‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 7 sur 253 · ABC · texte numérisé non relu

ABC

( to)

'ASD

route quHl a teûiie. Quand un animal est encore en marche dans un lieu, on suit la. piste pour connaître la route qu'il tient , ajQn de l'atteindre ou de connaître l'endroit où il se \ retire.

ABBAYE, CX)UVENî, MONASTÈRE, CLOÎTRE. Une aJbbaye est im monastère d'hommes gouTemé par un abbé régulier, ou un monastkre de filles gouverné par une abbesse. On appelle aussi abbayes les monastères d'hommes dont les abbés sont des ecclésiastiques séculiers nommés abbés commendataires. C'est le titre d'srbbé ou d'abbesse qui feit donner à un monastère le nom àHabhajre,

Coui/ent àésigïie particulièrement, sans rapport à aucun titre, une maison habitée par des religieux ou des religieuses jC[ui sont autorisés k vivre en communauté.

Monastère indique de même une maison habitée par des religieux ou des religieuses, mais avec des accessoires de retraite et d'éloignement du monde.

Cloître emporte l'idée particulière de clôture et de séparation du monde.

Dans le langage ordinaire, cloître et couyent se disent d'une manière absolue et indéfinie pour désigner l'état monastique. Un père met sa fille dans un cloître ou dans un couvent, c'est-à-dire la fait religieuse. On appelle /«ohastères les maisons des anciens moines. Au commencement de la monarchie, on mettait dans des monastères les rois déti'onés ou les princes qu'on voulait à jamais exclure du trône. La légitimité était au pouvoir des évêques et des moines.

On appelle abbaye, monastère, les couvèns de religieux on de religieuses qui ont des revenus considérables, des biens, des seigneuries; les autres, et sur- tout les ordres mendians, sont dénigrés par le nom vulgaire de couvent. On dit Un couvent de cordeliers, de capucins. On se sert aussi du mot de couyent, mais seulement dans un sens de dénigrement. Il y a toujours eu dqs gens qui ont appelé les ab- . bayes de Saint-Germain et de Saint-Denis des couvens de moines.

ABC, ALPHABET. On donne ces noms à deux espèces de petits livres oa l'on a rassemblé toutes les lettres de Xalphahet pour appi'endre à lire aux enfans. Mais Va b cne contient que les lettres àeV alphabet ; et V alphabet renferme de plus les premières leçons qu'on donne aux enfans à cpii on apprend à lire.

ABCÈS, TUMEUR, ENFLURE, GON- FLEMENT. Termes de médecine et de chirurgie

nature qui se lorme sur la surface du corps ^ par quelle cause et par quelque matière que ce soit. C'est le genre.

La tumeur est une éminence circonscrite^ d'un certain volume, développée par une cause morbifique dans une partie du corps.

Vabcès est une tumeur inflammatoire qui se termine par la suppuration.

Le gonflemeru est une augmentation de volume et une dureté causée par une trop grande plénitude qui distend les tégumens, et empêche le mouvement naturel des humeurs.

ABCÈS, APOSTÈME. Termes de médecine et de chirurgie. "Vabcès est une tumeur qui ne se termine que par la suppuration \ Vapostèinc est une tumeur qui se termine ou par supparation, ou par résolution, ou par délitescence, ou par induration, ou par pourriture ou mortification. On dit aussi apostume i^oixi apos" tème, ^

ABCÈS, DÉPÔT. Terme de rfiédecine et de chirurgie. Par la signification du terme dép6t^ on doit entendre des tumeurs que le pufi ou des matières sanieuses formées dans la masse du sang par une fièvre produisent sur-lechamp ; à la différence de Vabcès proprement dit, dont le pus ou les matières sanieuses sont formées dans la partie même, et précisément dans la tumeur où elles se trouvent.

ABDICATION, RENONCIATION. Vabdi^ cation se dit d'une renonciation volontaire à une dignité suprême dont on est revêtu. Renonciation se dit de toutes sortes de dignités , d'emplois. Charles V a abdiqué l'empire ; un commis renonce à sa place.

ABDICATION , RÉSIGNATION. On confond souvent V abdication avec la résignation ; mais à parler exactement, il y a de la différence. Vabdication se fait purement et simplement, au lieu que la résignation se fait en faveur de quelque personne tiercel En ce sens on dit que Dioclétien et CharlesT abdiquèrent la couronne , et que Philippe fV, roi d'Espagne , la résigna,

ABDICATION, DÉMISSION. Vabdication suppose une dignité possédée en vertu de la constitution ou des lois fondamentales d'un État, ou. par l'effet d'une usurpation. La démission suppose un emploi, une charge, une dignité, conférés par une autorité supérieure , ou en vertu des règlemens organique» ou administratifs. On fait Vabdication de son pouvoir, parce qu'en ne le tenant que de la loi ou de laiorce, on ne peut le remettre à personne, et que c'est la loi seule ou la force qui peut le conférer à un autre. On donne sa démission , c'est«^ire qu'on remet une

Enflure se dit «le toute élévation contre | charge, ua emploi, oAe dignitjé dont on était

AfiE

ÂBH

tevètn, a rantorlté de laquelle on les a reçus» et qui pent en disposer en faveur d'un autre,

ABDICATION. Voyez AfiÂNDoi7N£M£irr.

