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Je ne sais si cenx-là ont dit vrai qui ont prétendu que la frayeur est moins forte que Y épouvante; la frayeur glace les sens , elle rend immobile, il n'y a plus de ressouroè.
Vépouvante est un ^mouvement qui peut n'être que passager , et Ton a vu souvent des troapes frappées à! épouvante ^ fuir d*abord devant Pennemi, et reprendre ensuite leur courage pour le combattre. La frayeur est bien moins susceptible de ces retours; elle ôte la force d*agir , ce que ne fait pas Vépou' vante,
ALCHIMIE, CHIMIE. La chimie est la science de Tactioi^ intime et réciproque de tons les corps de la nature les uns sur les antres. Alchimie signifie littéralement la chi' mie par excellence. On avait donné ce nom pompeux à Tart de transmuer les métaux.
On ne l'emploie plus aujourd'hui qu'en mauvaise part et pour désigner le charlatamsme de ocux qui 'prétendent qu'on peut trouver le secret de faire de l'or.
ALENTOURS , ENTOURS. Ces deux mots signifient également les personnes dont on est ordinairement entouré; mais les en tours disent quelque chose de plus intimé et de pins habituel que les alentours. Les entours d'ane personne , c*est sa femme , ses enfans , SCS domestiques ; ses alentours sont de plus les personnes qu'U fréquente habituellement , ses amis , ses connaissances , sa société.
ALERTE. Y. Agile.
ALGARADE, INSULTE. La différence qu'il y a entre ces deux mots , c'est t^vH insulte est le terme général qui se dit de toute injure accompagnée de mépris et faite avec insolence; et que par algarade, on entend une insulte faite brusquement , avec grand bruit , sans «njet , ou pour un sujet très léger.
ALIÉNATION, VENTE. Aliénation est tin terme de jurisprudence qui se dit en général de tout acte par lequel on se dépouille de la propriété d'un effet pour la transférer à nn autre. La vente, la donation, l'échange «ont des aliénations.
La vente est une aliénation faite à prix d'argent. Valiénation ne se dit guère que des fonds, des rentes, des droits, d'une succession, d'an mobiRer considérable, fiente se dit de toutes sortes d'objets.
ALIÉNER, VENDRE. Aliéner, c'est transférer la propriété d'un bien à un autre , de quelque manière que ce soit.
Rendre, c'est donner, céder pour de l'argent , pt)ar un certain prix , une chose dont ou a la propriété , la libre disposition.
Tout ce qui s'apprécie en argent se vend:
fonds , mobilier , denrées , marchandises , travail, etc.; on rCaliène que des fonds, des rentes , des droits , une succession. On n'aliène que ce qu'on a ; mais on vend quelquefois ce qu'on n'a pas , comme , par exemple , son crédit , son honneur , sa conscience , etc.
ALIMENT, NOURRITURE. Aliment a un sens général , il suppose une suite non interrompue de choses nécessaires pour soutenir le corps de l'animal vivant , et réparer les pertes qu'il a faites. Nourriture a un sens plus restrpint, il suppose les choses nécessaires pour satisfaire le besoin actuel de l'animal vivant. Le cprps de l'animal ne peut pas sfibsister sans alimens , et il 'faut que chaque jour il prenne de la nourriture. Faute de nourriture l'animal languit; faute d'a/«mens il meurt.
Ai;.IMENTAIRE. V. AuMEirrEUx.
ALIMENTER , NOURRIR. Alimenter , entretenir à^ alimens , faire que les choses nécessaires à la nourriture ne manquent pas; entretenir sans interruption la suite , la présence de ces choses.
Nourrir, donner les aUmens nécessaires pour entretenir la substance par la conversion des alimens en cette substance.
On alimente une maison en faisant en sorte que les jalimens y soient remplacés à mesure qu'ils se consomment. Une mère nourrit son enfant en lui douant son lait , qui se transforme en la substance de l'enfant qu'elle nourrit. On nourrit des ouvriers en leur donnant chaque jource dont ils ont besoin pour leur subsistance.
ALIMENTER, SUSTENTER. Alimenter n'a rapport qu'à la présence continuelle des alimens Viécessaires à la vie.
