ANIM AD VERSION , IMPROBÀTION
Vanimadversion se dit du public , improhation se dit des particuliers. Une chose que tout le monde blâme, encourt Vanimadversion publique; une chose qu'une personne improuve est trouvée mauvaise par cette personne.
ANIMAL , BÊTE , BRUTE. Il se trouve ici une différence réciproque dans l'étendue de la signification. Autant le premier de ces mots l'emporte sur le second dans un des districts du langage , autant dans un autre district le second l'emporte sur le premier , de sorte qu'ils deviennent également genre et 'espèce l'un de l'autre.
En langage didactique, animal indique le genre , et ^ere indique l'espèce.
En langage vulgaire , animal %t restreignant dans des bornes plus étroites , ne s'applique qu'à une partie de ce qui est compris sous le nom de béte, c'est-à-dire à celles d'une certaine grandeur , et non aux plus petites. On dirait donc le Uon esUvnk animal dangereux, la puce est une petite béte très incommode.
Ces dénominations employées au figm*é forment des invectives , celle d'animal attaque la grossièreté des manières ou l'impertinence de la conduite ; celle de béte attaque le manque d'esprit ou d'intelligence. Béte , dit Diderot , se prend souvent par opposition à un homme. L'homme a une ame , mais quelques philosophes n'eta accordent pas aux bétes,
Brute est un terme de mépris qui ne s'applique qu'en mauvaise part. Il s'abandonne à son penchant comme une brute.
Animal est un terme générique qui convient à tous les êtres organisés vivans. TJcuii" mal vit , agit , se meut de lui-même.
Si on considère Yanimal comme pensant , voulant , agissant , réfléchissant, on restreint sa signification à l'espèce humaine ; si on le considère comme borné dans toutes les fonctions qui marquent del'intelligence et de la volonté et qui semblent lui être communes avec l'espèce humaine , on le restreint à li béte. Si on considère la béte dans son dernier degré de stupidité et comme privée des soins de la raison et de l'honnêteté , selon lesquelles nous devons régler notre conduite, nous l'appellerons brate, •
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À ces obserrations, tirées de PEncyclopédie, Doas allons joindre celles de Roubaud.
Fixons , dit-il , Tidée rigooreose de cbacan de ces termes. V animal est littéralement Tétre .qai respire; ce mot vient de animas, ame, souffle, respiration. La hé te est Fétre qai mange ; ce mot vient de ed, es, est, manger.
La brute est l'être qui broute.
Le mot animal désigne un règne particnlier de la nature , par opposition à végétal et minéral.
Le mot béte caractérise une classe d'animaux par opposition à Tbomme.
Le mot brute indique les sortes de bétes les plus dépourvues de sentiment et livrées à l'instinct le plus grossier, par opposition à celles qui montrent de la connaissance, de Tintelligence , de la sensibilité.
Ces trois dénominations s'appliquent injurieusement à l'homme. Vous rappellerc£ animal , pour lui reprocher les d4fauts ou les imperfections des purs animaux , mais surtout la grossièreté , la rnclesse , la brutalité des manières et de la conduite. Vous l'appellerez béte, lorsque vous l'accuserez de déraison , d'incapacité , d'ineptie , de maladresse , de sottise, d'imbécillité. Vous l'appellerez brute dans le cas où vous voudrez peindre en un mot la déraison complète , comme une bêtise , la stupidité parfaite, et mieux encore l'aveugle brutalité , l'impétuosité féroce , la licence effrénée des penchans et des moeurs.
ArïIMAL , ANIMALCULE. Jnimal se dit de tout ce qui a vie ; mais on a donné Je noin^ à*ammalcules , aux animaux microscopiques des infusions.
ANIMALCULE. V. Animal.
ANIMER , EXCITER , INCITER , POUS- SER , ENCOURAGER, AIGUILLONNER, PORTER. La plupart de ces mots ne sont synonymes que dans le sens figuré ; et ils y sont assez indifféremment employas l'un pour l'autre , parce qu'on n'en prc^d que l'idée commune , peut-être souvent faute d'en avoir saisi les propriétés dislinctives.
Animer , c'est inspirer une nouvelle activité , communiquer un ferment , doniier de la chaleur , exciter une passion ou un sentiment vif dans l'amc de quelqu'un pour qu'il agisse avec empressenieut et avec constabce.