ABDIQUER , SE DEMETTRE. C'est en g».

néral quitter une dignité , une charge , un emploi ; abdiquer ne se dit guère que pour signifier renoncer voloutairement à une dignité souveraine. On abdique la royauté , la couronne , l'empire. Le second se dit également des grandes et des petites places, et n'exclut pas la contrainte. Chrbtine, reine <ie Snède , abdiqua la royauté ; Edouard II, roi d'Angleterre, fut forcé de se démettre de la royauté. Philippe V, roi d'Espagne, s'en démit volontairement en faveur du prince Louis son fils.

ABDOMEN, BAS-VENTRE. Le premier est un terme scientifique que les médecins et les chirurgiens ont adopté dans leur langage particulier; le second est le mot vulgaire qui est compris de tout le monde.

ABÉCÉDAIRE, ALPHABÉTIQUE. Abécédaire se dit des ouvrages 'qui traitent des lettres par rapport, à la lecture, et où l'on peut apprendre à lire avec facilité. Un livre ahécédaire, un ouvrage abécédaire. En ce sens, il a rapport an fond de la chose. Alphabétique se àt par rapport à Tordre. Les dictionnaires sont disposés par ordre alphabétique, et ne sont pas pour cela des ouvrages abécédaires,

AbécédaiH se dit aussi des personnes quî ne sont encore qu'au commencement, qu'à \ab c d'une science ou qui en apprennent les premiers élémens. Dans le premier sens, on dit en plaisantant, c'est un docteur abécédaire. Dans le second on dit un vieillard abécédaire y c'est-à-dire qui commence à apprendre une science difficile.

ABÉE, BÉE. Ces deux mots se disent de rouveiture par laquelle coule Teau qui donne le mouvement à un moulin à eau.

Mais le dernier est plus usité, et le premier a vieilli.

ABEILLE, MOUCHE À MIEL. Les naturalistes désignent aujourd'hui sous le nom ^abeiUes tous les insectes qui recueillent la poussière fécondante des fleurs. On désigne par ks mots de mouche à miel seulement ceux de ces insectes qui fournissent )e miel et la cirer

ABÊTIR, RABÈTIR. Abêtir, c'est rendre béte, stupide, empêcher le développement des facultés intelkctueUes. JRabétir, c'est arrêter, interrompre le coilts nativel des. facultés inteUectaelIes. Si, prenant un enfant au moment où sa raison commence à poindre, vous dirigez cette faculté de manière qu'elle s'exerce

d'une manière contraire à sa destination primitive, vous V abêtissez. Si , lorsque la raison a déjà fait quelques progrès dans un jeune homme , vous en comprimez , vous en dépravez , vous en interrompez l'exercice naturel , vous le rabétissez. Un enfant sortant des mains de parens tendres et éclairés est rarement abêti; mais souvent ils le confient pour le reste de son éducation à des instituteurs ignorans et superstitieux qui le rabêtissent en croyant l'éclairer.

ABÊTIR, ABRUTIR. Le premier a rapport à l'esprit, à la raison ; abêtir c'est rendre hête, rendre incapahle de raisonner. lie second signifie réduire l'homme à l'état de brute, en ne lui laissant qiîé les appétits aveugles de la brute, sans intelligence pour les diriger.

ABHORRER , HAÏR. Nous haïssons ceux qui nous irritent, qui nous contrarient, qui nous font ou qui nous ont fait du mal ; ou ceux en qui nous reconnaissons ou nous croyons reconnaître des qualités nuisibles ou dangereuses. Nous abhorrons ceux qui se sont rendus coupables envers nous ou envers les autres de quelque prcfcédé atroce ^^ ou ceux en qui nous reconnaissons ou croyons reconnaître des vices ou des opinions qui révoltent la nature ou l'humanité. On hait un médisant, un rival, un homm^ sans éducation et sans procédés; on abhorre un traître, un calomniateur, un homme sans honneur et sans foi. On hait l'erreur, le péché, le mensonge, le travail, la solitude ; on abhorre la perfidie, le crime, la trahison, la captivité. On hait ou on abhorre suivant le degré de passion plus ou moins fort qui excite à l'un ou à Tautre de ces sentimens. Les uns abhorrent ce que les autres haïssent seulement.

ABHORRER , DÉTESTER. Abhotrer suppose l'horreur que cause ou que causerait la présence de l'objet. La cause de ce sentiment est dans le cœur ou dans le goût. Détester suppose un jugement de l'esprit, une haine ou une aversion raisonnée. Qpi abhorre celui dont on ne peut souffrir la présence; on déteste celui dont on coimaît à fond la corruption.

On abhorre une médecine lorsqu'il est question de la prendre ; on la déteste après l'avoir prise, on en connaît le mauvais goût. Nous abhorrons un crime qu'on nous propose de conunettre ; nous détestons un crime que nous avons commis. Une épouse malheureuse abhorre les nœuds qui l'attachent à un indigne époux ; et elle déteste le jour où elle forma ces nœuds.

DaUs le discours familier on emploie assez souvent le mot abhorrer, dans un sens exagéré.

Page 1