Sustenter\iiàii\ae un état de besoin, de presse, de souffrance, et l'action de Soulager , d'aider , de faire supporter : c'est fair« subsister ou donner des secours pour qu'on puisse exister , subsister, ne pas tomber, ne pas cesser de vivre. Vous alimentez une famille en lui fournissant continuellement des alimens;. on sustente un malade en lui donnant de bons bouillons. L'humanité aime à sustenter les malheureiuc.
ALIMENTEUIL, ALIMENTAIRE. Leprc mier signifie qui contient des parties propres à nourrir ; une substance alimenteuse. Le second indique une chose destinée à fournir les alimens; une pension alimentaire.
S'ALITER*, SE METTRE AU LIT. On dit se mettre au lit pour s« coucher , pour se reposer pendant quelque temps; on s'alite
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ponr cause de maladie; il y a quinze jours qu'il est alité,
ALLAITER, NOURRIR. On dit qii'une femme nourrit ou allaite un enfant , ponr dire qu'elle lui donne son lait pour nourriture jusqu'à ce qu'il puisse se nourrir entièrement d'une substance plus solide.
Le second de ces mots est* du langage ordinaire; le premier tient au langage de la physiologie et de la médecine.
Allaiter s'applique aussi aux différentes circonstances où une femme fait téter un enfant , application qui ne peut avoir lieu avec le mot nourrir. Une femme , ou une mère , ou une nourrice qui donne actuellement à téter à un enfant V allaite, ou lui donne à téter; on ne dira pas qu'elle le nourrit. On peut même allaiter quelquefois un enfant sans le nourrir. Nourrir suppose un allaitement continu , et qui dure pendant un certain temps.
Nourrir a une signification qui s'étend beaucoup au-delà de V allaitement. On dit qu'un homme a été nourri dans la mollesse , dans les combats; on ne dirait pas qu'il a été allaité dans la mollesse, dans les combats. Sous ce rapport allaiter ne se dit <]ne du temps de Vallaitement,
ALLÉCHER, ATTIRER. Ces deux mots , dans le sens où ils sont synonyme», expriment l'un et l'autre Teffet qu'opère une* chose sur une autre chose , en vertu des rapports qui tendent à les rapprocher , à les unir , à les diriger l'une vers l'autre. La nature a mis 4^s les àlimens une douceur qui nous attire, et une vertu qui opère la conservation de notre espèce. (Bartu.) Il a été alléché par l'espoir du gain. Us ne diffèrent que par ]a nature des moyens , et par celle de l'impreaaion faite ou qu'on veut faire sur ceux contre lesquels ils sont dirigés.
Allécher suppose dans lés moyens un plaisir présent, une jouissance voluptueuse, et dans celui qui est alléché, une vive ardeur vers ce plaisir et cette jouissance. Attirer est moins caractérisé , et a un sens plus général. On est attiré quelle que soit la nature de l'objet et la vivacité du désir qui porte vers cet objet. On est alléché lorsque l'objet offre un plaisir présent et une jouissance volupteuse , et qu'on a un très grand désir de goûter ce plaisir ou de jouir de cet objet. Il faut donc ee servir à! attirer toutes les fois qu'il s'agit d'une action générale qui ne suppose pas un désir plus vif dans un individu que dans un antre ; et d^allécher quand il s'agit d'un individu auquel on suppose une grande ardeur T ers l'objet. L'amour du plaisir attire beau-
coup de gens dans la capitale; le jeune voluptueux s'est empressé de venir dans la capitale, alléché par les plaisirs dont on lai avait fait la description. On dirait en général , les renards sont attirés par l'odeur du fromage; mais La Fontaine parlant d'un renard individuel dont il a voulu peindre l'appétit glouton et le désir ^ardent , a dit :
Maître renard par l'odeur alléché.
Attiré aurait été bien faible.
ALLÉE, AVENUE. On entend par ces deux mots des rangées d'skfbres destinées à la promenade , ou à se renc^e agréablement et commodément en quelque endroit. H y a des allées simples qui n'ont que deux rangées d'arbres, et des allées doubles qui en ont quatre. Dans ce cas , Vallée du milieu se nomme maîtresse allée , et les antres contreallées.
Quand les allées sont uniquement destinées à la promenade, on les nomme simplement allées ; quand elles conduisent à une habitation , à un fort , à une ville , on les nomme .avenues,
ALLÉE, CORRIDOR. Termes d'architecture. Une allée dans nn« maison est un passage commun pour aller depuis la porte de devant jusqu'à la cour ou à l'escalier. On appelle corridor une allée longue et étroite qui sert de dégagement et de pièce commune à divers appartemens.
