‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 6 sur 253 · ABATTEMENT , DÉCOURAGEMENT · texte numérisé non relu

ABATTEMENT , DÉCOURAGEMENT

"Vabattement affaiblit l'espoir, mais ne le détruit pas toujours. Avec du courage on peut s'en relever. Le découragement ôte le courage et exclut l'espoir.

ABATTEMENT , ACCABLEMENT. Dans Vabattement , l'ame se sent* trop faible pour supporter ses maux ou pour parvenir à son but; dans V accablement , elle succombe sous ses maux.

ABATTEMENT, ACCABLEMENT, ÉPUI- SEMENT,. AFFAIBLISSEMENT, ANÉAN- TISSEMENT. Tons ces mots, en médecine, expriment un état dans lequel les {orces vitales ont perdu de leur intégrité , de leur énergie. Le premier indique qu'elles sont tombées ; le second , qu'elles sont opprimées ; le troisième , que la source en est tarie ; le qusltrième, qu'elles sont abîmées ou perdues;» le dernier, qu'elles sont anéanties.

Vabattement et Vaccablement se disent au moral comme au physique ; les autres se disent au physique seulement. On dit que le courage est abattu, que l'envie de dormir accable , que les évacuations trop abondantes épuisent, qu'un malade ^affaisse, que ses forces ^anéantissent.

ABATTRE, DÉMOLIR. Abattre, c'est jeter à bas ; démolir, c'est rompre la liaison d'une masse construite. Un coup de canon abat rin mur, mais ne le démolit -pas. Des ouvriers démolissent un mur lorsqu'ils désunissent les pierres qni , par leur assemblage et leur liai-

ÀBA

AÉA

son , en formaient la niasse. Abattre emporte ridée d'nne action plus ou iuoi^.s vive , plus ou moînb forte, qui tend à mettre bas; l'action de démolir est successive et proportionnée à la résistance qu'oppose la liaison des parties qu'on veut séparer. On n'abat pas les fondations d'un édifice, parce^ qu'elles oe sont pas élevées; on les démolit,

ABATTRE, RENYERSER. On abat les choses qui sont élevées, soit qu'eUes touchent à terre on qu'elles n'y touchent pas. On abat on arbre , on abat un oiseau. On ne renverse que les choses qui touchent à terre, qui sont sur pied; A l'égard de ces choses , abattre a rapport à l'élévation, renverser à la situation. On abat ce qui était élevé, on renverse ce qui était droit. On abat une statue en la brisant, de manière qu'elle ne soit plus élevée; on renverse une statue en la couchant par terre. On renverse nn homme en le faisant tomber de son long ; on renverse une table, une chaise, en leur donnant une position différente de celle qui est propre à leur usage.

ABATTRE, RUINER. On abat d'une manière subite, d'un seul coup ou à coups redoublés.

On ruine peu a peu, successivement, en. faisant tomber par morceaux. Tout. ce qui est sajet à des dégradations, k des dépérissemens, à des déchets partiels, se ruine,

ABATTRE, BÈIKUIRE. abattre c'est jeter à bas, et les choses que l'on jette à bas laissent à bas ou à terre les matériaux dont elles étaient composées, et conservent quelquefois à bas nne partie des formes qu'elles avaient lorsqu'elles étaient élevées. Détruire c'est dissiper entièrement l'apparence et l'ordre des choses , de manière à les rendre méconnaissables, à n'en laisser subsister aucune apparence.

Au figuré , on abat le courage lorsqu'on le diminue, qu'on l'affaiblit, qu'on modère son essor ; on le détruit lorsqu'on l'anéantit dans sa source; on ne le ruine pas, on ne le démoli fp&s,

S'ABATTRE , S'APAISER. On dit que le vent s'abat pour dire qu'il souffle avec moins de vigueur, d'impétuosité, de violence; on dit qae le vent s'apaise pour dire que ses effets sont moins désastreux.

S'ABATTRE, FONDRE SDR. S'abattre c'est se porter de haut en bas sar cjuelquc lieu , dans quelque intention que ce soit. Une volée de pigeons s'abat sur un champ. Fondre sur, c'est se précipiter avec impétuosité sur un objet dans le dessein vrai ou supposé de lui nuirez L'autour /ôwrf sur la perdrix. Un nuage /b«^ «tr ce qu'il va ravager, sur ce qu'il va détruire.

fondre est toujours lié à une idée ^e mal-

heur, de ruine , de dévastation; il n^en est pas de même de s'abattre,

ABATTU, ACCABLÉ, RENVERSÉ, TER- RASSÉ. Tous ces mots sont pris ici dans le sens propre. Abattu n'indique que la situation d'être à bas, d'être par terre, un arbre abattu; accablé donne l'idée accessoire d'un poids qui a causé l'abattement, et sous lequel la chose reste sans pouvoir se relever , à cause de la pesanteur de ce poids. Renverser donne l'idée accessoire d'une situation contraire à celle qu'on a naturellement. Ce qui est renversé n'est plus dans une situation droite. Terrassé suppose une résistance impuissante faite pour se t<^ir 4 la teiTe, pour ne pas être détaché de terre. Un arbre est terras^ par la violence du vent, par des commotions fréquentes.

Au figuré , un liomme est ifbattà lorsqu'il n'a plus ni activité ni coui-age. Il est accablé lorsque les malheurs qui pèsent sur lui ne lui laissent pas la force de la résbtance.

ABAITURES , FOULÉES , FOULURES , TRACES , PISTE. L'idée commune de ces termes est l'effet du passage d'une bête sur la terre, sur l'herbe, dans les broussailles, ou dans les taillis.

Le cerf, par la hauteur de son bois, la vivacité de ses mouvemens, abat les branches qui s'opposent à son passage. Il en résulte des abattures ou des branches abattues. Il foule les plantes, l'herbe , la terre des endroits par où il passe, et* il en résulte des foulures et des fou» lées : des foulures , si l'on ne considère que Pétat des objets foulés; des foulées, si l'on n'a en vue que l'effet du pied de l'animal sur ces objets.

Les foulures et les foulées sont des marques légères que la bête laisse sur son passage dans les endroits on la forme du pied ne peut pas être bien marquée.

La trace est la forme du pied de l'animal sur l'herbe ou sur les feuilles par où il passe.

La piste est une suite de traces qui indique la direction que l'animal suit.

Les abattures, lesfoulées et les foulures sont considérées isolément ; elles indiquent l'effet de la présence de l'animal dans les endroits où on les remarque.

Les traces et la piste ont rapport les unes an passage antérieur de Fanimal, les autres à la continuité de sa marche. Les traces indiquent qu'un animal a passé dans un endix>it;Ia piste est une suite de traces qui a rapport à la continuité de sa marche et à la direction qu'il suit.

Quand un animal a passé il y a quelque temps par un chemin , et qu'il y a laissé des traces, on- suit ses traces pour connaître la

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