‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 46 sur 253 · ALA · texte numérisé non relu

ALA

d^axrangement de plusieurs parties entre elles, pour former un tout régulier. La panure suppose quelque chose d*apparent , de hrillant, qui se fait remarquer. Ce qui appartient à rhabillement complet quel qu'il soit , simple ou orné, est ajustement; ce qu'on ajoute d'apparent , de superflu , est parure. L'un se règle sur la décence , la convenance et l'usage ; l'autre par l'éclat , le *désir de briller' et la mode. Ce qui excède V ajustement est parure.

C'est la recherche dans V ajustement qui fait la parure. Théognis est recherché dans son ajustement, et Hw^tiparé comme une femme.

( La Bruyère. )

AJUvSTER, MIRER , VLSER. ajuster, c'est diriger une arme à feu vers le point qu'on veut frapper ; mirer, c'est regarder attentivement l'objet; 'viser, c'est diriger le coup vers cet objet.

AJUSTER, ARRANGER. Ajuster, c'est disposer des choses ou les paities d'une chose , de manière qu'elles puissent concourir à l'effet commun qu'elles, doivent produire.

Arranger , c'est placer des personnes ou des choses en ordre , les placer de manière qu'elles soient dans un certain ordre les unes à l'égard des autres, de manière qu'elles forment un coup d'œil régulier, et qu'on puisse les distinguer aisément les unes des autres. On ajuste les roues d'une montre; on arrange des livres.

AJUSTER. V. Adapter.

ALARME, TERREUR, EFFROI, FRAYEUR , ÉPOUVANTE , CRAINTE, PEUR, APPRÉHENSION. Ces termes désignent tous des mouvemens de l'ame occasionés par l'apparence ou par la vue du danger. Valarme naît de l'approche inattendue d'un danger apparent ou réel qu'on croyait d'abord éloigné. On dit Valaruie se répandit dans le camp; remettez- vous, c'est une fausse alarme.

La terreur naît de la présence d'un événement ou d'un phénomène que nous regardons comme lé pronostic et l'avant-coureur d'une grande catastrophe. La terreur suppose une vue moins distincte du danger que Valarme , et laisse plus de jeu à l'imagination , dont le prestige ordinaire est de grossir les objets. Aussi Valarme fait-elle courir à la défense, et la terreur fait-elle jeter les armes. Ualaime semble encore plus intime que la terreur ; les cris nous alarment , les spectacles nous impriment de la terreur; on porte la terreur dans l'esprit et Valarme au cœur.

\! effroi et la terreur naissent l'un et l'antre d'un ^rand danger; mais la terreur peut être

panique, et V effroi ne l'est jamais. Il semble que V effroi ,8oit dans les organes , et que la terreur soit dans l'ame. La terreur a saisi les esprits , les sens sont glacés à^ effroi; un prodige lépand la terreur, la tempête glace àlef" froi.

La frayeur naît ordinairement d'un danger apparent et subit : vous m'avez fait frayeur. Mais on peut être alarmé sur le compte d'un autre; et la frayeur nous regarde toujours en personne. Si l'on a dit à quelqu'un, le danger que vous alliez courir wl effrayait , on s'est mis alors à sa place. Vous m'avez effrayé et vous m'avez fait frayeur, sont quelquefois des expressions bien différentes. La première peut s'entendre du danger que vous avez couru, et la seconde du danger auquel je me suis cru exposé! La frayeur suppose un danger plus subît que V effroi, plus voisin que Valarme, moins grand que la terreur. •

12 épouvante a son idée particuUère, elle naît , je crois , de la vuç des difficultés à surmonter pour réussir , et de la vue des suites terribles d'un mauvais succès : son entreprise m^ épouvante , je crains son abord, et son. arrivée me tient en appréhension. On craint un homme méchant ; on a peur d'une bête farouche ; il faut craindre Dieu , mais il ne faut pas en avoir peur.

* Veffroi naît de ce qu'on voit, la ter»

reur de ce qu'on imagine, Valarme de ce qu'on apprend , la crainte de ce qu'on fait , Vépouvante de ce qu'on présume , la peur de l'opinion qu'on a , V appréhension de ce qu'on attend.

La présence subite de l'ennemi donne Valarme ; la vue du combat cause Veffroi ; l'égalité des armes tient dans V appréhension; la perte de la bataille répand la terreur ; ses suites jettent Vépouvante parmi les peuples et dans les provinces , chacun craint pour soi; la vue du soldat (dit frayeur; on a peur de son ombre. *

ALARMÉ , EFFRATÉ. Effrayé ÏIH plus qa^alarmé. On est effrayé à la vue d'un danger menaçant qui se présente subitement ; on est alartné de l'avertissement d'un grand danger auquel on ne s'attendait pas. L'homme alarmé conserve sa raison , et a recours aux moyens d'éloigner le danger. L'homme effrayé est glace dî* effroi, il reste immobile.

ALARMÉ , ÉPOUVANTÉ. Celui qui n'est qa* alarmé ne perd point l'espoir de repousser le danger , et il en prend les moyens ; celai qui est épouvanté n'a point cet espoir, il se croit trop faible , il n'a plus ni courage ni résolution , il prend la fuite.

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