ALLÉGEMENT, SOULAGEMENT, ^/^cment, ce qui allège un mal , ce qoi le rend plus léger; soulagement, diminution de peine, de corps ou d'esprit. 1! allégement est une espèce de distraction , de compensation qui rend moins vif le sentiment du mal , mais qui ne détruit pas le mal. L'attachement de mes enfans est pour moi un allégement à mes.
peines. Le soulagement est une diminution réelle du mal ; c'est un allégement à la peine d'un malheureux prisonniei* accusé injustement , d'apprendre que ses amis prennent sa défense. C'est un soulagement pour un homme qui doit vingt mille francs qu'un héritage de dix mille francs. Le mal est moins grand de moitié. V allégement tient un peu à l'imagination , à l'illusion ; le so^dagement tient à quelque chose de plus réel. Avec Vallégement le mal reste en son entier , mais le sentiment en est diminué, il est plus facile de le supporter ; avec le soulagement, c'est le mal qui est diminué véritablement , il est moindre , il peut disparaître entièrement.
ALLÉGER , SOULAGER. AlUger au figuré, rendre plus léger le sentiment d'ane peine , d'un mal , par Une espèce de distrac-
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tion , de compensation. Son amitié allège mes peines.
Soulager y diminuer réellement le mal , la douleur ; ce remède m^a beaucoup soulagé. Il aime k soulager les malheureux , à diminuer leurs maux , leurs peines.
ALLÉGEANCE , ALLÉGEMENT. Le premier ne se dit qu'an figuré , le second se dit 8U propre et au figuré. Allégeance suppose un soulagement momentané ; allégement , uA «ODlageokent plus durable. jÉllégeance est peu usité , allégement Test un peu plus.
ALLÉGEMENT. Y. ALtiaEAXCB.
ALLÉGEMENT. V. Sottlagemutt.
ALLÉGIR, AMENUISER, fls se disent de la diminution qui se fait dans tous les sens au volume d'un corps. Mais le premier se dit d'an corps considérable , et le second des corps qui ont peu de volume. On allégit une poutre , on amenuise une volige.
ALLÉGIR, AIGVISEK. jillégir, diminuer dans tous les sens le volume d'un corps dans quelque dessein qu^ ce soit ; aiguiser, diminuer le volume d'un corps dans le dessein de le rendre plus aigu, plus piquant, plus tranchant. * ,
ALLÉGORIE , MÉTAPHORE. Vallégorie n'est qu'une métaphore continuée; la métaphore joint le mot figuré à quelque terme propre, par exemple, dans le feu de vos yeux, yeux est au propre; au lieu que dans Yqîlégorie , tous les mots ont d'abord un sens figuré , c'est-à-dire que tons les mots d'une phrase ou d'an discours allégorique forment d'abord un sens littéral qui n'est pas celui qu'on a dessein de faire entendre; les idées accessoires dévoilent ensuite facilement le v^ ritable sens qa'on veut exciter dans l'esprit ; elles démarquent, pour ainsi dire , le sens littéral étroit ; elles en font l'application.
ALLÉGORISEUR , ALLÉGORISTE. Le premier se prend oi'dinairement en mauvaise part. Il se dit de celui qui s'attache toujours a chercher à. tout un sens allégorique. Par aU iégoriste, on entend un savant versé dans l'explication des allégories de l'Écriture sainte.
ALLÉGORISTE. V. Almgorisedr.
ALLÉGRESSE , JOIE , GAITÉ. La joie est le sentiment d'une ame agréablement affectée; la gaité est l'expression de la j'oie par manières et le
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ALLÉGUER , CITER. On cite des auteurs»
des passages ; on cite un texte. On allègue des faits , des raisons. C'est pour nous autoriser et nous appuyer que nous citons ; c'est pour nous maintenir et nous défendre , qu& nous alléguons.
