‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 67 sur 253 · ANO · texte numérisé non relu

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Révoquer se dit ordinairement d'une grâce J d'une faveur , d'un don, d'un bienfait , d'une marque de confiance. Annuler se dit particulièrement des actes qui engagent , obligent , soumettent.

Annuler suppose que l'on a trouvé la chose mauvaise j révoquer suppose que l'on a changé d^avis , et qu'on n'est plus dans les mêmes dispositions qu'au temps où l'on a donné, établi la chose.

Ce qu'on annule ne peut plus avoir d'effet, est regardé comme ntil dans tontes ses parties; ce qu'on révoque à l'égard d'une personne peut avoir lieu à l'égard d'une autre. On révoque une permission que l'on avait donnée à une personne , et on accorde la même permû' sion à une autre personne. On révoque les pouvoirs d'un avoué à qui on avait confie ses affaires , et on les confie à un antre. On révoque un legs que l'on avait fait à une personne , et on fait le même legs à une antre personne.

Celui qui annule annonce la volonté de ne jamais rétablir; celui qui révoque ne s'engage pas à ne pas accorder , à ne pas donner de nouveau ce qu'il révoque,

ANNULER , CASSER. En parlant des actes, annuler signifie rendre nul , de nul effet , sans aucune idée accessoire. Casser emporte l'idée d'une autorité souveraine. On annule on acte dont on veut simplement détruire l'effet; on casse un acte parce qu'il est contraire aux formes requises par la loi.

ANQPLIR, ENNOBLIR. Anoblir ne signifie pas rendre noble , faire noble , comme le dit Féraud ; car l'action à* anoblir un homme ne le rend point autre qu'il n'était auparavant, n'en fait pas un autre homme. L'action à^anoblir ne fait autre chose que donner nn autre titre; elle n'augmente point le mérite, elle n'en donne pas quand on en manque. Un fat anobli reste toujours un fat. Il ne change guère qu'en prenant des airs de vanité et d'importance qui le rendent plus ridicule qu'il n'était auparavant.

Ennoblir, c'est donner à une personne ou à une chose de la considération , de l'éclat, de l'importance. La vertu ennoblie l'homme- Un homme de probité et de talent , quoiqu'il n'ait pas le titre de noble, ennoblit h plus mince emploi; et un homme qui n'a que ce titre avilit souvent par ses vices ou ses inepties la place la plus éminente.

Celui qui a le pouvoir à^anoblir n'a pas celui dUennoblir. Ce dernier ne dépend que des bonnes qualités et des vertus. Celui qui s'est ennobli par son propre mérite n'a p»s besoin d'être anobli.

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ANOMAL, DEFECTIF. Termes de giammaira. On appelle verbes défectifs, ceux qai manquent de quelque temps, de quelque mode ou de quelque personne; et verbes aftormuix, ceux qui ne suivent pas la conjugaison commune.

ÂNONNEMENT , HÉSITATION, jinonnement, embarras qu'éprouve en lisant un enfant ou une personne qui ne sait pas bien lire. Hésitationy difficulté de lire qui vient de la timidité, de la crainte, du troi^>le de Tesprit. Vânonnement d'un enfant; Y hésitation d'une personne timide, coupable, criminelle, troublée.

ANONNEK , HÉSITER. Anonner, lire avec peine, avec difficulté, avec embarras faute de savoir bien lire. Hésiter, lire avec difficulté , avec embarras, par timidité , par crainte, parce qn'oDcta l'esprit troublé, ou pai^ quelque autre cause qui ne vient pas de l'ignorance. Un enfant ânonne, une personne timide hésite,

ANONYME. V. Au^ntme.

ANSE, ANSETTE. Anse se dit d'une sorte de demi-cercle attaché à un panier, à une corbeille , à un pot , etc. , et dans lequel on peut passer les doigts, la main ou le bras pour le porter.

Ansette se dit d'une petite anse, et les metteurs en oeuvre donnent ce nom à une attache dans laquelle on passe le ruban d'une croix.

ANSETTE. V. Ahse.

ANTAGONISTE. V» Adversaire.

ANTÉCÉDENT, ANTÉRIEUR, PRÉCÉ- DENT. Antérieur signifie particulièrement ce qui est avant l'existence , la manière relative d'exister. Une édition antérieure à une antre existait auparavant.

Antérieur porte l'idée propre du temps plus avancé dans le passé, d'une priorité de temps appelée par cette raison antériorité.

