instrument qui a servi ; on v^affût^ guère que celui qui a servi. Aiguiser désigne

i indistinctement l'action de donner la forme couTcnable à l'extrémité^d'un instrument qui

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