ALLER. On dit ÊTRE ALLÉ et AYOIR ÉTÉ. Le verbe être est proprement l'auxiliaire du verbe aller. Il est allé à Paris. Yons étiez allé en campagne. Il'iaut donc employer cet auxiliaire pour la formation des temps composés de ce verbe , toutes les fqis qu'on. lui conserve sa signification naturelle» c'est-à-dire qu'il est question. d'exprimer un mouvement, idéei essentielle de ce verbe. Mais quelquefois on veut seulement exprimer l'existence passée d'un sujet dans un lieu, abstraction faite du mouvement par lequel il a été transporté dans ce lien , et relativement à son absence actuelle de ce lieu, et alors on dit j'ai été à Paris, j'at été à Rome, ce qui ne signifie autre chose que j'ai existé, j'<u été présent à Paris, à Rome, et je n'y existe plus , je n'y suis plus présent. 1 lu homme qui s'est transporté de Paris à Rpme pourra bien dire :
je suis allé à Rome, ce qui signifiera j'ai fait le voyage de Paris à Rome. Il dira dans le même sens je suis allé d'Orléans à Bordeaux en trois jours. Dans ces phrases le mouvement
les
discours. Vallégresse est
I expression de la j'oie par les mouvemens extérieurs.
La j'oie est dans le cœur, la gaùé dans l'espnt; Vallégresse se manifeste en public par tontes sortes de diverlissemens.
est exprimé. Mais si , abstraction faite du voyage , il veut indiquer seulement son existence , sa présence passée à Rome , il ne dira plus je suis allé à Rome, m^ j'a< été à Rome ; ici, j'ai été n'est point un temps du verbe aller, mais un temps du verbe être, dalfis le sens d'exister, d'être présent en un lieu. À la vérité , ce temps a un rapport de conséquence avec le verbe aller, car pour avoir été en un lieu, il faufe y être allé; mais il n'indique en aucune manière l'idée de mouvement qui est essentielle au verbe aller; il ne l'indique pas plus que j'étais ne Tindique dans j'étais à Rome. Montesquieu a dit : Strabon , malgré l6 témoignage d'Apollodore, pardit douter que les rois grecs de la Bactriane soient allés plus loin que Séleucns et Alexandre. Soient allés indique évidemment ici un sens d'espace parcouru, et par conséquent db mouvement. II ajoute, quand iL serait vrai qu'ils' n'aiirai0/if pas été plus loin vers l'Orient que Séleucus» Auraient été indique ici la présence, l'exis^ tence en un lieu. Vous êtes allée à Marseille pour me fuir. (Skvigns.) Le verbe yiiir indique bien ici un espace parcouru , un voyage fait dans l'intention de s'éloigner ; vous avez été serait une faute. Depuis ta lettre ^eçue , je suis aXlé tous les jours chez M. Silvestre (J.-J.
Rousseau) ; c'est-à-dire je m'y suis transporté '
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toas les jours. 3*ai été faire des complimens ponr^vous à l'hôtel Rambouillet. (Sévigicé.) Il fallait je suis allée, parce qu'il ne s'agit point ici d'avoir existé à Thûtel Rambonillet, mais de s'y être transportée pour y faire des complimens. y ai été hier à l'Opéra ; je suis allé à sept heures à rOpéra. Dans la première phrasé, je n'indique que mon existence, ma présence passée à rOpéra ; dans la seconde, je marque le mouTement que j'ai fait ponr*m'y transporter. H était trAs heures quand je suis allé chez lui, quand je me suis transporté chez lui. J'ai été chez lui hier , j'ai été présent chez lui , et je n'y suis plus. Si Ton vient me demander VQus direz que je suis allé à l'Opéra , que je me suis transporté à l'Opéra , et que' je n'en suis pas encore revenu.
ALLER À LA RENCONTRE , ALLER AU DEVANT. On va à la rencontre de quelqu'un uniquement dans l'intention de le joindre plus tôt, ou pour lui épargner une partie, du chemin. Le premier motif est de pure amitié ou de curiosité, et suppose quelque égalité; le second motif est de politesse. On va au dc" vant de quelqu'un pour l'honorer par cette marque d'empressement; c'est un acte de déférence et de cérémonie, qui suppose que celui pour qui on le fait est élevé en dignité. ALLL\GE , MÉLANGE. Mélange se dit de toutes sortes de matières mêlées ensemble; alliage se dit du mélange des métaux , et partictdièrement de ce qu'on mêle avec l'or et l'argent.
ALLIAGE. V. Aloi.
ALLIANCE. V. AFFiirrrÉ.