Par extension, il désigne une priorité de situation ou d'aspect. Nous disons la face anté» Heure d'un bâtiment, comme une époque an^ térieure.

Antécédent, quoique propre à marquer une priorité de temps , sert plutàt à indiquer nne priorité d'ordre, de rang, de position on de marche , avec cette circonstance particulière qu'il dénote un rapport d'influence , de dépendance, de connexité, de liaison établie entre l'un et l'autre objet. Ainsi en logique , il marque le rapport du principe avec la conséquence; en théologie, celui d'un décret, d'une volonté qui influe sur un autre décret on sur une antre action; en mathématiques, pelai ^ç V\l)4?ctioQ d'po ferme à Vautre ;

en grammaire, un mot qui entraine un régime ou demande un complément. Dans l'enthiméme, le conséquent est tiré de Vanté' cèdent; dans la proposition grammaticale, Vantécédent a une liaison nécessaire avec le subséquent , etc.

Précédent détermine une priorité ou de temps ou d'ordre ; mais une priori^ inui^édiate , de manière qu'un objet touche à l'autre sans aucun intermédiaire. L'événement précédent est celui qui est arrivé imounédiatement avant celui dont on parle, tandis qu'un événement antérieur est seulement arrivé auparavant, et n'a qu'uuo priorité vague et indéterminée.

Antérieur et précédent sont du langage ordinaire; antécédent n'est que du langage didactique. Ce dernier est quelquefois employé substantivement , et les autres sont de. purs adjectifs. (Roubaud.)

ANTÉRIEUR. Y. AirrÉcÉBÊifT.

ANTENNES, CORNES. On donne ces noms, en histoire natnrdle, aux pointes qui sortent ordinairement de la tête des insectes. Mais les cornes diffèrent des antennes en ce que celles-ci sont mobiles sur leur base, et se plient en différens sens an moyen de plusieurs articulations, au lieu que les cornes-, dépourvues d'articulations, n'ont point cette faculté.

ANTIENNES, ANTENNULES. Les antennes sont des oi^anes en forme de cornes, ou plutôt de filets articitlés, mobiles, situés sur la tète des crustacés et des insectes, et ne faisant point partie de leur boucbe* C'est par ce caractère qu'on les -distingue des corps analogues nommés antennules ou palpes , qui sont insérés sur les organes de la manduca-»

tion. f

ANTENNULES. V. Aittemites.

ANTICHTONES, ANTIPODES. Ces deux mots se disent des peuples qui habitent de« contrées de la terre diamétralement opposées. Us sont synonymes, si ce n'est qu'on se sert plus ordinairement du second.

ANTIDOTE, CONTRE-POISON. Anci-^ dote se dit de tous les remèdes propres à diminuer ou empêcher l'effet des maladies, en s'opposant à leurs principes; c'est un terme général. Le quinquina est un antidote contre la fièvre. Contre^poison se dit des i-emèdes propres à empécner ,les progrès ou à détruire l'efi'et d'un poison que l'on a pris. Antidote a un sens beaucoup plus étendu que contre « poison,

ANTIPATHIE , HAINE. La liaine vient d'un mal que nous font ou que nous ont fdit

le» personne» on les choses, qu de celai que

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'maas ecoyons qu'elles peuvent nous faire; c'est le ressentimeiit cPiin cœur irrité , ou le senti» ment vrai on présomé des mauvaises qualités d'une personne on d'une chose.

ï/a/Utpatkie est un sentiment naturel qui nous donne malgré nous de Téloignement pour certaines personnes ou certaines choses, sans que nous puissions en démêler la eaine.

. La cause de la kéime est oonnue , c'est le mal q» nous font ou tfous ont isit les persoimee «a les ohoses , celui que nous croyons qu'dks pMrvent nous faire, ou la manvaise opinilMi que nous avons conçue de leurs quaKtés. La -eaiise 4iè Vantiptuèie est inconnue, elle semble tenir à la nature, à l'oppo-^ siiioti sedràte'éeé hiUiieiirs, on ne jsanntit en tDudre raison.

