‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 44 sur 253 · AID · texte numérisé non relu

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une stérile mélancolie. Un lien champêtre présente un ^ctacle riant et agréable : ce sont des plaines fertiles, de gras pâturages converts de riches troupeanx , des prairies émaillées de fleurs, des arbres courbés sous le poids des fruits , des travaux utiles qu'animent l'innocence et la gai té , et qui promettent l'abondance et le bonheur. On ne connaît point de plaisirs agrestes, mais rien n'est plus touchant que les plaisirs champêtres ; l'idée de ce mot est inséparable d'agrémens. Tout cela donne à cette maison un air plus champêtre, plus vivant , plus animé , plus gai. (J.- J. Rousseau.) *

AGRICULTEUR, CULTIVATEUR. Le mot agriculteur a un sens plus étendu ; c'est un propriétaire qui fait valoir par lui-même et en grand. Celui de cultivateur a un sens plus borné i c'est un amateur de la cultivation qui s'adonne à un genre particulier de culture , comme les arbres , les fleurs , les plantes médicinales. Vagricttlteur cultive l'agriculture; le cultivateur cultive la terre. Le premier professe Part en amateur , c'est son goût et son talent ; le second l'exerce en entrepreneur , c'est son travail et son état.

AGRICULTEUR', AGRONOME. Vagricuîteur travaille lui-même 4 la culture , ou y fait travailler sous sa direction; V agronome s'appliqua à la théorie de l'agriculture. Le premier 's'attache à la pratique , le second ne s'occupe que de la science.

AGRONOME. V. Agriculteur.

AH , HA. Ces deux interjections ont cela de commun entre elles qu'elles expriment chacune à elles seules une phrase toute entière , qui peut être traduite par une phrase du langage analytique. Elles diffèrent entre elles en ce que ah! exprime un sentiment profond qui peut être plus on moins prolongué y et ha! un sentiment subit; que le premier est indéterminé , et ne peut être connu que par le ton de cdui qui parle , on par là suite du discours ; et que le second est un sentiment particulier , nn sentiment de surprise. (Extrait du Cours de langue française de M. Lemare.)

AIDE , SECOURS. Vaide est une augmentation de forces ou de moyens pour faire quelque chose , pour se tirer de peine, d'embarras. Le secours est une augmentation de forces on de moyens pour résister à quelque^ cliose. On a bf soin tiHaide pour exécuter une entreprise que l'on n'est pas en état d'exécuter seul; on demande des secours lorsqu'on est attaqué , lorsqu'on est menacé de quelque danger.

AIDE, ASSISTANCE. Vmde. suppose la

Ï9n\Atsse'yV assistance, la pauvreté et le besoin. Vaide est auxiliaire et utile ; Vassistance est effective et tutélaire. Vaide partage le travail et les maux , elle les allège ; Vassistance tend une main bienfaisante , ell'e soulage.

AIDER, SECOURIR. On aide dans la peine ; on secourt dans le danger. Le premier part d'un sentiment d'humanité, le second d'un sentiment de générosité. On secourt dans nn combat , on aide à porter un fardeau. Aider c'est joindre ses forces à celles d'un autre , le seconder , le servir» Secourir c'est courir au secours de quelqu'un , le relever , le soutenir , le défendre. On voit dans le mot secourir le grand empressement , l'extrême diligence de l'action , soit que le zèle emporte , soit que la nécessité soit urgente. On voit dans le mot aider l'action propre de seconder ou partager le travail d'autrui pour le lui rendre plus léger.

AIDER , ASSISTER. Aider suppose la peine, l'embarras ; asfister suppose la pauvreté , le besoin. En aidant on partage la peine, le travail , on les allège ; en assistant on diminue ou l'on fait cesser le besoin , on soulage. Aider s'applique à tous les cas on l'on concourt avec un autre au succès d'une action ; assister ne s'applique qu'à la pauvreté. On aide à porter un fardeau, à marcher, 4 réussi dans une affaire ; on assiste les pauvr^>

AIDER DE , AIDER À. Aider de indique les moyens dont on se sert pour aider. On eiide de sa bourse , de son cré<tit , de ses conseils. Aider à marque le but où tend celui qu?on aide. On aide à marcher, à se soutenir» à faire nn ouvrage.

AIDER QUELQU'UN , AIDER À QUEL- QU'UN. -.^irfcr quelqu'un c'est en général joindre ses forces , ses moyens aux siens , dans l'intention de le faire parvenir plus facilement au but qu'il se propose. Aider à quelqu'un c'est joindre ses efforts aux siens pour le tirer d'embarras , de peine. Un homme est accablé sous un poids , on lui aide,

AIDER , ÉPAULER , SOUTENIR. Épauler c'est aider indirectement quelqu'un dans une entreprise , dans une affaire \>^ider c'est concourir directement au succès; soutenir c'est empêcher de succomber faute de moyens. Je sollicite une place auprès du prince , mes amis saisissent cette occasion pWr me faire connaître avantageusement de lui ; ils rv^ épaulent. Je veux porter un lourd fardeau, plusieurs per« ^ sonnes se joignent à moi pour supporter une partie du poids; elleam'aide/zf. J'ai entrepris de construire un bâtiment , mais les fonds me manquent pour le continuer , je suis près de succomber dans mon entreprises ceux qui me

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foamî»ei)t des fonds me soutiennent dans mon entreprise.