ALLIANCE, UNION. Ces deux mots se disent pour mariage; mais le premier se dit | par rapport aux convenances sociales, le second par rapport à l'humeur, au caractère, aux qualités des personnes unies. Vue alliance est honteuse lorsqu'elle est contractée par une personne honorable avec une personne déshonorée ou méprisée. Une union peut être heareuse, quoique V alliance ne soit pas honorable , et une alliance peut être honorable sans que l'union soit heureuse. Par Valliance on s'attache à l'état, à la condition, à la fîimille ; par Vunion on s'attache k la personne. * ALLIANCE, LIGUE. Les liens de parenté ou d'amitié, les avantages de la bonne intelligence et l'assni'ance des secours dans le besoin pour se maintenir^ sont les motifs ordinaires des alliances. Les liguts ont pour but d'abattre un ennemi commun ou de se défendra contre ses attaqaes. C'est entre les souverains que les traités dC alliance ont lieu, on y stipule sans flaer de terme , dans l'espérance ou ^dans la supposition que le temps n'y altérera
rien. On admet également dans les ligues des souverains et des particuliers; elles ne sont pas censées devoir durer perpétuellement.
Valliance est une union d'amitié et de convenance. On stipule dans les traités l'amitié comme V alliance ^ et elle est fondée sur des rapports qui forment par eux-mêmes ane sorte de lien. La ligue est une union de desseins et de forces. On y convient d'un projet et on y règle les forces que chacun doit apporter à l'exécution. Valliance demande des traités dans toutes les formes de droit, car elle devient loi ou règle de droit public pour les souverains ou les Etats qui la contractent. La ligue a quelquefois autant d'appareil, mais sans avoir par elle-même la «stabilité de Val' Kance. Souvent aussi elle ne se soutient que par des conventions particulières et même par des engagemens furtifs, quelles parties prennent plutôt sur leur bonne foi réciproque, que sur des titres valides. Alliance se dit des personnes et des choses ; ligue ne se dit que des personnes. Valliance peut être légitime ou ilIégiUme, mais le mot n'offre par lui-même rien de mauvais. Ligue, daxis le sens moral, a plutôt un mauvais sens. On dit la ligue offensive et défensive des dévots; les ligues des auteiurs. On dit ligue pour cabale. Nous disons Valliance de Dieu avec son peuple; nous ne dirions pas la ligue , mot qui présente ordinairement l'idée d'un mauvais dessein, celui de nuire ; ou d'un mauvais moyen , celui de l'artifice, du trouble, du désordre/ Valliance suppose un contrat, un ti^ité, une union régulière ou revêtue de formes. Il n'en est pas de même de la ligue. On fait une ligue et non un traité de ligue.
ALLIANCE , CONFÉDÉRATION. Valliance est une union d'amitié et de couvenauce établie par des traités solennels entre des souverains. La confédération est une union d'inlërêt et d'appui contractée avec des conventions particulières entre des corps, des partis, des villes, de petits princes, de petits États, pour faire ensemble cause commune, obtenir le redressement de quel(|ue tort, défendre leurs droits on la chose publique.
Valliance demande des traités dans toutes' les formes de droit ; la confédération forme platôt des pactes et des arraugemens particuliers, mais étroits et forts, qui ont plus ou moins de consistance et de durée, suivant son objet et les conjonctures. C'est pour ainsi dire un droit particulier que les contractans établis- I sent entre eux , et qui tire sa principale force de leur intérêt.
ALLIANCE, COALITION. Valliance suppose accord sur tous les points j la •<;oa^(Vio/)
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iQppose des partis opposés qui te réunissent 1 plois , des dignités , on par lenr célébrité et momentanément contre qoelqae dessein que l'on croit nuisible à tous.
ALLIÉ , ASSOCIÉ, CONFÉDÉRÉ. Les États alliés sont des États liés entre eux par des alliances. Les États associés soQt des États qui, sans faire partie d'une confédération , y sont nnis par certaines conditions, comme cer> tains Etats relativement k la confédération helvétique; les États confédérés sont ceux qui soDt membres d*une confédération.