La héittê^ lorsqft'eBé est l'e^t . d'un mal qu'on ^prouve on qu'on a éprouvé dfe la part des personnes, nous Èrrite contre elles , nous excite à leur Aire du mal; lorsqu'elle est l'effet de l'opiniot» qu'on à dies choses , elle nous enga^ à les fuir, à les éviter. Mais ce sentir ment peut être modéré par k raisom.

liOntipathie ne nous porte point à iaire du mal aux personnes ou aux choses; mais leur présenoe aaus révolte, et noua n'avons pas la force de la supporter. La raison ac peut ùen. QW^dVamtipaihie, Il y a des gens poi»

lesquels on conçoit de V antipathie dès la pretolère vue, et c'est pour la vie. Il y a des peiv« sonnes qui ont xaibantifathie invincihle pou^* les souris; elles ne les tueraient pas, mais leur présonce les ùlt crier et fuir,

La cause de la haine est dans le cœur oql dans l'esprit ; la cause de Vantipathic est dans h» sens. , ^

Nous pensons que Girard s'est trompé lorsqu'il a dit que le mot de haine s'applique ordinairement aux personnes. On dit la haine du vice , U haine de rinjustice , la haine du mal, la hoêhè de la violence, etc.

. ANTIPATHIE, AVERSION. La cause de Vauersion n'est pas inconnue comme celle de V antipathie. Si V antipathie vient de la nature , Vaversion est l'effet de l'habitude et du jugement. JF'ignOre pourquoi je conçois de Vanti-' pathie pour uûe personne dès la première vue ; mais je sais pourquoi je prends une personne en aversion. Ce sentiment naît en moi , âoit à cause des défauts que je lui connais et que j'ai en horreur ; soit à cause du dégoût ou de l'ennui qu'elle me cause. Nous prenons de même les choses en at^rsion à cause de l'impression que font sur nous leurs mauvaises qualités. L'effet de Vaversion est à peu près le niéme que celui de V antipathie; nous ne pou- JQW ppportçr IfL préwncj ni Tidéj des per-

sonnes que nous avons pnses en aversion , nous les évitons , nous les fuyons. Cependant ce sentiment est moins fort que celui de Van» tipathie,

ANTIPATHIE, RÉPUGNANCE. Vomi* pathie et la répugnance ont, dans quelques cas , beaucoup de ressemblance;. car quelquefois la réjmgnance vient d'une cause qu'on ignore , et semble inspirée par un sentiment secret dont on ne saurait se rendre compte.

Je ne sais pourquoi j'ai la plus grande répw gnance k faire cette démardie. Mais le jdos souvent on connaît la cause de la répugnance, La répugnance est un état de l'ame dans lequel on éprouve aunledans de soi une opposion à faire quelque chose. Dans cet état on est détourné de faire la chose parla difficulté, le dégoût, l'aversion et d'autres sentimens qoi s'y opposent. On surmonte la répugnance, elle est soumise à la volonté de l'homme ; on ne surmonte pas V antipathie , elle tire sa source de la nature, qui est plus forte que la volonté.

ANTIPATHIE. V. AifiMosrrK-

ANTIPHRASE, CONTRE-VÉRITÉ. Antic phrase exprime un sens contraire a celui que la phrase aurait naturellement; et contre^' rite, une expression ou une pensée contraire à cdOe qu'aurait naturellement la propositioo. Ainsi quand vous dites d'un homme qui a £ut une lâcheté^ voilà ce qui s'appelle un brave, vous faites une antiphrase, c^r vods exprimez un sens contraire à celui qu'a la phrase, laquelle vent dire , voilà ce qui s'appelé un lâche. Si vous remerciez , dans les termes ordinaires , un ennemi du mauvais service qu'il vous a rendu, c'est une contre^ vérité, l/antiphrase est une ironie qui est dans les mots ou dans la qualification; la contre-fvérité est une ironie qui est daqs le fond même des choses.

La contre^rité est dans la pensée ou dans les choses mêmes incompatibles avec la vérité ou la vraie opinion que l'on a. Par celle-là vous feignez de dire le contraire de ce qne vous voulez dire ; par celle-ci vous feignez de penser le contraire de ce que vous pensez en effet. L'antiphrase est nu tour grammatical ; la contre-vérité est un tour d'esprit.

ANTIQUAILLE. V. Ahtiqujs.

ANTIQUE. V. AjiBcur, Vaux.

ANTIQUE, ANTHJUAILLE. j^iifue pris substantivement se ditdesmonumens cdrienx qui nous sont restés de l'antiquité, ^itft'i^iiai^ est un terme de mépris par lequel on désigne des choses anciennes ou antiques de peu de valeur.

ANTIQUITÉ, y. Akowwktr, Jmi^mtéi

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