AIDER , SECONDER , FAVORISER, uéider c'est joindse ses efforts à cenx d'an autre pour exécuter quelque chose. '

Seconder c'est' concourir k faire réussir une chose par des forces et des moyens égaux aux ibrces et aux moyens de celui qu'on seconde.

Favoriser c'est diminuer autant qu'on le peut les obstacles qui s'opposent à une entreprise et tâcher de procurer ce qui peut la faire réussir.

Si mes £orces ne sont pas suffisantes pour transporter une pierre d'un lieu à un autre , celui qui joint ses forces aux miennes pour opérer ce transport m'aû/e.

Si les forces de celui qui m^aide sont égales aux nûennes pour opérer ce transport, il me seconde.

On aide quelqu'un dans aes besoins , on le seconde dans ses projets » on le favorise dans ses entreprises.

Aider suppose des forces considérables, mais insuffisantes dans celui qu'on cùde; seconder suppose dans cdui qu'on seconde des moyens plus insaffisans encore, et qui ne pourraient conduire au but ^ans le secours de moyens étrangiers égaux à cenx qu'on pourrait employer soi-nii^e.

NOS AIëUX , NOS PÈRES , NOS AN- CÊTRES. Ces trois expressions sont à peu près synonymes lorsque, sans avoir égard à sa propre fapiiUe , on les applique en général et indistinctement aux personnes de la nation qui ont précédé le temps on nous vivons ; elles diffèrent en ce qu'elles marquent une gradation d'ancienneté , de façon que le siècle de nos pères touche an notre, que nos aieua:

les ont devancés , et que nos ancêtres sont les plus reculés de tous. Nous sommes descendans des uns et des autres ; mais si l'on veut particulariser cette descendance , il feut dire que nous sommes les enfans de nos pères, les neveux de nos çueux, et la postérité de nos çLucétres,

AIGAYER, LAVER. Aigayer vient 4u latin aqi^a^ eau. Egayer c'est tremper dans l'eau claire, faire passer dans l'eau claire une chose qui vient d'être nettoyqp avec de l'eau , pour ^\fix le reste des ordures qui peuvent être restées dans l'opération du lavage. U ne se dit que du }inge et des chevaux.

iMMcr se dit de tout objet dont on ôte la crasse, la boue, les ordures avec de l'eau. On lave du linge, d^ habits, des choses couvertes de crasse, ou de boue : on mgaie un «beval,^tt ,liqg&> apcès les avoir UVés, .

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AIGATER , GUÉER. Ces deux motss^ disent des chevaux. Les aigajer , c'est les faire passer dans l'eau claire , les baigner pour oter les ordures qui peuvent être restées sur leur corps après qu'on les a lavés. Guéer un cheval dit quelque chose de plus , c'est le faire passer et repasser dans l'eau à plusieurs reprises , et l'y laisser pendant un certain temps, pour ôter toutes les ordures qui peuvent être restées sur çon corps après qu'il a été lavé. Guéer suppose une plus grande quantité d'ordures ou le dessein de le laver ave^ plus de soin.

AIGLE , HOMME DE GÉNIE. On dit un homme de génie pour indiquer un homme d'un grand talent dans lequel il entre de l'imagination ; on dit fîgurément qu'un homnie est un aigle pour marquer qu'il a un génie supérieur aux génies ordinaires.

Il y a de grands et de petits génies , des gé" nies médiocres, etc. Aigle n'anbnet point de degrés , un aigle est un génie d'une classe supérieure à toutes les autres.

AIGRE. V. AcRRBs.

AIGRELET , AipRET. Ces deqxmau sont des diminutifs d'aigre. Le premier est familier et badin; le second est du style ordinaire , et signifie un peu aigre , légèrement aigre.

AIGRET. V. Aigrelet.

AipiTIÈRE^POT À L'EAU. Ce sont des vases où l'on met de l'eau pour le service de la cuisine , de la table ou de la toiletle. L'a/guière diffère du pot à l'eau ordinaire en ce qu'elle a un bec plus alongé.

AIGUILLADE , GAULE. Ces deux mots signifient une grande perche ;mais Ya(guillade sert an laboureur pour piquer les bœpfs et les faire avancer, et la gaule est particulièrement destinée à abattre des choses élevées. On abat des noix , des amandes , avec des gaules.

AIGUILLADE, AIGUILLON. Perches qui servent à piquer les bœufs pour les exciter au travail. VaiguilUide n'est point garnie de fer; mais Vaiguillon est garni par un bout d'une douille pointue qui sert à piquer l'animal.

AIGUILLETTE , AMARRE. Termes de marine. On entend par ces mots des cordages qui servent à joindre deux choses; mais Vamarre est un cordage qui sert à assujétir,à joindre les objets qui se croisent, ou un objet qui se replie sur lui-même ; au lieu que Vaiguilleue est faite pour joindre différens objets qui restent quelquefois fort éloignés l'un de l'autre. C'est avec une amarre qu'on fait un amarrage.

AIGUILLON , ÉPINE. (Botanique.) L'épiderme ou la substance corticale forme VaiguUhn i Véjfine nait de lu «itbstaiice ligneuse

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