ALLIER AYEC, ALLIER À. Mlier avec suppose que les choses que Ton allie sont de nature différente, et qu'elles n'ont en ellesmêmes aucun rapport qi|i les dispose à être alliées. On allie l'or avec le cuivre, avec Targent. On dit qu'il est difficile à*allier le fer avec l'or ou avec l'argent , pour marquer l'espèce d'incompatibilité qui s'oppose à l'alliage. Au figuré on dit, il est difficile d^allier les maximes du monde avec celles de l'évangile. Le vice ne peut pas s^allier avec la vertu. En peinture , c'est la vigueur du coloris qu'il est difficile d'allier avec l'harmonie. (Diderot.) On dit figarément , il est aisé à^allier les maximes de l'évangile à celles d«s Stoïciens. On voit la sécurité, la vertu s'a//ier dans son chaste regard , à la douleur et à la sensibilité. (J.-J. RoussBATT.) S^allier à une famUle suppose des rapports d'égalité, de convenance entre la personne qui s^allie et la famille à laquelle eue si'allie. Un noble s^allie à une famille noble. ^^ allier avec une fe^Ue suppose de l'inégalité , de la disproportion. Un roturier Rallie avec une famille noble, un noble avec nne famille roturière. Un Jiomme pauvre s'aZ/ce avec une- famille riche , un homme riche avec nne famille pauvre. On dit qu'une puissance s'est alliée avec une autre puissance , lorsque l'alliance a pour but principal quelque entreprise à laquelle les deux puissances alliées doivent concourir. L'Autriche s'est alliée avec VAngleterre pour faire^la guerre à la France. Si l'alliance n'avait pour but que la jouissance, le maintien d'un avantage commun déjà établi, on dirait tirailler à. Cette petite république s'est alliée à la Suisse.
S'ALLIER, S'APPARENTER. S'allier signifie simplement s*unir par mariage à une famille; mais s'apparenter, outre cette idée
lear propre mérite ; on dit qu'il s'est mal ap^ parenté lorsqu'il est entré dans une famille dont les mœurs sont basses, décriées, au-dessous des siennes.
ALLONYME , ANONYME , PSEUDO- NYME. L'ouvrage anonyme est publié sans nom d'auteur; Touvrage pseudonyme est publié sous le nom d'une personne connue qui ne l'a pas fait ; l'ouvrage aUonjrme est publié sous un nom inconnu. "^
L'ouvrage allonjrme est publié sous le nom d'une autre personne qui existe réellement; l'ouvrage pseudonyme est publié sous le nom d'une personne qui n'existe point , sous un fpux nom.
AlLLUCHON, dent, mécanique. On entend par ces mots des pointes qui servent an mouvement des machines qu'on fait mouvoir par dés roues. Les alluchons diffèrent des dents en ce que celles-ci font corps avee la roue et sont prjses sur elle; au lieu que les alluchons sont des pièces rapportées.
ALLUMER, METTRE LE FEU. Allumer suppose un usage que l'on veut faire de la lumière ou du feu. On allume une chandelle pour voir clair. On allume le fen pour faire cuire le pot-au-feu. Mettre le feu suppose seulement le dessein de communiquer le feu , de brûler, 'de consumer. On met le feu au four pour brûler les matières combustibles qui y sont contenues. On allume le four pour y donner nne chaleur propre à un certain usage. On met le feu à un artifice; ce feu, par lui-même, n'est d'aucun usage. On ne dit pas allumer un fen d'artifice. Les incendiaires t! allument pas les maisons, les granges, ils y mettent le feu. On met le feu à un canon , à une bombe; on u^ allume pas un canon ou une bon^e , parce que le dessein de celui qui y met le feu n'est pas de procurer une lumière ou un feu qui , par lui-même , puisse servir à quelque usage.
ALLUMER, ENFLAMMER. Allumer, c'est communiquer le feu ; enfiammer, c'est mettre subitement en gammes. On allume du fen avec .une allumette; il suéQt d'une étincelle pour enflammer un baril de pondre à canon.
Lorsque des matières combustibles ont été o/lumées elles peuvent ^enflammer si elles sont en grande quantité ou qn'on n'ait pas soin de modérer l'ardeur du fen. Au figuré , allumer les passions, c'est leur donner la première
bomme s'est bien apparenté, lorsqu'il est entré dans une famille où il y a dçs personnes richây estimées, considérée» par des cm-
principale , emporte une idée accessoire relative à l'état, à la condition, aux qualités
bonnes ou mauvaises des nouveaux parens que impulsion ; enflammer Jles, passions , c'est les l'on s'est donnés par alliance. On dit qu'un porter an plus haut degré d'activité.