Ejcciter, c'est pousser vivement, presser fortement quelqu'un pour l'engager à poursuivre un objet, on à le poursuivre avec plus d'ardeur .'//tctVer , c'est s'insinuer assez avant dans l'esprit de quelqu'un et le solliciter assez fortement pour le déterminer , l'attacher , l'entraîner, le porter à la pounuite d'an objet. |
Pousser, c'est donner une impulsion, imprimer des mouvemens, forcer le penchant, prêter ses forces à quelqu'un pour le faire aller ou avancer plus vite vers un but. Encourager, c'est aider la faiblesse, élever le cœur , animer et ranimer le courage , inspirer , soutenir la hardiesse. , l'audace , donner une nouvelle énergie à quelqu'un , pour que rien ne le détourne d'un objet ou ne l'arrête dans sa poursuite. j4iguiUonner , c'est piquer quelqu'un dans les endroits sensibles , le solliciter avec des traits perçans , l'exciter par les moyens les plus pressans et avec une force en quelque sorte coactive , pour qu'il fournisse une qav- TÎère. Porter , c'est déterminer le penchant ou la volonté de quelqu'un , l'emporter par son ascendant , le mener sans résistance , disposer en quelque sorte de lui , et lui faire suivre ce qu'on veut. 1
On anime celui qui manque du côté de l'ame , celui qui ne 3ent pas vivement , celai qui ne sort pas de sdn apathie , celui qui n'est pas propre à l'action , celui qui manque de volonté , de chaleur et d'ardeur. On excite celui qui ne songe pas à la chose , celui qui manque de résolution , celui qui agit languissamment , celui qui s'arrête ou se rebute. On incite celui qui n'est pas disposé à la chose , qui ne s'y intéresse guère , qui ne s'y attache pas, qui ne la pvend pas à cœnr , qui n'a ni penchant , ni motiG» assez forts pour lui ins- 1 pirer de l'empressement. On pousse celai qui balance , celui qui *ne se hâte pas , celui qui agit mollement, celui qui manque de vigueur, de force , de fermeté , de constance. On encourage celui qui est lâche ou timide , celui qui se défie de Inkméme , celui qni s'exagère les difficultés , celui qui se lasse , celui que les mauvais succès rebutent. On aiguillonne celui qui ne peut vaincre sa paresse ou son inertie , celui qui est d'une humeur récalcitrante , celui qui va mollement ou nonchalamment , celui qui succombe ou qui se cahre. On porte celui qui est dominé ou subjugué , celui qui a un caractère trop facile , celui qui ne sait se conduire lui-même , celui qui est seulement comme un êti*e passif. ( Rou-
BÂUD. )
ANIMOSITÉ, INIMITIÉ. VanimositéA nu sentiment vif et permanent de haine contre quelqu'un. Vinimitié est un éloignement , une division entre des personnes faites pour s'aimer. Vanimosité poursuit avec chaleur , et saisit toutes les occasions de nuire ; Vinimitié .est quelquefois secrète et se cache sous les apparences de l'amitié. 11 a une grande anùnosité contre cet homme et s'attache à le persécuter. Il a toujours eu une grande ini*
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ntUîé entre ces deux frères. H y a nne tn/initié secrète entre ces deux familles.
Vanimosité est toujours produite par qnelqti'injure réelle ou imaginaire dont on cherche à se venger^ Vinimitié n'est quelquefois que l'habitude de virre séparés y divisés « en mésintelligence. Uinimitié se perpétue, souvent entre les familles , par la seule raison qu'elle existait entre les pères , et sans que les enfans aient eu lieu de se plaindre les uns des antres. Les inimitiés peuvent cesser par les rapprochemens , par les réconciliations » par l'intérêt. Vanimosité est profondément gravée dans }e cœur ; elle ne finit que par la vengeance ou par la mort.
Vinimitié n'empêche pas toujours d'estimer ceux qui en sont les objets » ni de leur rendre justice ; mais elle empêche de Ws fréquenter « de les caresser « de leur faire du bien , à moins que ce ne soit par quelqne motif de vanité ou de grandeur d'ame.
Vanimosité éteint toute espèce de sentiment de justice et d'humanité envers ceux tjai çn sont les objets ; elle est implacable.
ANIMOSITÉ , ANTIPATHIE. Vanimosité a pour cause quelque injure réelle ou imaginaire ; Vantipathie est un sentiment naturel et aveugle , une répugnance non raisonnée et indépendante de la volonté. On n'a <le Vanimosité que contre 1rs personnes ; on a d<» VantijHitfiie pour les personnes et pour les choses. On veut nuire à ceux contre lesquels on a de Vanimosité ; on repousse , on éloigne I(s personnes on les choses pour lesrjuelles on a de Vantipathie,
Vanimosité a des causes connues ; celles (le Vantipathie sont souvent secrètes et inconnues< Rien ne dépend moins de nous que \'' antipathie.