ALLUMER, EMBRASER. Ce qui est «/lumé commence à brûler, brûle peu k peu et n'est pas pénétré de feu dans toute sa sub-
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stance. Ce qai est embrasé est tont en fen , et n'offre pas une partie qoi ne soit en combustion. Une hotigie qui est altwnée commence à brûler , ou se consome peu à peu. Un vieax bâtiment de bols où le feu a pris est bientôt embrasé.
ALLURE, DÉMAPcCHE. V allure est la manière ordinaire et babitaelle dont llioinme et les animaux font leurs mouvemens.
Démarche ne se dit que de l'homme, indique la manière dont il marche, et suppose une cause intéiieure qui la dirige.
Vailure est constante , elle vient de la nature ; déinarche est variable , elle vient de la volonté de l'homme, des passions qui l'agitent , des circonstances où il se trouve.
TJallure de l'homme est de marcher droit , les pieds à terre , la tête vers le ciel ; V allure du bœuf est de marcher sur ses quatre pieds; Vailure des reptiles est de ramper.
Que la démarche d'un homme soit lente ou précipitée, il marche toujours sur ses deux pieds, Voilure est toujours la )nème.
On appelle allures, en termes de manège, les différentes modifications que l'ait apporte à Vailure naturelle du cheval. Le pas, le trot, l'amble, le galop, etc., sont des allures que le cheval prend au manège.
ALLURES , DÉMARCHES. Les allure,s ont pour but quelque chose d'habituel, et les démar^ ches quelque chose d'accidentel. On a des allures , on fait des démarches. Celles-ci visent à quelque avantage ou à quelque satisfaction qu'on veut se procurer; celles-là servent à conserver des plaisirs en les cachant. Les allures sont toujours secrètes , soit par elles-mêmes , soit par rapport au but auquel elles tendent. Il n'est pas de la nature des démarches d'être secrètes, mais elles peuvent l'être quelquefois.
ALLUVION, ATTÉRLSSEMENt! L'un et l'autre se dit des amas de terre , de sable on de limon que la mer ou les rivières forment le long des rivages. Mais alluvion se dit des amas qui sont encore actuellement sous les eaux, et attérissement supp^e que les eaux se sont retirées et «nt laissé l'amas à se%
ALMANACH, CALENDRIER. Le calen^ drier ne contient que l^s jours placés dans les mois par ordre numéral , les révolutions de la semaine par leurs noms planétaires, et les indications des fêtes et des pratiques religieuses.
JJalmanach est plus étendu; il contient des observations astronomiques et des pronostics sur les diverses températures de l'air,et des prédictions d'évènemens tirées de l'astrologie judiciaire. Enfin on fait des aima-
nachs que l'on destine à àes classes particulières de la société où Ton ajoute un calen drier, tout ce qu'on croît pouvoir flatter îe goût de ces classes. C'est ainsi qu'on a Valmanach des cultivateurs, Xalmanach des dames, Valmanach des demoiselles, des aU manachs chantais , et une multitude d'anti'es.
ALMANACH, ANNUAIRE. Vannuaire contient , cqmme Valmanach et le calendrier , les jouiv placés dans les mois par ordre numéral et quelques observations astronomiques, mais sans donner comme le premier des pré* dictiofas d'évènemens tirées de l'astrologie judiciaire ; il offre l'état physique et politique d'une ville ou d'un dépai-tement , et rend compte de tous les changemens publics qui y ont eu lieu dans le courant de l'année précédente. «
ALLOI , ALLIAGE. Valoi est à Valliage comme l'espèce au genre. jéUiage se dit en général d'un mélange de métaux , et aloi ne se dit que d'un mélange de métaux fait dans un certain rapport déterminé par l'usage de la matière ou du mélange ordonné par les règlemens.
ALOI , MÉLANGE. Aloi ne se dit que ' d'un mélange de métaux ; mélange se dit de toutes sortes de matières mises ensemble.
Valoi est une espèce particulière de mélange,
ALOJÎGER, PROLONGER. On alênge en ajoutant, on prolonge en continuant. Ajouter de chaque côté des arbres à une ailée , c'est Valonger , si l'on ne considère que l'augmentation de longueur; c'est Ia prolonger si l'on considère cette addition comme une continuation d'étendue en longueur. On alonge le temps en donnant , en prenant un temps plus long pour faire une chose ; on prolonge une affaire, nn procès, en négligeant de les pousser, de les faire aller à leur terme , on par des délais qui en retardent la conclusion.