ANIMOSITÉ , HAINE. Vanimosité ajoute à la heUne une certaine activité qui tend sans cesse an mal et à la vengeance. Elle ne se dit que des personnes ; la haine se dit des personnes et des choses. Avoû' de la fiaine contre qaelqn'nn. La liainedes hommes contre l'injustice.
Animosité se prend toujours en mauvaise part; haine se prend quelquefois en bonne part. La haine du vice.
Vanimosité se manifeste nécessairement par
des actions. Son animosité contre moi se
manifeste dans toutes les occasions. La hmne
(^t quelquefois secrète et cachée. Il attendait
celte circonstance pour faire éclater sa haine.
La haine est nn sentiment de peine et d'a-
vei-sion qu'nne personne ou une chose excite
iiu fond de notre cœur , soit à cause du mal
qu'elle nons fait \ qu'elle nOUS a fait « ôoi que nous croyons qu'elle pent nous faire ; soit parce qu'elle choque ou contrarie nps goûts ou nos passion.**. Vanimosité est plntàt l'effet constant de la haine , qui tend sans cesse à s« développer.
ANIMOSITÉ , RESSENTIMENT. L'««imosité est un sentiment durable et actif qui tend sans cesse à faire du mal à la personne contre laquelle elle est dirigée. Le ressentiment est le souvenir amer et profond d'une injure particulière dont on désire ardemment de se venger. Le ressentiment ne vçnt que la vengeance de cette injure; Pa/ii/no^tV/ vent le mal de la personne sons tous les rapports.
ANIMOSITÉ , RANCUNE. Vanimosité se montre à découvert , et ne cherche point à se cacher; la rancune est le ressentiment d'nne injure qui reste caché dans le coeur pour mieux trouver l'occasion de se Tenger, et jas< qu'à ce qu'on ait trouvé l'occasion et qu'on en ait profité jusqu'à satisfaction entière.
ANIMOSITÉ, AVERSION. Vanimosité jouit avec satisfaction de la présence de la personne dont elle se venge. Vai^ersion repousse la présence et l'idée des objets qu'elle ne peut souffrir ; elle les éloigne ou en détourne les yeux. CVest la haine qui ùtit agir Vanimosité ; c'est l'horreur des d!éfauts de la personne ou de la chose , et quelquefois le dégoût et Tennui, qui causent Vai^ersion,
ANNAL, ANNUEL. Ces deux mots ont chacun rapport à année , mais avec cette différence qa^annal est un terme de palais qui ne se dit que des choses qui ne durent qu*nn an , qui ne sont valables que pendant un an ; ou bien que , dans le langage ordinaire , a/inuel se dit et de ce qui ne dure qu'un an et de ce qui recommence ou se renouvelle chaque année. Possession tuinale , procuration annale , qui finit au bout d'une année. Eerenn annuel, qui est du chaque année. Dans la repu* blique romaine , ]e coneulat était annuel» Le» Atbéniens commencèrent à choisir des archontes annuels. Fête annuelle f qui reTÎent chaque année.
L'adjectif annuel, pris à la rigneoTy pourrait convenir à tous adjectifs des Idtet , poisqu'elles reviennent tontes an bout de ckiaqne année ; cependant on a donne ee nom eiv quatre principales fêtes de l'année , pons les distinguer des antres. Ces quatre fêles "sont Pâques , la Pentecàte , Noël et l'Assoviption-
Y. AjfNIVE&SAlEE.
En botanique on appelle plai^tea a9V!iuelles celles qui ne viennent que de graine».* qui meurent chaque année ^ et qu'il lant semé»* toi^s les ans ;par opposition à vivaces, qui a^
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ANNALES. V. AmcDOTu.
ANNAUSTE. HISTORIEN.
nia«mble paiemml et simplement lea faits publics , et Ua distriboe par année ordre de datea. L'hiilorien rassemlilK 1< pu!
ibliei M les tBfU
ngre.
ANNEAD , BAGDE. Jantau se dit de to cercle d'or , d'argent on d'autre matière q l'on |ïorte ordinairement aaxdoïgts des maim, ■oit pour servir d'omement, soit co marqne d'état oa da dignité.
En parknt dei anneaux qni lont que d'état ou de dignité t on dit loojonr»
soient ornés oa -non d'une pierre encbiuée.
Anneau nuptial, anneau pastoral, et non iague nuptiale , bagae pastorale.
En parlant des anneaux qoi ne sont destinés qu'a la parure , on dit anneau de tons ceux qui ne «ont point ornés de pierres ; ceux-ci seuls partent le nom de bagués, -.^NNÉE. V. Ah.
■JfcHMESÉ. V. Adbérent.
'laHïMwLATION. V. AniASTusEMEnr.
^jAJSNfttiiSAlRe , ANNUEL. Ces deux
it di^^fie année à la
;',i^p1sck , ' AXIS -JliVEItnM^IEST.
On m;, spit de te. fraùl IBDt' poar JaiB^cD».
iiaitre quijqiu' ditiS(),an.ipuÙic, ,a^na dlfCé»
,li'|i^an««w)x>"ii«rà(w«-<M>iuiaît»fIta<^' IftnA [^WiWpl^iwnt. k , fwK - e«Bntdtr« ii< ohoi^ WJwW'î-'''*»**''"''"'*^ Iniftire.tiQn aqi»,M« ..p«H)t,4e ïUfl.qni doitJUi|l< Vfivefti»«mfi« MndiH*app*lcr À:U.m uw tibe3e,dwij3,ii<gligei(c:a<Mi'Voaliliipen' Motiif^irf r^Qdùiablea. On «nnonear^nè vente de marchandises ; on donne .nuif^fe l!«iniaéf,4^BfH](* V^ fO|i>Mc«aU» de marcl|Mi4ifW<&li>o,&^he.de'«Mrnii*ii»en#<pn«w £Ûf|hrtf9Bajtca! 91e. oaua 9ù.,n^auieati<pia •ft^ i)flWS.(in^HM>donB,H-unBt<MtaHiecpo' ytt,nMfi^i)Miitsiii>Fi*>'-< .n|.,|, ■...;."; ■..• .., MANNfWeill'U' APPBiEN»RB:''Ll -tàffà^ <Mttâni-aan*'àne Se"eeE-4eTCt'ftfr])^ -Mt'fle' faire connaître , de faire saioif a'qtl»)î|^>Urfan'
« w i b i a MM t ;Miwl4oàb>^>ii ne <wiuijifciiH(t 'pis ,
^MnèidMsb'qllIoit nnffWiMfliJBéWsàe ëtl'Kibti u> «MDd'Iit'.pcnenn^ S*«î*rfle*n 'h'kimueV:
Elle (apposé de pliu que la personne qni lutnonce est ctorgée on s'est chargée elle-mime Saniamctr : ii m'a envoyé aon frère pour •a^aanoncer la mort de mon père. Personne ne voulait se charger d'-mnoncer i cette mère la mort deson fis; jem'en chargeai, jela lai annonçai. On loi a annoncé la perte de son procès. On Ini a annoncé sa nominatiaii it la place qu'il désirait.
Apprendre «ignjfie amplement donner le premier àqnelqu'un la connaissance d'onévè.
Si l'on est chargé ou qu'on se soit chargé de lui donner cette connaissance, on le lut annonce ; dansle cas contraire , on le lui apprend.
On dit annoncer nne vente , nn spectacle, parce qn'on suppose qne le public s'y intéresir ou peut s'y intéresser.
ANNONCER , INFORMER. On dit annoncer quelque choseàqadqu'un, etin/ormtr quelqu'un de quelque chose; La preffùèrt locution signifie taire connaître le premier à quelqu'un une chose qn'il a intérêt de connaitreet qn'on est chargé ou qu'on s'est chargé de Ini Jàire connaître. Lasecouds «gnîlie faire
stancesd'nn événement, d'un fait, à quelqu'un qni, à cause de ses rapporta aâciaaiou
de ses fon
veiller s
mtinueiàïous mal conduire , j'en informerei )tre père. Uns autorité intérieure infoimc
ettent dans l'arrondissement soumise sa sur*
illance. Je tous infornterai de tout ce qui
Qdrait à porter atteinte aux lois,
liffôrmer, dit (îirard ,'TentermeparlicuIiè- 1
i^ot dans l'idée de son sens tme idéed'an-
torité i l'égard des personnes qu'on informe ,
, . m^- idée de dépendance à l'égard de crllis
«PM jiffi. AiljS WM robi*t da Vinfomuttinn ;
q'i^t.pan ottfe iaiaoB,i}ne.(le„mot est à mer-
•^^^ jBrfqji'il aat .qawtipB .dos- services on
de»,infil¥«»sationai4B.e*ps empjktyéd.par. d'an-
~.<J^ bt.ntuuwBdont ae.rDjnparleplks
les domestiques , les sujets , tii^
,t9K1«mV^*>M ixendwTi^saii àqitatqa'nn
— .4ç,iFuj;,c<»ndu*He!«tjdB.lei*TS»c«siHu. ■. .
AtfNONCER, IN.sT£.uroE.,O0ai«on«
■Sf^P-WK^ÀW»?. aa-'iU.fipDceJW!»r*t?ui-
|stances,lMUjJ(,,^i^„flqn4ftp^«çj,i„ yaite nne idéejiutç. Am^er apamfft^i; qne Je fait ; inm-nîre sdpDosé'qiie Von n'ojnet rien
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